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Patassé
rejette les accords de Libreville - 24/1/2005
L’ex-président centrafricain, Ange-Félix Patassé
(photo), n’a pas apprécié, on l’imagine aisément,
les conclusions de l’accord de Libreville signé samedi
dans la capitale gabonaise et qui autorise tous les
candidats à se présenter à la présidentielle … sauf
M. Patassé. Une déclaration de son porte-parole met en
garde contre les « fâcheuses conséquences qui
pourraient advenir de la décision politique purement
arbitraire ».
Voici la déclaration reçue lundi après-midi de Prosper
N’DOUBA, le porte-parole d’Ange-Félix Patassé.
La crise politique née de l’invalidation le 30 décembre
2004 sous de fallacieux prétextes de certaines
candidatures dont celle du Président Ange Félix Patassé
par la Cour constitutionnelle de Transition, vient de
connaître un surprenant dénouement résultant des
accords signés à Libreville le 22 janvier 2005 par
certains candidats à l’élection présidentielle ainsi
que les responsables de quelques partis politiques
centrafricains qui avaient sollicité la médiation de Son
Excellence le Président Omar Bongo Ondimba du Gabon.
Par respect pour l’hospitalité du Peuple togolais et
celui de son hôte Son Excellence le Président Gnassingbé
Eyadéma, Le Président Ange Félix Patassé ne s’est
pas rendu dans la capitale gabonaise. Il n’ y avait pas
du reste été convié, de même qu’il n’a nullement
mandaté le 1er Vice-Président de son parti le MLPC, M.
Luc Apollinaire Dondon Konamabaye pour l’ y représenter
car la candidature aux présidentielles est intuitu
personae. La signature de celui-ci n’engage donc pas le
Président candidat Ange Félix Patassé.
Par ailleurs, curieusement, lesdits accords mentionnent
l’exclusion définitive de la compétition électorale
du Président Ange Félix Patassé en raison de prétendues
poursuites judiciaires dont il ferait l’objet et au
sujet desquelles le moins qu’on puisse dire est que la
justice, - tant nationale qu’internationale -, n’a pu
jusqu’à présent apporter le moindre début de preuve
à charge.
Faut-il rappeler que le 30 décembre dernier, même la
Cour constitutionnelle de Transition pourtant âprement
combattue par la suite et dont il était fortement
question de la dissolution, n’avait rejeté sa
candidature que pour des motifs autres que ceux invoqués
par les accords de Libreville en violation flagrante du
principe fondamental de « présomption d’innocence »
en blessant dans son amour propre l’homme qui a sacrifié
sa vie dans la lutte de libération du Peuple
centrafricain.
Malgré le lâche coup d’état dont lui et son régime
ont été victimes et qui a brutalement interrompu la légalité
constitutionnelle en République centrafricaine,
En dépit de son mandat d’élu au suffrage universel du
Peuple centrafricain dont la validité n’expirera
qu’en octobre 2005,
Homme de paix, Le Président Ange Félix Patassé, qui a dûment
été reconduit à la tête de son parti le Mouvement de
Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) qui l’a également
investi comme son unique et seul candidat à l’élection
présidentielle,
A accepté de remettre en jeu son mandat présidentiel en
voulant prendre part au processus pacifique de retour à légalité
constitutionnelle à travers des consultations électorales
anticipées devant mettre un terme au pouvoir illégitime
et illégal issu du putsch du 15 mars 2003 de M. François
Bozizé.
Il n’est un secret pour personne qu’avant même son
coup d’état du 15 mars 2003, ce dernier s’était déjà
rendu coupable d’assassinats et de plusieurs crimes de
guerre, diverses malversations ainsi que de nombreux détournements
de deniers publics, patrimoine de l’armée nationale et
attendait d’être jugé par la cour criminelle de la République
centrafricaine dont la session était programmé pour le
mois de mars 2003.
Le Président Ange Félix Patassé considère et rappelle
par conséquent que seul le Peuple centrafricain qui l’a
élu en 1993 et lui a renouvelé une seconde fois sa
confiance en 1999 peut le juger et lui demander éventuellement
des comptes sur sa gestion des affaires de son pays et son
exercice du pouvoir.
En conséquence, il rejette avec la dernière vigueur les
prétendus accords de Libreville dont est exclu le
candidat du grand et très populaire MLPC, parti
d’avant-garde de la lutte de libération du Peuple
centrafricain.
Dores et déjà, il demande à tous les militantes et
militants de son parti, le MLPC, de se lever et se
mobiliser pour faire échec aux agissements de tous les
traîtres dissimulés au sein de la direction du parti et
barrer la route à la dictature militaro-fasciste de Bozizé
et aux manœuvres machiavéliques des ennemis de la République
centrafricaine.
