DÉPOUILLEMENTS
PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES - MARS 2005

LE BULLETIN DE VOTE UNIQUE (BVU)


FRAUDE :  Alors que Charles MASSI et sa femme ont voté FODEM à l'Hotel de Ville de Bangui, les résultats officiels de la CEMI dans ce bureau de vote,  ne donnent aucune voix au FODEM ! Mais où sont passées nos voix ????

L'UFVN DEMANDE L'ANNULATION DES ÉLECTIONS

Conférence de presse du groupe dit des Sages suivie du point de presse de la CEMI et du communiqué de presse de la Cour constitutionnelle de Transition
Centrafrique : Un scrutin malmené
COMMUNIQUE DE PRESSE DES REPRÉSENTANTS DES CANDIDATS DES FORCES VIVES AU SEIN DE LA COORDINATION NATIONALE DE LA CEMI
Résultats partiels en RCA: large avance de Bozizé, mais rien n'est joué

Les leaders politiques sans "fiefs" auront du mal à survivre politiquement
L'opposition exige le respect du code électoral
En attente des résultats, l'opposition crie à la fraude
Décret N°05.062 rapportant les Dispositions du Décret N°03.332 du 12 décembre 2003 portant nomination d’un Vice-Président de la République centrafricaine
Le traitement des résultats des élections s'annonce long.
Bozizé ou Kolingba : le Centrafrique entre la peste et le choléra ?
Élections en Centrafrique: Bozizé met en garde les partis contre la tentation d'annoncer eux-mêmes les résultats
Élections en Centrafrique: dans l'attente de premiers résultats
UNE QUARANTAINE D'URNES DES PRÉSIDENTIELLES DÉCOUVERTES A KOUDOUKOU
L'UNION DES FORCES VIVES DE LA NATION CONTESTERA-T-ELLE LE RÉSULTAT DES ÉLECTIONS ?
Élections en Centrafrique: pas encore de résultats significatifs
Centrafrique: les résultats des élections en cours de centralisation
Les Centrafricains ont attendu des heures, stoïques, pour faire leur "devoir"

EN ATTENDANT LES RÉSULTATS

Conférence de presse du groupe dit des Sages suivie du point de presse de la CEMI et du communiqué de presse de la Cour constitutionnelle de Transition (Source : ACAP)

Conférence de presse: déclaration liminaire du Groupe des Sages

(Acap) Déclaration liminaire du Groupe des Sages lue par Mme Samba Panza lors d'une conférence de presse tenue vendredi 18 mars.

Par courrier en date du 15 mars 2005, le Groupe des Sages a été saisi par l'Union des Forces Vives de lé Nation qui est le regroupement des Partis et Associations de Partis Politiques et 9 des candidats à l'élection présidentielle, d'un certain nombre de sujets de préoccupation relatifs au déroulement du scrutin du 13 mars 2005.

A la suite de cette saisine, le Groupe des Sages a jugé utile de rencontrer très rapidement le Comité de Crise de l'Union des Forces Vives de la Nation. Lors de cette rencontre qui a eu lieu le mercredi 16 mars 2005 au siège du Groupe des Sages, les points de préoccupations exprimées ont porté notamment sur:

1°)-la non remise des procès verbaux aux représentant des candidats -le non affichage des résultats dans les bureaux de vote

-la proclamation des résultats

2 °) des fraudes massives à travers le trafic des cartes d'électeurs et l'usage de fausses cartes d'électeurs

3 °) la nécessité d'une rencontre urgente de l'ensemble des acteurs nationaux et internationaux impliqués dans le processus électoral, en présence des médias afin de discuter de ces faits qui sont de nature à entacher la régularité du scrutin.

Le Groupe des Sages a ensuite rencontré, dans l'après-midi du jeudi 17 mars 2005, une délégation de la CEMI conduite par son Président. Au cours des entretiens avec la CEMI, le Groupe des Sages n'a pas manqué de soulever l'ensemble des sujets de préoccupations exprimés par l'Union des Forces Vives de la Nation concernant les diverses irrégularités constatées par elle lors du scrutin du 13 mars.

Au regard des enjeux du processus électoral en cours et du contexte actuel particulièrement sensible, le Groupe des Sages a recommandé à la CEMI de privilégier la communication et le dialogue afin de contribuer à l'instauration d'un climat de confiance. Il a également été recommandé à la CEMI de continuer à maintenir les conditions de la transparence favorables à l'acceptation par tous des résultats de ces élections.

Le Groupe des Sages a par ailleurs suggéré qu'une conférence de presse soit donnée par le Président dE la CEMI dans les jours qui suivent afin de situer l'opinion nationale et internationale sur l'ensemble des points techniques soulevés par l'Union des Forces Vives de la Nation.

Enfin, dans un esprit d'apaisement, le Groupe des Sages a jugé utile de faire la présente communication devant la presse nationale et internationale afin de rappeler à l'ensemble des acteurs de la vie politique et civile du pays, le respect de leurs engagements à :

-exercer leurs activités dans le strict respect de la constitution, du Code électoral, des lois et règlement en vigueur;

-oeuvrer pour un déroulement sans heurt du processus électoral dans le souci de garantir la cohésion nationale et la paix

-collaborer de bonne foi avec les institutions chargées des opérations électorales

-accepter et respecter les résultats des scrutins, après épuisement de toutes les voies de recours du

contentieux électoral, conformément aux dispositions du Code de Bonne Conduite

Bangui le 18 -03- 2005

Le groupe des sages

 

Source : Acap 19 mars 2005

Point de presse du président de la Cémi

Le président de la Cémi, M. Jean Willybiro Sako a tenu un point de presse vendredi soir. Ci-dessous son discours liminaire qui fait le point sur l'état d'avancement des dépouillements des scrutins présidentiels et législatives du 13 mars 2005.

