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Pourquoi
la Communauté internationale persiste-t-elle à financer des élections
en Centrafrique? (Opinion)
Béafrica-Opinions.com
30 novembre 2004. Huit millions deux cents milles euros soit cinq
milliards quatre cent millions de francs CFA (5,4 milliards), voilà
le coût au minimum des prochaines élections en Centrafrique à
financer quasi-entièrement par "la communauté
internationale" !
Et
c’est la troisième fois en une décennie, que de telles sommes
devraient être mobilisées par cette même communauté
internationale, pourtant souvent exigeante et demandeuse de résultats,
en vue de l’organisation des élections démocratiques dans ce
"petit" Pays de trois millions d’habitants. Quand l’Editorialiste
de Béafrica-Opinions affirme que " ces élections sont
les plus inutiles jamais organisées en Centrafrique ",
c’est à cela bien entendu qu’il fait allusion.
Seulement,
des élections démocratiques en Centrafrique, aux résultats
incontestés par tous les acteurs et partenaires, il y’en avait eu
en 1993 et 1999 et des institutions démocratiques républicaines
fonctionnant à l’occidentale en étaient issues…A quoi
avaient-elles servi? Que sont-elles devenues aujourd’hui?
Pourquoi n’existent-elles plus? Quels sont les responsables de ce
vide institutionnel présent et donc du gâchis des fonds
internationaux?
Même
s’il n’est pas question, dans ce petit Pays noir et pauvre de
toute façon, d’aller compter le nombre de perte en vies humaines
innocentes, de dénombrer les désastres et autres sinistres perpétrés
lors de ces évènements qui ont ramené le Peuple une quarantaine
d’années en arrière (mais pire en terme d’insécurité), il
serait quand-même judicieux de répondre à ces
interrogations…Cohérence oblige (liée à la culture
traditionnelle de résultats) !
Ce
qui est certain, ce n’est pas les élections, aussi transparentes
et démocratiques soient-elles, qui résoudront la terrible problématique
de la famine, des maladies, de l’illettrisme, enfin de la pauvreté
tout simplement en Afrique et plus particulièrement en
Centrafrique...
La
réponse est simple et est ailleurs. Ce n’est qu’une simple
question de volonté politique, non pas de la part de nos obscurs et
obscurantistes dirigeants, plutôt préoccupés par leur petite
fierté et gloire éphémères, mais de la part de ces quelques
"puissants" qui s’érigent et s’autoproclament souvent
"communauté internationale", exactement comme au
lendemain de la seconde guerre mondiale en Europe, pour faire un peu
d’Histoire.
Cependant,
tout cet échec ne saurait être expliqué par le laxisme et parfois
la complicité de la " communauté internationale "
dont on a de la peine à saisir concrètement ce qu’elle souhaite
et veut très exactement…
En
Centrafrique, ils se trouvent, sans effort de démonstration
particulière, des responsables de cet appauvrissement inexorable,
de la survie infernale du Peuple, et du cycle vicieux qui en découle
du fait de leur présence dans la vie politique nationale: André
Kolingba, Ange-Félix Patassé, François Bozizé sont les
principaux à l’heure actuelle.
Chacune
de ces personnalités aurai pu aujourd’hui se retrouver devant un
tribunal international lorsqu’on se penche, ne serait-ce que
momentanément, sur les preuves des crimes, délits ou autres
exactions dont ils ont été directement ou indirectement auteurs
(puisqu’ils étaient tous, Chef suprême au moment des torts perpétrés).
Au lieu de cela, les autorités illégitimes locales, voire la
communauté internationale entérinent et soutiennent même (pour
certains tout au moins) leurs candidatures aux prochaines élections
qu’elle (cette même communauté internationale) va financer
quasi-entièrement ! N’est-ce pas là financer une certaine
forme de terroristes?
Cette
interrogation n’a rien d’excessif lorsque l’on sait ce
qu’incarne A. Kolingba ou A. F. Patassé et leur régime
respectif. La hantise d’un conflit tribal est toujours présent
dans l’inconscient de tous les Centrafricains (exceptés leurs
clans respectifs, dont certains éléments sont même aujourd’hui
dans "le gouvernement de transition" !).
Ces
trois hommes sont conscients de la forte probabilité de se
retrouver au second tour des présidentielles (du fait du nombre de
candidatures fantaisistes) où ils seront prêts à toute forme
d’alliance contre-nature dans le but d’en découdre définitivement
avec leurs ennemis, car c’est bien de cela qu’il s’agit entre
ces trois hommes dont les déclarations de façade et de principe
cette période ne trouvent plus de réceptif même parmi les dupes.
Quant
à ce qui nous concerne, notre souhait est de voir les traditionnels
grands financiers des élections inutiles en Centrafrique et
particulièrement la Représentante
pour l’Afrique de la Communauté internationale de dorénavant
conditionner leur financement, de façon à prévenir non seulement
tout éventuel conflit souvent prévisible, mais surtout
d’accompagner les périodes post-électorales, car l’ultime but
de ce combat pour la liberté restera l’éradication de la pauvreté.
Autrement,
nos imminents intellectuels seront toujours tentés d’honorer le
Meilleur (en terme de bilan d’œuvres infrastructurelles
nonobstant ses crimes contre l’humanité) parmi des moins bons,
poussant littéralement ainsi tout notre petit Peuple de pauvres
paysans dans une foi quasi-religieuse d’un retour éventuel de
notre seul et unique Bâtisseur Bokassa 1er, les quelques œuvres
" duquel " sont désormais complètement anéanties
par son ex-Garde du
corps, un certain…François Bozizé, tout en exacerbant leurs
peines en ce monde d’injustes d’ici-bas. Ces cinq milliards
auraient pu directement leur servir au moins à quelque chose !
Ab.
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