FORUM DÉMOCRATIQUE POUR LA MODERNITÉ

Charles MASSI – LE CANDIDAT DU RENOUVEAU
Afrique Éducation N°170 - 15 décembre au 31 décembre 2004

Le Bon choix   de la Reconstruction Démocratique
NOUVEAU PROGRAMME 2005-2010

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE


Charles MASSI
Président Fondateur
du FODEM

 Candidat à la présidence de la RCA, Charles MASSI est particulièrement dur à l’endroit de Ange-félix PATASSE dont il fût le ministre, et, surtout, François BOZIZE qui fausse la transition en se présentant lui même au suffrage des Centrafricains. André KOLINGBA et Jean-jacques DEMAFOUTH, pour lui, ne sont que des « has been ». De tous les candidats il pense être la vrai chance pour la RCA.

Charles MASSI (CH. M.) :

Je suis certes 2ème Vice Président du Conseil National de Transition, mais c'est en qualité de Président du FODEM que je compte assumer la responsabilité des propos que je vais tenir dans vos colonnes.
Afrique Education a largement couvert les évènements socio-politiques qui se son déroulés en Centrafrique sous le régime du Président Patassé, surtout après l'échec du coup d'Etat du 28 mai 2001 revendiqué par le Général André Kolingba.
Il y avait des violences sur les populations civiles, des exécutions sommaires, la chasse aux sorcières, le viol des femmes et des filles, et le pillage des biens, opérés aussi bien par sa Garde Présidentielle que par les rebelles du M.L.C. de Jean-Pierre Bemba venus à son secours.
Les Chefs d'Etat de la CEMAC s'étaient impliqués en vain pour trouver une sortie pacifique à la crise qui déchirait notre pays.
C'est pourquoi, près de 100.000 centrafricains ont défilé dans les rues de Bangui le 28 mars 2003 pour saluer le changement du 15 mars 2003 et en effacer toute trace de Patassé et du patassisme.
Bien sûr, la communauté internationale a condamné cette mutation politique par les armes, mais nous gardé sa porte ouverte. Les Chefs d'Etat de la CEMAC ont refusé l'isolement diplomatique de notre pays, en reconnaissant, le 03 juin 2003 à Libreville, le régime du Général Bozizé. Ils ont aussi évité l'asphyxie de notre pays, déjà financièrement exsangue, en accordant au Gouvernement une aide de 20 milliards de F. CFA à un taux acceptable. La Chine Populaire, l'Union Européenne et surtout la France, ont emboîté le pas en se montrant généreuses.
C'est dans ces conditions que toute la Nation Centrafricaine s'est engagée dans ce que nous appelions la Transition " Consensuelle ". Tous les acteurs politiques et syndicaux qui avaient combattu le régime déchu avaient pris la décision de déposer les armes pour, ensemble, s'attaquer au chantier de la reconstruction nationale.

A.F. : Peut-on affirmer, qu'après 19 mois à la tête de l'Etat centrafricain, le Général François Bozizé a réussi à faire oublier la gestion de l'ancien Président Patassé que l'opposition dénonçait à l'époque ?

CH. M. :

