FODEM - FRANCE - le 15/02/2005

CLASSE POLITIQUE
ENTRE SURSAUT DÉMOCRATIQUE ET RÉVOLUTION CULTURELLE

De la responsabilité des partis de refonder une nouvelle société en dépassant les clivages traditionnels

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE

Jean MBALANGA

1er Vice-président

Pour sortir de l'impasse de la militarisation de notre système politique, le sursaut démocratique suite à la bévue de la cour constitutionnelle, devenue un outil de hold-up électoral de BOZIZE, nous rappelle que la République Centrafricaine veut s'engager dans une vraie sortie de crise.

Pas de solutions en caoutchouc, pas de replâtrage, mais la volonté démocratique partagée de sortir d'une crise institutionnelle de cinquante ans d'irresponsabilité.

La voie nous est ouverte, en considérant qu'il y a incontestablement un encombrement quand l'opinion publique se perd face à 50 partis politiques pour trois millions seulement d'habitants.

C'est parce que le risque de voir BOZIZE rafler la mise en nous éparpillant ainsi, que l'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), ira aux élections en ordre serré. Mais l'objectif stratégique est la recomposition politique et idéologique pour une sortie de crise constructive et porteuse d'un avenir prometteur.

L'académicien et homme politique Léopold Sédar Senghor faisait observer que : " ….cinq partis pour la France c'est suffisant ; et moi, je dis : quatre partis pour le Sénégal, c'est suffisant ! ".

La question est : comment élever cette connaissance aux rangs de nos préoccupations nationales, alors que nos divisions sapent cette dynamique politique que nous voulons démocratique et performante ?

S'il est vrai que la liberté aussi, c'est de crier fort son désespoir personnel en affichant au bureau des enregistrements un énième parti pour se faire un nom. La mondialisation ne tolérera à aucun prix les tergiversations et l' "enfantillage politique centrafricain". On sent l'exaspération de la communauté internationale qui considère que les Centrafricains " se complaisent à être des éternels assistés ".

1) LES CONDITIONS DE SORTIE DE CRISE

Il semble que pour convaincre de la nécessité d'un repli national pour renaître dans la dignité, un parti unique, creuset de cette mobilisation objective, s'imposait à la population, aux élites, aux forces critiques et donc s'imposait aussi au pouvoir.

Le MESAN de BOGANDA, leader national incontesté, a bien tenté de rassembler autour d'un projet consensuel basique, croyant que les élites politiques s'intégreront à cette volonté de reforme consensuelle.

Manquant de fibre populaire, tirailler d'une part par la vocation du sacrifice, la quête idéologique, la légitimation politique et, d'autre part par l'opulence bourgeoise, l'arrogance princière, la mégalomanie du pouvoir, les élites civiles et militaires s'entrechoquent, se divisent, s'invectivent dans la plus pure tradition des crises post-coloniales.

Pendant que le pouvoir corrompt, tue, exclue, se " bunkérise ", la société qui s'organise en marge est privée de l'élan de reconnaissance de son droit à la vie, au développement, à l'histoire.

Les conséquences de ce drame historique qui s'étire sur 50 ans de misère morale et intellectuelle, se traduiront au premier chef par : l'absence de la démocratie et la pénibilité de la vie des masses populaire.

La galère démocratique.

La galère démocratique débute avec l'interdiction pour l'opposition d'exister. Une élite autoritaire s'empare du pouvoir, et brise l'espoir d'unité nationale.

De 1966 à 2003 la dictature militaire a tué toute velléité de revendications sociales, économiques, politiques et intellectuelles.

La critique alternative sera confinée à l'hérésie sous l'" Empire ", la politique se décline en racisme sous l'"État clanique ".

L'état s'est transformé en fossoyeur de la nation jusqu'à ce qu'un mouvement de conscience " libératrice " entrouvre le chemin de l'espoir en Avril 2003.

