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Un
grave danger menace le processus électoral !
FODEM - Bangui, 8 décembre
2004.
Un
grave danger menace le processus électoral : l’insécurité qui tend à
prendre racine dans certaines régions du pays. Les Préfectures de l’Ombella
M’Poko, l’Ouham-Pendé, Nana-Mambéré et Mambéré-Kadéï sont le siège
de bandes puissamment organisées, qualifiées de « coupeurs de routes ».
Nos
militaires, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, avouent que ces
groupes armés portant tenues de combat, dotés d’un armement de qualité, manœuvrent
selon le mode opérationnel d’une armée régulière. Pour les populations
locales qui les côtoient régulièrement, ces coupeurs de route ne seraient
que des ex libérateurs qui se sont reconstitués militairement.
Opérant
par groupes de 40 à 50 hommes et lourdement armés, ils évitent de s’en
prendre à la population civile, jettent leur dévolu sur les éleveurs peuhls
dont ils prennent les enfants en otage et les libèrent contre de fortes rançons.
Un moyen de s’auto financer.
A la
différence des zaraguinas qui fuient tout contact avec les Forces Armées, ces
bandes « incontrôlées » leur font face et parfois, tirent les
premières. Leurs objectifs seraient politiques et liés à l’élection présidentielle
de 2005.
Face
à ces groupes organisés, les militaires en détachement dans ces localités
manquent cruellement de moyens logistiques pour répondre à toute information.
La psychose de l’insécurité a gagné toute la population des régions
concernées.
Après
l’assassinat des Maires de Koui et de Nièm Yelowa et la multiplication des
prises en otages de leurs enfants, les éleveurs peuhls ont massivement quitté
le Centrafrique pour se réfugier au Cameroun.
Il a,
par exemple, suffi d’une information annonçant l’attaque imminente du
village de Béloko, qui abrite un important service douanier, pour que toutes
les autorités civiles et militaires abandonnent leur poste pour trouver refuge
au Cameroun.
Deux
autres problèmes pourraient également nuire à la crédibilité des
prochaines échéances électorales.
Il y
a le procès en contumace devant la Cour Criminelle contre l’ancien Président
Patassé, son ancien Ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth et la
modification unilatérale, sans notification écrite aux partis politiques, du
délai d’enregistrement des candidatures, fixé du 02 au 16 décembre 2004,
alors que dans le chronogramme initial de la CEMI, l’enregistrement des
candidatures débutait le 07 décembre pour se terminer le 22 décembre 2004.
Pour
le premier cas, des informations de sources concordantes feraient le lien entre
procès en contumace prévu pour le 06 décembre 2004 et le regain d’activité
des groupes armés.
Toute
procédure judiciaire ou administrative visant à évincer un candidat d’une
élection ne peut que provoquer une sainte alliance des ennemis de la paix
contre le processus électoral. La Côte d’Ivoire en est un exemple.
Fort
de ce tout qui précède, nous formulons les propositions suivantes :
1.
La reprise, pour un bref délai, du recensement électoral
afin d’intégrer les électeurs injustement écartés dans certaines régions.
2.
Le report du 16 décembre au 22 décembre 2004, de la fin de
l’enregistrement des candidatures, pour tenir compte des difficultés
d’acheminement des dossiers de candidatures des provinces jusqu’à Bangui.
Le Projet d’Ordonnance sur les partis politiques adopté par le Conseil
National de Transition stipule que tout parti politique n’ayant pas
obtenu 5% aux élections législatives et municipales est automatiquement
dissout.
Le
FODEM doit présenter un maximum de candidats à l’élection législative
pour dépasser le seuil de 5%.
Le
FODEM n’ayant pas de Représentant à la Coordination Nationale de la CEMI
n’a pas été informé de la modification du chronogramme de
l’enregistrement des candidatures, faite à l’issue d’une réunion
convoquée par Communiqué Radio.
La
Coordination de la CEMI a bien fait reporter le Référendum Constitutionnel du
28 novembre au 05 décembre 2004. Elle peut accepter le sursis d’une semaine
à l’enregistrement des candidatures sans bouleverser l’ensemble du
processus électoral.
3. L’abrogation
de l’Arrêté du Ministre de l’Intérieur interdisant les manifestations
publiques des partis politiques, pour le motif qu’elles serviraient de
supports pour insulter le Chef de l’Etat.
La
rédaction.
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