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Au moment où s'ouvre cette rentrée politique,
dans de nombreux pays de par le monde, et plus particulièrement en
Afrique, les populations civiles sont soumises à rude épreuve, du fait
de la folie des hommes et de la lutte pour le pouvoir.
Je voudrais, qu'ensemble, nous ayons une pensée envers nos frères de
Côte d'Ivoire, des compatriotes africains et nos amis français qui
viennent d'y connaître les mêmes tragédies que nous, centrafricains, il
n'y a pas si longtemps.
Non loin de nos frontières, il y a aussi nos frères soudanais qui
s'entredéchirent dans le Darfour, avec de nombreuses victimes civiles,
alors que l'espoir de paix commence à poindre à l'horizon, entre le
Gouvernement et la rébellion sudiste de la S.P.L.A.
C'est vers toutes ces femmes, tous ces hommes et enfants déplacés,
torturés et dépouillés de leurs biens que vont, ce matin, notre
sympathie et notre solidarité.
Combattantes et Combattants,
Après bien d'autres formations politiques, le FODEM a décidé ce matin
27 novembre 2004, de faire sa rentrée politique.
Elle revêt une particularité exceptionnelle puisqu'elle se déroule à
une période charnière qui marque la fin de la transition ouverte le 15
mars 2003, et le début d'un nouveau processus qui doit nous conduire aux
élections présidentielle et législative de janvier 2005, et nous les
espérons ardemment porteuses de promesses de paix et de prospérité,
pour marquer la fin de 44 années de traversée du désert de la misère.
Mais, au moment où se profilent ces futures échéances électorales, des
craquements se font sentir à nouveau sur les fronts militaire et social,
menaçant de ramener la République Centrafricaine à ses vieux démons.
Militantes et Militants,
Nous avons choisi de nous appeler " Combattants ".
D'aucuns, surtout les gens du pouvoir, y ont toujours vu des velléités
permanentes de prise de pouvoir par les armes, au point qu'au moindre coup
de feu, à n'importe quel endroit du territoire, ils voient la main de
Charles MASSI presser sur la détente.
Mais nous, nous ne sommes pas des putschistes car, sur la centaine des
coups de force qui nous sont attribués annuellement, nous n'en avons
projeté aucun.
C'est parce que nous sommes les soldats du peuple
centrafricain, engagés
dans la lutte contre la pauvreté, que nous avons choisi de nous appeler
" combattants ". Notre combat ne pourra s'arrêter que quand le
drapeau de la paix et de la prospérité flottera sur notre pays.
Notre combat s'inscrit, depuis de longues années, dans la recherche
pacifique des voies et moyens pour combler le fossé qui nous sépare, sur
le plan économique et social, de nos principaux voisins de la CEMAC : le
Cameroun, le Congo Brazzaville, le Gabon et la Guinée Équatoriale qui
nous ont déjà suffisamment distancés.
Même le Tchad qui partageait avec notre pays le sort peu enviable du
dernier de la classe économique de la CEMAC, est en train d'amorcer,
grâce aux ressources pétrolières, des avancées significatives vers de
nouvelles conquêtes sociales pour ses populations.
Face à l'énorme attente du peuple centrafricain, en matière de paix, de
sécurité, de progrès social et de stabilité politique, conditions
indispensables pour jeter les bases de la conquête de la prospérité, il
va sans dire que les prochaines élections représentent, pour nous tous,
la dernière planche de salut avant le saut vers l'inconnu.
Notre responsabilité historique est écrasante.
Des élections démocratiques, il y en a eu dans notre pays, en 1993, 1998
et 1999. Elles n'ont pas véritablement apporter les solutions aspirations
sociales de notre peuple.
Que pouvons-nous espérer des prochaines
élections?
Pour la communauté internationale qui nous accompagne, les élections
présidentielle et législative de 2005 seront la consécration du retour
à l'ordre constitutionnel normal, passage obligé pour la reprise, sans
conditions, de sa coopération sur le plan économique et financier avec
notre pays.
Mais, pour nous, centrafricains, l'enjeu des prochaines consultations
dépasse de loin le simple cadre du retour à l'ordre constitutionnel
normal, avec un Président de la République et un Parlement élus.
Il s'agira, pour nous, de briser définitivement le cycle de violences qui
a marqué les 7 dernières années de ce que fut notre jeune expérience
démocratique, avec l'enchaînement : crises sociales et crises politico
militaires, dont les populations civiles, l'économie, le progrès social
et la démocratie en ont payé le lourd tribut.
Tournons-nous, un bref instant, vers notre récent passé pour mesurer
l'étendue de l'effort à accomplir pour retrouver notre crédibilité,
l'unité nationale, la paix et la prospérité, après de nombreuses
années de violences et de division.
La reconstruction nationale relève de notre seule responsabilité, car la
communauté internationale n'a que trop porté notre fardeau. Elle serait
en droit de nous abandonner si nous ne devions, une fois encore, ne pas
saisir l'occasion des prochaines élections pour en finir avec nos vieux
démons.
