La Commission Électorale a un mandat. Aurait-elle des principes?
(Les dossiers de l'actualité de Sangonet 08/12/2004)

OPINIONS - 30 novembre 2004.
Pourquoi la Communauté internationale persiste-t-elle à financer des élections en Centrafrique? (Opinion)
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LES
CANDIDATS

KOLINGBA, PATASSE, BOZIZE : LES CANDIDATS QUI DIVISENT !

Bozizé recrute dans sa mouvance présidentielle
RFI - Monique Mas - Article publié le 17/12/2004

La Commission Electorale a un mandat. Aurait-elle des principes?
(Les dossiers de l'actualité de Sangonet 08/12/2004)

Depuis quelques mois déjà nous nous attendions à voir avec clarté ou lire avec certitude les noms définitifs des candidats aux prochaines élections présidentielles en Centrafrique. Il y avait eu des rumeurs au sujet des candidats. Certains d’entre eux avaient joué à collin-magnard avec l’opinion publique; des noms avaient été révélés à demi-mots; des déclarations avaient été faites annonçant les couleurs. Dans la mêlée on avait à peu près ceci: Bozizé ne se présenterait pas, si, mais on le sait pas encore, il nous le dira le moment venu. Goumba, c’est le silence total; peut-être que celui-ci ne souhaiterait se contenter que d’un poste de vice-président permanent. Puis, il y avait eu ceux qui avaient annoncé tout haut leurs candidatures. Parmi eux, iI y aurait Bendounga, Démafouth, Kolingba, Massi, Ngoupandé, et Patassé. Il y aurait certainement des omissions ou des incertitudes qui n’attendraient que d’être vérifiées; dans ce groupe il y aurait Pouzère, Dondon et quelques autres indépendants de dernière minute.

Mais qu’est-ce que cela voudrait dire d’avoir sur la liste 3 candidats du MLPC? Est-ce que ce parti irait à ces élections en ordre dispersé avec Patassé, Dondon et Démafouth? Après les rumeurs des crimes dont Kolingba, Patassé, Démafouth et Bozizé auraient été les commanditaires, la Justice Centrafricaine ne menacerait de faire arrêter que 2 d’entre eux, à savoir Patassé et Démafouth, s’ils entraient sur le territoire centrafricain,. Mais après tous les crimes commis par les hommes de Bozizé, pourquoi donc ce dernier ne serait-il pas inquiété par cette même Justice Centrafricaine?

Malgré tout cet imbroglio, il y aurait cependant une certitude. La Commission Electorale aura du pain sur la planche, car ce serait à elle que reviendrait la tâche d’apprécier et de se prononcer objectivement sur la qualité de chaque dossier de candidature des différents prétendants. Nous espérons que cette commission prendra cette lourde responsabilité très au sérieux et ne répétera pas les erreurs du passé à la frank. L’on aurait souhaité voir cette Commision Electorale jouer la carte de la transparence, durant le processus d’examen des dossiers de candidature. L’on aurait souhaité que cette commission précise au préalable les critères qui permettraient d’évaluer les dossiers, avant de prendre toute décision de rétention ou de réjection. Ce serait par ce truchement, parmi d’autres, que le monde apprécierait le caractère rigoureux du processus démocratique que l’on souhaiterait voir établir en Centrafrique. S’il en était autrement, l’on aurait alors l’évidence que cette commission ne serait autre qu’une mascarade pour faire le jeu de Bozizé.

