ACCORDS DE LIBREVILLE
SUR LES POURPARLERS INTER CENTRAFRICAINS

LIBREVILLE 22 JANVIER 2005

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE

LE PROCESSUS ÉLECTORAL DÉBLOQUÉ

ACCORD DE LIBREVILLE SUR LES POURPARLERS INTERCENTRAFRICAINS: ALLOCUTION DE OMAR BONGO ONDIMBA, PRESIDENT DU GABON

Avant de quitter, je voudrais monsieur le président vous dire combien nous sommes heureux moi-même, le peuple gabonais et son gouvernement, de l’honneur que vous avez fait en choisissant le Gabon comme médiateur dans la petite crise qui secoue ou qui a secoué du moins la République Centrafricaine.

Au delà de nos liens combien historique, cette marque de confiance renouvelée nous honore à plusieurs titres puisque nous avons l’habitude de nous impliquer dans les affaires centrafricaines.

Aujourd’hui plus que par le passé, je pense que nous avons fait tout ce qui était possible en notre possession pour faire sortir la République Centrafricaine des crises.

Au moment où vous allez regagner la République Centrafricaine, je demande à tout les acteurs politiques centrafricains ici réunis, de ne pas oublier ce que nous nous sommes dit dans la salle à côté.

Il en va de l’avenir de la République Centrafricaine. L ’avenir de la République Centrafricaine n’est pas une affaire du seul Président BOZIZE, c’est l’affaire de toutes les filles et de tous les fils du Centrafrique.

J’étais très heureux de constater que vous avez tous à cœur le devenir de votre pays. Je pense aussi que les voies et moyens que nous avons trouvés pour que les élections présidentielle et législatives qui s’annoncent à l’horizon se passent dans de très bonnes conditions de transparences, d’honnêteté, bref ! Des conditions de démocratie apaisée parce que, vous vous souviendrez très bien combien la République Centrafricaine a souffert durant ces dernières décennies. Il n’est pas du tout question d’énumérer ici le chemin par lequel vous avez tout fait pour éviter à votre pays un bain de sang et j’ose espérer que cette fois-ci, que cette fois-ci surtout, malgré les élections qui s’annoncent, vous ferez comme par le passé tout ce qui est en votre possibilité pour épargner au peuple Centrafricain tout ce qu’il a eu comme tracasseries, mort d’hommes pour ne voir que le bonheur du peuple centrafricain.

Ce bonheur évidemment passe par le développement. Le développement aujourd’hui passe par la démocratie et la démocratie passe aussi par la volonté de ceux qui l’animent.

J’ai le plaisir à penser que le général BOZIZE avec tous les frères ici réunis sauraient donner à la République Centrafricaine que le meilleur d’eux-mêmes. Deux ans de transition ont déjà démontré combien le peuple Centrafricain pouvait aussi taire ses petites querelles intestines. Et cette fois-ci, faites en sorte que la hauteur de vue qui a fait l’objet de nos entretiens puisse honorer la République Centrafricaine.

Je vous remercie.

Source : kodro.net

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Patassé rejette les accords de Libreville - 24/1/2005

L’ex-président centrafricain, Ange-Félix Patassé (photo), n’a pas apprécié, on l’imagine aisément, les conclusions de l’accord de Libreville signé samedi dans la capitale gabonaise et qui autorise tous les candidats à se présenter à la présidentielle … sauf M. Patassé. Une déclaration de son porte-parole met en garde contre les « fâcheuses conséquences qui pourraient advenir de la décision politique purement arbitraire ».
  
Voici la déclaration reçue lundi après-midi de Prosper N’DOUBA, le porte-parole d’Ange-Félix Patassé.
 
La crise politique née de l’invalidation le 30 décembre 2004 sous de fallacieux prétextes de certaines candidatures dont celle du Président Ange Félix Patassé par la Cour constitutionnelle de Transition, vient de connaître un surprenant dénouement résultant des accords signés à Libreville le 22 janvier 2005 par certains candidats à l’élection présidentielle ainsi que les responsables de quelques partis politiques centrafricains qui avaient sollicité la médiation de Son Excellence le Président Omar Bongo Ondimba du Gabon.
 
