|
LE
DÉMOCRATE N° 8996
Ca
tourne au vinaigre entre Bozizé, la Convergence Nationale et le PDCA
Chris
Omanga
....on
se posait la question de savoir qui va diriger la campagne de François
Bozizé....car il est question d’éviter de provoquer des frustrations aux
uns et aux autres. Mais ce que l’on redoutait risque de se produire,
s’il ne s’est déjà produit ...
........au
lendemain de la déclaration de candidature du Général François Bozizé
le week-end dernier, celui-ci est mis devant un dilemme, car il luit faut
avoir désormais un directeur de campagne.......Le Chef de l’Etat aurait cédé
au forcing de la Convergence Nationale qui présente un plateau attrayant de
cadres et d’anciens ministres, en acceptant le choix de Jean Eudes Teya.
Ce qui a, selon un membre actif du PDCA, suscité la vive réaction de Jean
Serge Wafio qui se fonde sur le fait que son parti est à la fois le précurseur
et le pionnier du mouvement de soutien à la candidature du Général Bozizé
en Centrafrique et, de ce fait, la direction de campagne lui revient de
droit. Après mure réflexion, Bozizé aurait changé de cap, convaincu que
Jean Serge Wafio a raison. Ce que les cadres les plus en vue de la
Convergence Nationale ne veulent pas entendre, notamment une femme très
influente et proche de Bozizé. La tension est monte entre les deux groupes
qui se disputent le leadership de la galaxie politique Bozizé. Cela s’est
passé dans la journée du 14 décembre, les débats houleux se sont
poursuivis le 15 décembre 2004.
Cette
situation est venue déteindre l’atmosphère de joie qui a régné au sein
de cette grande famille politique au lendemain de l’ultime marche de
soutien à la candidature du Général François Bozizé.
...........la
désertion des ranges des comités de soutien, du PDCA, du PNCN, de la
Convergence Nationale et autres partis satellites par plusieurs cadres qui
se sentiraient frustrés par un choix porterait atteinte aux intérêts
d’un groupe ou de l’autre. Il semble même que la dame très influente
du PDCA serait exaspérée et serait prête à jeter l’éponge.
Pour
l’instant, les parties en présence se mobilisent, chacune au niveau de
son État-major, pour tenter de tirer la couverture de son côté et gagner
au finish....le général-président candidat hésiterait encore après la réaction
en bloc de la Convergence Nationale.
..les
grincements de dents risquent de déboucher sur une valse de désengagements.
Le
poids de Bozizé dans les échéances de 2005
Marc
Mobassi
Vu
la configuration des compétiteurs engagés dans la course à la présidentielle
de 2005, on a du mal à situer le général trois étoiles. Derrière le
trompe-œil des 23 petits partis souvent réduits à la taille d’une
feuille cellulaire et de quelques associations politiques dont les visées
n’échappent plus à aucun centrafricain, se profile une grosse
incertitude quant à la chance de Bozizé de gagner la présidentielle de
2005.
Les
raisons sont multiples. Elles tiennent d’abord à son fief, sa région
natale de l’Ouham où il a maille à partir avec des électeurs éplorés
qui sont encore loin d’oublier leurs êtres chers disparus lors du passage
des Zakawa.
En
plus, sur le même terrain, vont se croiser plusieurs grosses pointures
telles que Patassé et le Pasteur Binoua. Sans compter toute la légion de
nouveaux « pachydermes » aux législatives comme Tiangaye et
j’en passe.
C’est
die que le fiel du général est âprement disputé. Dans cette bataille qui
s’annonce rude, Bozizé ne peut se targuer d’avoir déjà mis toutes les
chances de son côté.
Malgré
un travail de fond longtemps abattu par le PDCA de Jean Serge Wafio puis du
PNCN de Cyriaque Gonda, tous proches du Général Bozizé qui ont réussi,
tant bien que mal à s’implanter sur presque l’ensemble du territoire
national, rien n’est encore acquis pour l’homme du 15 mars 2003.
C’est
dire également que Bozizé, s’il veut réellement être porté dans
l’ensemble des cœurs des Centrafricains, doit revoir sa coque en matière
de violation des droits de l’homme et surtout qu’il relâche l’étau
selon les milieux diplomatiques, autour de ses adversaires politiques.
Son
examen de passage avec l’Union Africaine est encore loin d’avoir un
impact direct sur les élections à venir, mais reste un point
d’achoppement sur lequel Bozizé et ses partisans doivent réfléchir.
Lorsque
le Pasteur Binoua demande à Bozizé de retirer sa candidature « pour
éviter le ridicule », il y lieu de se demander de quelle sauce
sera mangée la République Centrafricaine demain !
|