Pour sortir de l'impasse de la militarisation de
notre système politique, le sursaut démocratique suite à la bévue de la
cour constitutionnelle, devenue un outil de hold-up électoral de BOZIZE,
nous rappelle que la République Centrafricaine veut s'engager dans une
vraie sortie de crise.
Pas de solutions en caoutchouc, pas de replâtrage,
mais la volonté démocratique partagée de sortir d'une crise
institutionnelle de cinquante ans d'irresponsabilité.
La voie nous est ouverte, en considérant qu'il y
a incontestablement un encombrement quand l'opinion publique se perd face
à 50 partis politiques pour trois millions seulement d'habitants.
C'est parce que le risque de voir BOZIZE rafler la
mise en nous éparpillant ainsi, que l'Union des Forces Vives de la Nation
(UFVN), ira aux élections en ordre serré. Mais l'objectif stratégique
est la recomposition politique et idéologique pour une sortie de crise
constructive et porteuse d'un avenir prometteur.
L'académicien et homme politique Léopold Sédar
Senghor faisait observer que : " ….cinq partis pour la France c'est
suffisant ; et moi, je dis : quatre partis pour le Sénégal, c'est
suffisant ! ".
La question est : comment élever cette
connaissance aux rangs de nos préoccupations nationales, alors que nos
divisions sapent cette dynamique politique que nous voulons démocratique
et performante ?
S'il est vrai que la liberté aussi, c'est de
crier fort son désespoir personnel en affichant au bureau des
enregistrements un énième parti pour se faire un nom. La mondialisation
ne tolérera à aucun prix les tergiversations et l' "enfantillage
politique centrafricain". On sent l'exaspération de la communauté
internationale qui considère que les Centrafricains " se complaisent
à être des éternels assistés ".
1) LES CONDITIONS DE SORTIE DE CRISE
Il semble que pour convaincre de la nécessité d'un
repli national pour renaître dans la dignité, un parti unique, creuset de
cette mobilisation objective, s'imposait à la population, aux élites, aux
forces critiques et donc s'imposait aussi au pouvoir.
Le MESAN de BOGANDA, leader national incontesté,
a bien tenté de rassembler autour d'un projet consensuel basique, croyant
que les élites politiques s'intégreront à cette volonté de reforme
consensuelle.
Manquant de fibre populaire, tirailler d'une part
par la vocation du sacrifice, la quête idéologique, la légitimation
politique et, d'autre part par l'opulence bourgeoise, l'arrogance princière,
la mégalomanie du pouvoir, les élites civiles et militaires
s'entrechoquent,
se divisent, s'invectivent dans la plus pure tradition des crises post-coloniales.
Pendant que le pouvoir corrompt, tue, exclue, se
" bunkérise ", la société qui s'organise en marge est privée
de l'élan de reconnaissance de son droit à la vie, au développement, à
l'histoire.
Les conséquences de ce drame historique qui
s'étire sur 50 ans de misère morale et intellectuelle, se traduiront au
premier chef par : l'absence de la démocratie et la pénibilité de la vie
des masses populaire.
La galère démocratique.
La galère démocratique débute avec
l'interdiction pour l'opposition d'exister. Une élite autoritaire
s'empare du pouvoir, et brise l'espoir d'unité nationale.
De 1966 à 2003 la dictature militaire a tué
toute velléité de revendications sociales, économiques, politiques et
intellectuelles.
La critique alternative sera confinée à
l'hérésie sous l'" Empire ", la politique se décline en
racisme sous l'"État clanique ".
L'état s'est transformé en fossoyeur de la
nation jusqu'à ce qu'un mouvement de conscience " libératrice
" entrouvre le chemin de l'espoir en Avril 2003.
Toute cette phase à consommée une rupture
structurelle où le pouvoir devient de plus en plus illégitime aux yeux
de la population , puisqu'il naviguerait dans la stratosphère de
l'indifférence internationale. Pendant ce temps, les violences de toutes
sortes, la corruption, l'indigence politique, aggravent les conditions
d'esclavage moderne de la masse et conditionnent la résurgence d'un
passé précaire et irrationnel qui regagne le terrain conquis auparavant
par les idéaux d'indépendance et de modernité.