Mais essayons d’analyser le désir de retourner au pouvoir des anciens présidents Kolingba et Patassé, et celui manifeste de Bozizé de garder le pouvoir. Cette analyse ne serait pas difficile à articuler si leurs partisans, vous et moi pouvions nous souvenir qu’il n’y avait pas très longtemps encore le citoyen lucide avait reproché à chacun de ces 3 candidats l’absence d’un esprit patriotique qui rassemblerait tous les enfants du pays, le manque de leadership et l’absence de clairvoyance pour conduire lucidement et objectivement les affaires de l’état, l’incompétence dans les applications strictes et le respect des lois fondamentales du pays, la constitution d’une cour d’hommes d’affaires véreux et de proches parents qui avaient détourné les ressources du pays, nécessaires aux investissements et à sa construction, la concussion dans la gestion des ressources naturelles et fiduciaries du pays, les tracasseries et intimidations d’un entourage cupide pour museler toute opposition, la trahison de grands intérêts du peuple centrafricain, etc. Dites moi si ces 3 candidats sont les fils exclusifs du pays, seuls, capables de conduire avec pragmatisme et clairvoyance ses destinés? Meurtre, viol, détournement, haute trahison et autre crime avaient été ce que l’on avaient reproché à Kolingba, Patassé, et Bozizé. Kolingba avait lui-même été l’instigateur de toutes les mutineries de 1996 qui avaient déchiré des familles entières et envoyé une vague importante des fils du pays en exil. Que reprochait-il honnêtement à Patassé que lui-même et son gouvernement n’avait pas déjà entrepris? Etait-ce cela la forme de l’expression de son patriotisme? Son parrainage des mutineries n’avait pas été uniquement son désir de retourner au pouvoir et d’y entretenir les mêmes incurries! Patassé, grand démagogue, qui s’était conduit en un petit dictateur qui se voulait démocrate malgré, avait oublié les espoirs des militants du MLPC qui l’avaient porté au pouvoir. Bozizé, lui, a dû rêver d’être le premier grand héro militaire qui avait libéré le peuple de l’emprise du tyran Patassé; depuis il excelle, sans faire mieux, dans les voies héritées de ses prédecesseurs. Est-ce que les centrafricains voudraient réellement de ces Robin des Bois centrafricains qui avaient refusé de donner a manger au peuple et qui avaient créé plusieurs des maux dans le pays que les citoyens continuent d’endurer?

Nous espérons pour le bien de la Centrafrique que la Commission Electorale aura non seulement le mandat de gérer les élections, mais surtout qu’elle ferait siens les bons principes d’objectivité, et aurait le courage, nécessaires pour trancher publiquement ce dilemme en récusant les prétendants qui le méritent, afin de guider le peuple centrafricain sur la voie de la rédemption et de l’espérance. Enfin, quand tout cela serait fini, l’histoire tirera ses conclusions, et, nous formerons alors nos opinions de ces hommes, petits ou grands, qui font l’histoire de la Centrafrique.

Jean-Didier Gaïna
Virginie, Etats-Unis d’Amérique

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Pourquoi la Communauté internationale persiste-t-elle à financer des élections en Centrafrique? (Opinion)

Béafrica-Opinions.com 30 novembre 2004. Huit millions deux cents milles euros soit cinq milliards quatre cent millions de francs CFA (5,4 milliards), voilà le coût au minimum des prochaines élections en Centrafrique à financer quasi-entièrement par "la communauté internationale" !

Et c’est la troisième fois en une décennie, que de telles sommes devraient être mobilisées par cette même communauté internationale, pourtant souvent exigeante et demandeuse de résultats, en vue de l’organisation des élections démocratiques dans ce "petit" Pays de trois millions d’habitants. Quand l’Editorialiste de Béafrica-Opinions affirme que " ces élections sont les plus inutiles jamais organisées en Centrafrique ", c’est à cela bien entendu qu’il fait allusion.

Seulement, des élections démocratiques en Centrafrique, aux résultats incontestés par tous les acteurs et partenaires, il y’en avait eu en 1993 et 1999 et des institutions démocratiques républicaines fonctionnant à l’occidentale en étaient issues…A quoi avaient-elles servi? Que sont-elles devenues aujourd’hui? Pourquoi n’existent-elles plus? Quels sont les responsables de ce vide institutionnel présent et donc du gâchis des fonds internationaux?

Même s’il n’est pas question, dans ce petit Pays noir et pauvre de toute façon, d’aller compter le nombre de perte en vies humaines innocentes, de dénombrer les désastres et autres sinistres perpétrés lors de ces évènements qui ont ramené le Peuple une quarantaine d’années en arrière (mais pire en terme d’insécurité), il serait quand-même judicieux de répondre à ces interrogations…Cohérence oblige (liée à la culture traditionnelle de résultats) !

