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LE
DÉMOCRATE N° 943 LUNDI 21 FÉVRIER 2005
Nation
Élections Générales 2005
Droite
ligne sur l'ouverture de la campagne
La campagne pour les
élections générales du 13 mars prochain débute officiellement ce samedi
26 mars 20o5. Nous abordons donc la dernière semaine qui nous conduit., à
l'ouverture de cette campagne.
Concrètement, on se
pose la question si toutes les parties prenantes à ces élections sont
prêtes pour l'ultime " rendez-VOUS " ?
La CEMI d'abord. Est-elle prête ? A t-elle déjà acheminé tous les
matériels électoraux dans l'arrière pays et à Bangui ?
A ces questions beaucoup de candidats doutent encore de l'impartialité et
du sérieux de la CEMI, désormais grandie par l'Accord de Libreville pour
" gérer " les différentes élections jusqu'à leur ultime phase
finale, la proclamation des résultats. Et pour cause, ces candidats disent
avoir vu des spécimens des bulletins de vote circuler dans l'arrière pays,
brandis par des convergents désormais " divergents " de la
coalition qui soutient la candidature du Chef de l'Etat, alors que les
partis politiques de l'opposition ayant présenté des candidats à ces
différentes élections n'ont pas encore vu le modèle du fameux bulletin
unique.
Du coup l'inquiétude monte quant aux agissements de la CEMI..
Les Candidats ensuite. Beaucoup ne disposent pas d'une seule affiche ou
banderole électorale à ce jour alors qu'il ne reste mathématiquement que
5 jours pour l'ouverture officielle de la campagne. Quelques-uns se "
prélassent " encore à l'étranger, complètement déconnectés de la
réalité sur le terrain. D'autres enfin jouent à l'attentisme, souhaitant
même insidieusement soit le boycott, soit le report de ces élections pour
leur permettre de se " préparer en conséquence ".
Du coup, la ferveur populaire qui devait déjà gagner la population, laisse
la place à une
indifférence quasi totale de l'électorat qui ne lorgne que ce que
brandissent certains candidats
sel, sucre, argent, tee-shirt , vélos, pagnes ou autres gadgets
électoraux.
Le décor est ainsi planté pour que les électeurs votent pour l'argent et
certains avantages matériels, au détriment du bon sens qui exige de voter
pour un bon projet de société, devant enfin sortir la maison Centrafrique
du " merdier " dans lequelle régime insouciant de Ange Félix
Patassé l'a plongée.
En ce qui concerne les différents candidats qui se " prélassent
" encore à l'étranger, une foule de banguissois curieux, a pris
d'assaut l'aéroport de Bangui Mpoko, hier matin, dans le secret espoir de
voir débarquer enfin ces messieurs et dames qui se font encore attendre ou
qui jouent plutôt à se faire désirer.
Les observateurs internationaux ensuite. La communauté internationale qui
finance l'actuel processus électoral en Centrafrique a t-elle déjà pris
les dispositions qui s'imposent pour l'envoi massif d'observateurs
internationaux en Centrafrique ? On ne sait qui pourra répondre à cette
question. Tout ce que l'on sait à coup sûr, c'est que la quasi totalité
des Centrafricains souhaitent une présence massive de ces observateurs,
comme dernièrement en Ukraine. pour " certifier " de la
régularité des différents scrutins du 13 mars prochains.
Les électeurs enfin. Beaucoup continuent à renâcler pour ne pas être en
possession de leur carte d'électeur. Mais à qui la faute ? Que peut faire
la CEMI présentement où il semble tard pour... ? Certains projettent, au
vu de certaines informations en leur possession, de filer en douce " au
village " et attendre tranquillement, sous les " caïcédrats
" ou les " Iroko " ou encore à la belle étoile, la
proclamation des futures élections qu'ils qualifient d'élections à hauts
risques, avant de revenir à Bangui.
Comme on le voit, et de toute évidence, le doute persiste.
Mais somme toute, la dernière ligne droite devant mener la République
centrafricaine à une alternance démocratique, synonyme de retour à
l'ordre constitutionnel est donc amorcée. On ne peut que, comme qui dirait,
dire " inch Allah. "
Jean
Luc Désiré Sayénga
Ce
que Abdou Diouf a dit à Bozizé
Le Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la
Francophonie, M. Abdou Diouf a effectué la semaine dernière une visite de
24 heures en République Centrafricaine.
Beaucoup de centrafricains s'interrogent sur le but de cette visite à la
veille des élections générales de mars 2005 et, surtout, à quelques
jours seulement de l'ouverture officielle de la campagne électorale.