Souvenons-nous, Chers Compatriotes, des mutineries militaires de 1996 et
1997, des évènements du 28 mai 2001, avec les exécutions sommaires,
l'exode massif des populations civiles vers la République Démocratique
du Congo ; le départ forcé, le 03 novembre 2001 du Général François
Bozizé vers le Tchad ; l'attaque de Bangui du 25 octobre 2002, avec
l'intervention des rebelles du M.L.C., entraînant viols des filles et des
femmes, le pillage des biens, et enfin, le changement du 15 mars 2003,
avec son cortège de pillages et destructions des biens publics et
privés.
En dépit des efforts que nous déployons pour détruire notre pays, nos
frères africains et nos partenaires d'Europe ne nous ont jamais mesuré
leur assistance.
Pour mémoire, je rappelle la Mission Internationale du Suivi des Accords
de Bangui du 25 janvier 1997 (MISAB), avec la formation d'un nouveau
gouvernement d'union nationale après celui de juin 1996 ; le relais par
la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine (MINURCA) ;
l'organisation des élections législatives de novembre 1998 et
présidentielles de septembre 1999 qui ont ramené une paix relative dans
le pays.
Les interventions avec succès des frères africains et celles de la
communauté internationale, n'ont pu être, ni capitalisées, ni
pérennisées, à cause de la folie destructrice qui est devenue propre
aux centrafricains.
La confrontation permanente entre la dérive autoritaire du pouvoir et une
opposition résolue, a conduit aux évènements du 28 mai 2001, provoquant
l'intervention, à nouveau, des troupes de la CEN SAD, relayées plus tard
par la Force Multinationale de la CEMAC, avec l'appui logistique de la
France.
Nous voilà, aujourd'hui, une fois encore, revenus
au même point de départ.
Combattantes et Combattants,
Vous avez été nombreux à faire part de votre impatience face à
l'actualité politique. Devant l'avalanche des candidatures à l'élection
présidentielle de janvier 2005 et la désinformation de ceux qui voient
le FODEM et son Président en supplétifs des ambitions présidentielles
du Général Bozizé, beaucoup d'entre vous auraient souhaité transformer
cette rentrée politique en Assemblée Générale Extraordinaire pour
désigner le candidat du FODEM à la prochaine élection présidentielle.
Le Bureau Politique vous comprend.
En effet, face à l'immensité de la tâche pour sortir notre peuple du
gouffre de la misère, il était normal que vous manifestiez votre désir
de contribuer pleinement à la construction d'un nouvel édifice de paix
et de prospérité.
Une chose est de se déclarer candidat à l'élection présidentielle.
Autre chose est de s'organiser pour les élections et gouverner sur la
base d'un projet de société crédible, qui apporte des solutions
concrètes aux nombreux problèmes sociaux qui minent le peuple
centrafricain.
De plus, votre Président n'est pas un électron libre, pour se lever un
matin et se déclarer candidat. Il est Membre du Comité de Direction du
Conseil National de Transition.
Le combat que nous avons mené sur les textes législatifs, notamment le
Projet de Constitution et du Code Électoral, aurait perdu toute
objectivité si nous avions pris position en tant que candidat déclaré
à l'élection présidentielle.
La patience que nous avons mise à surmonter tous les obstacles dressés
sur notre passage témoigne de la justesse de notre méthode, faite de
prudence, et un bref retour sur notre passé pourrait rafraîchir notre
mémoire.
Le FODEM a été légalisé le 04 mai 1998. Il ne totalise que 6 années
d'existence, mais grande a été sa contribution dans la lutte pour la
consolidation de l'Etat de droit et contre la confiscation des acquis
démocratiques de 1993.
Il vous souviendra du rôle moteur que le FODEM a joué, en 1998, au sein
de l'Union des Forces Acquises à la Paix (U.F.A.P.).
Nous n'avons pas participé à sa création en juillet 1997, mais nous
avons été à l'origine de la relance de ses activités qui ont conduit
à la victoire de l'opposition à l'élection législative de 1998.
L'opposition aurait pu arracher, n'eut été la trahison de certains de
nos partenaires politiques, la victoire à l'élection présidentielle de
septembre 1999.
Sortant de 13 mois d'assignation à résidence surveillée, votre
Président s'est fait élire dès le premier tour, à l'élection
législative de novembre 1998, après seulement trois semaines de
liberté.
C'est l'occasion de remercier la presse privée centrafricaine et
internationale, comme Radio France Internationale et Africa n° 1 qui nous
ont apporté un soutien appréciable en relayant les informations
objectives sur le procès inique qui m'a été intenté par le Président
Patassé. Car, l'objectif du procès était de m'écarter définitivement
de la politique.
Au bilan des six années d'existence du FODEM, certains Combattantes et
Combattants, attirés par l'appât du gain, ont rallié les pouvoirs
successifs, souvent avec fracas. Leurs lettres de démission étaient
lues, à la radio et à la télévision, tout au long de la semaine.
Mais la majorité des Combattants que nous sommes aujourd'hui a su
résister à la tentation du gain facile et continuer, par conviction, à
lutter.
Nos adversaires de la Majorité Présidentielle de l'époque ont toujours
fait grief au FODEM d'avoir pratiqué l'opposition radicale contre
l'ancien régime, allant même jusqu'à l'empêcher d'accéder aux
ressources du Fonds Monétaire International. Il s'agit, bien sûr, d'un
faux procès.
