FODEM - BANGUI - 2 novembre 2004.

Message du Président - Bulletin d'information n°003.

Lettre aux Centrafricaines et Centrafricains

L’heure des grandes ambitions pour la Centrafrique

FODEM INFO N°003

Bulletin d’information des Combattants du FODEM

Lettre aux Centrafricaines et Centrafricains

L’heure des grandes ambitions pour la Centrafrique

 

             Chers Compatriotes,

             Janvier 2005 doit sonner l’heure des grandes ambitions pour la République Centrafricaine, celles de la Paix, du travail pour tous, de la prospérité pour chaque citoyen et la bonne gouvernance.

            Dans quelques semaines, nous allons nous rendre dans les urnes pour élire un nouveau Président de la République et nos députés.

            Pour la Communauté Internationale qui nous accompagne sur le chemin de la Réconciliation Nationale, il s’agit du retour à l’ordre constitutionnel normal, passage obligé pour la reprise pleine et entière de sa coopération sur le plan économique et social avec notre pays.

            Pour nous, Centrafricains, l’enjeu des prochaines élections dépasse de loin le simple cadre du retour à l’ordre constitutionnel normal, avec des dirigeants élus.

            Il s’agira de rompre définitivement le cycle infernal, crises sociales et violences politico-militaires, qui ont endeuillé nos familles, divisé le pays, détruit l’économie et jeté les centrafricains dans un gouffre de misère.

            L’heure est donc venue de jeter les bases de la conquête de la prospérité : la confiance et la stabilité politique, seules à même de donner à tout projet de société crédible, le temps et les moyens de créer les richesses pour le peuple et d’engager notre pays sur le chemin de la modernité.

            La grande ambition pour la République Centrafricaine est de l’élever au rang d’un dragon économique au cœur de l’Afrique, à l’instar des dragons asiatiques, comme Singapour, la Malaisie ou l’Indonésie, et les pays africains émergeants, comme le Ghana de Jerry Rawlings, le Burkina-Faso de Thomas Sankara et Blaise Compaoré, dont les dirigeants ont su mobiliser les ressources de l’intelligence de leurs concitoyens et les richesses naturelles pour bâtir un pays riche et prospère.

Bâtissons en Centrafrique, en janvier 2005, après 44 années d’indépendance faite de souffrances et de misère, la Patrie des Hommes de Paix et de Prospérité.

            La Paix, du travail pour tous les centrafricains, le pouvoir d’achat pour chacun, la bonne gouvernance, sont des objectifs à notre portée. Nous devons saisir l’occasion qui se présente pour leur mise en œuvre.

            Les dirigeants successifs de notre pays ont laissé creuser un large fossé, en terme économique, entre notre pays et nos principaux voisins, malgré l’abondance de nos richesses naturelles : le diamant, l’or, le bois, le café et le pétrole.

            Il ne s’agira pas seulement d’élire, en janvier 2005, un Président de la République cloîtré dans le confort de sa fonction, mais aussi, un véritable Chef d’État, un homme d’action capable de réaliser nos ambitions en transformant nos richesses naturelle en prospérité.

            Nous avions tous placé nos espoirs dans le changement du 15 mars 2003, à l’issue duquel un régime issu du suffrage universel, celui du Président Patassé, a été renversé par les armes.

            Le Général de Division François Bozizé, à la tête d’une coalition politico-militaire, est devenu Président de la République. La Communauté Internationale a condamné cette mutation politique par les armes, mais ne nous a pas fermé sa porte.

            Les Centrafricains ont salué ce changement comme étant la punition contre l’intransigeance politique d’un dirigeant ayant fermé la porte au dialogue et bloqué la vie démocratique.

            Les Chefs d’Etat de la CEMAC ont refusé l’isolement politique de note pays et son étranglement financier, en reconnaissant le régime du Président Bozizé, avec, à l’appui, une aide financière exceptionnelle. La France, l’Union Européenne, la Chine Populaire et le Fonds Monétaire International ont volé à notre secours.

            Le chantier auquel le Gouvernement de Transition devait s’attaquer était vaste. Mais les Centrafricains n’exigeaient pas de miracles. Seulement, qu’il corrige les errements du régime déchu, marqué par la gestion solitaire du pouvoir, l’affairisme, la corruption et le tribalisme.

"FODEM : PAIX, PROSPÉRITÉ"


           
L’économie centrafricaine était dans un état comateux. Les salaires accusaient quatre années de retard et le monde rural, privé du pouvoir d’achat des fonctionnaires, n’était plus en mesure de vendre ses produits et végétait dans l’agriculture d’autosubsistance.

            Pour sortir notre pays de ce désert social, le Président Bozizé s’était fixé trois objectifs au lendemain du 15 mars 2003 : la restauration de la sécurité, le redressement économique et le retour à l’ordre constitutionnel normal en janvier 2005.