Après trois ans de crises militaires à répétition, consécutives aux évènements du 28 mai 2001, le tissu économique était en grande partie détruit, l'insécurité sévissant sur toute l'étendue du territoire, on ne pouvait s'attendre à ce que le Gouvernement de la Transition fasse des miracles. D'ailleurs, le peuple centrafricain ne l'exigeait pas.
Les maux qui gangrenaient notre pays sous le régime déchu étaient parfaitement connus. Il s'agissait des violences politiques couvertes par l'impunité, la gestion solitaire et familiale de l'Etat où la fonction présidentielle se dissolvait dans le métier de commerçant.
Le Président Patassé avait fait main basse sur les principales richesses du pays, au travers de nombreuses sociétés commerciales qu'il dirigeait lui-même : Colombe Mine pour le diamant et l'or, Colombe Forêt pour le secteur forestier, Trans-Oil pour la distribution des hydrocarbures. Le Trésor Public étant confondu à un bien personnel, la gestion normale des finances publiques ne pouvait qu'en pâtir gravement.
La corruption et le détournement de deniers publics se pratiquaient à grande échelle, l'accumulation des salaires, pensions et bourses qui accusaient 36 mois d'arriérés, la vie démocratique totalement bloquée et les libertés fondamentales confisquées.
Après 19 mois de gestion de la Transition, quel constat peut-on dresser à la veille des prochaines consultations électorales ?
Dans la bouche du petit peuple, il est fréquent d'entendre dire : " Bozizé n'est pas différent de Patassé ". Rien n'a véritablement changé dans la nouvelle gestion, par rapport au régime déchu.
Tous les errements du passé, non seulement n'ont pas connu un début de correction par le régime du Général Bozizé, mais encore, ont été entièrement assimilés par le nouveau pouvoir.
La Garde Présidentielle du Président Bozizé, composée de ses proches parents que les centrafricains avaient accueillis en libérateurs, a repris à son compte le comportement de la Garde Rapprochée du Président Patassé, en commettant de nombreuses exactions et violences sur les populations, en toute impunité.
S'agissant de la gestion de l'économie, le Rapport de la Mission du Fonds Monétaire International d'octobre 2003 a été suffisamment accablant pour le régime du Général Bozizé, qu'on peut conclure à l'échec cinglant de sa gestion.
La meilleure preuve est que notre pays continue de vivre sous perfusion financière extérieure, comme sous le régime du Président Patassé.

A.F. : Comment expliquez-vous cet échec puisque le Président Bozizé n'avait plus d'opposition ?

CH. M. :

D'abord, jetons un coup d'œil sur les trois objectifs prioritaires de la Transition : la restauration de la sécurité, le redressement économique et le retour à l'ordre constitutionnel normal.
Il ne s'agit pas d'un programme insurmontable.
Sur le volet sécuritaire, n'eut été l'action de la Force Multinationale de la CEMAC et des trois bataillons des Forces Armées Centrafricaines formés par la Coopération Française, les centrafricains vivraient barricadés dans leurs maisons, sans la garantie de n'y être pas braqués.
Or, sur ce volet de la sécurité, que les thuriféraires du Président Bozizé mobilisent pour justifier sa candidature, en prétendant que seul, un Président militaire était en mesure de garantir la sécurité, l'échec est total.
Etant lui-même Président de la République et Ministre de la Défense National, il s'agit d'un échec personnel du Général Bozizé.
Quant au redressement économique, il n'a jamais été amorcé.
Le retour à l'ordre constitutionnel normal se fait aux forceps et la volonté du Général Bozizé de confisquer le pouvoir à la faveur des prochaines élections présidentielles jette déjà le discrédit au scrutin.
Comment expliquer cet échec ?
Pour réussir un tel programme de redressement national, le Général Bozizé avait l'obligation de s'entourer d'hommes à la crédibilité et à la compétence reconnues. Il a choisi le Professeur Abel Goumba comme son premier Chef de Gouvernement.
Les insuffisances du Chef de Gouvernement sont apparues rapidement. Il l'a remplacé et les centrafricains n'ont pas compris qu'il ait porté son choix sur Célestin Leroy Gaombalet, dont on n'a pas encore trouvé les raisons objectives d'un tel choix.
Le Président Bozizé manque d'expérience dans tous les domaines. Il aurait dû s'entourer de collaborateurs compétents et expérimentés.
On constate, par exemple, que pour l'aider dans sa mission, ses proches collaborateurs doivent disposer d'un curriculum-vitae peu fourni.
Un exemple : pour sa campagne présidentielle, il s'est fait entouré de 23 partis politiques dont aucun leader n'a dépassé la barre de 5% à toutes les élections législatives qui se sont déroulées dans le pays.
Un leader politique qui coordonne le mouvement de soutien à sa candidature venait d'être limogé de la direction d'une société d'Etat pour des graves manquements dans la gestion des finances de l'entreprise. Dans un pays normal, il serait en prison. Mais, c'est à lui que le Président Bozizé a fait appel pour l'aider à gagner l'élection présidentielle.
Malheureusement, le peuple centrafricain doit encore continuer à payer le lourd tribut des insuffisances de ses dirigeants.

A. E. : Dans quelques semaines, les centrafricains iront aux urnes pour élire leurs dirigeants : le Président de la République et les Députés.
Pensez-vous que toutes les conditions soient réunies pour aller à ces élections, alors que les bruits de bottes se font entendre sur vos frontières ?

