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N°973
Éditorial :
Regain d’insécurité : l’État se cabre.
Le
1er novembre passé, Bangui n’a pas vécu que les dégâts de la
tornade qui s’est abattue sur la ville provoquant l’effondrement de
maisons, la disparition par noyade de quelques enfants et un accident de
circulation très grave au niveau de Dameca. La capitale en effet avait
vu arriver ce jour-là les cadavres de quelques éléments des FACA tombés
dans une embuscade tendue vraisemblablement par des bandes armées qui sévissent
depuis un bon moment dans le nord. Du coup, l’opinion publique a noté
avec stupeur la gravit de la situation. La tension est montée d’un
cran depuis lors à la Présidence de la République et au niveau de
l’Etat Major des FACA ;
Pour
la première fois, dans ce régime de Transition, les FACA n’ont pas
fait une promenade de santé dans une contrée de ce pays. Cette
confrontation a révélé au grand jour l’existence de forces organisées,
bien équipées et certainement orientées vers des objectifs précis.
Est-ce le début d’une autre aventure meurtrière dans ce pays ?
D’aucuns le pensent fort.
La
République Centrafricaine est restée durant quelques mois sur des
bruits de bottes d’abord blafards et ensuite beaucoup plus
perceptibles et certains. Le problème e la sécurité se pose désormais
avec acuité.
Ces
évènements ayant jeté une lumière crue sur une vérité alors plus
qu’effarante, l’Etat se doit de prendre ses responsabilités
nonobstant la foultitude des difficultés qui le bousculent en ce
moment.
C’est
semble-t-il au regard de tout cela qu’il faudra appréhender les décrets
publiés samedi 6 novembre. Le Président de la République a jugé
judicieux de procéder à une retouche au niveau du dispositif
global de sécurité. Cela s’est exprimé par des mouvements et
nominations qui ne sont pas passés inaperçus.
Ainsi,
le lieutenant-colonel Thierry LENGBE de la Garde Républicaine se voit
affecté à la tête du Bataillon de Sécurité et de Protection (BSP).
Le capitaine Adolphe Belfort BEBIGUE du BMIA sera désormais son
adjoint.
Le
Centre d’Instruction de Bossembélé s’est vu renforcé par
l’arrivée de 2 officiers adjoints au commandement : le Capitaine
Jean-Claude GAMADOUVOU du BSP et le Lieutenant Eric Valery DANBOY du
Bataillon Amphibie. Le commandement du Bataillon Mixte d’Intervention
et d’Appui (BMIA) basé au Camp Kassaî reçoit un nouveau chef :
l’ex-lieutenant Kamis Fotor nommé Capitaine à titre exceptionnel.
La
sécurité aéroportuaire a également fait l’objet de réorganisation.
Quatre forces peuvent dorénavant partager la responsabilité de la sécurité
aéroportuaire : la Police des Frontières, la Brigade de
Gendarmerie de l’Aéroport ainsi que les FACA ;
Pour
harmoniser les diverses actions, il a été nommé un coordonnateur avec
rang et prérogatives de Chef de Corps. Le Chef de Bataillon André
Bonaventure LENANGUI s’est vu confiée cette responsabilité avec
comme officier adjoint le sous-lieutenant Bienvenu GBADORA. La sécurité
aéroportuaire ne relève plus du monopole de la sécurité présidentielle
qui, très souvent, néglige l’existence et l’efficacité des autres
corps affectés à l’aéroport. Les diverses unités n’émettent pas
sur la même longueur d’onde. La sécurité à Bangui Mpoko a tant
souffert de cette disharmonie. Ce commandement initié au niveau de la sécurité
aéroportuaire mettra un terme à certaines tracasseries qui ont
constitué depuis fort longtemps le lot quotidien non seulement des
passagers en partance ou à l’arrivée mais également du personnel de
l’aéroport même qui ne savait plus à quel saint se vouer. Une sécurité
en lambeaux dirait-on pour un lieu aussi stratégique que l’aéroport,
surtout en ces temps où persistent des incertitude.
Il
y va de soi que l’Etat se doit de réagir efficacement à la veille de
ces scrutins que la R.C.A. attend pour un nouveau départ. Ces élections
de la dernière chance, a-t-on dit.
LHRD
N°
974
L’option
finale de Jean-Jacques Demafouth - Juarez
J.J.
Demafouth, l’ancien ministre de la Défense de Patassé continue de
faire parler de lui. Depuis les malheureux évènements qui ont coûté
la vie aux éléments du Bataillon Mixte d’intervention, J.J.
Demafouth multiplie actions et démagogie pour se faire une place parmi
les futurs prétendants à la présidentielle de 2005.
Le
nord de la République Centrafricaine semble être le lieu privilégié
de lutte armée. Pendant ce temps, le régime de Bangui s’active à
organiser des élections, l’option choisie par J.J.D. serait tout à
fait différente. On voudrait faire tonner des armes pour conquérir le
pouvoir.
Dans
cette logique, le but des opérations menées par ces bandes armées
pendant ces derniers temps serait de couper Bangui du nord où on entend
acheminer le gros de la logistique militaire. Déjà un appareil C130
aurait vainement tenté d’atterrir à l’aérodrome de Pahoua où la
population de cette partie du pays en garde un mauvais souvenir.
En
tout cas, J.J.D. n’est pas un néophyte en la matière. Ses expériences
de la Section Nationale de Recherches et d’Investigation (SNRI) et
ceux acquis au Ministère de la Défense Nationale peuvent lui permettre
de surprendre.
Certaines
sources font état de ce qu’il serait en contact avec son ancien chargé
de mission, M. Ngapou Sabé qui, malheureusement, vient de succomber des
suites d’une maladie ;
La
situation étant telle que J.J.D. manigance afin de trouver une assise
politique à Bangui.
En
dehors du MLPC où il a déposé sa candidature pour les primaires, il a
créé depuis Paris un comité de soutien qui s’est étendu à Bangui.
Peut-être l’occasion de s’interroger sur le support à utiliser
pour asseoir son autorité. Mais, jusque-là, la CEMI attend la
candidature de l’homme.
121
élèves gendarmes, des rebelles en gestation – Lionel Bimazi
Quelques
121 jeunes centrafricains, admis à l’école de gendarmerie, avaient
été remerciés sans raison aucune. Et pourtant, l’État avait
investi pour cette formation.
S’étant
vus obligé de solliciter l’arbitrage de la Justice, le collectif des
élèves gendarmes de cette promotion s’est rapproché du Tribunal
Administration qui a rendu son jugement en leur faveur le 12 juin 2004 :
la décision de radiation devrait être annulée et accompagnée de
dommages conséquents. Décision notifiée le 25 juin 2004 au Ministre
de la Défense Nationale et de la Restructuration des Armées. Depuis,
statu quo.
Ces
121 élèves ont appris à manier les armes, pendant sept mois de
formation, tout comme ceux qui ont conduit le Général Bozizé au
pouvoir. Ils sont dans la ligne droite des mécontents de la Transition. |