Toute cette phase à consommée une rupture structurelle où le pouvoir devient de plus en plus illégitime aux yeux de la population , puisqu'il naviguerait dans la stratosphère de l'indifférence internationale. Pendant ce temps, les violences de toutes sortes, la corruption, l'indigence politique, aggravent les conditions d'esclavage moderne de la masse et conditionnent la résurgence d'un passé précaire et irrationnel qui regagne le terrain conquis auparavant par les idéaux d'indépendance et de modernité.

C'est une crise nationale majeure, car apparaît le spectre d'un éclatement généralisé et d'une guerre civile.

Jamais un pays n'est tombé aussi bas. La RCA est devenue l'une des première " destination sidaïque " du continent. L'ONU notait dans un rapport que ce territoire risquait une grave crise démographique aux conséquences incalculables compromettant son avenir. L'économie d'exportation s'est dégradée au point de déconnecter le milieu rural de la réalité politique, l'arrière pays reprenant l'agriculture de subsistance comme à l'époque coloniale. L'administration subit de plein fouet une disette financière, avec des retards de salaires de plus d'un an. Le fonctionnaire qui se corrompt pour survivre, à pris l'habitude de posséder un lopin de terre qu'il cultive les après-midi ou les week-end pour nourrir ses enfants. Les écoles, les hôpitaux, les routes, les équipements, tout est à l'abandon

Arrêter l'effondrement

Pour arrêter cet effondrement sans fin, le sursaut démocratique de janvier 2005 à fait prendre conscience de la nécessité d'une sortie de crise. Une crise revendiquée, orchestrée, exécutée par la mouvance militaire depuis 40 ans.

Ce pouvoir militaire à aggravé la division sur les options économiques. Alors qu'ils sont sensés garantir l'unité nationale, les militaires ont développé la corruption, ignorer l'économie, et institutionnaliser l'" État claniste".

Le divorce entre la population et ses dirigeants s'est creusé progressivement. D'abord par la perplexité face à un pouvoir singeant le blanc, ensuite par l'énervement et la colère( la révolte de 1979 contre l'empire). Aujourd'hui nous vivons l'extrême résolution d'un peuple en " guerre " comme le soulignait un politicien.

Il n'en faut pas plus pour que le peuple crie au " génocide ", à la trahison du pacte national. Pour avoir fermé la porte à tout débat, la logique militaire du pouvoir est au centre de la problématique de cette sortie de crise.

Reformuler une nouvelle paix durable, a dit notre président CHARLES MASSI, afin d'inscrire un nouvel espace politique, moins fragmenté, concentré sur le développement et l'ouverture à la mondialisation, propre à asseoir la modernité et l'épanouissement collectif.

2) LE MODEL DÉMOCRATIQUE SOUHAITABLE

A la suite d'une longue période aussi difficile où la notion même de l'état est balayée par les velléités ethniques et le " bourgeon anarchiste " du "mangeoirisme ", il faut un démocrate de forte envergure consensuelle pour conduire la délicate émergence de la démocratie en RCA au lendemain des élections.

Pour clarifier ce débat, il faut assurer un mécanisme de représentation politique crédible. Une majorité et une opposition rassemblée.

Majorité/Opposition : même combat.

Volatile par essence, le phénomène mangeoiriste s'adapte à toutes les époques, à tous les climats, à tous les vents. Seul l'argent dicte ses humeurs politique, intérêt national ou pas. Comment alors parler d'alliances, de contrat de gouvernement, de débats constructifs pour améliorer la vie ?

Ces forces non structurées idéologiquement représentent une menace dans la mesure où elles prennent des voix qui sont nécessaire aux jeux des "partis crédibles", qui portent haut les vrais débats de société. Combattre ces " partis théoriques ", sans base sociale identifiée, qui fleurissent à chaque élection fait parti d'une politique d'assainissement de la vie politique nationale.

Cette clarification débouche donc sur des idéologies plus assumées, plus opérantes.

SENGHOR indique que, plus le discours se dissous dans la cacophonie, moins les consensus clairs peuvent se dégager. Or c'est précisément le programme qui attend la classe politique centrafricaine pour trouver des solutions viables sans se perdre dans des alliances " utilitaires ".

Des partis politique transparents, engagés, avec une base nationale large et diversifiée, et qui affichent un degré idéologique fort autour de l'idée de l'État Démocratique et de ses fonctions cardinales, mais aussi une position affirmée sur l'économie et son rôle sociale.

Schématiquement on peut recenser quatre mouvements politiques pouvant couvrir l'essentiel des mouvements nationaux
- Les mouvements de tendance conservatrice,
- Les mouvements de tendance libérale,
- Les mouvements de tendance socialiste,
- Les mouvements de tendance révolutionnaire.

Cette démocratie souhaitable se fonde donc sur un système politique maîtrisé, où l'opposition contribue efficacement au débat dans le cadre d'une alternance pacifique, démocratique et constitutionnelle .

Une élite homogène et inspirée

1-Le respect du rôle de l'opposition commence par l'observation d'une insertion sociale décente des dirigeants politiques. L'indigence dans laquelle sont cantonnés certains hommes politiques est un crime contre la Démocratie. D'ailleurs le pouvoir l'utilise sous forme de chantage, accroissant la dérive mangeoiriste. Avoir l'esprit libre de toute contingence matérielle, est la condition d'une démocratie qui s'assume. Une loi doit mettre fin à l'exploitation de la misère des dirigeants actifs .

2-L'opposition organisée, responsable, mais non vindicative et anti-républicaine, est en face d'une action politique qui détermine l'avenir de la société. Si les conditions de cette politique s'exerce dans la transparence budgétaire et idéologique, elle est tenue à être objective dans ses critiques et constructive dans ses propositions alternatives.

3- Le pouvoir détermine une politique et se donne les moyens suffisants à sa réussite où du moins à sa compréhension comme une action utile et souhaitable. Il est impératif que l'opposition laisse sa chance à l'initiative politique dans un esprit de tolérance mutuelle sans en rajouté dans la démagogie gratuite. C'est une question de paix politique et de vigilance démocratique.

4-Pour ancrer une opposition crédible, le pouvoir doit comprendre les critiques qui lui sont faites et prendre note des analyses. Car l'intérêt supérieur de la nation commande que la vie politique soit un bien partagé et non un monopole du pouvoir. La contribution de l'opposition est nécessaire à la nation.

Avec un esprit d'ouverture et de morale civique, une opposition constructive est viable malgré les insuffisances structurelles tant du point de vue d'une culture partagée que des contraintes impératives de l'économie.

Ainsi il faut accepter aussi que les générations nouvelles accèdent aux appareils des partis pour apporter un renouvellement des idées sans quoi nous resterons un jeune État sclérosé, pétrifié par une " vision réactionnaire "de la société.

Le sursaut démocratique d'aujourd'hui permet une émulation, une ébullition, une confrontation des idées. Les liens se créent et se multiplient dégageant ainsi la perspective de réaliser des ensembles compacts, alignés sur des idéologies de confrontation et non de démission.

3)- LE FODEM ENTRE L'HISTOIRE ET L'AVENIR

Sous l'égide de son Président Fondateur, le FODEM affirme la nécessité d'un état fort et responsable dans une économie ouverte et dynamique, au service d'une nouvelle société généreuse, populaire, tolérante, respectueuse de nos traditions culturelles et inscrite dans la lutte contre la misère, l'injustice sociale et politique, le racisme, par une contribution volontaire au maintient de la démocratie pluraliste et sereine.

- UN ÉTAT FORT ET RESPONSABLE : La sécurité des personnes et des biens est placée en tête des urgences afin de rassurer et redonner confiance aux populations meurtries, ceci dans le but de faire revenir les partenaires qui nous aiderons à réamorcer notre économie. Mais la réorganisation de nos forces de sécurité nationale n'est pas tout. Un état fort et responsable se doit aussi de donner une direction claire à son action. Le FODEM veut donner l'exemple de transparence et de détermination dans sa politique d'élimination des poches de conflits. Un état fort permet de construire une crédibilité pérenne aux yeux de la population et de l'opposition dans le cadre du dialogue politique permanent et de la démocratie participative. C'est dire la nécessité du retour de la morale publique et de la probité intellectuelle au sein de notre classe politique afin de consolider l'État Démocratique et Laïque dans un esprit patriotique et constructif.