C'est une crise nationale majeure, car apparaît
le spectre d'un éclatement généralisé et d'une guerre civile.
Jamais un pays n'est tombé aussi bas. La RCA est
devenue l'une des première " destination sidaïque " du
continent. L'ONU notait dans un rapport que ce territoire risquait une
grave crise démographique aux conséquences incalculables compromettant
son avenir. L'économie d'exportation s'est dégradée au point de
déconnecter le milieu rural de la réalité politique, l'arrière pays
reprenant l'agriculture de subsistance comme à l'époque coloniale.
L'administration subit de plein fouet une disette financière, avec des
retards de salaires de plus d'un an. Le fonctionnaire qui se corrompt pour
survivre, à pris l'habitude de posséder un lopin de terre qu'il cultive
les après-midi ou les week-end pour nourrir ses enfants. Les écoles, les
hôpitaux, les routes, les équipements, tout est à l'abandon
Arrêter l'effondrement
Pour arrêter cet effondrement sans fin, le
sursaut démocratique de janvier 2005 à fait prendre conscience de la
nécessité d'une sortie de crise. Une crise revendiquée, orchestrée,
exécutée par la mouvance militaire depuis 40 ans.
Ce pouvoir militaire à aggravé la division sur
les options économiques. Alors qu'ils sont sensés garantir l'unité
nationale, les militaires ont développé la corruption, ignorer
l'économie, et institutionnaliser l'" État claniste".
Le divorce entre la population et ses dirigeants
s'est creusé progressivement. D'abord par la perplexité face à un
pouvoir singeant le blanc, ensuite par l'énervement et la colère( la
révolte de 1979 contre l'empire). Aujourd'hui nous vivons l'extrême
résolution d'un peuple en " guerre " comme le soulignait un
politicien.
Il n'en faut pas plus pour que le peuple crie au
" génocide ", à la trahison du pacte national. Pour avoir
fermé la porte à tout débat, la logique militaire du pouvoir est au
centre de la problématique de cette sortie de crise.
Reformuler une nouvelle paix durable, a dit notre
président CHARLES MASSI, afin d'inscrire un nouvel espace politique,
moins fragmenté, concentré sur le développement et l'ouverture à la
mondialisation, propre à asseoir la modernité et l'épanouissement
collectif.
2) LE MODEL DÉMOCRATIQUE SOUHAITABLE
A la suite d'une longue période aussi difficile
où la notion même de l'état est balayée par les velléités ethniques
et le " bourgeon anarchiste " du "mangeoirisme ", il
faut un démocrate de forte envergure consensuelle pour conduire la
délicate émergence de la démocratie en RCA au lendemain des élections.
Pour clarifier ce débat, il faut assurer un
mécanisme de représentation politique crédible. Une majorité et une
opposition rassemblée.
Majorité/Opposition : même combat.
Volatile par essence, le phénomène mangeoiriste
s'adapte à toutes les époques, à tous les climats, à tous les vents.
Seul l'argent dicte ses humeurs politique, intérêt national ou pas.
Comment alors parler d'alliances, de contrat de gouvernement, de débats
constructifs pour améliorer la vie ?
Ces forces non structurées idéologiquement
représentent une menace dans la mesure où elles prennent des voix qui
sont nécessaire aux jeux des "partis crédibles", qui portent
haut les vrais débats de société. Combattre ces " partis
théoriques ", sans base sociale identifiée, qui fleurissent à
chaque élection fait parti d'une politique d'assainissement de la vie
politique nationale.
Cette clarification débouche donc sur des
idéologies plus assumées, plus opérantes.
SENGHOR indique que, plus le discours se dissous
dans la cacophonie, moins les consensus clairs peuvent se dégager. Or
c'est précisément le programme qui attend la classe politique
centrafricaine pour trouver des solutions viables sans se perdre dans des
alliances " utilitaires ".
