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Éditorial
: La pression
s’accentue-t-elle sur Bozizé ?
C’est la
question qu’on peut se poser en ce moment. Au fur et à mesure que
l’on s’approche du démarrage des divers scrutins, l’opinion
nationale de peut se défaire d’une foule de questions qui
l’assaillent de plus en plus. Des problèmes de l’insécurité
encore tenace aux couacs connus par la CEMI lors du recensement électoral,
les populations demeurent inquiètes face aux incertitudes qui pèsent
sur les élections de 2005. Mas au-delà de tout ce lot de doute,
c’est le silence d’un Bozizé à jamais énigmatique face aux
nombreuses et épineuses sollicitations de l’heure qui irrite ou déconcerte
plus d’un.
Certes
depuis les premières heures de la Transition jusqu’à maintenant, le
Centrafricain aura constaté que la sécurité reste la question des
questions. Tant les évènements douloureux que le pays vient de connaître
dans sa partie nord ainsi que les cas de violence qui envahit de plus en
plus la capitale attestent clairement e la persistance de l’insécurité
malgré les efforts remarquables de l’Etat transitoire.
Mais
quand bien même les confrontations entre un détachement des FACA et
une partie des bandes armées qui sévissent dans le nord de la RCA ait
été passé sous silence par les autorités centrafricaines et les médias
officiels, il importe de penser que ces heurts démontrent assurément
l’existence d’un profond malaise dans le pays. Car nous n’avons
pas manque de souligner les possibles intrigues politico-militaires que
peuvent masquer ces violences macabres.
Qui
serait derrière ces soi-disant bandes armées qui viennent de révéler
aux yeux du monde qu’elles sont plutôt des forces organisées bien équipées
et orientées vers des desseins qui dépassent le simple cadre de
pillage ? La question reste posée. Mais nombreux sont ceux qui se
fondent sur l’hypothèse d’une autre guerre civile qui se
profilerait à l’horizon sous l’instigation des anciens maîtres déchus
à Bangui.
Gonflés
par d’immenses moyens dont ils disposent désormais, Patassé,
Demafouth, Sani Yalo et le reste se lanceraient-ils désormais à
l’assaut du pouvoir installé depuis lors à Bangui ?
D’ailleurs
la capitale est en proie à des folles rumeurs d’un quasi encerclement
par des forces mercenaires à la solde des anciens dignitaires
centrafricains chassés dès le 15 mars 2003. Mais la RCA
replongerait-elle dans une fournaise ? La communauté
internationale acceptera-t-elle que le feu s’allume encore dans cette
région si sensible de l’Afrique ?
L’hypothèse
d’une pression militaire est plausible. La nature même du pouvoir
installé à Bangui depuis plus d’un an, ses origines, la mauvaise
gestion de la Transition et du « contentieux ZAKAWA » etc...
peuvent constituer les ingrédients d’un cycle infernal de violence
qui pèserait sur l’avenir proche du Centrafrique.
Cependant,
comme nous l’aurons déjà souligné à maintes reprises, le Général
Bozizé semble vouloir échapper aux contraintes d’un plan arrêté
bien avant le putsch du 15 mars 2003 par les différents acteurs
politico-militaires.
Certains ne lui
pardonneraient pas la trahison des engagements pris solennellement et
qui constituaient une bonne partie des conditions de l’avènement de
son pouvoir. Pour beaucoup de ces acteurs, Bozizé aurait franchi, pour
des raisons qui semblent encore opaques, le Rubicon. Ils ne l’auront
pas digéré à voir le efforts déployés par les uns et les autres
afin de fléchir ses nouvelles ambitions politiques. Ces ambitions
politiques qui semblent arranger quelques clans : celui des
parents, des compagnons d’aventure et surtout celui des prédateurs très
compromis dans des sales affaires depuis le régime de Patassé et qui
craignent d’avoir maille à partir avec la justice de leur pays.
Lorsqu’on
observe toute la constellation des agitateurs en faveur de la
candidature du général président on peut s’apercevoir de
l’existence d’une bonne brochette de ces « pommés » qui
tiennent en Boz leur « parapluie ». Ce dernier risque d’être
leur otage.
Toutefois,
la teneur du communiqué de la présidence, le samedi dernier, apparaît
tel un réflexe face à toutes ces facéties. Boz est peut-être face à
lui-même. Après son étincelante interview à Jeune Afrique l’Intelligent,
l’homme s’est tassé pour méditer, loin peut-être de tous les
tintamarres. La pression a certainement atteint des hauteurs inégalées.
Faudrait-il d’ici là s’ouvrir et se prononcer sur la question du
jour : candidat ou non ?
Le
silence, c’est vrai est une force. Mais il est tout à fait normal
qu’il y ait des limites à cela. Le temps est peut-être venu pour le
Président de la République de se prononcer sur la question.
Entretenir
éternellement un silence dans ce contexte social très fragilisé
serait extrêmement dangereux et peu responsable. Le moment est venu de
dépasser les laconismes.
LHRD
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