La Cémi est heureuse de vous recevoir à son siège aujourd'hui pour faire un point de presse sur l'état d'avancement de ses travaux, sur l'examen des quelques problèmes rencontrés et sur ce que la Cémi entend faire d'ici les prochains jours pour permettre au peuple centrafricain qui attend avec impatience le résultat de ces élections souhaitées par toute la communauté nationale et internationale.

Peut-être dans les quinze jours, la Cémi arrivera aux fins de ses travaux et donnera les résultats globaux. Nous avons le plaisir de noter que les élections se sont déroulées dans les bonnes conditions sur l'ensemble du territoire; ce qui pour un pays enclavé; comme vous pouvez l'imaginer - n'est pas une mince affaire. Il fallait équiper et doter 4.143 bureaux de vote, attendre les quatre coins du pays ainsi que nos ambassades à l'étranger notamment dans les pays de la Cémac et la France.

A ce jour, je peux dire que près de 88% des résultats de l'ensemble du territoire nous sont déjà parvenus et stockés. Une bonne partie est déjà en cours de traitement. Nous sommes actuellement dans l'entente des résultats de nos ambassades et consulats quand bien même que des données sur ces élections nous ont été communiquées par voie de fax. Ce qui, pour la Cémi, n'est pas le mode légal de traitement. Donc, nous ne pouvons pas déjà annoncer par exemple ces résultats.

Nous allons donc donner les quelques résultats agrégés, c'est-à-dire la synthèse de certains résultats après un certain nombre des bureaux traités sur l'ensemble du territoire. Ensuite préfecture par préfecture. Et sous-préfecture par sous-préfecture. En précisant dès maintenant qu'il s'agit des résultats provisoires non définitivement traités.

Le dépouillement à ce jour se chiffre à près de 1.600 bureaux de vote, soit environ 40%. Mais le traitement informatique que nous allons communiquer, va porter sur environ 30% des résultats qui ont déjà été saisis à la machine. Nous comptons à la fin de la journée de demain arriver à environ 50% des bureaux de vote traités afin d'atteindre les 100% au milieu de la semaine prochaine. Ce qui fait partie du souci de la Cémi d'arriver à proclamer les résultats globaux dans un délai de 15 jours quand bien même que le Code Electoral amendé sur la base du protocole d'accord de Libreville ne fixe pas un délai limite à la CEMI pour proclamer ces résultats. Nous avons retenu volontairement cette durée de 15 jours qui est la reprise de l'ancien délai, anciennement conféré à la Cour Constitutionnelle pour la proclamation. Ceci dans un souci d'éviter de traîner en longueur pour susciter des interrogations et des supputations inutiles.

La méthode de travail utilisée à la Cémi pour parvenir à la fin de ces travaux est la suivante: Chaque jour de 5 heures à 2 heures, avec la contribution des experts internationaux du Pnud, et de l'Oif et des juristes nationaux, en présence des tous les candidats aux élections présidentielles, la Cémi travaille d'arrache pied pour arriver à dépouiller, traiter les différents résultats qui nous parviennent de différents coins du pays.

Communiqué de Presse de la Cour Constitutionnelle de Transition

La Cour Constitutionnelle de Transition, la haute institution juridique issue de la Constitution du 27 décembre 2004, est la seule juridiction compétente pour statuer sur les contentieux des opérations électorales (Articles 73, alinéa 4 de la Constitution).

C'est ainsi que, conformément à l'ordonnance N° 006.05 du 09 mars 2005 signée du Président de la Cour Constitutionnelle de Transition, Monsieur Marcel Malonga, les membres de cette juridiction sont depuis le 14 mars dernier en session.

Ils examinent en ce moment, en présence de leurs homologues du Gabon, du Bénin et de Madagascar les procès verbaux des circonscriptions électorales dont les résultats provisoires sont chaque jour publiés par la CEMI. Les différentes contestations qui affluent déjà au Greffe de la Cour Constitutionnelle de Transition, seront également étudiées au cours de cette session.

Mais, à la lumière de l'article 33 de l'Ordonnance N° 05.004 du 25 février 2005, nous tenons à rappeler aux éventuels requérants, que seul le candidat, son mandataire, le parti ou le groupement politique ayant présenté un candidat peut saisir la Cour Constitutionnelle de Transition d'une requête.

Etant entendu que les décisions de ladite Cour ne sont susceptibles d'aucun recours, les éventuels requérants sont informés que la Cour Constitutionnelle de Transition ne pourra valablement statuer su leur requête qu'après la proclamation générale des résultats du scrutin et qu'ils sont tenus de se conformer aux dispositions légales en vigueur.

 

Source : ACAP 19 03 2005

 

Centrafrique : Un scrutin malmené
lundi 21 mars 2005.

Si les élections présidentielle et législatives du 13 mars dernier en Centrafrique se sont déroulées dans le calme, l’après-scrutin, dont on attend vainement la proclamation des résultats, risque d’être de tous les dangers et de toutes les incertitudes.
Et si on n’y prend garde, la situation risque de déboucher sur un scénario à l’ivoirienne, à l’époque où le général Guéï, ayant pris goût au pouvoir et se sentant désormais à l’étroit dans sa tenue Kaki, avait tenté un hold-up électoral.

En effet, près d’une semaine après le déroulement du scrutin, les Centrafricains, longtemps sevrés de démocratie par une classe politique prédatrice qui s’est toujours accommodée à tous les régimes et qui n’a pas toujours su incarner leurs aspirations légitimes, attendent toujours. Le retard dans la publication des résultats du scrutin, loin s’en faut, n’est pas uniquement lié à des problèmes logistiques, humains , matériels et financiers souvent pris comme prétextes par les apprentis sorciers de la politique plus omnibulés par la mauvause foi que par une réelle volonté de contribuer à l’enracinement de la démocratie.

Il trouve également son explication dans les tentatives du pouvoir en place qui, percevant les signes avant-coureurs d’une probable défaite, s’essaie lui aussi, après tant d’autres régimes d’exception, à cet exercice de tripatouillage dont la plupart des palais africains sont coutumiers. Ce laxisme dans la publication du verdict des urnes paraît suffisamment suspect pour mettre en ébullition un climat politique déjà échaudé par des années de comportement irresponsable des faux messies dont regorge la Centrafrique.

En tant que Chef d’Etat ayant reçu de ses pairs africains, de la communauté internationale et des Centrafricains la responsabilité de conduire à bon port une transition devant déboucher sur des institutions démocratiques, Bozizé avait le choix entre sortir grandi de cette noble mission, entrer dans l’histoire, être admis au Panthéon des illustres hommes et patauger dans les eaux saumâtres de la mare centrafricaine où nagent des requins aux dents longues et insensibles aux revendications démocratiques de l’immense majorité des Centrafricains. Bozizé croyait-il que son élection allait passer comme une lettre à la poste ?

C’est vrai que son coup d’Etat avait été applaudi. Les Centrafricains l’avaient même considéré en son temps, comme une bénédiction du ciel, car il avait mis fin au régime de l’incompétent et bouffon Ange-Félix Patassé, qui répétait comme un perroquet les mérites de son régime et s’attribuait la palme de président "démocratiquement élu".

Mais autant Patassé s’était rendu coupable en croyant que le peuple centrafricain, comme tous les autres peuples, privé du minimum vital, pouvait se satisfaire de cette démocratie du verbe qui ne nourrissait pas son homme, autant Bozizé a commis l’erreur de croire que l’électorat centrafricain pouvait le plébisciter alors qu’il n’a apporté, depuis son arrivée au pouvoir, aucun antidote à sa détresse sociale.

Arrivé au pouvoir en effet à la faveur d’une grave crise sociale qui a ébranlé tout le tissu socio-économique et même moral du pays, Bozizé, qui fait de son maintien au pouvoir une fixation, s’est illustré par ses diatribes politiciennes plutôt que d’apporter des solutions adéquates à la quête de bien-être des citoyens centrafricains et à leurs légitimes revendications sécuritaires. Il n’a même pas réussi à se démarquer de la compagnie de certains chefs de guerre de la RDC qui traversent impunément la frontière entre les deux pays.

Plutôt que de conserver un despote camouflé dans des habits démocratiques de circonstance et qui, en dehors de toute légalité constitutionnelle, avait essayé par un simple trait de plume, de disqualifier et de recaler des opposants à sa chevauchée royale et triomphale vers son maintien au pouvoir, le peuple centrafricain avait le choix entre onze candidats. Des candidats, il est vrai, imposés par la communauté internationale.

En fait, ce qui se passe actuellement en Centrafrique n’est pas un cas isolé. C’est même une situation récurrente qui fait trop de concessions à tous les putschistes auxquels on demande de conduire des transitions alors que par la manière même dont ils sont parvenus au pouvoir, ils ne peuvent jamais se débarrasser de leurs instincts de dictateurs.

Bozizé avait même déjà annoncé les couleurs de sa soif du pouvoir en refusant de dissoudre une Cour constitutionnelle à sa dévotion. Même si elle a été dépouillée de certaines de ses prérogatives telle l’organisation des scrutins désormais confiée à la commission électorale mixte, il n’en demeure pas moins qu’elle reste un instrument facilement malléable.

Toujours est-il qu’en décidant de proclamer les résultats par doses calculées et en empêchant les observateurs de se faire une idée des tendances générales qui se dégagent du scrutin, cette commission ne peut lever tous les soupçons de complicité qui, à tort ou à raison, pèsent sur elle. En plus, cet attentisme ne peut que faire monter la fièvre de la contestation des Centrafricains peu enclins à accepter cette démocratie au rabais. De toute évidence, la triste évocation de la présence actuelle du général Bozizé marquée par de multiples entorses aux droits humains, fait trembler des Centrafricains.

En cadenassant les résultats du scrutin, le général Bozizé a-t-il compris que les Centrafricains refusent désormais d’être électoralement "ces bêtes sauvages" dont le vote était acquis à l’avance ? On ose l’espérer. On ose surtout espérer que tous les démocrates prendront acte de cette volonté de l’électorat africain en général et centrafricain en particulier de s’affranchir de la mainmise de ces charlatans politiques qui écument les arcanes de la politique africaine et compromettent l’avenir des citoyens.