Des partis politique transparents, engagés, avec
une base nationale large et diversifiée, et qui affichent un degré
idéologique fort autour de l'idée de l'État Démocratique et de ses
fonctions cardinales, mais aussi une position affirmée sur l'économie et
son rôle sociale.
Schématiquement on peut recenser quatre
mouvements politiques pouvant couvrir l'essentiel des mouvements nationaux
- Les mouvements de tendance conservatrice,
- Les mouvements de tendance libérale,
- Les mouvements de tendance socialiste,
- Les mouvements de tendance révolutionnaire.
Cette démocratie souhaitable se fonde donc sur un
système politique maîtrisé, où l'opposition contribue efficacement au
débat dans le cadre d'une alternance pacifique, démocratique et constitutionnelle
.
Une élite homogène et inspirée
1-Le respect du rôle de l'opposition commence par
l'observation d'une insertion sociale décente des dirigeants politiques.
L'indigence dans laquelle sont cantonnés certains hommes politiques est
un crime contre la Démocratie. D'ailleurs le pouvoir l'utilise sous forme
de chantage, accroissant la dérive mangeoiriste. Avoir l'esprit libre de
toute contingence matérielle, est la condition d'une démocratie qui
s'assume. Une loi doit mettre fin à l'exploitation de la misère des
dirigeants actifs .
2-L'opposition organisée, responsable, mais non
vindicative et anti-républicaine, est en face d'une action politique qui
détermine l'avenir de la société. Si les conditions de cette politique
s'exerce dans la transparence budgétaire et idéologique, elle est tenue
à être objective dans ses critiques et constructive dans ses
propositions alternatives.
3- Le pouvoir détermine une politique et se donne
les moyens suffisants à sa réussite où du moins à sa compréhension
comme une action utile et souhaitable. Il est impératif que l'opposition
laisse sa chance à l'initiative politique dans un esprit de tolérance
mutuelle sans en rajouté dans la démagogie gratuite. C'est une question
de paix politique et de vigilance démocratique.
4-Pour ancrer une opposition crédible, le pouvoir
doit comprendre les critiques qui lui sont faites et prendre note des
analyses. Car l'intérêt supérieur de la nation commande que la vie
politique soit un bien partagé et non un monopole du pouvoir. La
contribution de l'opposition est nécessaire à la nation.
Avec un esprit d'ouverture et de morale civique,
une opposition constructive est viable malgré les insuffisances
structurelles tant du point de vue d'une culture partagée que des
contraintes impératives de l'économie.
Ainsi il faut accepter aussi que les générations
nouvelles accèdent aux appareils des partis pour apporter un
renouvellement des idées sans quoi nous resterons un jeune État sclérosé, pétrifié par une " vision réactionnaire "de la
société.
Le sursaut démocratique d'aujourd'hui permet une
émulation, une ébullition, une confrontation des idées. Les liens se
créent et se multiplient dégageant ainsi la perspective de réaliser des
ensembles compacts, alignés sur des idéologies de confrontation et non
de démission.
3)- LE FODEM ENTRE L'HISTOIRE ET L'AVENIR
Sous l'égide de son Président Fondateur, le FODEM affirme la
nécessité d'un état fort et responsable dans une économie ouverte et
dynamique, au service d'une nouvelle société généreuse, populaire,
tolérante, respectueuse de nos traditions culturelles et inscrite dans la
lutte contre la misère, l'injustice sociale et politique, le racisme, par
une contribution volontaire au maintient de la démocratie pluraliste et
sereine.
- UN ÉTAT FORT ET RESPONSABLE : La sécurité des personnes et
des biens est placée en tête des urgences afin de rassurer et redonner
confiance aux populations meurtries, ceci dans le but de faire revenir les
partenaires qui nous aiderons à réamorcer notre économie. Mais la
réorganisation de nos forces de sécurité nationale n'est pas tout. Un
état fort et responsable se doit aussi de donner une direction claire à
son action. Le FODEM veut donner l'exemple de transparence et de
détermination dans sa politique d'élimination des poches de conflits. Un
état fort permet de construire une crédibilité pérenne aux yeux de la
population et de l'opposition dans le cadre du dialogue politique
permanent et de la démocratie participative. C'est dire la nécessité du
retour de la morale publique et de la probité intellectuelle au sein de
notre classe politique afin de consolider l'État Démocratique et Laïque
dans un esprit patriotique et constructif.
- UNE ÉCONOMIE OUVERTE ET DYNAMIQUE : Seule une économie
compétitive et créatrice de richesses peut nous permettre de nous insérer
dans la mondialisation sectorielle de l'économie. Il nous faut valoriser,
diversifier et améliorer la qualité de nos ressources nationales telle
que le Tourisme, le Bois, le Café, le Coton, le Diamant, l'Or,
l'Artisanat d'Art, la Faune, l'Eau douce, les rivières, la Pêche, les
Produits Vivriers etc. Le FODEM qui entend responsabiliser chaque
centrafricain dans sa quête matérielle et spirituelle, encourage la
création d'entreprise et considère qu'il faudra "l'initier, l'encadrer
et la moderniser" afin d'ancrer durablement une philosophie de
liberté et d'ouverture sur les autres. C'est grâce à une économie
prospère que l'État pourra se consacrer à ses missions fondamentales,
la sécurité publique et territoriale, le désenclavement national, la
santé publique, l'éducation nationale, la formation continue, le développement
d'une administration publique performante … .
- UNE DÉMOCRATIE POPULAIRE ET GÉNÉREUSE : La classe moyenne
attend de l'état une politique de développement économique qui génère
des salaires décents et réguliers, source d'une consommation élevée et
donc nécessaire à la prospérité des entreprises. L'expertise qu'il
nous faut dans cette gestion libérale de la croissance économique et de
la modernisation structurelle est incompatible avec la pesanteur et le
délire d'un régime prétorien. Le FODEM entend défendre et améliorer
les revenus du paysan parcellaire sans quoi la désertification de
l'arrière pays va s'accélérer contre toute logique. Ainsi faire
profité toutes les catégories sociales du fruit d'une croissance revenue
est l'expression d'une démocratie utile à tous. La démocratie populaire
s'interdit de favoriser une catégorie contre une autre. Un model social
généreux et tolérant, lutant contre la misère et l'exclusion sociale
est indissociable d'une démocratie civile, pluraliste et solidaire.
L'espoir est dans le camp des vrais démocrates et non dans les chimères
à visage humain.
- AU-DELÀ DU PARTI, UNE MISSION RÉPUBLICAINE : Le maintient
d'un système politique démocratique requiert de nous : ordre, discipline
et volonté. Une fois le "mûrissement institutionnel "
accompli, l'enracinement démocratique avéré solide et culturellement
partagé par tous, l'heure viendra où aucune inquiétude ne perturbera
une transmission aux générations futures des valeurs fortes que chacun
de nous aura contribuer à ensemencer. Car c'est au bilan qu'on mesure le
chemin parcouru même si c'est après nous.
VIVE
LE CENTRAFRIQUE MODERNE AVEC LE FODEM !
FODEM FRANCE
MBALANGA JEAN
1er vice Président
E-mail : jean.mbalanga@wanadoo.fr
Voir
aussi :
CLASSE
POLITIQUE
ENTRE SURSAUT DÉMOCRATIQUE ET RÉVOLUTION CULTURELLE
De
la responsabilité des partis de refonder une nouvelle société en
dépassant les clivages traditionnels
Charles
MASSI :
Le
Bon choix de la Reconstruction Démocratique
LE
PROCESSUS ÉLECTORAL BIENTÔT DÉBLOQUÉ
Charles
MASSI – LE
CANDIDAT DU RENOUVEAU
Le
FODEM réclame la dissolution de la Cour constitutionnelle
06/01/2005 - Source : angolapress-angop.ao
RFI
- 05/01/2005 22h30
CHARLES
MASSI ESTIME QUE LE PRÉSIDENT BOZIZE N'A
PAS A FAIRE LE TRI ENTRE LES DIFFÉRENTS CANDIDATS !
RFI
- 05/01/2005 4h30
CHARLES
MASSI MAINTIENT SA DEMANDE DE DISSOLUTION DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE