Indigo Publications, 17 septembre 2004.

Bangui : Bozize boudé par Déby ?
CENTRAFRIQUE Libération: bis repetita ?

Bangui : Bozize boudé par Déby ?

Le président François Bozize est inquiet de la dégradation de ses relations avec son ancien puissant "parrain" Idriss Déby. Ce dernier lui reproche d'avoir rencontré secrètement, il y a un mois, Hassan al Béchir. Des troupes soudanaises seraient passées, à nouveau, au nord de la Centrafrique... Bozize cherche désormais la protection de Blaise Compaore. Trop de parrains ?

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CENTRAFRIQUE Libération: bis repetita ?
Evincés du pouvoir, les anciens alliés putschistes de François Bozizé sont prêts au retour à Bangui...

L'histoire centrafricaine semble tourner en rond, comme l'illustre l'itinéraire d'Abakar Saboune, aujourd'hui l'un des "libérateurs" - de nationalité centrafricaine - renvoyés à N'Djamena et brûlant d'envie de revenir à Bangui pour y prendre sa revanche. Enquête.

Ancien conseiller pour la sécurité du président Ange-Félix Patassé - à l'époque où l'actuel président François Bozize était chef d'état- major de l'armée - Abakar Saboune retrouvera en novembre 2002 ce dernier en exil et l'aidera à prendre le pouvoir à Bangui. Alors que Bozize n'a guère de troupes, moins de 200 hommes, Saboune lève 300 soldats rounga et, à partir de janvier 2003, prépare sur le terrain le raid sur Bangui. En mars, les armes fournies par Joseph Kabila, à la demande d'un ministre de l'actuel gouvernement centrafricain, arrivent via le Tchad. Tout est donc fin prêt.

Un premier groupe de rebelles descend vers Bangui en passant par Sibut et Damara, le deuxième groupe - celui de Bozize et de Sabone - passant par Bossangoa et Bossanguelé. Ayant fait jonction au PK12, ils prennent la capitale sans résistance (sauf à l'aéroport). Saboune et une vingtaine de ses éléments assurent alors la sécurité rapprochée du général-président Bozize. Saboune croit à la promesse de devenir le nouveau ministre de la défense. Mais Bozize se débarrasse de son encombrant allié en faisant appel à l'aide militaire du président Idriss Déby. Dès lors, la GSP tchadienne assure sa garde rapprochée et Saboune sera isolé par la nomination des "petits chefs" musulmans de la rébellion - Djida, Daze, Ramadan, Marabout... - comme "chargés de mission" à la défense.

Le ras-le-bol populaire des "libérateurs" finira par obliger Bozize à se séparer d'eux tous : le 17 avril 2004, il leur distribue des laisser-passer et 300 000 F CFA à chacun pour leur demander de partir "pour trois mois, le temps que les choses se calment à Bangui". Il provoque la révolte à la fois des Tchadiens et des Centrafricains qui l'ont amené au pouvoir, jusqu'aux Rounga intégrés dans l'armée qui se joignent aux insurgés. Enfin, Bozize réussit à mettre les leaders, dont Saboune, dans un avion pour N'Djamena, pour une prétendue "mission de bons offices" du président Déby. Bien joué. Seulement, cinq mois plus tard, Saboune s'apprête à revenir par le chemin qu'il connaît si bien : il a déjà réuni une centaine de Rounga, Yakoma et Banda en armes sur la frontière nord de la RCA et s'est allié avec un opposant politique, en exil et sans troupes, pour refaire, en mieux, l'opération "changement de régime". L'éternel recommencement ?

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POUR ALLER PLUS LOIN :
FODEM BANGUI
20 SEPTEMBRE 2004
Relatif au rappel à l’ordre du Président BOZIZE aux Forces de Défense et de Sécurité
FODEM DOSSIER, Année 2004 -
INSECURITE
L'insécurité en Centrafrique par Qui, pour Quoi ?
Le feuilleton Bozize -Ex-Liberateurs se poursuit
[ Bangui - République Centrafricaine ] - 13/5/2004 (MCN.Momet)

RFI 13 mai 2004 - 5h30 - JOURNAL AFRIQUE
Les forces de l'ordre ont renforcées leurs contrôles ces derniers jours à Bangui en République Centrafricaine à la recherche d'armes et de munitions prés d'un mois après les affrontements armés dans la capitale centrafricaine
RFI 12 mai 2004 - 5h30 - JOURNAL AFRIQUE
Les ex-libérateurs tchadiens se disent inquiets, ..