Dans le cas contraire, l’Afrique risque, pour longtemps encore, d’être victime de cette amère répétition de l’histoire où la parole donnée, fût-elle militaire, n’est pas respectée et où il suffit à des assoiffés du pouvoir, sur simple engagement verbal de faire respecter la légalité, de se faire ouvrir le grand boulevard qui mène au cimetière où ils enterrent la démocratie.

Le Pays (Ouagadougou)

Ce que je pense
Les leaders politiques sans "fiefs" auront du mal à survivre politiquement

Je ne comprends pas que les Centrafricains ne comprennent pas qu'au-delà de la tension perceptible et normale en pareille période; au-delà des triomphalismes parfois injustifiés, il y a lieu d'avoir une lecture froide et même scientifique des résultats partiels livrés à compte goutte par la CEMI.

Il est d'ailleurs de bon ton que chaque candidat à la présidentielle ou aux législatives se prenne pour le meilleur et verse dans des pronostics parfois tirés par les cheveux, alors que la vérité reste et demeure au fond des urnes. Les communiqués triomphalistes n'ont de sens que parce qu'ils s'inscrivent dans une «mise en scène» qui vise à démoraliser l'adversaire et à chauffer à blanc les troupes qui croient, dans un camp comme dans un autre, à la victoire de leurs candidats. C'est de bonne guerre, pourvu que la manipulation, la propagande et la désinformation ne supplantent la véritable communication politique qui demande l'information crédible et mise en perspective dans une analyse qui va au-delà de l'information brute des «agences de presse».

Les scrutins du 13 mars 2005, à travers les résultats partiels déjà controversés, commencent à donner de sérieuses indications sur la nécessaire recomposition du paysage politique centrafricain à partir de la performance nationale et locale des candidats et autres leaders politiques engagés dans ces élections majeures.

François Bozizé n'est pas un candidat leader de parti politique, malgré le soutien d'une «galaxie» de partis politiques aux assises politiques peu crédibles. Il va sans dire que les résultats provisoires du candidat de la «Convergence KNK» ne proviennent de l'excellence de la mobilisation de cette association hybride et hétéroclite dans sa composition. Ces résultats sont dus en grande partie et à notre humble avis, à «l'effet Bozizé» qui commence ici à tirer un bénéfice non pas de sa gestion de la transition, des questions sécuritaires, et des questions de bonne gouvernante, mais de son statut de «libérateur» ou de «sauveur» du peuple, par le renversement violent du «président démocratiquement élu», Ange Félix Patassé.

Peut-être qu'il finira par consolider ses propres résultats par la transformation de cette «galaxie» en une force politique homogène et jouissant d'une personnalité politique légalement reconnue. Ce qui n'est pas le cas, puisque la trentaine de partis politiques qui se tirent dans les ,"arabes, a signé un accord vertical avec le président Bozizé sans avoir contracté un accord politique entre cette galaxie de partis politiques. Alors, François Bozizé bientôt à la tête d'une «Union de majorité présidentielle»? Rien n'est acquis d'avance, car il va falloir avoir les résultats définitifs des scrutins pour oser une autre lecture froide de la situation. Gardons-nous de toute fuite en avant qui risque de verser dans la propagande gratuite. Cela vaut d'ailleurs pour tous les candidats engagés dans la course présidentielle.

Toutefois, il est désormais acquis à travers les résultats partiels de Bangui et de quelques préfectures (Ombella-M'Poko, Kémo et une partie de la Lobaye...), qu'un «trio de tête» se dégage vraisemblablement sans qu'on se risque à un classement quelconque: Bozizé, Kolingba et Ziguélé, font inéluctablement partie de ce «trio» talonné à distance par le candidat du Parti de l'unité nationale (PUN), Jean-Paul Ngoupandé, qui s'est sans doute battu bec et ongles pour tenir son «fief» de la Kémo et peut-être de la Nana-Gribizi, d'ailleurs très disputé malgré ses résultats probants.

On aura noté à travers ces résultats provisoires ou partiels que certains leaders politiques n'ont pas de stature, mais qu'en dépit de ce manque «d'enracinement national», ils ne peuvent se prévaloir d'un fief politique quelconque, se contentant comme des coqs, de picoter ici en ramassant les miettes ou les «poussières de voix».

Mis à part «l'effet Bozizé» qu'il faut interpréter autrement, Martin Ziguélé, Jean-Paul Ngoupandé, André Kolingba et Charles Massi peuvent se prévaloir de fiefs politiques qui correspondent généralement à leurs régions natales et les environs. Il va sans dire que les prochains résultats partiels vont accentuer cette tendance qui conforte l'implantation régionale et tribale de certains partis politiques comme le MLPC, le RDC, le PUN et le FODEM.

Au-delà de ces varus, on assiste à un tassement et sinon, à une éclipse assurée de certains candidats à la présidentielle. Il s'agit principalement du Pr Abel Goumba qui n'a pas de véritables fiefs et de Me Pouzère dont le score actuel est manifestement en deçà de son score de 1999, où il dépassait des candidats comme Ngoupandé, Massi, Abossolo ou Ngouandjika. Il va sans dire qu'en l'absence des fiefs politiques, certaines formations politiques et leurs leaders, par ailleurs candidats, vont prendre un sacré coup de «vieillissement», puisqu'il y a de forte chance qu'ils n'aient pas de siège à l'Assemblée nationale qui va fatalement se recomposer en qualité et en quantité. Abel Goumba est visé par ce phénomène de vieillissement et de corrosion politique.

On peut donc se risquer de dire que les leaders politiques sans fiefs politiques auront du mal à survivre politiquement, si les nouvelles autorités politiques décident de promulguer et de mettre en ouvre la Loi organique relative aux partis politiques et au Statut de l'opposition centrafricaine, en rapport avec une «recommandation forte» du Dialogue national. Y va sans dire aussi que le moment est venu pour que les «partis politiques alimentaires», «croupions» et «vagabonds» arrêtent de fausser le jeu politique en République centrafricaine qui aura besoin, dans les années à venir, de formations politiques à la stature vraiment nationale pour éviter de disparaître ou de n'avoir qu'un rayonnement tribal et régional..,

LC

LE CITOYEN N° 2127 SAMEDI 19 MARS 2005   .PAGE 2
Résultats partiels en RCA: large avance de Bozizé, mais rien n'est joué

LIBREVILLE (AFP) - samedi 19 mars 2005 - 13h48 - Le président centrafricain sortant François Bozizé disposait vendredi soir d'une large avance selon des résultats officiels partiels de la présidentielle portant sur un peu plus du quart des bureaux de vote, mais le scrutin est loin d'être joué, estiment les observateurs.

Les premiers résultats partiels publiés vendredi soir par la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) sont largement favorables à François Bozizé.

Avec 184.734 voix, soit 55,18% des 334.732 suffrages exprimés jusqu'ici dépouillés, il devance de plusieurs longueurs ses deux poursuivants directs l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé et l'ancien président André Kolingba qui totalisent respectivement 43.058 et 42.374 voix, soit 12,86 et 12,65% des suffrages exprimés.

Mais ces chiffres, qui ne portent que sur 28,9% des bureaux et environ un tiers du 1,5 million d'inscrits, "ne sont pas significatifs. Ils portent sur des préfectures favorables à Bozizé", a expliqué à l'AFP un connaisseur de la carte électorale centrafricaine, joint à Bangui depuis Libreville.

Désormais, parmi les préfectures dont les résultats ne sont pas encore connus, une seule, Bossangoa (300 km au nord de Bangui), lui est a priori favorable. Les autres sont des fiefs de ses concurrents.

Bozizé "a fait le plein de voix, les autres vont maintenant remonter", estime cet observateur, "dans les régions qui restent, il y aura au mieux partage des voix, sinon cela lui sera défavorable".

Reste à savoir de quelle réserve de voix dans ces régions dispose maintenant le président sortant. Avec comme enjeu une éventuelle victoire au premier tour, qui apparaît néanmoins désormais relativement compromise au vu de ces premiers résultats, selon les observateurs.

Si François Bozizé apparaît en bonne position pour disputer le second tour, qui affrontera-t-il? Là encore, rien n'est joué, MM. Ziguélé et Kolingba étant au coude à coude.

"Il n'y a toujours pas de challenger connu pour le second tour. Tout va dépendre de la capacité de Ziguélé et Kolingba à aller grappiller des voix dans leurs +zones de faiblesse+", explique un observateur.

En la matière, M. Ziguélé semble avoir le plus d'atouts et sera en outre avantagé dans la course au second tour par des fiefs de l'ouest et du nord beaucoup plus peuplés que les régions du sud-est acquises à M. Kolingba, qui s'il termine second à Bangui n'a pu y creuser l'écart sur son concurrent.

De nombreux "aléas" peuvent encore peser sur les résultats, notamment l'impact qu'aura le taux d'abstention, finalement plus élevé que prévu et surtout extrêmement variable selon les régions, sur le résultat final.

Mais aussi le taux énorme de près de 10% de bulletins nuls, notamment dû aux taches laissées lors de la pliure du bulletin unique par l'encre du cachet que les électeurs devaient apposer face au candidat de leur choix.

D'autant que de fortes disparités ont été constatées, là aussi, selon les bureaux sur les critères à appliquer pour considérer un bulletin comme nul.

"Il y a encore des incertitudes du fait de ce fort taux d'abstention et du fait du fort taux de nullité", note un observateur.

Selon les chiffres publiés vendredi, le taux d'abstention est d'environ 29%, surprenant au regard du déplacement massif des populations vers les urnes le 13 mars, jour du vote.

Mais à Bangui, nombre d'électeurs avaient dû attendre plusieurs heures avant de pouvoir voter et les queues interminables ont pu décourager de nombreux électeurs. En raison de retards dans l'ouverture de certains bureaux et de la lenteur des opérations électorales, de nombreux Banguissois s'étaient également plaints de n'avoir pu voter avant la fermeture du scrutin.

La Cémi s'est donnée, au soir du vote, 15 jours pour publier les résultats définitifs du scrutin présidentiel qui, couplé à des législatives, marquait la fin de la transition issue du coup d'Etat du général Bozizé, le 15 mars 2003.

L'opposition exige le respect du code électoral
(Le Nouvel Observateur 18/03/2005)

L'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), qui regroupe des adversaires du président centrafricain François Bozizé, a demandé jeudi à la Commission électorale de respecter le Code électoral quand elle proclame les résultats partiels du premier tour de la présidentielle du 13 mars.

Dans une lettre adressée au président de la Commission électorale mixte indépendante (Cemi) Jean Willybiro Sako, l'UFVN conteste "la façon de proclamer les résultats, qui ne mentionne aucunement le nombre d'inscrits, celui des votants, de bulletins blancs ou nuls et de suffrages valablement exprimés".

Depuis lundi, la Cemi proclame solennellement chaque soir des résultats de divers bureaux dont elle a "traité" les résultats, en énumérant simplement le nombre de voix de chacun des candidats dans ces bureaux. L'UFVN affirme que dans certains de ces bureaux le nombre de voix est supérieur au nombre d'inscrits et dénonce également les "annulations massives" de bulletins sur lesquels l'encre du cachet apposé par les électeurs en face du candidat de leur choix a bavé.

"Tout cela s'ajoute aux autres irrégularités déjà constatées: non-affichage des listes électorales, non-remise des procès verbaux (de dépouillement) aux représentants des candidats, non-affichage des résultats dans les bureaux de vote", dénoncent les signataires de la lettre. "Le non-respect par la Cemi elle-même de multiples dispositions du Code électoral, essentielles pour garantir la régularité et la transparence des opérations électorales, est de nature à enlever toute crédibilité aux résultats actuellement proclamés", avertit l'UFVN.

L'UFVN avait déjà menacé mardi soir de rejeter les résultats du premier tour des scrutins présidentiel et législatif du 13 mars pour d'irrégularités le jour du vote.

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Centrafrique: en attente des résultats, l'opposition crie à la fraude

BANGUI (AFP) - mercredi 16 mars 2005 - 13h36 - Les premières tendances du premier tour des scrutins présidentiel et législatifs centrafricains de dimanche tardent à se dessiner mais alimentent déjà la fronde de l'opposition, qui accuse le président sortant François Bozizé de préparer un "hold-up électoral".

Comme la veille, le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) Jean Willybiro-Sako a patiemment énuméré mardi soir devant la presse les résultats de la consultation présidentielle recensés dans une nouvelle série de bureaux de vote de Bangui.

Au total, moins du tiers des quelque 900 bureaux de la capitale centrafricaine ont rendu leur verdict, sans qu'il soit encore possible d'en extrapoler une estimation nationale fiable et encore moins d'identifier les qualifiés pour un éventuel second tour. A la "lumière" de ces chiffres partiels sortis de six arrondissements banguissois semble toutefois émerger un tiercé composé, dans le désordre, du général Bozizé, de l'ex-président André Kolingba, du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) et de l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, soutenu par le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) de l'ex-président Ange-Félix Patassé.

Même maigres, ces résultats ont suffi à faire dégainer les principaux adversaires du chef de l'Etat, qui ont dénoncé mardi soir, comme en janvier avant la signature des accords de Libreville qui les ont réintégrés dans la course présidentielle, une tentative de "hold-up up électoral". "L'organisation des élections législatives et présidentielle est déjà entachée de nombreuses et graves irrégularités, de nature à conduire au rejet des résultats", ont-ils clamé dans un communiqué commun publié au nom de l'Union des forces vives de la Nation (UFVN).

S'étonnant que "le candidat Bozizé (soit) presque premier partout (selon les résultats partiels), même dans les régions où il a été hué et chassé pendant la campagne électorale", la coalition de l'opposition a clairement mis en garde "le candidat Bozizé des conséquences prévisibles du hold-up électoral qu'il se prépare à imposer par la force des armes". Avant d'appeler la population à se mobiliser pour "rejeter le vol, l'humiliation, et la honte que nous prépare le général Bozizé" et "barrer la route à la mascarade électorale qui s'organise"...

La révolte des rivaux du général Bozizé a reçu le soutien inattendu d'une partie des 300 observateurs du scrutin, qui a pris ses distances avec le diplôme démocratique décerné par ses collègues en évoquant des dysfonctionnement susceptibles de jeter le doute sur sa régularité. "Nous avons fait le constat de certaines insuffisances dans l'organisation des scrutins et l'exécution des tâches des membres des bureaux de vote qui, à nos yeux, peuvent entacher d'irrégularité les résultats des élections", a dit Godefroy Mokamanédé, du Groupe d'étude et de recherche sur la démocratie et le développement économique et social en Afrique (Gerddes), au nom des observateurs nationaux.

S'il a bien relevé quelques "insuffisances", le communiqué commun des observateurs publié mardi soir a conclu que le double scrutin de dimanche pouvait être considéré comme "libre, fiable, équitable et transparent". La Cemi, qui s'est donnée quinze jours pour proclamer l'ensemble des résultats du premier tour, devait livrer mercredi soir une nouvelle série de chiffres partiels. Les rivaux du général Bozizé se sont, eux, retrouvés dès le début de l'après-midi pour passer au crible les chiffres communiqués la veille et, le cas échéant, organiser leur fronde.

Décret N°05.062 rapportant les Dispositions du Décret N°03.332 du 12 décembre 2003 portant nomination d’un Vice-Président de la République centrafricaine

République Centrafricaine
Unité-Dignité-Travail
Le Président de la République
Chef de l’
État

Décret N°05.062
Rapportant les Dispositions du Décret N°03.332 du 12 décembre 2003 portant nomination d’un Vice-Président de la République centrafricaine

Le président de la République,
Chef de l’Etat

Vu la Constitution du 27 décembre 2004 ;

Décrète

Art. 1er : Sont et demeurent rapportées les dispositions du Décret n°03.332 du 12 décembre 2003, portant nomination d’un Vice-Président de la République Centrafricaine.

Art.2 : Le présent Décret qui prend effet à compter de la date de sa signature, sera enregistré et publié au Journal Officiel.


Fait à Bangui, le 15 mars 2005
Le Général d’Armée François
BOZIZE

Bozizé humilie une seconde fois le Pr Abel Goumba en le limogeant de ses fonctions de vice président de la République (C.A.P)
Bangui, 15 mars 2005

(C.A.P) François Bozizé, a signé mardi un décret mettant fin aux fonctions du vice-président de la République, le professeur Abel Goumba, candidat du Front patriotique pour le progrès (FPP) à l’élection présidentielle du 13 mars dernier.

Aucune indication n’a été fournie quant au motif de ce limogeage qui intervient 48 heures après la tenue des élections présidentielle et législatives censées mettre fin à 2 ans d’une transition ouverte suite au coup d’État du 15 mars 2 003 qui a renversé le président élu Ange Félix Patassé, et dont le gouvernement centrafricain a décidé de ne pas célébrer le deuxième anniversaire en raison de la poursuite du processus électoral.

Agé de 78 ans, le professeur Goumba, chef de file du Collectif des partis politiques d’opposition (CPPO) qui avaient soutenu la rébellion du général Bozizé, a été nommé vice-président de la République en décembre 2 003, après avoir été pendant 8 mois le chef du Gouvernement national de transition mis en place par ce dernier au lendemain de sa prise de pouvoir.

La décision du général Bozizé pourrait signifier le début de la retraite politique pour le doyen de la classe politique centrafricaine, dont les résultats partiels du scrutin de dimanche indique qu’il ne devrait pas occuper le fauteuil présidentiel après plus de 40 ans de combat politique et 4 participations à la présidentielle.

Centrafrique Presse le: March 15, 2005

Centrafrique : le traitement des résultats des élections s'annonce long

BANGUI (AFP) - mardi 15 mars 2005 - 17h51 - Le long travail de traitement des résultats du premier tour des scrutins présidentiel et législatif centrafricains s'est poursuivi mardi à la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), tandis que les adversaires du président François Bozizé ont dénoncé des fraudes.

Aucun résultat significatif n'était toujours disponible mardi, quarante-huit heures après la double élection de dimanche.

Les seuls "résultats provisoires partiels" du premier tour de la présidentielle ont été publiés lundi et ne portaient que sur 32 des 900 bureaux de la capitale, Bangui.

La tâche s'annonce particulièrement fastidieuse pour la Cémi, qui s'est donnée quinze jours pour proclamer des résultats définitifs. Pendant la journée de lundi, l'organisme n'a ainsi pu "traiter" que 32 des quelque 4.000 bureaux de vote répartis sur tout le territoire de la République centrafricaine (RCA).

De plus, le protocole d'application de l'accord de Libreville, qui a mis fin en janvier à la crise ouverte le 30 décembre après l'invalidation par la Cour constitutionnelle de sept des douze candidats à la présidentielle, impose à la Cémi de publier les résultats bureau par bureau.

Énoncer devant la presse les résultats des 32 premiers bureaux, a demandé lundi soir 45 longues minutes au président de la Cémi, Jean Willybiro-Sako.

Même respectée à la lettre, cette procédure de publication des résultats a suscité les critiques de certains adversaires du président sortant, François Bozizé, qui se sont étonnés que le nombre des inscrits, des votants, des suffrages exprimés et des bulletins nuls n'ait pas été communiqué par le président de la Cémi.

L'Union des forces vives de la Nation (UFVN), le front anti-Bozizé formé en janvier dernier par les candidats "recalés" à la présidentielle, s'est réunie mardi à Bangui pour pointer du doigt les ratés des scrutins.

"Nous ne sommes pas contents car la Cémi dit que tout s'est bien passé, ce qui n'est pas vrai", a expliqué à l'AFP un des membres de l'UFVN, l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé, candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), parti de l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé le 15 mars 2003 par François Bozizé.

M. Ziguélé a cité plusieurs dysfonctionnements, parmi lesquels le fait que les représentants des candidats dans les bureaux n'avaient pas reçu de copie du procès verbal de dépouillement "comme le prévoit le Code électoral" et que des enveloppes contenant les résultats et les bulletins de certains bureaux étaient arrivées décachetés à la Cémi.

Le rival de M. Bozizé a également affirmé que des "fraudes et intimidations" avaient émaillé le scrutin et a estimé curieux que le président sortant soit arrivé en tête dans tous les bureaux de Bangui dont les résultats ont été publiés.

"Plusieurs personnes ont été arrêtées dimanche avec des centaines de cartes d'électeurs (...), le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC, de l'ex-président André Kolingba, également candidat) a saisi un sac plein de bulletins déjà cachetés à Bangui", a-t-il assuré.

"Il y a deux choses dont je suis convaincu. Un, Bozizé ne peut pas gagner au premier tour et deux, le MLPC ne peut être absent au second tour", a-t-il déclaré à l'AFP. "Si ces deux choses ne se vérifient pas, alors ce ne sont pas des élections" régulières, a-t-il estimé.

