Ambiance de campagne électorale pour
l'annonce de la candidature de Bozizé
BANGUI, 11 déc (AFP) -
18h02 - Banderoles,
calicots, pagnes à l'effigie de leur champion. C'est dans une ambiance
de kermesse électorale que le chef de l'Etat centrafricain a annoncé
à presque 10.000 de ses partisans déchaînés qu'il se présenterait
à la présidentielle de janvier et février 2005.
Si le général Bozizé a fait durer un semblant de suspense mais sa
décision faisait peu de doute et la fête avait commencé dès l'aube
au stade Barthélémy Boganda.
Dès 07H00, l'orchestre JMC international (Jeunes musiciens
centrafricains International) très prisé par les jeunes Banguissois,
entame ses tubes, dont un refrain dédié au "Libérateur"
François Bozizé, arrivé au pouvoir après avoir renversé le 15 mars
2003 le président Ange-Félix Patassé.
Peu à peu s'installent dans le stade les personnalités: membres du
cabinet présidentiel, du gouvernement, représentants de partis
politiques soutenant le chef de l'Etat, responsables des structures
pro-Bozizé et son futur directoire de campagne. La plupart ont revêtu
des habits à son effigie.
Parallèlement, dans Bangui, deux défilés s'ébranlent vers 08H00
avant de converger vers le stade, après deux heures de marche dans les
rues de la capitale centrafricaine.
Arrivés au stade les marcheurs crient et chantent des slogans en
attendant l'arrivée du président Bozizé et de son épouse Monique qui
s'installent bientôt dans la tribune officielle.
Le nom du chef de l'Etat s'étale sur des milliers de casquettes et
de foulards orange et son visage s'affiche sur autant de tee-shirts et
de pagnes.
Durant plusieurs heures, la foule assiste à des sketches, écoute
des messages et des discours, mais fini par s'impatienter, veut entendre
son champion, et une bronca interrompt le discours du directeur de la
Convergence nationale "Kwa na Kwa" (le travail rien que le
travail, en langue nationale sango), organisatrice de l'évènement.
"Centrafricaine, centrafricain, j'ai pris bonne note de tes
appels pressants en faveur de ma candidature", déclare alors le
chef de l'Etat. "J'ai compris le sens profond de vos appels. Mon
devoir de citoyen, me commande d'assumer mes responsabilités (...)
J'accepte de me soumettre au suffrage universel".
La décision de M. Bozizé faisait peu de doute, mais le délire a
gagné la foule à l'annonce de sa candidature.
Jusque dans la tribune officielle, certains responsables ne peuvent
s'empêcher de sauter ouvertement de joie.
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Le général François Bozizé
BANGUI, 12 déc (AFP) -
16h05 - Le général François
Bozizé, actuel chef de l'Etat centrafricain, qui a annoncé samedi sa
candidature à l'élection présidentielle de janvier prochain, est
arrivé au pouvoir en mars 2003 à la tête d'une rébellion qui a
renversé le président élu Ange-Félix Patassé.
Avant d'accéder à la magistrature suprême, François Bozizé,
moustachu au léger embonpoint, réputé ambitieux et tenace, aura côtoyé
le pouvoir sous les différents régimes qui se sont succédés depuis
les années 70 en Centrafrique, mais aura aussi connu l'exil, les
prisons et la torture.
Originaire de la région de Bossangoa, dans le nord de la
Centrafrique et appartenant à l'influente ethnie Gbaya, il est né le
14 octobre 1946 au Gabon - où son père gendarme est en service - et
opte très jeune pour la carrière militaire, dont il gravit les différents
grades de manière fulgurante.
Formé à l'Ecole des officiers de Bouar, il est promu capitaine en
1975, puis commandant et enfin, général de brigade en 1978 - à 32 ans
à peine - sous le régime de Jean-Bédel Bokassa, qui s'est
auto-proclamé empereur un an plus tôt.
En 1979, Bokassa 1er est renversé et François Bozizé devient
ministre de la Défense dans le gouvernement du président David Dacko.
Il se perfectionne à l'Ecole de guerre en France, où il apprend le
1er septembre 1981 le coup d'Etat du général André Kolingba. De
retour dans son pays, il obtient le portefeuille de l'Information et de
la Culture.
Dès 1982, il tente - déjà - de prendre le pouvoir, mais le coup d'Etat
qu'il fomente échoue, le contraignant à l'exil au Tchad, puis au Bénin,
où il est arrêté en juillet 1989 à Cotonou.
Extradé vers Bangui, il y est emprisonné et sévèrement torturé.
Accusé de complot et de menées subversives il est néanmoins acquitté
et libéré en décembre 1991.
En 1993, il se présente sans succès à l'élection présidentielle
remportée par Ange-Félix Patassé, qui le nomme en 1996 chef d'état-major
des forces armées centrafricaines (FACA).
Le 26 octobre 2001, cinq mois après un coup d'Etat avorté en mai
2001 attribué à l'ancien président Kolingba, il est limogé, et se
retranche début novembre avec certains de ses partisans armés dans sa
résidence pour échapper à une tentative d'arrestation pour complot.
Il s'y oppose par les armes pendant plusieurs jours avant de prendre
la fuite et de se réfugier avec ses partisans dans le sud du Tchad, déclenchant
de vives tensions entre les deux pays durant plusieurs mois.
