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Lettre aux Centrafricaines et Centrafricains
L’heure des grandes ambitions pour la Centrafrique
Chers Compatriotes,
Janvier
2005 doit sonner l’heure des grandes ambitions pour la République
Centrafricaine, celles de la Paix, du travail pour tous, de la
prospérité pour chaque citoyen et la bonne gouvernance.
Dans quelques semaines, nous allons nous rendre dans les
urnes pour élire un nouveau Président de la République et nos députés.
Pour la Communauté Internationale qui nous accompagne sur
le chemin de la Réconciliation Nationale, il s’agit du retour
à l’ordre constitutionnel normal, passage obligé pour la
reprise pleine et entière de sa coopération sur le plan économique
et social avec notre pays.
Pour nous, Centrafricains, l’enjeu des prochaines élections
dépasse de loin le simple cadre du retour à l’ordre
constitutionnel normal, avec des dirigeants élus.
Il s’agira de rompre définitivement le cycle infernal,
crises sociales et violences politico-militaires, qui ont endeuillé
nos familles, divisé le pays, détruit l’économie et jeté les
centrafricains dans un gouffre de misère.
L’heure est donc venue de jeter les bases de la conquête
de la prospérité : la confiance et la stabilité politique,
seules à même de donner à tout projet de société crédible,
le temps et les moyens de créer les richesses pour le peuple et
d’engager notre pays sur le chemin de la modernité.
La grande ambition pour la République Centrafricaine est
de l’élever au rang d’un dragon économique au cœur de l’Afrique,
à l’instar des dragons asiatiques, comme Singapour, la Malaisie
ou l’Indonésie, et les pays africains émergeants, comme le
Ghana de Jerry Rawlings, le Burkina-Faso de Thomas Sankara et
Blaise Compaoré, dont les dirigeants ont su mobiliser les
ressources de l’intelligence de leurs concitoyens et les
richesses naturelles pour bâtir un pays riche et prospère.
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Bâtissons en Centrafrique, en janvier 2005, après 44 années
d’indépendance faite de souffrances et de misère, la Patrie
des Hommes de Paix et de Prospérité.
La Paix, du travail pour tous les centrafricains, le
pouvoir d’achat pour chacun, la bonne gouvernance, sont des
objectifs à notre portée. Nous devons saisir l’occasion qui se
présente pour leur mise en œuvre.
Les dirigeants successifs de notre pays ont laissé creuser
un large fossé, en terme économique, entre notre pays et nos
principaux voisins, malgré l’abondance de nos richesses
naturelles : le diamant, l’or, le bois, le café et le pétrole.
Il ne s’agira pas seulement d’élire, en janvier 2005,
un Président de la République cloîtré dans le confort de sa
fonction, mais aussi, un véritable Chef d’État, un homme
d’action capable de réaliser nos ambitions en transformant nos
richesses naturelle en prospérité.
Nous avions tous placé nos espoirs dans le changement du
15 mars 2003, à l’issue duquel un régime issu du suffrage
universel, celui du Président Patassé, a été renversé par les
armes.
Le Général de Division François Bozizé, à la tête
d’une coalition politico-militaire, est devenu Président de la
République. La Communauté Internationale a condamné cette
mutation politique par les armes, mais ne nous a pas fermé sa
porte.
Les Centrafricains ont salué ce changement comme étant la
punition contre l’intransigeance politique d’un dirigeant
ayant fermé la porte au dialogue et bloqué la vie démocratique.
Les Chefs d’Etat de la CEMAC ont refusé l’isolement
politique de note pays et son étranglement financier, en
reconnaissant le régime du Président Bozizé, avec, à
l’appui, une aide financière exceptionnelle. La France, l’Union
Européenne, la Chine Populaire et le Fonds Monétaire
International ont volé à notre secours.
Le chantier auquel le Gouvernement de Transition devait
s’attaquer était vaste. Mais les Centrafricains n’exigeaient
pas de miracles. Seulement, qu’il corrige
les
errements du régime déchu, marqué par la gestion
solitaire du pouvoir, l’affairisme, la corruption et le
tribalisme. |
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L’économie centrafricaine était dans un état comateux. Les
salaires accusaient quatre années de retard et le monde rural, privé
du pouvoir d’achat des fonctionnaires, n’était plus en mesure de
vendre ses produits et végétait dans l’agriculture
d’autosubsistance.
Pour sortir notre pays de ce désert social, le Président
Bozizé s’était fixé trois objectifs au lendemain du 15 mars 2003
: la restauration de la sécurité, le redressement économique et le
retour à l’ordre constitutionnel normal en janvier 2005.
Sur les deux premiers objectifs, la sécurité et le
redressement économique, l’échec est patent.
