L’an deux mille quatre et le samedi vingt
novembre s’est tenue au Centre International de Séjour de Paris 12ème
(France), une rencontre d'informations et d'échanges sur le processus mis
en place par les autorités nationales Centrafricaines en vue de la création
d'un Conseil National des Centrafricains de l'Etranger (CNCE).
La rencontre qui s’est déroulée sous la
présidence de Monsieur Sylvain DEMANGHO, Président du Collectif des
Centrafricains en France (CCF), a réuni près d’une soixantaine de
personnes, dont plusieurs responsables d’associations ainsi que des représentants
de partis politiques.
Dans son intervention introductive, le Président
du CCF a fait savoir qu’à la suite des recommandations du Dialogue
National concernant la création d’un organe représentatif des
centrafricains vivant hors du territoire national, le Chef de l'Etat, le Général
François BOZIZE a chargé en avril 2004, le Vice-président de la République,
le Professeur Abel GOUMBA, de la mission de création d'un Conseil
National des Centrafricains de l'Etranger (CNCE). Dans le cadre de cette
mission, le Vice-Président de la République a défini un cadre référentiel
et mis en place un Comité Ad hoc ayant pour mission la création dudit
Conseil.
Ainsi, c’est dans le but d’informer
les Centrafricains en France sur les différents contours du processus
enclenché par les autorités nationales et aussi de leur permettre de
donner leurs avis et sentiments sur " quelque chose "
qui les concerne directement que le CCF a organisé cette rencontre.
Prenant la parole après le Président du
CCF, Monsieur Claude YABANDA, Chef de Cabinet Particulier du Vice-Président
de la République, a tout d’abord rappelé le cadre général des
missions dévolues à la Vice-Présidence de la République (Voir lettre
de mission du Chef de l’Etat du 05 avril 2004). Ensuite, il a présenté
les grandes lignes du cadre référentiel du projet de création du CNCE.
Après lecture des termes de référence du
CNCE faite par Monsieur Claude YABANDA, ainsi que des documents distribués
séance tenante par ce dernier, il ressort les points suivants :
Objectif du Comité Ad Hoc constitué à
Bangui
Placé sous l’autorité du Vice-Président
de la République et sous la supervision du Ministre Directeur de Cabinet
et plus particulièrement du Chef de Cabinet particulier du Vice-Président
de la République, le Comité Ad Hoc a pour objectif : la création
du CNCE placé sous l’autorité du Ministère des Affaires Etrangères
et doter d’une Direction de Coordination nationale, ainsi que diverses
Directions Régionales ou Sous Régionales au niveau mondial (…)
Composition du Comité Ad Hoc(fixée par
arrêté du Vice-Président de la République)
Le Comité comprend des membres des entités
suivantes :
·
Présidence
·
Vice-Présidence
·
Primature
·
Conseil National de Transition
·
Ministère du Plan, des Finances,
du Budget et de la Coopération Internationale
·
Ministère des Affaires Etrangères
·
Ministère de l’Intérieur
·
Ministère du Commerce
·
Ministère de la Justice
·
Ministère du développement, du
Tourisme et de l’Artisanat
·
Ministère de la Santé
·
Ministère de la Fonction Publique
·
Ministère de la Jeunesse, des
Sports, des arts et de la culture
·
Haut Commissariat aux droits de
l’Homme
·
Haut Commissariat Chargé de la Régionalisation
et de la Décentralisation
·
Conseil Permanent Chargé de la Réforme
de l’Administration Centrafricaine
·
Société Civile.
Liste des membres du Bureau du Comité Ad
Hoc (nommés par arrêté du Vice-Président de la République)
1.
Président : Monsieur
Faustin ZAMETO
2.
Vice-Président : Monsieur
Serge BOZANGA
3.
Rapporteur Général : Monsieur
Claude YABANDA
4.
Rapporteur Général Adjoint :
Monsieur Henri GOUANDJIA
5.
Trésorier Général : Monsieur
André LALI
6.
Conseiller Juridique : Monsieur
Claude LENGA
7.
Responsable chargé des ONG et
de la Société Civile : Monsieur Mathieu TIKANGO
Budget du Comité Ad
Hoc
Un budget prévisionnel de fonctionnement du
Comité Ad Hoc d’un montant de 158 378 500 Francs CFA a été élaboré
et soumis aux autorités compétentes.
Après l’intervention de Monsieur Claude
YABANDA, le débat a été ouvert. Les échanges qui ont été très
directs, quelques fois vifs et houleux ont permis à la majorité des
participants, après quatre listes d’interventions, d’exprimer les
points de vue les plus importants suivants :
1.
La mise en place à Bangui du
Comité Ad Hoc, chargé de la création du CNCE a manqué cruellement de
transparence. D’autre part, il y a eu un déficit manifeste de
consultation et/ou concertation entre l’autorité nationale chargée du
projet de création du CNCE et les centrafricains de l’étranger,
notamment les représentants des organisations représentatives ;
2.
Le sentiment et la crainte d’un
accaparement du projet du CNCE à des fins politiciennes ou pour la
poursuite d’ambitions égoïstes et personnelles par le parti Front
Patriotique pour le Progrès (FPP) d’une part, des individus
opportunistes, autoproclamés " Représentants de la Diaspora "
d’autre part ;
3.
Le caractère exorbitant et incohérent
du budget de fonctionnement du Comité Ad Hoc (chiffrage du poste des dépenses
sans la partie recettes). Qui va payer ? l’Etat Centrafricain, les
organismes financiers internationaux ?… ;
4.
Des questionnements sur la légitimité
politique du régime de la transition de vouloir créer le CNCE alors que
dans quelques mois des consultations populaires vont permettre au pays de
se doter de nouvelles institutions démocratiques et légitimes ;
5.
L’inquiétude par rapport aux
risques de dérives politico-administratives en cas de mise sous tutelle
du Ministère des Affaires Etrangères du CNCE. En effet, connaissant les
pratiques en la matière au niveau national, le placement du CNCE sous
tutelle directe du gouvernement risquerait de compromettre sa gestion
rigoureuse, son autonomie et son indépendance par rapport au pouvoir
politique ;
6.
Le souhait de confier au CCF la
coordination des actions pour une réelle information et implication des
Centrafricains de France dans la conception, l’élaboration et la réalisation
du projet de création du CNCE ;
7.
Le CCF doit rapidement organiser,
en lien avec les autres organisations centrafricaines de France, une
prochaine rencontre afin de permettre la poursuite et
l’approfondissement de la réflexion sur le sujet ainsi que d’arrêter
une position commune sur le processus en cours au pays.
Répondant sur ces différents points,
Monsieur Claude YABANDA a tenu à rassurer l’assemblée sur la volonté
du Vice-Président de la République de conduire sa mission dans un esprit
d’ouverture, d’équité et surtout de concertation avec les principaux
intéressés, à savoir : tous les centrafricains de l’étranger.
D’autre part, concernant les termes de référence du projet ainsi que
la composition du Comité Ad Hoc, il a affirmé que les choses ne sont pas
figées.
En clôturant la rencontre, Monsieur Sylvain
DEMANGHO, Président du CCF, a remercié l’assemblée pour son sens du
dialogue constructif. Il a particulièrement félicité et remercié
Monsieur Claude YABANDA qui, à la différence de la majorité des
personnalités nationales de passage en France, a accepté, malgré ses
importantes charges de se rendre disponible afin d’échanger des idées
avec ses compatriotes sur des questions d’intérêt national.
Enfin, le Président du CCF a annoncé la
convocation d’une prochaine rencontre à Paris (France) afin
d’approfondir la réflexion sur la question et surtout d’arrêter une
position commune sur le processus mis en place par la Vice-Présidence de
la République.
Paris, le 25 novembre 2004
André FOKY-DOUNGOUMA
Secrétaire Général du CCF
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72 39 35
E.Mail : collectif-des-centrafricains@wanadoo.fr