CH. M. :

La difficulté, pour nous, concernant ces bruits de bottes, réside dans la possession de réelles informations pour faire la part entre la vérité et les manipulations du pouvoir.
La presse publique et privée ont fait état des accrochages entre les forces régulières centrafricaines et des groupes non identifiés, lourdement armés, au Nord Ouest du pays, dans les villes de Bocaranga et Bozoum ; au Nord, à Birao et dans les environs.
Les commanditaires de ces groupes armés seraient l'ancien Président Patassé et son Ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth. S'y ajoutent les ex libérateurs centrafricano-tchadiens qui avaient été le fer de lance de la prise de pouvoir à Bangui le 15 mars 2003, à qui le Général Bozizé avait fait d'énormes promesses financières qu'il n'a pas honorées, provoquant leur révolte le 17 avril 2004.
Ces hommes qui ont été renvoyés manu militari au Tchad se seraient disséminés avec armes et bagages dans l'arrière-pays aux fins de faire payer au régime du Général Bozizé, la dette de sang pour leurs camarades tués pendant et après les évènements du 17 avril 2004.
Il me paraît aujourd'hui difficile de me prononcer sur la question sécuritaire devant garantir la bonne tenue des prochaines consultations.

A. E. : Les anciens Présidents Patassé et André Kolingba, l'ancien Ministre de la Défense de Patassé Jean-Jacques Demafouth et le Général Bozizé, qui sont présentés comme des Chefs de Guerre, sont candidats à la prochaine élection présidentielle.
Ce cocktail explosif n'est-il pas de nature à remettre en question le retour de la paix en Centrafrique ?

CH. M. :

Les anciens Présidents Patassé et Kolingba, Jean-Jacques Demafouth et le Général François Bozizé étaient les protagonistes de la tentative de coup d'Etat du 28 mai 2001, à la suite de laquelle des milliers de populations civiles ont été massacrés et des centaines de milliers contraints à l'exil.
Leur candidature nous ramène dramatiquement à cette grave et triste période de notre pays. Avec toutes les atrocités subies par les populations sous son régime, meurtres, exécutions extra judiciaires, crimes contre l'humanité commis par les rebelles du M.L.C. contre nos femmes et nos filles et les crimes économiques, l'ancien Président Patassé aurait dû se faire oublier en attendant que les blessures se referment.
L'ancien Ministre de la Défense, tout comme le Général André Kolingba, auraient dû suivre la voie de la sagesse en s'abstenant de chercher à rouvrir les blessures encore béantes dans le cœur des centrafricains.
La candidature du Général Bozizé pose un sérieux problème. Non pas qu'on veuille l'empêcher, en tant que citoyen, de se porter candidat à l'élection présidentielle, mais cette candidature pourrait créer un grave précédent en Centrafrique et partout en Afrique.
S'il était élu, comme il tente de le faire, par tous les moyens et à tous prix, il légitimerait la rébellion armée comme un nouveau mode légal d'accès au pouvoir d'Etat. Un exemple appelé à être imité, aussi bien en Centrafrique qu'en Afrique Centrale.
On ne pourra plus empêcher les opposants de contester un pouvoir légitime au moyen de la rébellion armée.
C'est pourquoi beaucoup de centrafricains auraient souhaité, qu'au lieu de déverser des centaines de millions de F. CFA qu'il a collectés auprès de ses pairs Chefs d'Etat et sur les maigres ressources du Trésor Public national pour financer l'organisation de marches de soutien ou d'appel à sa candidature, le Général Bozizé aurait dû les épargner pour préparer l'avenir en paix, loin des allées du pouvoir. Le peuple lui en serait reconnaissant financièrement et matériellement.
Les candidatures de autres personnalités qu'on n'attendait plus ne sont que la conséquence de l'échec de la gestion du Général Bozizé à la tête de l'Etat.
Aussi sommes-nous en droit de nous poser cette question : la Centrafrique, serait-elle condamnée à n'avoir comme dirigeants que des personnalités qui ont échoué dans leur gestion à la tête de l'Etat?