Que peut faire un démocrate quand le principe universel de la Démocratie
: " la majorité gouverne, l'opposition s'oppose " est
constamment galvaudé, la loi du plus fort sur le faible, érigée en
méthode de gouvernement.
Que faire d'autre quand, malgré les belles promesses envers les
travailleurs, les arriérés de salaires, de pensions et de bourses
continuent de s'accumuler, alors que le pouvoir affiche un train de vie
fastueux ?
Le Président de l'Assemblée Nationale de l'époque n'avait-t-il pas
sévèrement critiqué le Gouvernement dont certains ministres, disait-il,
" roulaient dans des véhicules avec des roues pouvant écraser un
buffle " ?
Que faire quand la corruption, le laxisme et le détournement de deniers
publics se pratiquent à grande échelle et les scandales financiers
tenant le haut du pavé ?
Les exemples frappants étaient : affaire Zongo Oil, une perte sèche de 9
milliards CFA pour le Trésor Public ; la CCCG Trad, 1,7 milliards CFA et
le transfert illicite de 350 milliards de F. CFA qui a jeté le discrédit
sur notre pays ?
Tout cela a justifié notre lutte sans
concessions.
Mais, cette lutte, nous l'avons menée en compagnie de nos partenaires de
l'opposition, avec les moyens légaux que nous autorisait la Constitution
du 14 janvier 1995.
Ces moyens légaux ont pris fin le 19 décembre 2000, au stade de Bonga
Bonga, avec la violente répression, à balles réelles, du meeting
organisée par l'opposition.
Bien sûr, il m'a déjà été fait le reproche d'avoir été, de 1993 à
1997, au M.L.P.C., avec le Président Ange Félix Patassé.
J'ai toujours assumé mes responsabilités et je n'ai jamais fait partie
et ne ferais jamais partie de ceux qui renient leurs engagements
politiques au gré de leurs intérêts du moment.
Certes, j'ai été Ministre des Ressources Énergétiques et Minérales du
Président Patassé, de 1993 à 1996, de l'Agriculture et de l'Élevage,
de février au 17 décembre 1997.
Cet engagement résultait de ma part d'un simple constat. Le
spectaculaire redressement économique opéré par deux pays africains
disposant des mêmes richesses naturelles que nous, le Ghana en 1981 avec
Jerry Rawlings et le Burkina Faso, en 1983 avec des jeunes officiers,
Thomas Sankara, Blaise Compaoré et leurs camarades. Leur bilan m'a
convaincu que le Centrafrique pouvait s'engager dans la même voie de
modernisation, puisque nous disposions des mêmes ressources.
Il nous fallait seulement, non pas un Président de la République
installé dans le faste de la fonction, avec les cérémonies et les
voyages officiels, mais un vrai chef d'Etat capable de transformer ces
richesses naturelles en prospérité.
Ma rencontre à Paris, le 12 juillet 1992, avec le candidat du M.L.P.C.,
Ange Félix Patassé, la pertinence de ses propos, ont arraché ma
conviction qu'il serait l'homme de la situation.
Il cumulait à la fois la fougue de la jeunesse des officiers du Ghana et
du Burkina Faso et l'expérience politique acquise à la faveur de 12
années passées au service de l'Empereur Bokassa, considéré par nos
compatriotes comme le bâtisseur du Centrafrique.
Je fais remarquer aussi, que nous étions 52% de centrafricains à lui
avoir fait confiance en lui accordant notre suffrage à l'élection
présidentielle d'août 1993.
Quelle a été mon action au Ministère des
Ressources Énergétiques et Minérales ?
En prenant mes fonctions en 1993, j'ai trouvé le secteur minier sinistré
par la fraude. Les artisans miniers qui produisaient les 95% des 400.000
carats de diamant brut officiellement exporté par notre pays étaient
placés sous le régime de servage et exploités, aussi bien par les
collecteurs de diamant et d'or, les sociétés minières qui occupaient
80% du domaine minier, que les bureaux d'achat.
J'ai initié des réformes audacieuses qui ont libéré les principaux
acteurs de la domination de l'argent en regroupant les artisans miniers en
coopératives minières et en les dotant de moyens financiers et
matériels de travail.
La production officiellement exportée, qui était de 414.000 carats pour
une valeur de 16 milliards CFA en 1992 est passée à 494.000 carats à la
fin de 1993, pour une valeur de 20 milliards CFA.
A la fin de l'année 1994, les exportations étaient de 535.000 carats
pour 45 milliards CFA.
L'Etat payait régulièrement les salaires.
Les artisans miniers ont retrouvé la dignité et la propriété de leur
patrimoine, beaucoup furent financièrement anoblis.
En nous inspirant du modèle d'organisation du secteur minier du Ghana et
du Botswana, j'ai initié la création, le 05 février 1996, de la Bourse
Internationale du Diamant de Bangui.
Malgré les mutineries militaires d'avril et mai 1996, en 3 séances
boursières, la valeur du diamant brut au carat a augmenté de 95% et de
nombreuses fortunes ont été faites dans ce marché. Ainsi, les
collecteurs de diamant et d'or qui nous vouaient aux gémonies pour avoir
soustrait les artisans miniers de leur tutelle ont fini par rallier notre
politique minière.
Je voudrais pour preuve du succès de notre passage à la tête de ce
Ministère, l'inscription permanente dans les mesures préconisées au
Gouvernement par le Fonds Monétaire International, la réouverture de la
Bourse du Diamant suspendue sans motif valable par le Gouvernement d'Union
Nationale, en juin 1996.
De même, dans son rapport de juin 1997, le Comité Monétaire de la
B.E.A.C. a placé la Bourse du Diamant au milieu des réformes qui ont
été bénéfiques aux Finances Publiques de la République
Centrafricaine.
Chers Compatriotes, en dépit des nombreuses allégations de l'opposition
de l'époque, réunie au sein du CODEPO, je mets quiconque au défi de me
sortir un seul journal qui a fait état de l'arrestation d'un seul
dirigeant de l'époque, le Président de la République ou son Ministre
des Ressources Energétiques et Minérales bloqués à Düsseldorf en
Allemagne, avec une mallette contenant des centaines de milliers de carats
de diamant exportés frauduleusement.
Nous n'étions préoccupés que par l'intérêt national. Il y a eu des
mutineries militaires en 1996, pour seulement 3 mois de retard de
salaires.
C'est parce qu'à la fin de l'année 1995, le Gouvernement a dû
débourser 5,700 milliards CFA pour rembourser les dettes de notre pays
envers le Fonds Monétaire International, qui dataient de plusieurs
années.
Cela a permis de signer le préaccord du 23 mars 1996 qui devait aboutir,
n'eussent été les mutineries, au déblocage d'importants financements,
le 15 juin 1996.
Pour ce qui est du Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage, La
brièveté de notre passage à la tête de ce Département, du 06 février
au 17 décembre 1997, ne m'a pas permis de réaliser l'ensemble de mon
programme.
Mais, c'est justement en voulant procéder au changement de certains
cadres véreux à Centrapalm, à l'Agence Nationale de Développement de
l'Elevage (A.N.D.E.), à la gestion scabreuse de 2 milliards CFA du Don
Japonais par un seul individu, que je me suis heurté aux intérêts des
individus protégés par leur appartenance au clan présidentiel.
A l'impossible nul n'étant tenu, avec quelques camarades, nous avons
initié le FODEM dont la création a été rendue publique le 27 novembre
1997, provoquant le déluge du feu présidentiel.
J'ai refusé de vendre mon identité et mes convictions en échangent mon
maintien au Gouvernement contre la dissolution du FODEM.
J'ai donc été limogé du Gouvernement le 17 décembre 1997 et placé
arbitrairement en résidence surveillée, du 26 décembre 1997 au 30
septembre 1998, pour n'être libéré, que quelques semaines avant
l'élection législative de 1998.
Passé dans l'opposition et après bien des batailles à l'Assemblée
Nationale comme au sein des formations politiques, la tentative de coup d'Etat
du 28 mai 2001 m'a contraint à l'exil en Europe. Une fois encore, j'ai
été injustement condamné à mort par contumace, le 27 août 2002, pour
participation aux évènements du 28 mai 2001, au moment même où je
déployais des efforts pour convaincre nos compatriotes civils et
militaires exilés de la nécessité d'aller au dialogue politique, en vue
d'un règlement pacifique de la crise centrafricaine.
Le changement du 15 mars 2003 est arrivé à
ce moment-là.
Cette mutation politique par les armes a été condamnée par la
communauté internationale tout en nous laissant sa porte ouverte. Les
centrafricains l'ont salué parce qu'il représentait l'unique alternative
pour sortir d'une vie démocratique bloquée, corriger les errements du
passé et aller à la réconciliation nationale.
Les Chefs d'Etat de la CEMAC qui, depuis le Sommet de Libreville du 05
décembre 2001, préconisaient le Dialogue National et désignaient le
Doyen Omar Bongo Ondimba, Président du Gabon, Facilitateur du Dialogue
Inter centrafricain, ne nous ont pas abandonnés.
Ils ont refusé l'isolement diplomatique de notre pays en reconnaissant le
régime du Président Bozizé le 03 juin 2003 à Libreville et évité
l'asphyxie financière du Centrafrique en lui accordant d'importantes
aides, près de 20 milliards CFA.
La Chine Populaire, l'Union Européenne, le Soudan et la Libye, nous ont
appuyé, aussi bien financièrement que matériellement. Notre alliée
traditionnelle, la France, est allée au-delà de son appui classique sur
le continent, en soutenant financièrement le Trésor Public
Centrafricain, en apportant un appui logistique et financier à la Force
Multinationale de la CEMAC et en assurant la formation de 3 bataillons des
Forces Armées Centrafricaines et l'équipement de 45 brigades de
Gendarmerie.
Tous ces efforts ont été consentis pour donner au régime de la
Transition, les moyens de ramener la paix des cœurs et des esprits pour,
qu'enfin, notre pays puisse entamer un nouveau départ.
Au moment où cette transition qui n'aura été consensuelle que de nom,
tire à sa fin en janvier 2005, quels enseignements pouvons-nous tirer des
19 mois écoulés de gestion qui devait nous changer des errements du
régime du Président Patassé ?
Les maux qui gangrenaient le pays sous l'ancien régime étaient connus de
tous les centrafricains : en résumé, ils tenaient à l'installation de
la loi de la jungle, l'affairisme effréné, la gestion solitaire et
familiale de l'Etat, de type République bananière, où se mêlaient
beaux-frères, fils, neveux, avec un cocktail dans lequel la fonction
présidentielle se dissolvait dans le métier de commerçant, et les
Finances Publiques, assimilées à un bien personnel.
La correction de tous ces maux constituait l'unique justification du
changement du 15 mars 2003.
Quel constat pouvons-nous dresser aujourd'hui ?
Non seulement, tous ces maux n'ont pas été corrigés, mais au contraire,
ont été endossés et assimilés par le régime du Général Bozizé,
avec l'addition de la terreur de sa Garde Rapprochée, des hommes qu'on
croyait venus en libérateurs et acclamés par plus de 100.000
centrafricains le 28 mars 2003.
Les dirigeants de la Transition ont commencé par faire croire aux
travailleurs qu'en gelant les 36 mois d'arriérés de leurs salaires, ils
allaient enfin les payer à terme échu. Il n'en a rien été puisque les
salaires continuent à s'accumuler sous la Transition.
Puis, est venue la mesure brutale de l'abattement de 30% sur les salaires
qui étaient déjà dépourvus de tout pouvoir d'achat, ne servant qu'à
payer les énormes dettes des travailleurs.
Le Gouvernement jurait que cette mesure allait faciliter le paiement des
salaires à terme échu jusqu'à la fin de l'année 2004.
N'eut été la bataille acharnée menée par le Conseil National de
Transition à propos de cette mesure, des milliers de fonctionnaires se
seraient retrouvés sans ressources et jetés dans la rue.
Au final, les principales victimes des abattements de salaires, ce sont
les officiers des Forces Armées Centrafricaines, de la Gendarmerie, les
gradés de la Police et les Magistrats qui ont vu leur niveau de vie
reculer de plusieurs années.
La corruption, le détournement impuni de deniers publics, se poursuivent
à grande échelle et à tous les niveaux.
Le rapport accablant de la dernière mission du Fonds Monétaire
International qui recense les carences et les manquements dans la gestion
des finances publiques, confirme, de manière éclatante, l'échec du
redressement économique, puisque notre pays ne survit que grâce à la
perfusion financière extérieure, comme sous le régime déchu.
Sur le volet sécuritaire, dont les thuriféraires du général Bozizé en
font un fonds de commerce électoral, en faisant prévaloir qu'en raison
de l'insécurité notre pays ne peut être dirigé que par un militaire,
le constat, aujourd'hui, est que, n'eut été l'action combinée de la
Force Multinationale de la CEMAC appuyant les bataillons formés par la
France, les centrafricains vivraient barricadés dans leurs maisons, sans
avoir l'assurance d'y vivre en paix.
L'insécurité qui était insidieuse revient au galop, sans qu'on sache
aujourd'hui, la part entre les manipulations électoralistes du pouvoir et
la réalité de la situation sécuritaire.
Des missions que le FODEM a pu envoyer sensibiliser la population dans
l'arrière-pays, sont revenues avec le même constat : une grande partie
de nos provinces est submergée par des hommes en uniformes et en armes de
guerre, opérant comme l'armée régulière centrafricaine.
Il s'agirait d'anciens ex libérateurs, chassés de Bangui le 17 avril
2004, et qui sont revenus sur le territoire revendiquer ce que le
général Bozizé leur avait promis avant sa prise du pouvoir à Bangui le
15 mars 2003.
S'y ajoute la dette de sang que revendique les ex libérateurs pour leurs
compagnons sommairement exécutés après leur révolte du 17 avril 2004.
Cela nous amène à nous interroger sur l'utilisation finale de la somme
de 1 milliard CFA prélevée sur l'aide de la B.E.A.C. et placée, à la
demande du Président Bozizé sur un compte intitulé "
Indemnisations des ex libérateurs ".
Devant l'ampleur de la menace que font peser les ex libérateurs, il
aurait été important de vérifier si ce n'est pas cette somme d'argent,
déversée dans la campagne électorale du Président Bozizé qui fait
courir les nombreux comités de soutien et d'appel à sa candidature,
alors que des citoyens innocents paient de leur vie ce cruel manquement.
Les Maires, et particulièrement ceux des communes d'élevage comme ceux
de Nyem Yélowa, de Koui, ont été sommairement exécutés ou atrocement
torturés.
Aussi, nombreux sont les éleveurs et les maires des communes d'élevage
dans l'Ouham-Pendé, la Nana-Mambéré et la Mambéré-Kadéï qui
quittent massivement le Centrafrique pour se réfugier au Cameroun, en
attendant le résultat de la prochaine élection présidentielle.
Même si les autorités politiques se refusent à le reconnaître, le
moral de nos Forces Armées manque de vigueur, du fait de la carence des
moyens matériels et financiers de leurs missions et de la disproportion
des équipements de guerre entre eux et les ennemis.
On rapporte qu' il y a eu des problèmes à Bocaranga et à Birao. Mais le
communiqué du Gouvernement sur le sujet est si laconique, qu'il n'a pu
que raviver les inquiétudes des citoyens.
La raison fondamentale de l'échec de cette transition réside dans
l'incapacité du Président Bozizé à s'entourer des proches
collaborateurs sérieux.
Pour un Chef d'Etat manquant d'expériences, quels résultats pouvait-il
obtenir de collaborateurs à la compétence et à la moralité fort
discutables ?
Comment comprendre qu'un Chef d'Etat à la tête d'un pays en déconfiture
économique puisse s'entourer, pour sa campagne présidentielle, de
minuscules partis politiques dont certains leaders ont été conspués, le
28 mars 2003, par 100.000 centrafricains, au Stade Barthélémy Boganda ?
Comment
donner du crédit à un candidat quand un leader politique dont la
presse a dénoncé les malversations de sa gestion à la tête
d'une Société d'État, et qui devait se retrouver en prison,
devient le principal soutien électoral du candidat François
Bozizé ?
La démission du Ministre
d'Etat Jean-Pierre Lebouder, à la compétence
reconnue, qui a réussi à faire renouer notre pays avec le Fonds
Monétaire International et la Banque Mondiale, prouve à suffisance, que
l'espoir du redressement économique ne se trouve plus entre les mains des
acteurs du présent Exécutif.
On retiendra tout de même l'action salvatrice du Conseil National de
Transition.
Mais, en étant juge et partie, il ne m'appartient pas d'en parler. Je
laisse à l'histoire et au peuple le soin de juger de sa contribution sans
laquelle la Transition aurait été un navire ivre, une proie facile pour
le premier putschiste venu.
Toutefois, on peut dire le rôle majeur joué par le Conseil National de
Transition dans l'élaboration des Recommandations qui ont servi de base
à la tenue du Dialogue National, il s'est opposé à l'abattement de 30%
sur les salaires et a réussi à faire respecter la volonté du peuple
centrafricain exprimée au Dialogue National sur la future Constitution et
le Code Électoral, malgré l'opposition farouche du Président Bozizé.
Combattantes et Combattants,
Vous m'avez mandaté pour vous représenter au Conseil National de
Transition. J'ai pu, autant que faire se peut, le faire honorablement, en
m'acquittant de toutes les tâches au sein de l'Institution.
Chers Compatriotes,
Combattantes et Combattants,
Malgré l'immensité de nos richesses naturelles ; le diamant, l'or, le
bois, le café, le coton et même le pétrole, les centrafricains
continuent leur descente dans l'enfer de la pauvreté et de la misère.
Nous avons toujours fait preuve de patience en nous montrant fatalistes,
en remettant notre destin entre les mains de Dieu. Mais, toute cette
patience ne nous a rien rapporté en 44 années d'indépendance.
A chaque période électorale, comme celle-ci, on vous promet monts et
merveilles pour que vous acceptiez de vendre votre âme et de perdre votre
identité pour une poignée d'argent, un tee-shirt ou un pagne, acquis
avec des moyens prélevés dans votre Trésor Public et sur votre misère.
Il nous faut saisir l'occasion des prochaines élections pour fermer
définitivement la page de notre vie placée sous le signe de la misère.
Il
ne sera plus question pour nous, d'élire un Président de la
République et des Députés à l'Assemblée Nationale, mais de
nous doter d'un véritable leadership à la tête de l'État, un
chef capable de transformer nos richesses naturelles en
prospérité et des élus en mesure de nous défendre, comme l'a
fait, avec honneur, le Conseil National de Transition.
L'heure est donc venue d'entrevoir les grandes ambitions pour le
Centrafrique qui doivent créer les richesses pour le Peuple et engager
notre pays sur la voie de la modernité.
La principale priorité sera de rétablir la paix et la sécurité,
indispensables conditions pour instaurer la stabilité politique et la
confiance nécessaires à l'investissement productif et à l'emploi.
La paix nécessite que notre pays cesse avec la situation de belligérance
avec ses proches voisins. C'est donc avec le Tchad, le Congo Brazzaville,
le Cameroun, la République Démocratique du Congo et le Soudan, que la
République Centrafricaine doit rechercher la garantie mutuelle de
sécurité, le long de nos frontières communes.
Cela exige que le territoire de chacun des États ne servent plus de
sanctuaire à la déstabilisation du voisin.
La
seconde priorité doit être la relance du progrès social, en
mettant tous les centrafricains au travail, grâce à l'appui à
l'expansion du secteur privé par les P.M.I/P.M.E., et en
développant les services sociaux essentiels dans les domaines de
l'Éducation, de la Santé, en ayant comme objectif celui du
millénaire, à l'horizon de 2015, l'accès à la modernité, au
logement décent, à l'eau potable, l'électricité, la
télécommunication et les infrastructures routières.
C'est l'occasion de lancer un appel pressant à la communauté musulmane
qui se sent aujourd'hui brimée et sa place contestée au sein de la
Nation, sur la nécessité de scolariser les enfants, garçons et filles.