- UNE ÉCONOMIE OUVERTE ET DYNAMIQUE : Seule une économie compétitive et créatrice de richesses peut nous permettre de nous insérer dans la mondialisation sectorielle de l'économie. Il nous faut valoriser, diversifier et améliorer la qualité de nos ressources nationales telle que le Tourisme, le Bois, le Café, le Coton, le Diamant, l'Or, l'Artisanat d'Art, la Faune, l'Eau douce, les rivières, la Pêche, les Produits Vivriers etc. Le FODEM qui entend responsabiliser chaque centrafricain dans sa quête matérielle et spirituelle, encourage la création d'entreprise et considère qu'il faudra "l'initier, l'encadrer et la moderniser" afin d'ancrer durablement une philosophie de liberté et d'ouverture sur les autres. C'est grâce à une économie prospère que l'État pourra se consacrer à ses missions fondamentales, la sécurité publique et territoriale, le désenclavement national, la santé publique, l'éducation nationale, la formation continue, le développement d'une administration publique performante … .

- UNE DÉMOCRATIE POPULAIRE ET GÉNÉREUSE : La classe moyenne attend de l'état une politique de développement économique qui génère des salaires décents et réguliers, source d'une consommation élevée et donc nécessaire à la prospérité des entreprises. L'expertise qu'il nous faut dans cette gestion libérale de la croissance économique et de la modernisation structurelle est incompatible avec la pesanteur et le délire d'un régime prétorien. Le FODEM entend défendre et améliorer les revenus du paysan parcellaire sans quoi la désertification de l'arrière pays va s'accélérer contre toute logique. Ainsi faire profité toutes les catégories sociales du fruit d'une croissance revenue est l'expression d'une démocratie utile à tous. La démocratie populaire s'interdit de favoriser une catégorie contre une autre. Un model social généreux et tolérant, lutant contre la misère et l'exclusion sociale est indissociable d'une démocratie civile, pluraliste et solidaire. L'espoir est dans le camp des vrais démocrates et non dans les chimères à visage humain.

- AU-DELÀ DU PARTI, UNE MISSION RÉPUBLICAINE : Le maintient d'un système politique démocratique requiert de nous : ordre, discipline et volonté. Une fois le "mûrissement institutionnel " accompli, l'enracinement démocratique avéré solide et culturellement partagé par tous, l'heure viendra où aucune inquiétude ne perturbera une transmission aux générations futures des valeurs fortes que chacun de nous aura contribuer à ensemencer. Car c'est au bilan qu'on mesure le chemin parcouru même si c'est après nous.

VIVE LE CENTRAFRIQUE MODERNE AVEC LE FODEM !

                                                                                         FODEM FRANCE
                                                                                         MBALANGA JEAN
                                                                                         1er vice Président
                                                                                         E-mail :
jean.mbalanga@wanadoo.fr 

Voir aussi :
CLASSE POLITIQUE
ENTRE SURSAUT DÉMOCRATIQUE ET RÉVOLUTION CULTURELLE

De la responsabilité des partis de refonder une nouvelle société en dépassant les clivages traditionnels
Charles MASSI : Le Bon choix de la Reconstruction Démocratique
LE PROCESSUS ÉLECTORAL BIENTÔT DÉBLOQUÉ
Charles MASSI – LE CANDIDAT DU RENOUVEAU
Le FODEM réclame la dissolution de la Cour constitutionnelle
06/01/2005 - Source : angolapress-angop.ao

RFI - 05/01/2005 22h30
CHARLES MASSI ESTIME QUE LE PRÉSIDENT BOZIZE N'A PAS A FAIRE LE TRI ENTRE LES DIFFÉRENTS CANDIDATS !
RFI - 05/01/2005 4h30
CHARLES MASSI MAINTIENT SA DEMANDE DE DISSOLUTION DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE