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L’opposant
centrafricain Jean-Jacques DEMAFOUTH en exil en France est donc
candidat à la présidentielle, |
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RFI INVITE AFRIQUE
Christophe BOIBOUVIER : Jean-Jacques DEMAFOUTH bonjour ! Jean-Jacques DEMAFOUTH : Bonjour Monsieur BOIBOUVIER. Christophe BOIBOUVIER : Êtes-vous partisans de la lutte armée contre François BOZIZE, comme le laisse entendre l’entourage du Président Centrafricain ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Non, moi je n’ai jamais été partisan de la lutte armée. J’ai, j’ai même l’intention d’être candidat aux élections présidentielles, dans mon pays. Christophe BOIBOUVIER : Vous vous présentez ? Jean-Jacques DEMAFOUTH Oui, je serai candidat, je vais me présenter ! Christophe BOIBOUVIER : Alors, vous êtes candidats mais vous vivez en France, depuis 2 ans, a la suite d’une plainte contre vous et vous risquez d’être jeter en prison le jour ou vous aller rentrer à Bangui. Comment allez vous faire ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Oui je serai candidat. Et malheureusement actuellement, le gouvernement à initié une procédure devant le tribunal militaire permanent dans une affaire qui ne me regarde pas du tout et je pense que pour que ces élections puissent se dérouler dans la paix qu’il serait judicieux pour le gouvernement d’annuler toutes ces procédures qui ne concernent pas que moi (hein !) mais d’autres personnes également, notamment les membres du MLPC qui sont actuellement en prison ou en résidence surveillée. Christophe BOIBOUVIER : La semaine dernière à Lomé vous avez rencontré le patron du MLPC, l’ancien président PATASSE et apparemment sans résultats, il ne soutient pas votre candidature, est-ce que vous ne risquez pas d’être très seul ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Écoutez. Je ne suis pas allez voir le Président PATASSE pour lui demander de soutenir ma candidature ! Il m’a dit qu’il faudrait que je m’adresse au Bureau Politique et je pense que je ne suis pas le seul, il y aura peut-être des primaires. Christophe BOIBOUVIER : Jean-Jacques DEMAFOUTH pourquoi allez vous voir à Lomé celui qui vous a jeté en prison il y a 3 ans et pourquoi ne vous réconciliez vous pas avec votre ancien Chef d’état major François BOZIZE ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Écoutez, je n’ai pas du tout de problème avec le Général Bozizé. Je m’apprêtais d’ailleurs à aller à Bangui quand j’ai été surpris par cette procédure m’empêchant de rentrer dans mon pays. Nous avons été des amis, tout ce qu’il dit, tout ce dont on m’accuse, mais c’est complètement faux ! Je n’ai jamais été dans une histoire de lutte armée. Je n’ai jamais recruté de mercenaires contre François Bozizé. Je suis avocat. J’ai mon cabinet à Paris. Et je n’ai jamais été dans des histoire de mercenariat. Christophe BOIBOUVIER : Parce que ce qui frappe aujourd’hui c’est que vous vous rapprochez de PATASSE alors qu’il y a 3 ans vous étiez beaucoup plus proche de Bozizé. Et est-ce que franchement le 28 mai 2001 un putsch n’en cachait pas un autre ? Est-ce que le premier putsch Kolingba n’en cachait pas un autre Bozizé Demafouth contre PATASSE ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Je n’ai jamais été avec le général Bozizé dans un complot quelconque ! Bien au contraire, j’avais informé le Président PATASSE des intentions du, du général mais il ne m’avait pas cru. Et c’est même moi qui me suis retrouvé en prison. J’ai accepté d’affronter la justice de mon pays et j’ai été acquitté. Christophe BOIBOUVIER : Est ce que vous estimé que François Bozizé à joué un rôle à l’époque dans votre arrestation ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Tout ce que je sais c’est que j’ai vu le général à l’époque venir m’arrêter, c‘est le général qui a conduit la troupe qui est venue m’arrêter! Christophe BOIBOUVIER : Est-ce que vous voulez