Il faut dire que la visite de Abdou Diouf s'inscrit dans la perspective
d'assurer une alternance politique à la République Centrafricaine au
sortir des élections générales de mars 2005. Pour y parvenir, il est
nécessaire de créer de véritables conditions de transparence, de justice
et d'équité aux fins de rendre plus crédibles les scrutins. Et l'une des
premières conditions est sans aucun doute le désengagement de François
Bozizé.
Déjà à Brazzaville, Jacques Chirac a abordé la question du retrait de
François Bozizé de la course à la Présidence de la République, au nom
de certains principes auxquels sont attachées l'Union Africaine et l'Union
Européenne.
A Brazzaville, Jacques Chirac s'est entretenu longuement avec François
Bozizé, en présence de Omar Bongo Odimba et Sassou Nguesso, sur
l'évolution politique en Centrafrique. Le Chef de l'Etat français a, selon
certaines indiscrétions diplomatiques, vivement conseillé à son homologue
centrafricain de retirer sa candidature à l'élection présidentielle pour
donner une bonne image au processus électoral et garantir la transparence
des scrutins. En contre partie, selon toujours les mêmes indiscrétions, il
sera aménagé un poste très important au niveau d'une organisation
internationale pour l'actuel locataire du Palais de la Renaissance. C'est
dire que la communauté internationale revient sur les principes auxquels
s'accrochent l'Union Africaine et l'Union Européenne mis en exergue par le
Président de la Commission de l'Union africaine, M. Alpha Omar Konaré pour
manifester la position de l'Union.
On peut dire que la Communauté internationale met la pression sur le Chef
de l'Etat centrafricain pour qu'il reconsidère sa position. C'est dans
cette perspective que le Secrétaire Général de l'Organisation
Internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf a fait le déplacement
de Bangui. Comme les entretiens à haut niveau, même les plus secrets n'ont
rien de secret à Bangui, on sait désormais, grâce à un entourage fluide
du Chef de l'Etat centrafricain, que Abdou Diouf est venu réitérer la
position de la communauté internationale dont les tenants ont pour nom
Chirac et Alpha Omar Konaré.
François Bozizé est maintenant seul maître de sa décision. Mais
pourra-t-il prendre librement une décision, quand on sait la pression que
son entourage le plus immédiat exerce sur lui ?
D'ailleurs, depuis son retour de Brazzaville il multiplie des réunions à
huis clos avec son entourage pour débattre de cette délicate question. Et
récemment encore, après la visite de Diouf, ces réunions se sont
multipliées.
C'est dire que les élections peuvent être repoussées de quelques
semaines, le temps que le Général-Président réfléchisse.
Chris
Omanga.
RADIO
TROTTOIR :
D'une
source digne de foi, le calendrier électoral risque de subir un léger
report pour des raisons techniques, mais cette information ne sera
rendue publique qu'au dernier moment, à la veille du scrutin, permettant
ainsi au candidat Bozizé de prendre une longueur d'avance sur les autres
candidats aux scrutins de 2005.
Les propos
belliqueux des supporters de Bozizé ne laissent aucun doute sur le
genre de campagne qu'ils mèneront. Pour ces derniers, si le résultat du
scrutin ne leur est pas favorable, ils comptent arracher la victoire par la
force, d'où, selon les mêmes supporters, la présence du neveu de Bozizé
à la CEMI, Mr NGABOY qui aurait pour mission, le moment venu, d'influer sur
le cours du destin centrafricain.
Certaines personnes
qui se sont faites agressées et dépouillées par les soi-disant "
coupeurs de route " affirment qu'il s'agit d'ex-libérateurs qui ont
été enrôlées par Demafouth mais qui attendent quelques moyens
financiers pour progresser. D'après leurs dires, beaucoup seraient déjà
dans la capitale, arrivés sur des motos et mobylettes tout le long de
l'année. Ils n'attendent qu'un signal.
Devant la grogne
des autres candidats lésés quant à l'exhibition que font les
représentants de la Convergence des spécimen des bulletins de vote unique
pour animer la campagne de soutien au candidat Bozizé, la CEMI devrait
remettre, dans les prochains jours, c'est-à-dire à la veille de
l'ouverture officielle de la campagne, un spécimen de ces bulletins et la
liste des bureaux de vote aux autres candidats, ce que Bozizé a déjà en
sa possession depuis longtemps.
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DÉMOCRATE N° 943
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