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LE
CITOYEN N°2102 MERCREDI 16 FÉVRIER 2005
Ce
que je pense
Triste
vérité : la RCA a une Armée de voyous !…
Je ne comprends pas
que les Centrafricains ne comprennent pas que la République centrafricaine
de François Bozizé dispose d'une Armée nationale, mais d'une Armée de
voyous et de délinquants.
On le savait déjà,
l'Armée républicaine formée par le capitaine Jean-Bédel Bokassa, à
l'initiative du président David Dacko, n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Une Armée fantomatique envahie par des voyous et des délinquants drogués.
Le Fait que le président François Bozizé, Chef suprême des Armées l'ait
reconnu publiquement est triste vérité.
De fait, 1a
tribalisation des Forces armées centrafricaines (FACA), entamée par
Kolingba, entretenue par Patassé et encouragée par le général Bozizé
constitue à n'en point douter la source de toutes les dérives constatées
depuis quelques décennies.
Les présidents
Kolingba, Patassé et Bozizé croient malheureusement que leur pouvoir tient
d'abord à la multiplicité des membres de leur ethnie dans l'Armée
nationale. Un véritable refuge qui se révélera au fil des années comme
de la poudre aux yeux, car Kolingba, par exemple, n'a pas pu éviter une
fronde de sa garde prétorienne qui réclamait le paiement de ses arriérés
de salaire. Tout comme Patassé n'a pas pu éviter les multiples mutineries
et les coups d'Etat perpétrés par une partie des Forces Armées
Centrafricaines dominées par une ethnie.
François Bozizé ne fait d'ailleurs pas exception, lui qui a entamé de
recruter d'abord les membres de son clan " Gaga " formés au
Burkina ou au Congo Brazzaville. Ce n'est sans doute pas sans raison que
Koudémon " alias Gbangouma " peut affirmer péremptoirement que
le président candidat François Bozizé n'a pas besoin du peuple pour être
élu, il a simplement besoin de ses armes et de ses ex-libérateurs, plus
que jamais rêveurs et arrogants. " Le pouvoir au bout du canon ",
c'est sans doute la maxime de ses pseudo libérateurs et démocrates qui
nous gouvernement à présent.
Le pire dans cette
situation chaotique, c'est qu'il n'y a plus de hiérarchie dans l'Armée
nationale. Des lieutenants ex-libérateurs sont dotés de véhicules et
d'aides de camp, alors que des officiers supérieurs vont à pied et
quémandent même la pitance. Cela n'arrive d'ailleurs qu'aux
Centrafricains.
Et c'est bien parce
que le général François Bozizé est finalement excédé par les
comportements crapuleux et désordonnés des soldats centrafricains, qu'il
se voit obligé de monter au créneau pour tenter de sermonner cette
soldatesque voyous et délinquante. On espère que le message est passé à
100%. Mais, il y a de fort risque de le général Bozizé ait véritablement
prêché dans le désert du voyoutisme qui a profondément gangrené
l'Armée nationale.
La question de la
refondation d'une Armée républicaine multiethnique et au-dessus du
soupçon, reste entièrement posée. La transition conduite par le
président autoproclamé, ne se soucie guère de prendre en compte cette
dimension cruciale du problème. Aussi tribaliste que Kolingba et Patassé,
Bozizé ne fait rien pour mettre de l'ordre dans les forces de défense et
de sécurité. Les rackettes, les viols, les braquages à mains armées, les
intimidations et la violence, constituent leur lot quotidien en même temps
qu'ils sont assurés de l'impunité qui constitue à ce jour un mode de
gouvernement en République centrafricaine.
Que Bozizé ne se
reconnaisse pas dans une Armée qualifiée par lui de " voyous "
est un aveu d'impuissance et surtout la reconnaissance de la déconfiture
des Forces armées centrafricaines, naguère valeureuses avec les officiers
d'ailleurs cités en référence par le général Bozizé lui-même.
Il apparaît plus
qu'urgent que la reprise en main des Forces armées centrafricaines s'impose
à tous comme une préoccupation majeure. Ce ne sont d'ailleurs pas des
légionnaires français qui vont mettre de l'ordre dans cette "
bouillabaisse " appelée FACA.
Une "
révolution " s'impose au sein des FACA afin de créer les conditions
de l'émergence d'une armée nationale, républicaine, disciplinée et
multiethnique. Le fait même que des contingents d'Armées étrangères
stationnent à Bangui comme les troupes de la CEMAC, est un signe que la
sécurité et la défense sont dépendantes de l'extérieur. Ce n'est une
fierté pour personne que la sécurité rapprochée de François Bozizé
soit assurée par un " Escadron blindé " venu du Tchad.
Une Armée factice
n'est pas une Armée. Une Armée de voyous et de délinquants, n'est pas non
plus une Armée. Il faut que le général Bozizé dépasse les discours
démagogiques et populistes pour reprendre vraiment en main une Armée qui
paraît le dépasser.
La preuve, on
continue de tuer impunément pendant que les proches parents du général
Bozizé comme Dogo et consorts, continuent de jouer aux " fiers à bras
". Tout ceci est désolant pour une Armée Nationale.
LC
INSÉCURITÉ
TOUJOURS ET ENCORE : LA
VILLE DE SAM-OUANDJA, PRISE EN OTAGE PAR DES HOMMES EN UNIFORME
La ville de
Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto, a été attaquée, le
lundi 14 février 2005 à 20 heures 30 minutes par des hommes armés
inconnus.
Selon certaines
sources, ces hommes armés étaient habillés en tenues militaires et
portaient même des armes de guerre (kalachnikov, roquettes et matériels de
communication sophistiqués).
Bien que n'ayant pas fait de victimes humaines, les assaillants ont tenu la
ville en otage de 20 heures à 3 heures du matin et ont fait des tirs
nourris partout dans la ville.
Les mêmes sources
précisent que ces hommes armés parlent, pour la plupart d'entre eux, le
Sango et quelques uns, l'Arabe.
Par ailleurs, ils
auraient posé des revendications politiques selon lesquelles ils
interdiraient à la population de Sam-Ouandja de voter aux prochaines
élections générales.
Tous les bureaux
d'achat de diamant implantés dans cette localité ont été pillés,
d'importantes sommes d'argent emportées et des moyens de communication
(type Turaya) spoliés aux propriétaires.
L'attaque de Sam-Ouandja intervient quelques mois seulement après celle de
Birao qui a fait des victimes dont le nombre n'est pas exactement connu à
ce jour, même si le gouvernement a donné le bilan d'un mort, côté Forces
Armées Centrafricaines et l'ennemi, mis en déroute.
Affaire à suivre….
De
notre correspondant à Sam-Ouandja
LE
CITOYEN N° 2101 - MARDI 15 FÉVRIER 2005
SOCIÉTÉ
Ca
se passe comme ça tous les jours dans les quartiers, à l'approche des
élections.
On nous signale que tous les quartiers sont systématiquement envahis,
depuis quelques temps, par les jeunes de Benzambé recrutés par Bozizé et
formés au Burkina.
QUARTIER
BAZANGA :
Les habitants excédés boutent dehors des miliciens ou militants de KNK qui
sèment la terreur dans leur quartier.
Les
habitants du quartier Bazanga dans la première circonscription du 5ème
arrondissement de Bangui, connu sous l'appellation de quartier Zandé
Nzakara, ont été la cible d'éléments incontrôlés se réclamant
militants et sympathisants du MUPS (Mouvement pour l'Unité, la Paix
etl'Indépendance( de Didace Kossimatchi et se disant ex-libérateurs non
incorporés.
La
campagne électorale n'a pas encore commencé, mais des jeunes gens venus
là de tous les quartiers autres que Bazanga s'y sont installés et rendent
la vie difficile à la population du 5ème arrondissement et plus
précisément à celle du quartier Bazanga de jour comme de nuit.
Les
choses ont commencé depuis environ deux semaine. Un ex libérateur nommé Commandant
Mahamat Zen est venu au quartier Bazanga, Chef Mme Thérèse Rama
(62 ans), chercher à louer un local pour y installer une cellule du MUPS du
président Didace Kossimatchi, membre de la Convergence Nationale Kwa
na Kwa. Une maison de deux pièces ayant servi à une buvette par le passé
lui est concédée en location.
Les
heures et jours qui ont suivi l'occupation dela maison, ont servi à un
afflux de jeunes ex libérateurs qui sont venus se faire raserles cheveux,
portant des treillis. Ils sont répartis en six sections et veillent à cet
endroitde nuit comme de jour où est hissée aux cimes d'un manguier une
banderole blanche : MUPS, en haut et au milieu, on peut lire : Soutien
à la candidature du président François Bozizé et en bas : Ex
libérateurs non incorporés.
Aucun
contact avec les populations si ce n'est d'arrêter, dépouiller, molester
et menacer de mort à l'arc des pauvres passants qui reviennent nuitamment
tard de promenade.
Des
rumeurs de viols de femmes sont également mises à leur compte.
A
l'aurore de tous les jours, ces jeunes, sous le commandement de leurs chefs,
participent aux séances sportives dans tous les axes du 5ème
arrondissement.
De
retour au QG (quartier général) de Bazanga, c'est l'extravagance doublée
de provocation surtout lorsque ces sois-disant ex libérateurs prennent du
chanvre indien et de l'alcool.
Des
candidats aux législatives ou leurs représentants n'appartenant pas au
camp Bozizé sont systématiquement interdits de sillonner le quartier.
La
Coordination de la CEMI du 5ème arrondissement était-elle au courant et
a-t-elle laissé faire ?
Toujours
est-il que le rubicon a été franchi lorsque lundi dernier dans la
matinée, ces hors la loi ont voulu faire planter un mât de drapeau en bois
au sein du " quartier général ".
Maman
Thérèse Rama appelle chez elle le " chef de corps " de cette
" milice " qui commence à prendre du terrain, lui demandant de
mettre un terme à ses ambitions.
Ce
dernier, en repartant donne l'impression d'avoir pris bonne note, mais à 14
heures, surgit chez madame Rama le président du PUPS dans une violence
verbale et un excès de zèle incommensurable.
" Qui êtes-vous pour empêcher les hommes de François Bozizé de
battre campagne ici. D'ailleurs, venez avec moi au siège de la Convergence
Nationale vous expliquer, clame le président du MUPS ".
"
Je suis chef de mon quartier, élue depuis 1996. Je ne connais pas la
Convergence Nationale dont vous me parlez. Je dis tout simplement que votre
présence dans mon quartier est suspecte. Je suis élue par mes concitoyens
qui souffrent assez de votre extravagance et ne pourrait cautionner une
telle barbarie ", rétorque Thérèse Rama.
Sur
ce, le ton monte, un groupe de femmes cueille le président du MUPS comme
une feuille morte et le traîne loin de la maison du chef. Le chef appelle
les forces de l'ordre, les agences du système des Nations Unies. Intervient
l'OCRB qui n'a pas tardé à embarquer trois des éléments suspects. La
gendarmerie arrive une heure après pendant que tout le quartier est debout
pour en découdre avec ces hors la loi. On fait monter à la direction
générale de la gendarmerie le chef du quartier, le chef de corps et le
président Kossimatchi qui tente de raser le mur pour se sauver.
Le
général Gaston Ouédane, Directeur Général de la Gendarmerie
entend les deux parties.
Comme
justification, les ex libérateurs prétextent d'une éventuelle invasion de
la milice " sahraoui " du quartier Sarah voisin, qui les a
poussé à prendre le devant des choses. Et pourtant, cette milice a disparu
depuis le 15 mars 2003.
L'information
est portée à l'endroit du général Bozizé, Chef de l'Etat, par les
services de la gendarmerie, via la Convergence Nationale Kwa na Kwa.
Il
est demandé, à l'issue de cet interrogatoire, aux deux parties, de calmer
leurs hommes au lieu d'arrêter les vrais fauteurs de trouble.
De
retour à la maison vers 18 heures, Mme Thérèse Rama prend un mégaphone
et appelle au calme, son appel est automatiquement suivi.
Les
miliciens ont disparu pour réapparaître hier dans un premier temps en
petit groupe.
Ne
pouvant résister, ils se sont déportés à l'antenne de l'OCRB de
Ngou-Ciment voisin, qu'ils ont pris d'assaut, en attendant des solutions
meilleures du MUPS et de la Convergence Nationale Kwa na Kwa qui voudrait
bien leur trouver un autre local.
P.
Gbénéngaïna
Le CITOYEN n° 2101
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