dire par là qu’avant le 28 mai 2001 vous aviez évoqué avec François Bozizé, l’éventuel départ d’Ange-Félix PATASSE et que, en août 2001 vous vous êtes senti trahi par le même François BOZIZE quand il vous a arrêté ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Heu, tout ce que je sais, je connaissais les intentions du Général. Et … je savais qu’il avais l’intention de faire un coup d’État. Et … moi je lui avait prodigué des conseils, je lui avait dit que le changement des institutions, chez nous, doit se faire dans le cadre constitutionnel. Christophe BOIBOUVIER : quand vous étiez ministre de la défense vous vous êtes rendu populaire auprès d’un certain nombre de soldats en vous battant pour leur primes d’alimentations, est-ce qu’aujourd’hui vous avez encore un contact privilégié avec l’armée ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Euh, je vous dirai oui. C’est des citoyens centrafricains avant tout, avant d’être des militaires. Donc nous pouvons avoir des rapports de fraternité, on se connaît, donc si on se rencontre dans la rue, vous ne pensez pas que l’on ne va pas se saluer ? Christophe BOIBOUVIER : Oui, mais il peut y avoir des contacts plus rapprochés pour envisager peut-être un renversement de président actuel ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Écoutez. Je ne sais pas pourquoi on m’accuse de ce genre de choses. Voyez vous on avait dit la même chose en 2001. Lorsqu on ma arrêté, eh bien, l’accusation n’était pas en mesure de citer le nom d’un quelconque militaire complice de DEMAFOUTH, y’en a pas eu et j’ai été acquitté. Christophe BOIBOUVIER : En tant qu’ancien ministre de la défense que pensez-vous aujourd’hui de la politique de recrutement dans l’armée nationale ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Écoutez. Nous devons faire un recrutement en tenant compte des équilibres ethniques dans notre pays pour ne pas faire une armée ethnique. Christophe BOIBOUVIER : Est-ce que c’est le cas aujourd’hui ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Mais c’est pas le cas le aujourd’hui ! comment voulez vous faire avec une armée avec des gens qui du jour au lendemain étaient des braves civils, se retrouvent avec des galons et commandes des militaires formés. Comment voulez vous faire une armée avec des recrutements basés exclusivement sur des critères d’ethnies. Christophe BOIBOUVIER : Jean-Jacques DEMAFOUTH un certain nombre de militaires et d’anciens libérateurs déçus par François BOZIZE sont entrain aujourd’hui de s’éloigner de lui, peut-être même de se retourner contre lui, et beaucoup disent que l’ancien ministre de la défense Demafouth est en contact avec eux ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Mais je ne les connais pas. Je n’ai jamais été à l’origine du recrutement de ces libérateurs. Que celui qui les a recruté, celui qui leur a donné des armes puisse régler le problème. Christophe BOIBOUVIER : C’est à dire que pour vous, c’est la voie des urnes et en aucun cas la voie des armes ? Jean-Jacques DEMAFOUTH : Pour moi je suis clair, c’est la voie des urnes ! Je vais être candidat parce que j’estime que le bulletin de vote doit être l’arme qu’il faut utiliser pour l’alternance politique. Depuis le 15 mars 2003, la situation de RCA ne cesse de se dégrader, la situation est même pire que sous le régime du Président PATASSE. Moi, j’ai un projet pour la jeunesse de mon pays pour donner un espoir à tous ceux qui ont lutté depuis les années 1979, qui ont participés à tous les mouvements de changement et qui se retrouvent aujourd’hui sans rien. Ou qui sont en situation d’échec scolaire, ou de sans emploi. Il faut leur donner un espoir. Christophe BOIBOUVIER : Jean-Jacques DEMAFOUTH, Merci. RFI : L’opposant centrafricain Jean-Jacques DEMAFOUTH en exil en France est donc candidat à la présidentielle, un entretien réalisé par Christophe Boibouvier. VOIR AUSSI :
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