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| Paris, France 21/09/2004 (PANA) - Le conseiller
diplomatique du chef de l'Etat centrafricain, Charles-Armelle Doubane, a
annoncé mardi à Paris son intention de rentrer à Bangui pour présenter
formellement sa démission de toutes ses fonctions.
"Je me prépare à regagner Bangui pour formaliser ma démission. J'avais déjà offert une première fois ma démission au président (François) Bozizé qui l'a refusée. Cette fois, les dés sont jetés, j'entends définitivement partir pour reprendre mes recherches universitaires", a-t-il déclaré à la PANA. M. Doubane, qui n'a pu quitter la capitale centrafricaine que sur une autorisation spéciale du général Bozizé, a présenté sa démission comme "un geste de dépit" envers une transition dans laquelle il ne se reconnaît plus. "J'ai eu la chance, à la différence d'autres dignitaires du régime, d'avoir connu le président Bozizé pendant les années de lutte. Ses actes d'aujourd'hui ne correspondent pas aux engagements que nous avons pris pendant le combat contre l'ancien chef de l'Etat Ange Félix Patassé", a regretté le conseiller. Il a illustré les "dérives" de la transition centrafricaine par la volonté du général Bozizé de confisquer le pouvoir et les agissements impunis de sa garde prétorienne, précisant que ses mises en garde n'ont jamais été prises en compte. "Le président Konaré a eu raison de rappeler que l'Union africaine a décidé, depuis le sommet d'Alger, de ne plus accepter que le coup d'Etat devienne une voie d'accès au pouvoir. Si Bozizé réussit à se légitimer par les urnes, cela peut susciter des vocations sur le continent. Le président m'a tenu à l'écart de ses discussions avec Konaré, connaissant sans doute mon opinion sur cette question", a révélé l'ancien ministre centrafricain. "Des manoeuvres ont été orchestrées autour du projet de Constitution et du Code électoral. C'est un comportement qui fausse le jeu démocratique et qui trahit nos idéaux de lutte. Je suis professeur de Droit, je ne peux m'associer à des pratiques contraires aux idées que j'enseigne chaque matin à mes étudiants", s'est emporté M. Doubane. Selon lui, son divorce d'avec son "patron" a véritablement commencé lorsque des éléments de la garde présidentielle ont attenté à sa vie, sans écoper de la moindre sanction. "Je suis quand même un proche collaborateur du chef de l'Etat. Que des éléments de la garde présidentielle tirent sur moi et vaquent ensuite tranquillement à leurs occupations traduit une gestion du pouvoir dont je n'ai pu m'accommoder. J'ai légitiment des craintes pour mes proches, mais mon devoir est de rentrer à Bangui et de quitter le pays par la grande porte", a ajouté le collaborateur de François Bozizé. "J'ai démissionné déjà une première fois de mes fonctions ministérielles puis une seconde fois de mon mandat de député national. A chacune de ces occasions, j'ai estimé que mes principes et mon éthique politique ne permettaient plus de continuer ma mission. Cette fois aussi je me sens dans cette posture", a conclu Charles-Armelle Doubane. Arrivé au pouvoir le 15 mars 2003 à la faveur du coup d'Etat qui a renversé son prédécesseur, Ange-Félix Patassé, le général François Bozizé a vu plusieurs de ses proches collaborateurs se désolidariser de sa gestion de la transition. L'ancien Premier ministre, Jean-Paul N'Goupandé, avait ainsi, pour les mêmes raisons que Charles-Armelle Doubane, quitté ses fonctions de conseiller avant de reprendre les rênes du Parti pour l'unité nationale et la démocratie (PUND). Présenté comme la conscience morale de la transition, Abel Goumba avait dû, lui aussi, quitter ses fonctions de Premier ministre pour le fauteuil honorifique de vice-président de la République. L'ancien ministre de l'Economie et des finances, Jean-Pierre Lebouder, est venu récemment ajouter son nom à la liste des dirigeants centrafricains qui ont dû renoncer à leurs fonctions, faute d'accord avec le général Bozizé ou son entourage. |
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