Le 25 octobre 2002, le général Bozizé revendique une première
tentative de coup d'Etat, repoussée par les forces loyalistes et leurs
alliés libyens et du Mouvement de libération du Congo (MLC) de
Jean-Pierre Bemba.
En mars 2003, une nouvelle offensive est cette fois victorieuse. Ses
troupes entrent dans Bangui le 15, alors que le président Patassé est
à l'étranger.
"Je suis venu sauver le peuple centrafricain. Et après, ma
mission s'arrête là", assure alors le général Bozizé.
Mais après vingt et un mois de "transition consensuelle",
entravée par les graves difficultés économiques du pays, meurtri par
des années de troubles politico-militaire et dont une partie est
toujours sous le contrôle de bandes armées, il choisit néanmoins de
tenter de garder par les urnes un pouvoir conquis par les armes.
Réservé mais ne dédaignant pas l'humour, François Bozizé est réputé
très pieux. Chrétien pentecôtiste, fidèle fervent de l'Eglise du
Christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, il aurait néanmoins été récemment
fait franc-maçon.
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François Bozizé candidat à la présidentielle
centrafricaine
BANGUI, 11 déc (AFP) -
17h38 - Le président François
Bozizé a annoncé samedi, devant ses partisans rassemblés à Bangui,
qu'il serait candidat à la présidentielle de janvier et février 2005
qui doit mettre fin au régime de transition qu'il a instauré après le
coup d'Etat du 15 mars 2003 qui l'a porté au pouvoir.
"En ma qualité de soldat je suis au service du peuple. Il
m'appelle, je n'ai d'autre choix que d'obéir. Je me présente donc aux
élections présidentielles de janvier 2005", a déclaré le général
Bozizé, ancien chef d'état-major de l'armée centrafricaine, au cours
d'un rassemblement organisé samedi en faveur de sa candidature.
Il a précisé qu'il se présenterait en tant que "candidat indépendant",
sans l'étiquette d'un parti politique.
"Centrafricaine, centrafricain, j'ai pris bonne note de tes
appels pressants en faveur de ma candidature", avait auparavant
lancé le chef de l'Etat à entre 7 et 10.000 de ses partisans rassemblés
au stade Barthélémy Boganda de Bangui.
"En âme et conscience, après mûres réflexions, conformément
à mes convictions personnelles mais aussi en gardant toujours à
l'esprit l'intérêt supérieur de la Nation, j'ai compris le sens
profond de vos appels. Mon devoir de citoyen, me commande d'assumer mes
responsabilités", a-t-il poursuivi.
"J'accepte de me soumettre au suffrage universel, en vue de
poursuivre l'oeuvre de reconstruction nationale qui m'est si chère, et
conformément à vos voeux", a-t-il ajouté.
L'éventuelle candidature de M. Bozizé, qui avait affirmé peu après
son arrivée au pouvoir qu'il se retirerait dès la fin de la période
de transition, faisait l'objet de spéculations depuis plusieurs mois en
Centrafrique et semblait ces derniers temps acquises.
"Je suis venu sauver le peuple centrafricain. Et après, ma
mission s'arrête là", avait-il pourtant déclaré, alors tout
nouveau chef de l'Etat, en avril
En novembre, M. Bozizé avait fait savoir qu'il se prononcerait sur
ses intentions après le référendum constitutionnel, qui s'est déroulé
le 5 décembre et qui, d'après les première estimations, devrait voir
la nouvelle Constitution centrafricaine adoptée à une très large
majorité.
Samedi, deux défilés partis de deux points de la ville ont convergé
vers le stade Barthélémy Boganda, nom du père de l'indépendance
centrafricaine, où le président Bozizé a rejoint ses partisans.
Après plusieurs heures de discours et d'animations, il a pris la
parole en langue nationale sango pour annoncer à ses partisans déchaînés
qu'il briguerait bien la magistrature suprême.
Ses partisans, vêtus de pagnes à son effigie, étaient certes plus
nombreux samedi que lors d'une première marche similaire en juin, qui
n'avait rassemblé que 5.000 personnes.
Mais on était toutefois bien loin de la marée de la centaine de
milliers de personnes qui avaient manifesté leur soutien au "général
libérateur Bozizé", le 28 mars 2003, deux semaines après son
entrée triomphale dans cette capitale de plus de 800.000 habitants,
dont il chassait le président Ange-Félix Patassé.
Face à lui, le général Bozizé retrouvera plusieurs candidats de
diverses importances qui se sont déjà officiellement déclarés, en
attendant la clôture du dépôt des candidatures le 16 décembre.
Parmi les plus notables, on trouve l'ancien président (1981-1993)
André Kolingba, son successeur (1993-2003) M. Patassé, l'ancien
Premier ministre de M. Patassé Jean-Paul Ngoupandé et un opposant,
Joseph Bendounga.
Un ex-ministre de la Défense de M. Patassé, Jean-Jacques Démafouth,
qui vit en France, a également laissé entendre qu'il pourrait se présenter.
MM. Patassé, en exil au Togo depuis son renversement, et Démafouth,
sont toutefois recherchés par la justice centrafricaine qui les jugera
séparément par contumace, respectivement les 22 et 14 décembre.
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