Par respect pour l’hospitalité du Peuple togolais et celui de son hôte Son Excellence le Président Gnassingbé Eyadéma, Le Président Ange Félix Patassé ne s’est pas rendu dans la capitale gabonaise. Il n’ y avait pas du reste été convié, de même qu’il n’a nullement mandaté le 1er Vice-Président de son parti le MLPC, M. Luc Apollinaire Dondon Konamabaye pour l’ y représenter car la candidature aux présidentielles est intuitu personae. La signature de celui-ci n’engage donc pas le Président candidat Ange Félix Patassé.
 
Par ailleurs, curieusement, lesdits accords mentionnent l’exclusion définitive de la compétition électorale du Président Ange Félix Patassé en raison de prétendues poursuites judiciaires dont il ferait l’objet et au sujet desquelles le moins qu’on puisse dire est que la justice, - tant nationale qu’internationale -, n’a pu jusqu’à présent apporter le moindre début de preuve à charge.
 
Faut-il rappeler que le 30 décembre dernier, même la Cour constitutionnelle de Transition pourtant âprement combattue par la suite et dont il était fortement question de la dissolution, n’avait rejeté sa candidature que pour des motifs autres que ceux invoqués par les accords de Libreville en violation flagrante du principe fondamental de « présomption d’innocence » en blessant dans son amour propre l’homme qui a sacrifié sa vie dans la lutte de libération du Peuple centrafricain.
 
Malgré le lâche coup d’état dont lui et son régime ont été victimes et qui a brutalement interrompu la légalité constitutionnelle en République centrafricaine,
 
En dépit de son mandat d’élu au suffrage universel du Peuple centrafricain dont la validité n’expirera qu’en octobre 2005,
 
Homme de paix, Le Président Ange Félix Patassé, qui a dûment été reconduit à la tête de son parti le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) qui l’a également investi comme son unique et seul candidat à l’élection présidentielle,
 
A accepté de remettre en jeu son mandat présidentiel en voulant prendre part au processus pacifique de retour à légalité constitutionnelle à travers des consultations électorales anticipées devant mettre un terme au pouvoir illégitime et illégal issu du putsch du 15 mars 2003 de M. François Bozizé.
 
Il n’est un secret pour personne qu’avant même son coup d’état du 15 mars 2003, ce dernier s’était déjà rendu coupable d’assassinats et de plusieurs crimes de guerre, diverses malversations ainsi que de nombreux détournements de deniers publics, patrimoine de l’armée nationale et attendait d’être jugé par la cour criminelle de la République centrafricaine dont la session était programmé pour le mois de mars 2003.
 
Le Président Ange Félix Patassé considère et rappelle par conséquent que seul le Peuple centrafricain qui l’a élu en 1993 et lui a renouvelé une seconde fois sa confiance en 1999 peut le juger et lui demander éventuellement des comptes sur sa gestion des affaires de son pays et son exercice du pouvoir.
 
En conséquence, il rejette avec la dernière vigueur les prétendus accords de Libreville dont est exclu le candidat du grand et très populaire MLPC, parti d’avant-garde de la lutte de libération du Peuple centrafricain.
 
Dores et déjà, il demande à tous les militantes et militants de son parti, le MLPC, de se lever et se mobiliser pour faire échec aux agissements de tous les traîtres dissimulés au sein de la direction du parti et barrer la route à la dictature militaro-fasciste de Bozizé et aux manœuvres machiavéliques des ennemis de la République centrafricaine.
 
Il en appelle à la vigilance du Peuple centrafricain et le prend donc à témoin, ainsi que la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD), l’Union Africaine, l’Organisation des Nations Unies, et l’opinion internationale toute entière et attire leur attention sur les fâcheuses conséquences qui pourraient advenir de la décision politique purement arbitraire et injuste prise à Libreville pour l’écarter de la prochaine élection présidentielle en République centrafricaine.
 