A. E. : Charles MASSI, Président du FODEM, sera-t-il candidat et nouera-t-il des alliances ?

CH. M :

J'ai déjà été candidat à l'élection présidentielle de septembre 1999.
J'aimerai simplement qu'on me donne des raisons valables de ne pas me présenter à nouveau.
De tous les candidats déjà déclarés, le Président du FODEM est la seule personnalité à disposer d'un bilan positif à faire prévaloir dans cette Transition.
Au Conseil National de Transition, nous, les 96 Conseillers Nationaux, avons travaillé à crédibiliser la Transition au regard de la Communauté Internationale.
Sans la pugnacité et la compétence des Conseillers Nationaux, le régime de Transition aurait été un bateau ivre, à la merci du premier putschiste venu.
Les centrafricains considèrent les Conseillers Nationaux de Transition comme les seuls Parlementaires qui ont fait preuve d'efficacité et de compétence depuis l'Indépendance en 1960.
Je suis fier, en tant que 2ème Vice-Président, d'avoir été une des chevilles ouvrières de ce grand chantier de redressement national.
Il parait aujourd'hui clair que, seul un Conseiller National, élu Président de la République, sera à même de consolider et de renforcer l'action déjà entreprise pour assurer l'émergence économique et sociale de notre pays.
S'agissant des alliances, nous savons qu'elles se concluent toujours en échange d'une promesse. Mais, comme dit Machiavel : " Les promesses que la nécessité arrache, seule la nécessité les fait observer ". Nous ne pouvons garantir la nécessité qu'en existant politiquement et électoralement au lendemain du premier tour.
Comment le savoir si nous ne participons pas nous-mêmes au premier tour ?
Aussi, toutes les alliances ne pourraient se construire que dans le cadre d'un second tour qui, pour la prochaine élection présidentielle, parait incontournable.

Propos recueillies par Ngounta John Jérémie 

Publication de la liste des candidats
La Commission électorale mixte indépendante (Cémi) de Centrafrique a publié mercredi soir, la liste définitive des 11 candidats à l’élection présidentielle du 13 mars prochain, conformément à l’accord signé le 22 janvier à Libreville, a annoncé la radio nationale. Seul parmi candidats, l’ex-président Ange-Félix Patassé n’est pas autorisé à se présenter.
Afriquecentrale.info 26/1/2005 - suite de l'article

Le Bon choix de la Reconstruction Démocratique

Charles Massi le miraculé
Afriquecentrale.info - 5/1/2005

OPINIONS - 25 novembre 2004.
CLASSE POLITIQUE : QUAND ALLONS-NOUS ÉVOLUER ?
Par Éric NÉRIS.
BOZIZE, PATASSE, KOLINGBA, GOUMBA, NGOUPANDE, sont tous candidats à la prochaine élection présidentielle qui doit mettre fin à la transition issue du changement du 15 mars 2003 et consacrer le retour à l’ordre constitutionnel normal. Les Centrafricains ont voulu croire que le Dialogue National qui s’est tenu a Bangui du 09 septembre au 13 octobre 2003 allait permettre de rompre avec les pratiques du passé. Depuis, tous les partis politiques le constatent aujourd’hui sur le terrain, la population n’a plus l’intention de « se laisser conter des histoires ». Alors, allons-nous véritablement évoluer dans le bon sens avec les prochaines élections ?

AFP 17 NOV 2004
Élection: 23 partis politiques soutiennent le président centrafricain
FODEM, le 12 nov 2004.
MULTIPLICATION DE PARTIS POLITIQUES ET ORGANISATIONS BIDONS APPELANT A LA CANDIDATURE DU GÉNÉRAL-PRÉSIDENT-AUTOPROCLAMÉ FRANÇOIS BOZIZE

OPINIONS - 02 novembre 2004.
LE CANDIDAT BOZIZÉ ENTRE DÉSIRS ET RÉALITÉS
Par Éric NÉRIS.

Ceux qui auront lu le Publi-reportage publié dans Jeune Afrique l'Intelligent, réalisé par François SOUDAN et commandé par François BOZIZE (avec sûrement les bénéfices de sa station d'essence qu'il a conservé), n'en seront que conforté dans leur sentiment que le Général de division François BOZIZE, Président de transition "autoproclamé" candidat à sa propre succession, prend ses désirs pour des réalités.

FODEM - Bangui, 27 octobre 2004
CLIMAT DE FIN DE RÈGNE SUR FOND DE SCANDALES FINANCIERS