Certes, des efforts considérables ont été consentis par la
Force Multinationale de la CEMAC (FOMUC). Trois bataillons des Forces
Armées Centrafricaines (FACA) et quarante cinq Brigades de
Gendarmerie ont été formés et équipés par la Coopération Française.
Mais, l’énorme travail accompli par ces forces est sans
cesse remis en cause par des militaires qui relèvent de l’autorité
directe du Général Bozizé, malmenant et terrorisant les
populations, au motif qu’ils ont souffert dans la brousse pendant la
rébellion avant d’accéder au pouvoir, ce qui leur donne droit de
vie ou de mort sur les centrafricains.
Plus grave, des ex libérateurs tchado centrafricains qui ont
été le fer de lance de la prise du pouvoir à Bangui le 15 mars 2003
par le Général Bozizé, ont été chassés de la capitale, après
leur révolte du 17 avril 2004, revendiquant le paiement de sept
milliards de F. CFA qui leur avait était promis.
Chassés de Bangui en direction du Tchad, ils se sont essaimés
sur le territoire centrafricain. Opérant par groupes de 30 à 40
hommes lourdement armés, ils continuent de s’attaquer aux
populations et promettent de ne s’arrêter qu’après le départ du
Général Bozizé du pouvoir.
S’agissant du redressement économique, les belles promesses
du Premier Ministre Abel GOUMBA consistant à geler le paiement des
arriérés de salaires des régimes des présidents Kolingba et Patassé
en échange du paiement des salaires à terme échu, se sont révélées
n’être qu’un marché de dupes.
Les arriérés de salaires continuent de s’accumuler sous le
régime de Transition.
L’abattement de 30% sur les salaires devait faciliter leur
paiement. Mais, force est de constater que, non seulement les salaires
ne sont plus payés régulièrement, mais une frange importante des
agents de l’Etat a souffert gravement de ces amputations, à
l’exemple de la Haute Hiérarchie Militaire, des Magistrats, des
Fonctionnaires de Police qui, pour la première fois depuis l’Indépendance,
ont vu leurs revenus baisser de 50%. |
Plus récemment, sur quatre milliards de francs CFA débloqués
pour le paiement exclusif des salaires, pensions et bourses, un
milliard de F. CFA a été prélevé pour l’indemnisation des ex-libérateurs,
sans qu’on ait les moyens d’en vérifier la bonne utilisation.
Pour le reste, la corruption, le détournement de deniers
publics, le laxisme, sévissent à tous les niveaux de
l’Administration. Le constat accablant dressé par la dernière
Mission du F.M.I. confirme la mauvaise gestion des dirigeants de l’Exécutif.
Si les centrafricains peuvent espérer le retour à l’ordre
constitutionnel dans la paix, ils le doivent au travail considérable
accompli par le Conseil National de Transition.
Dix neuf mois de transition ont prouvé que, non seulement les
gouvernements successifs n’ont pas corrigé les errements du passé,
mais ont aggravé la mauvaise gestion de l’État et des Finances
Publiques, en raison du choix des hommes, fondé sur l’incompétence
et l’inexpérience.
Notre pays doit enfin relever la tête. Le FODEM s’engage à
placer la République Centrafricaine sur la voie des pays qui se sont
relevés de leur misère, en faisant le choix des hommes, basé sur la
compétence et l’efficacité de l’outil administratif, le socle de
sa politique, comme ce fut le cas avec Jerry Rawlings au Ghana, Thomas
Sankara et Blaise Compaoré au Burkina-Faso.
En Novembre 2004, le FODEM fera sa rentrée politique. Ce sera
l’occasion de fixer les grandes lignes de son Programme Politique
devant moderniser le visage du Centrafrique au cours des prochaines années
à venir.
Notre pays doit rejeter définitivement l’impôt de capitation,
cet impôt injuste qui a jeté nos parents en prison.
Nous prenons l’engagement d’éradiquer l’insécurité, à
porter un coup d’arrêt à la pauvreté, en engageant une lutte féroce
contre la corruption, le détournement de deniers publics, en mobilisant
toutes nos richesses naturelles pour restaurer la solvabilité du Trésor
Public.
Nous nous engageons à développer la solidarité dans le domaine
de la santé pour tous, l’urbanisme et le logement social, à rénover
le système éducatif, à rétablir l’égalité des chances pour
l’accès au savoir, à réhabiliter la fonction enseignante et le
personnel de santé, les Forces de Défense et de Sécurité, à développer
la politique du plein emploi, axée sur le secteur privé, par la
promotion des petites et moyennes entreprises et industries.
Une loi d’orientation pour l’aménagement du territoire doit
ouvrir notre pays à la modernité.
La garantie de sécurité mutuelle entre les États d’Afrique
Centrale sera le cœur de notre politique sous-régionale et africaine.
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