 
Fait à Paris le 24 janvier 2005
 
Pour le Président Ange Félix Patassé
 
Le Porte Parole
 
Prosper N’DOUBA

Source : http://www.afriquecentrale.info/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=4&themeID=1&newsID=1775

PRÉSIDENTIELLE CENTRAFRICAINE: Session de rattrapage à Libreville
(L'Observateur Quotidien 25/01/2005)


« Bozizé choisit ses adversaires », tel était le titre de notre « Commentons l'événement » paru dans l'édition du lundi 10 janvier 2005. Car depuis l'annonce qu'il a faite lui-même de sa candidature à la présidentielle prévue cette année dans son pays, le général François Bozizé entend mettre toutes les chances de son côté pour rester au pouvoir.

Si cette candidature à la magistrature suprême ne fait plus de doute, les conditions dans lesquelles la course vers le trône qu'a occupé Jean Bedel Bokassa, et, il y a peu de temps, Ange-Félix Patassé, chassé, lui, par Bozizé, se prépare, disons-le, tout simplement à un cafouillage démocratique : tout commence le 30 décembre 2004 quand la Cour constitutionnelle invalide, pour diverses raisons ou prétextes, 7 des 12 dossiers de candidatures qui avaient atterri sur son bureau dans la perspective de la présidentielle du 13 février prochain.

C'était le début d'une grave crise politique malgré le repêchage, par
le clone de Guei, des prétendants Jean-Paul Ngoupandé, Charles Massi et Martin Ziguélé.

Mais cela n'a pas suffi pour baisser la tension, les recalés, qui criaient au hold-up électoral, exigeant la dissolution de la Cour constitutionnelle et la requalification de tous les postulants dont les dossiers avaient été invalidés.

Cette situation, on le voit, n'est pas sans fausser le jeu démocratique. Mais il est encore temps de revoir les choses. C'est cette seconde chance à saisir que le président Bozizé et ses candidats « recalés » sont allés chercher à Libreville, après que neuf des douze candidats déclarés eurent demandé, la semaine dernière, la médiation du président gabonais, Omar Bongo Ondimba.

François Bozizé, qui avait, comme indiqué plus haut, repêché trois candidats de son choix, était resté jusque-là sur sa position de rejet des exigences de ses adversaires.

Fort heureusement, il semble mettre de l'eau dans son vin de palme, puisque la session de rattrapage sous l'égide du locataire du palais du bord de la mer semble porter ses fruits, puisqu'un accord a été signé, au terme de longues et houleuses discussions, entre les différentes parties réunies dans la capitale gabonaise : un accord dit « de Libreville », qui permet la tenue des élections présidentielle et législatives le 13 mars prochain.

Soit dit en passant, c'est la troisième fois que le scrutin est reporté. Des candidats en lice donc, tous sont sur la ligne de départ, tous sauf Patassé, recherché par la justice de son pays pour plusieurs crimes.

Si rien ne vient donc changer le cours des choses, on devrait assister, dans un peu moins de deux mois, à un scrutin ouvert dont les conditions de transparence ne sont toutefois pas encore acquises. On a connu le Tout sauf Ouattara (T. S. O.) en Côte d'Ivoire, on a désormais le Tout sauf Patassé (T. S. P.) en Centrafrique.

Car l'ingénieur agronome spécialiste de spiruline, débarqué de la présidence le 15 mars 2004, alors qu'il participait au sommet de la CEN-SAD à Niamey, et réfugié depuis chez son beau-frère Eyadéma, est bien obligé désormais de faire le deuil de ses ambitions présidentielles et de ses velléités de retour.

Pour son malheur, les prétendants au fauteuil de Barthélemy Boganda, qui sont déjà sur leurs starting-blocks, se sont entendus sur le dos d'AFP, qui n'aura pas d'autre choix, le 13 mars 2005, que d'aller taquiner la truite sur le lac Bê quand ses compatriotes, eux, se rendront aux urnes.


Agnan Kayorgo


 

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