Pour tous les centrafricains, musulmans et chrétiens, l'accès au savoir
représente la seule voie de la connaissance et la défense de leurs
droits.
Ce sera l'occasion, enfin, d'intégrer le monde rural dans l'économie en
transformant l'agriculture d'autosubsistance et l'élevage de patrimoine
en activités commerciales grâce au crédit et à la modernisation de la
production, d'intégrer les jeunes et les femmes dans l'économie, en
s'attachant à réaliser les objectifs du concept genre, en attribuant,
sur la base de la compétence et non de la démagogie, les 35% de
représentativité pour les femmes, dans tous les domaines.
La sécurité alimentaire doit enfin devenir une réalité. Les salaires,
les pensions et les bourses doivent retrouver leur pouvoir d'achat pour
relancer la consommation et l'expansion économique.
Un dialogue social permanent et constructif, avec les organisations
syndicales et le patronat doit conduire à trouver les meilleures
solutions pour l'apurement de tous les arriérés et leur valorisation.
Malheureusement, le vrai problème de la République Centrafricaine
réside, non pas dans la confection des projets de développement, mais
dans la disponibilité et l'allocation des ressources financières de leur
réalisation.
C'est pourquoi il nous faut améliorer les performances de notre économie
en rétablissant l'efficacité de l'outil administratif, en faisant appel,
sans exclusive, à toutes les compétences, sur la base du principe :
" The right man at the right place " qui a fait le succès
économique du Ghana et du Burkina-Faso.
Il faut imposer le réalisme dans la confection et le sérieux dans la
gestion du Budget.
Appliquer avec rigueur et compétence le Programme d'Ajustement Structurel
conclu avec nos partenaires financiers, en faisant de ces différentes
mesures l'affaire de notre pays et non pas des conditionnalités imposées
de l'extérieur.
Nous devons également mobiliser l'ensemble de nos ressources naturelles,
le diamant, l'or, le bois, le café, le coton et le pétrole, sécuriser
l'environnement juridique des affaires pour promouvoir le développement
industriel et commercial, pour dégager les ressources financières
importantes au service de l'amélioration des conditions de vie et de la
modernisation du pays.
Il faut aussi engager une lutte sans merci contre les importations et les
exportations frauduleuses qui fragilisent les entreprises qui créent des
emplois et les richesses pour l'Etat.
Il faudra également travailler à l'ancrage de l'Etat de Droit en
privilégiant la bonne gouvernance. C'est là que le rôle du 4ème
pouvoir, la Presse, dont l'existence doit s'affranchir des pesanteurs du
Pouvoir pour mieux informer les citoyens et les aider à se forger leurs
propres opinions, doit être reconnue et protégée. Un pas vient d'être
franchi avec le vote de la Loi sur la liberté de la communication.
Notre pays doit aussi travailler à retrouver sa crédibilité sur la
scène internationale par la promotion des Arts et de la Culture, le Sport
et le Tourisme.
L'intégration sous-régionale doit être consolidée. La CEMAC doit se
doter d'une Force Multinationale, à l'instar des pays de l'Afrique de
l'Ouest, pour intervenir sur tous les théâtres d'opérations.
L'Union Africaine doit être renforcée et nos relations avec nos
partenaires extérieurs et surtout traditionnels doivent être
améliorées.
Toutes ces grandes ambitions pour notre pays, pour être menées à terme,
ne peuvent se faire que sous deux conditions :
- la transparence et la crédibilité des prochaines élections
présidentielle et législative et une paix durable.
S'agissant des élections, des efforts ont été faits par le Gouvernement
et le Conseil National de Transition pour arriver à des textes de
consensus sur le Code Électoral et le Projet de Constitution.
L'expérience prouve que de mauvaises élections qui aboutissent à des
hold-up conduisent à des violences. Notre pays qui sort de 3 ans de
violences post-électorales en est un exemple.
La seconde condition : une paix durable, nous ramène à ce qui se passe
en Côte d'Ivoire.
Nous parlons du Président Laurent Gbagbo et des Forces Nouvelles qui
occupent le Nord de la Côte d'Ivoire. On finit par oublier qu'au départ
de cette crise, il y avait un Général Robert Gueï, venu au pouvoir à
la suite du coup d'Etat du 24 décembre 1999 " balayer la maison et
se retirer " et qui, en voulant s'accrocher, s'est livré à des manœuvres
électorales qui ont plongé ce beau pays dans une grave crise qui
mobilise toute l'Afrique et le monde entier.
Dans une Tribune Libre, intitulée " Le Centrafrique et son avenir
", publiée dans le journal " Le Citoyen " du 14 au 16
avril 2004, j'avais clairement précisé qu'avec tous les énormes moyens
financiers que la rébellion armée a procuré au Général Bozizé,
candidat à l'élection présidentielle de janvier 2005, il y irait pour
confisquer le pouvoir.
Cette victoire consacrerait la rébellion armée comme un nouveau mode
légal de légitimation à la tête de l'Etat. Un exemple appelé à être
imité, aussi bien en Centrafrique que partout ailleurs.