            Sur les deux premiers objectifs, la sécurité et le redressement économique, l’échec est patent.

            Certes, des efforts considérables ont été consentis par la Force Multinationale de la CEMAC (FOMUC). Trois bataillons des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et quarante cinq Brigades de Gendarmerie ont été formés et équipés par la Coopération Française.

            Mais, l’énorme travail accompli par ces forces est sans cesse remis en cause par des militaires qui relèvent de l’autorité directe du Général Bozizé, malmenant et terrorisant les populations, au motif qu’ils ont souffert dans la brousse pendant la rébellion avant d’accéder au pouvoir, ce qui leur donne droit de vie ou de mort sur les centrafricains.

            Plus grave, des ex libérateurs tchado centrafricains qui ont été le fer de lance de la prise du pouvoir à Bangui le 15 mars 2003 par le Général Bozizé, ont été chassés de la capitale, après leur révolte du 17 avril 2004, revendiquant le paiement de sept milliards de F. CFA qui leur avait était promis.

            Chassés de Bangui en direction du Tchad, ils se sont essaimés sur le territoire centrafricain. Opérant par groupes de 30 à 40 hommes lourdement armés, ils continuent de s’attaquer aux populations et promettent de ne s’arrêter qu’après le départ du Général Bozizé du pouvoir.

            S’agissant du redressement économique, les belles promesses du Premier Ministre Abel GOUMBA consistant à geler le paiement des arriérés de salaires des régimes des présidents Kolingba et Patassé en échange du paiement des salaires à terme échu, se sont révélées n’être qu’un marché de dupes.

            Les arriérés de salaires continuent de s’accumuler sous le régime de Transition.

            L’abattement de 30% sur les salaires devait faciliter leur paiement. Mais, force est de constater que, non seulement les salaires ne sont plus payés régulièrement, mais une frange importante des agents de l’Etat a souffert gravement de ces amputations, à l’exemple de la Haute Hiérarchie Militaire, des Magistrats, des Fonctionnaires de Police qui, pour la première fois depuis l’Indépendance, ont vu leurs revenus baisser de 50%.


           
Plus récemment, sur quatre milliards de francs CFA débloqués pour le paiement exclusif des salaires, pensions et bourses, un milliard de F. CFA a été prélevé pour l’indemnisation des ex-libérateurs, sans qu’on ait les moyens d’en vérifier la bonne utilisation.

            Pour le reste, la corruption, le détournement de deniers publics, le laxisme, sévissent à tous les niveaux de l’Administration. Le constat accablant dressé par la dernière Mission du F.M.I. confirme la mauvaise gestion des dirigeants de l’Exécutif.

            Si les centrafricains peuvent espérer le retour à l’ordre constitutionnel dans la paix, ils le doivent au travail considérable accompli par le Conseil National de Transition.

            Dix neuf mois de transition ont prouvé que, non seulement les gouvernements successifs n’ont pas corrigé les errements du passé, mais ont aggravé la mauvaise gestion de l’État et des Finances Publiques, en raison du choix des hommes, fondé sur l’incompétence et l’inexpérience.

            Notre pays doit enfin relever la tête. Le FODEM s’engage à placer la République Centrafricaine sur la voie des pays qui se sont relevés de leur misère, en faisant le choix des hommes, basé sur la compétence et l’efficacité de l’outil administratif, le socle de sa politique, comme ce fut le cas avec Jerry Rawlings au Ghana, Thomas Sankara et Blaise Compaoré au Burkina-Faso.

            En Novembre 2004, le FODEM fera sa rentrée politique. Ce sera l’occasion de fixer les grandes lignes de son Programme Politique devant moderniser le visage du Centrafrique au cours des prochaines années à venir.

            Notre pays doit rejeter définitivement l’impôt de capitation, cet impôt injuste qui a jeté nos parents en prison.

            Nous prenons l’engagement d’éradiquer l’insécurité, à porter un coup d’arrêt à la pauvreté, en engageant une lutte féroce contre la corruption, le détournement de deniers publics, en mobilisant toutes nos richesses naturelles pour restaurer la solvabilité du Trésor Public.

            Nous nous engageons à développer la solidarité dans le domaine de la santé pour tous, l’urbanisme et le logement social, à rénover le système éducatif, à rétablir l’égalité des chances pour l’accès au savoir, à réhabiliter la fonction enseignante et le personnel de santé, les Forces de Défense et de Sécurité, à développer la politique du plein emploi, axée sur le secteur privé, par la promotion des petites et moyennes entreprises et industries.

            Une loi d’orientation pour l’aménagement du territoire doit ouvrir notre pays à la modernité.

            La garantie de sécurité mutuelle entre les États d’Afrique Centrale sera le cœur de notre politique sous-régionale et africaine.

"FODEM : PAIX, PROSPÉRITÉ"