Ce qui est certain, ce n’est pas les élections, aussi transparentes et démocratiques soient-elles, qui résoudront la terrible problématique de la famine, des maladies, de l’illettrisme, enfin de la pauvreté tout simplement en Afrique et plus particulièrement en Centrafrique...

La réponse est simple et est ailleurs. Ce n’est qu’une simple question de volonté politique, non pas de la part de nos obscurs et obscurantistes dirigeants, plutôt préoccupés par leur petite fierté et gloire éphémères, mais de la part de ces quelques "puissants" qui s’érigent et s’autoproclament souvent "communauté internationale", exactement comme au lendemain de la seconde guerre mondiale en Europe, pour faire un peu d’Histoire.

Cependant, tout cet échec ne saurait être expliqué par le laxisme et parfois la complicité de la " communauté internationale " dont on a de la peine à saisir concrètement ce qu’elle souhaite et veut très exactement…

En Centrafrique, ils se trouvent, sans effort de démonstration particulière, des responsables de cet appauvrissement inexorable, de la survie infernale du Peuple, et du cycle vicieux qui en découle du fait de leur présence dans la vie politique nationale: André Kolingba, Ange-Félix Patassé, François Bozizé sont les principaux à l’heure actuelle.

Chacune de ces personnalités aurai pu aujourd’hui se retrouver devant un tribunal international lorsqu’on se penche, ne serait-ce que momentanément, sur les preuves des crimes, délits ou autres exactions dont ils ont été directement ou indirectement auteurs (puisqu’ils étaient tous, Chef suprême au moment des torts perpétrés). Au lieu de cela, les autorités illégitimes locales, voire la communauté internationale entérinent et soutiennent même (pour certains tout au moins) leurs candidatures aux prochaines élections qu’elle (cette même communauté internationale) va financer quasi-entièrement ! N’est-ce pas là financer une certaine forme de terroristes?

Cette interrogation n’a rien d’excessif lorsque l’on sait ce qu’incarne A. Kolingba ou A. F. Patassé et leur régime respectif. La hantise d’un conflit tribal est toujours présent dans l’inconscient de tous les Centrafricains (exceptés leurs clans respectifs, dont certains éléments sont même aujourd’hui dans "le gouvernement de transition" !).

Ces trois hommes sont conscients de la forte probabilité de se retrouver au second tour des présidentielles (du fait du nombre de candidatures fantaisistes) où ils seront prêts à toute forme d’alliance contre-nature dans le but d’en découdre définitivement avec leurs ennemis, car c’est bien de cela qu’il s’agit entre ces trois hommes dont les déclarations de façade et de principe cette période ne trouvent plus de réceptif même parmi les dupes.

Quant à ce qui nous concerne, notre souhait est de voir les traditionnels grands financiers des élections inutiles en Centrafrique et particulièrement la Représentante  pour l’Afrique de la Communauté internationale de dorénavant conditionner leur financement, de façon à prévenir non seulement tout éventuel conflit souvent prévisible, mais surtout d’accompagner les périodes post-électorales, car l’ultime but de ce combat pour la liberté restera l’éradication de la pauvreté.

Autrement, nos imminents intellectuels seront toujours tentés d’honorer le Meilleur (en terme de bilan d’œuvres infrastructurelles nonobstant ses crimes contre l’humanité) parmi des moins bons, poussant littéralement ainsi tout notre petit Peuple de pauvres paysans dans une foi quasi-religieuse d’un retour éventuel de notre seul et unique Bâtisseur Bokassa 1er, les quelques œuvres " duquel " sont désormais complètement anéanties par son  ex-Garde du corps, un certain…François Bozizé, tout en exacerbant leurs peines en ce monde d’injustes d’ici-bas. Ces cinq milliards auraient pu directement leur servir au moins à quelque chose !

Ab.

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