J'avais invité, dans ce document, le Général François Bozizé à
prendre à bras le corps le problème de l'indemnisation des ex
libérateurs, en en faisant une affaire nationale et non personnelle.
La révolte des ex libérateurs, survenant le 17 avril 2004, au lendemain
de mon article, le clan présidentiel m'a imputé la responsabilité de
cette révolte, alors qu'il appartenait au Général Bozizé de tenir ses
engagements envers les hommes qui l'ont porté au pouvoir au péril de
leur vie et à crédit.
Aujourd'hui, ce problème continue d'inquiéter les centrafricains et
semble s'aggraver puisque, à la dette financière de départ, les ex
libérateurs ont ajouté la dette de sang, avec toutes les conséquences
que nous vivons dans l'arrière-pays.
Il devient donc essentiel, pour le Général Bozizé, qui a la
responsabilité de 3,5 millions de centrafricains, de réfléchir très
sérieusement à son avenir électoral, en faisant le choix qui
préserverait la paix et la stabilité politique en Afrique Centrale.
Le Peuple Centrafricain lui en serait reconnaissant, financièrement et
matériellement.
Chers Combattantes et Combattants,
Beaucoup d'entre vous sont venus ce matin savoir si j'allais, séance
tenante, annoncer ma candidature à la prochaine élection
présidentielle.
Mais, avant, je voudrais dire, à ceux qui répandent dans l'arrière-pays
pour désinformer le peuple en affirmant que le FODEM est le supplétif du
P.D.C.A. ou du P.N.C.N. et son Président Charles MASSI, le bras droit du
candidat François Bozizé, ils ne sont pas loin d'être au bout de leur
déconvenue.
Quand on a été mordu par un serpent, on doit craindre la corde. J'ai
soutenu ardemment la candidature du Président Patassé à l'élection
présidentielle de 1993. Quand il a décidé de me mordre politiquement,
j'en ai été lourdement pénalisé, aussi bien sur le plan personnel que
professionnel.
Bien sûr, la politique n'est pas faite de la gratitude. Ce n'est pas une
raison pour se jeter dans la gueule du loup.
Les 19 mois de la transition a forgé notre conviction que le général
François Bozizé doit faire la preuve qu'il est un homme de parole pour
mériter que des personnes autres que les nombreux mange-mil qui se
bousculent au portillon de sa cagnotte, prêtent attention à ses projets
politiques.
Le FODEM est d'accord pour conclure des alliances politiques, à
l'occasion des prochaines élections, mais des alliances politiques ne
pourraient se conclure que dans le cadre d'un second tour.
Parce que les promesses qui accompagnent les alliances obéissent à la
nécessité. Et, comme dit Machiavel : " Toutes les promesses que la
nécessité arrache, seule la nécessité les fait observer ".
Et, on ne peut faire respecter les promesses que si on peut exister
politiquement et électoralement au lendemain du premier tour. Nous ne
pouvons mesurer notre force qu'en participant nous-mêmes à la bataille
électorale.
Certes, il y a déjà de nombreuses candidatures déclarées à
l'élection présidentielle à venir. Il ne s'agit que de candidatures. Et
ces candidats ne sont pas des inconnus et ne nous impressionnent guère,
car, au FODEM, nous avons un bilan à faire prévaloir dans le cadre de
cette Transition.
Avant de finir mes propos, je voudrais adresser les remerciements de mon
parti à la communauté internationale qui s'est penchée sur la
République Centrafricaine, aussi bien sur le plan financier que
matériel.
Je
renouvelle ici ces remerciements aux Chefs d'État de la CEMAC, à
la République Populaire de Chine, la Libye, le Soudan, les
Nations Unies, l'Union Européenne et la France.
Je voudrais, pour les Nations Unies et la France, les remercier encore
pour le rôle décisif qu'ils ont joué pour l'aboutissement du débat
entre le Gouvernement et le Bureau du Conseil National de Transition sur
le Projet de Constitution et le Code Électoral.
Pour la France, je voudrais adresser une mention particulière pour la
transparence de sa diplomatie, aussi bien au plan international que local.
Si j'ai un vœu à formuler au nom de mon parti, c'est que la
crédibilité et la transparence des prochaines élections, récompensent
l'énorme travail accompli par son Ambassadeur qui, pour la première
fois, n'a attiré sur lui aucune critique, ni de la presse, ni des
formations politiques, comme cela a toujours été la règle en période
pré électorale en République Centrafricaine.
Combattantes et Combattants,
Je vous demande d'ovationner nos illustres amis pour les efforts accomplis
en faveur de notre peuple.
Quant à vous, l'heure n'est plus aux bavardages. Nous devons nous engager
dans la conquête du terrain politique pour que les prochaines élections
fassent fleurir toutes les espérances du FODEM.
Dans
quelques jours, le FODEM présentera à la Presse son Projet de
Société qui doit guider la gestion de l'État pour les cinq
années à venir.
Une Assemblée Générale Extraordinaire sera organisée par la suite pour
permettre au FODEM de se déterminer sur le choix de son candidat à
l'élection présidentielle et l'investiture des candidats à la
députation.
Ceci constitue la feuille de route du FODEM.
Je vous remercie.
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