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ÉLECTIONS
2005
Le
candidat André Kolingba au stade Marabéna et Martin Ziguélé au stade
Sagbado ont fait " full ".
Le candidat André
Kolingba a fait une première sortie à la place Marabéna dans le 5ème
arrondissement. Il était accompagné du staff du Rassemblement
Démocratique Centrafricain (RDC), composé de plusieurs cadres dont le
Vice-Président, le Directeur national de campagne, les candidats à la
députation Lawane et Nguendet, du 5ème arrondissement.
C'est un monde
bigarré, estimé à plusieurs milliers de sympathisants et curieux venus de
tous les arrondissements, pour la plupart, du fief du RDC, qui est venu
assister à ce meeting de la première sortie de celui qui est arrivé
gracieusement au pouvoir le 1er septembre 1981, son prédécesseur et "
faiseur de roi " David Dacko, ayant voulu éviter un bain de sang, face
aux remous sociaux.
Sévèrement
sanctionné le 19 août 1993 par le peuple souverain avec 12%, André
Kolingba est resté dans l'ombre. On le dit catalyseur et main nourricière
des différentes mutineries du 18 avril, 18 mai et 16 novembre 1996. Le coup
d'Etat du 28 mai 2001, il en a revendiqué la paternité en ces termes :
" j'assume la responsabilité du coup d'Etat… ".
Sa tête sera mise
à prix à valeur de 50 millions F CFA par Patassé, qui a aussitôt retiré
ce projet macabre face au médiateur Amadou Toumani Touré (ATT). Kolingba
s'est réfugié à Kampala (Ouganda) puis a regagné la France, avant de
rentrer au pays d'abord pour le Dialogue National, tenu à Bangui du 9
septembre au 27 octobre 2003, puis pour l'élection présidentielle, le 27
février dernier.
La petite tribune
où il est installé, est bondée de monde, notamment des jeunes mobilisés
par Jonathan Kouet, candidat dans le 3ème arrondissement, d'autres perchés
à l'immeuble Marabéna, tandis que ceux des autres candidats étaient sur
l'aire de jeu.
Avant son message de
circonstance, Mme Mbétissinga, au nom des femmes du RDC a exprimé quant au
retour de celui qui fut chef de l'Etat centrafricain, rassurant les
fonctionnaires, pensionnés et boursiers que leurs dus seront versés. Elle
a été suivie d'un certain Anatole Ndoma, du Ministère de la Famille et
des Affaires Sociales, parlant (bizarrement' au nom de la jeunesse et des
chômeurs du 4ème arrondissement, comme pour évoquer les tristes souvenirs
qui ont fait partir Kolingba en 1993, imputés à la femme centrafricaine.
Ce fut le tour du
Secrétaire Général du RDC, Langandji, de demander à Kolingba, à travers
des chansons religieuses, de ne plus être un patrimoine clanique, tribal et
ethnique. Mme Mireille Kolingba, épouse du candidat André Kolingba,
exilées à la résidence de France puis exfiltrée par le fleuve pour la
France, ébahie, a déclaré en Sango : " Que dire ? Je suis très
flattée de cette atmosphère et de l'accueil que vous nous avez réservés
ce jour. André Kolingba, président-fondateur du RDC, devra se reposer sur
la jeunesse pour relever le pays. Des banyamulengués sont venus tuer,
piller et violer… ", jugeant ainsi le régime du MLPC et le coup d'Etat
du 28 mai 2001, imputé à Kolingba à l'issue duquel la population du 7ème
arrondissement (et son député Patrice Endjimoungou), ont payé le prix.
Mireille Kolingba va rassurer la population que Kolingba n'est plus celui
d'hier (prisonnier de son clan)…
André Kolingba
tourne sa scène à sa manière, s'exprime en 10 minutes à l'assistance, en
ne parlant que de la paix qui lui est chère ; de ce qu'il a réalisé en 12
ans de règne.
André Kolingba
s'est appesanti sur sa maladie de la prostate. La prostate, glande de
l'appareil génital masculin qui entoure la partie de l'urètre jusqu'au col
de la vessie et secrète une des composantes du sperme, a-t-il démontré,
n'est pas une maladie. Et pourtant c'est celle-là qui a donné la mort à
Mitterand, Mobutu et Bokassa.
Kolingba se dit en
bonne santé et appelle le peuple à lui donner un ou deux ans pour relever
le pays. Les questions touchant aux conditions de déblocage et paiement des
arriérés de salaires, ainsi que celle relative à l'octroi de bourses pour
lesquelles il a été chassé par le peuple, n'ont pas été évoquées.
Tandis que le
candidat Martin Ziguélé étant quant à lui au stade Sagbado à Cattin
dans le 3ème arrondissement sous le signe de : " le MLPC soutient le
candidat Martin Ziguélé " et " wa ti yè a ga awè, a kiri na ni
na lo ".
C'est une foule
nombreuse qui est venue assister au meeting du candidat Martin Ziguélé.
C'était notoirement
l'œuvre de la mobilisation du MLPC dont quelques caciques entouraient
Martin Ziguélé…
Service de l'ordre,
filles d'accueil dans des uniformes impeccables, de nombreux militants et
sympathisants arborant des tee-shirt à l'effigie du candidat Ziguélé et
des portraits accrochés partout dans le quartier. L'ambiance était
vraiment à la fête avec les " V " de victoire du MLPC ;
Mais en fait
l'ambiance était factice et le retour des participants au meeting a failli
dégénérer avec les Wali-gala et autres boubanguéré qui criaient aux
femmes : " Avez-vous déjà oublié les viols des banayamulengués
" ? Vous en voulez encore " ? " MLPC = Bemba, nous ne voulons
plus de banayamulengués en RCA ", etc…
Tout compte fait, la
première semaine de campagne électorale s'est déroulée sans beaucoup de
casses mais l'accumulation des petits gestes comme enlever les banderoles ou
les effigies des autres candidats, les provocations dans les QG ou sur les
lieux de meeting, tout cela ne rassure par pour la dernière semaine qui
s'annonce.
La CEMI, le HCC, le
Ministère de l'Intérieur, bref, tous ceux qui ont en charge la
surveillance du bon déroulement des campagnes électorales doivent doubler
de vigilance pour éviter les dérapages.
Le
Citoyen du vendredi 04 mars 2005
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