Le Forum démocratique pour la
modernité (FODEM, opposition) a estimé lundi à Paris que la
candidature du chef de l'Etat centrafricain, François Bozizé, à
l'élection présidentielle de janvier 2005, conduirait la Centrafrique
sur le chemin de l'instabilité.
"Nous considérons au FODEM que les conditions d'une candidature
du président Bozizé ne sont pas réunies. Il voudrait se présenter en
indépendant contre les recommandations du Dialogue national.
Sa candidature porte les germes d'une instabilité que le FODEM ne
souhaite pas pour la RCA", a déclaré à la PANA Jean-Charles Bandio
Bho, président du FODEM-France.
L'opposant centrafricain a également justifié le refus du parti de
Charles Massi, vice-président du Conseil national de transition (CNT,
Parlement de transition) de cautionner la candidature du général Bozizé
par l'existence de "fortes présomptions d'un hold-up électoral
programmé".
"Le président Bozizé a promulgué un Code électoral et une
Constitution taillés à sa mesure. Il a fait fixer la caution pour tout
candidat à la présidentielle à 10 millions de F.CFA (16.000 euros).
Tout cela dénote une intention de perpétrer un hold-up électoral
porteur de lourdes incertitudes pour la RCA", a ajouté M. Bandio Bho.
Il redoute, en outre, qu'une légitimation du chef de l'Etat
centrafricain par les urnes consacre l'alternance par les armes en
Centrafrique où le matériel de guerre circulerait très abondamment.
"L'élection de Bozizé en janvier 2005, à travers un scrutin
tronqué, ouvrirait la voie à l'alternance politique par les armes.
Cette perspective est d'autant plus redoutable qu'elle pourrait inspirer
d'autres personnes en Centrafrique où, on peut, avec un peu d'argent,
monter une milice armée et la mettre au service de son ambition. Nous ne
voulons pas que le pays en arrive là", a averti Jean-Charles Bandio
Bho.
Arrivé au pouvoir le 15 mars 2003, à la suite d'un coup d'Etat qui a
renversé son prédécesseur Ange Félix Patassé, François Bozizé a
multiplié, ces dernières semaines, des gestes confortant sa candidature
à la présidentielle de janvier 2005.