Il en appelle à la vigilance du Peuple centrafricain et
le prend donc à témoin, ainsi que la Communauté
Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale
(CEMAC), la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD),
l’Union Africaine, l’Organisation des Nations Unies,
et l’opinion internationale toute entière et attire
leur attention sur les fâcheuses conséquences qui
pourraient advenir de la décision politique purement
arbitraire et injuste prise à Libreville pour l’écarter
de la prochaine élection présidentielle en République
centrafricaine.
Fait à Paris le 24 janvier 2005
Pour le Président Ange Félix Patassé
Le Porte Parole
Prosper N’DOUBA
Source : http://www.afriquecentrale.info/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=4&themeID=1&newsID=1775
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PRÉSIDENTIELLE
CENTRAFRICAINE: Session de
rattrapage à Libreville
(L'Observateur
Quotidien 25/01/2005)
« Bozizé choisit ses
adversaires », tel était le titre de notre « Commentons
l'événement » paru dans l'édition du lundi 10 janvier
2005. Car depuis l'annonce qu'il a faite lui-même de sa
candidature à la présidentielle prévue cette année
dans son pays, le général François Bozizé entend
mettre toutes les chances de son côté pour rester au
pouvoir.
Si cette candidature à la magistrature suprême ne fait
plus de doute, les conditions dans lesquelles la course
vers le trône qu'a occupé Jean Bedel Bokassa, et, il y a
peu de temps, Ange-Félix Patassé, chassé, lui, par
Bozizé, se prépare, disons-le, tout simplement à un
cafouillage démocratique : tout commence le 30 décembre
2004 quand la Cour constitutionnelle invalide, pour
diverses raisons ou prétextes, 7 des 12 dossiers de
candidatures qui avaient atterri sur son bureau dans la
perspective de la présidentielle du 13 février prochain.
C'était le début d'une grave crise politique malgré le
repêchage, par le clone de
Guei, des prétendants
Jean-Paul Ngoupandé, Charles Massi et Martin Ziguélé.
Mais cela n'a pas suffi pour baisser la tension, les recalés,
qui criaient au hold-up électoral, exigeant la
dissolution de la Cour constitutionnelle et la
requalification de tous les postulants dont les dossiers
avaient été invalidés.
Cette situation, on le voit, n'est pas sans fausser le jeu
démocratique. Mais il est encore temps de revoir les
choses. C'est cette seconde chance à saisir que le président
Bozizé et ses candidats « recalés » sont allés
chercher à Libreville, après que neuf des douze
candidats déclarés eurent demandé, la semaine dernière,
la médiation du président gabonais, Omar Bongo Ondimba.
François Bozizé, qui avait, comme indiqué plus haut,
repêché trois candidats de son choix, était resté
jusque-là sur sa position de rejet des exigences de ses
adversaires.
Fort heureusement, il semble mettre de l'eau dans son vin
de palme, puisque la session de rattrapage sous l'égide
du locataire du palais du bord de la mer semble porter ses
fruits, puisqu'un accord a été signé, au terme de
longues et houleuses discussions, entre les différentes
parties réunies dans la capitale gabonaise : un accord
dit « de Libreville », qui permet la tenue des élections
présidentielle et législatives le 13 mars prochain.
Soit dit en passant, c'est la troisième fois que le
scrutin est reporté. Des candidats en lice donc, tous
sont sur la ligne de départ, tous sauf Patassé, recherché
par la justice de son pays pour plusieurs crimes.
Si rien ne vient donc changer le cours des choses, on
devrait assister, dans un peu moins de deux mois, à un
scrutin ouvert dont les conditions de transparence ne sont
toutefois pas encore acquises. On a connu le Tout sauf
Ouattara (T. S. O.) en Côte d'Ivoire, on a désormais le
Tout sauf Patassé (T. S. P.) en Centrafrique.
Car l'ingénieur agronome spécialiste de spiruline, débarqué
de la présidence le 15 mars 2004, alors qu'il participait
au sommet de la CEN-SAD à Niamey, et réfugié depuis
chez son beau-frère Eyadéma, est bien obligé désormais
de faire le deuil de ses ambitions présidentielles et de
ses velléités de retour.
Pour son malheur, les prétendants au fauteuil de Barthélemy
Boganda, qui sont déjà sur leurs starting-blocks, se
sont entendus sur le dos d'AFP, qui n'aura pas d'autre
choix, le 13 mars 2005, que d'aller taquiner la truite sur
le lac Bê quand ses compatriotes, eux, se rendront aux
urnes.
Agnan Kayorgo
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