Bozizé ou Kolingba : le Centrafrique entre la peste et le choléra ?
(Centrafrique-Presse 15/03/2005)


Contrairement à ce qu’on a entendu ici et là, le scrutin présidentiel qui vient d’avoir lieu en Centrafrique est loin d’être une avancée de la démocratie dans ce pays. Bien au contraire. Au mieux c’est du sur place si ce n’est pas franchement une régression.

En effet, cette élection coïncide à deux jours près avec le deuxième anniversaire des tristes événements du 15 mars 2003 qui ont vu un certain François Bozizé, après plusieurs tentatives de coup d’état infructueuses mais non moins désastreuses, réussir enfin à renverser des institutions démocratiques du pays et accéder au pouvoir par la force des armes.

Sur le moment, sous l’euphorie du succès de leur coup et tels des larrons en foire, certains de ses complices et co-auteurs qui crient aujourd’hui haro sur le baudet n’avaient pas hésité à qualifier le putsch de « sursaut patriotique » ou de « révolution populaire » et Bozizé d’homme fort et de « grand libérateur ». Si l’expérience était à refaire, ceux-là réfléchiraient certainement à deux fois avant de s’embarquer et le pays aussi avec, dans une telle mésaventure. Car enfin, la question se pose toujours de savoir comment des hommes comme Jean-Paul Ngoupandé, Abel Goumba, Nicolas Tiangaye, pour ne citer que ceux-là, hauts cadres intellectuels qui aspirent à prendre les commandes du pays, aient pu se jeter à corps perdu dans les bras d’un personnage tel que Bozizé dont il connaissent les limites intellectuelles objectives, (sorti dernier de sa promotion à l’ESFOA de Bouar) mais qui se trouve en revanche être un grand assoiffé de pouvoir.

Si comme on peut le craindre fortement eu égard à quelques résultats partiels et provisoires qu’il faut prendre avec beaucoup de précaution que commence à publier la CEMI, Bozizé gagne cette élection et est proclamé président de la République, ce serait malheureusement la consécration par les urnes d’un vulgaire putschiste. Ce serait la regrettable légitimation du pouvoir conquis deux ans plus tôt par coup d’état donc une honte pour la démocratie centrafricaine qui aura reculé de plusieurs pas. D’aucuns auraient aimé encore à la limite fermer les yeux sur le putsch si Bozizé était venu réellement redresser le pays comme il avait prétendu et continue de le faire.

Or, après deux années de gestion bozizéenne, le bilan est catastrophique pour le pays à tout point de vue. La FIDH qu’on ne peut accuser d’anti bozizisme primaire vient de dresser ce bilan et de l’écrire noir sur blanc dans son rapport publié récemment. On retient de la présence de Bozizé à la tête du pays qu’il aime saigner le trésor public et est un vulgaire trafiquant de diamant (cf l’affaire de son voyage de Düsseldorf et la mallette de diamant). L’insupportable impunité dont jouissent ses bras séculiers que sont les Dogo, Gbangouma et autres Gbadora qui tuent, volent et terrorisent la population en narguant la justice participe aussi grandement à ternir l’image de son pouvoir. Le seuil d’insécurité du pays a atteint des proportions indescriptibles. La misère est plus que jamais toujours présente à cause des arriérés de salaires auxquels ils avaient lui et ses gouvernements successifs, par démagogie, promis d’enrayer.

Paradoxalement, son enrichissement frauduleux et rapide lui a permis de prendre plusieurs longueurs d’avance sur ses concurrents à l’élection présidentielle et d’être en position de l’emporter alors que sa courbe de popularité est inversement proportionnelle à celle de cet enrichissement. Dans son for intérieur il doit pourtant être conscient qu’il ne pourra jamais redorer son blason terni auprès des populations des régions que sa longue et calamiteuse rébellion a détruites mais il table certainement sur la terreur qu’il peut exercer avec l’arsenal de guerre dont il dispose pour soumettre ses compatriotes qui oseraient dès la proclamation de sa vraisemblable victoire, contester sa légitimité.

Qu’il le veuille ou non, si c’est Bozizé qui sort vainqueur de cette élection, il doit s’attendre à être regardé de travers et à faire face à un vaste front uni qui, pour plusieurs raisons dont celles que nous venons d’évoquer, lui rendra le pays ingouvernable, seule façon de laver son affront.

L’autre putschiste André Kolingba et ses partisans, qui disent disposer déjà d’un zoo composé de plusieurs lions « bamaras » en sango, prêts à être lâchés savent certainement de quoi ils parlent et pourront le cas échéant croiser le fer avec lui en ouverture de rideau. Wait and see

La Rédaction

Centrafrique Presse le: March 15, 2005

© Copyright Centrafrique-Presse

Élections en Centrafrique: Bozizé met en garde les partis contre la tentation d'annoncer eux-mêmes les résultats
(Xinhuanet 15/03/2005)


Le président centrafricain François Bozizé, candidat à sa propre succession, a mis en garde les partis politiques contre la tentation d'annoncer les résultats du scrutin avant la Commission électorale mixte indépendante (CEMI) , selon une déclaration parvenue lundi à Yaoundé.

"La responsabilité principale de la proclamation des résultats du scrutin revient à la seule CEMI et non aux partis politiques auxquels je lance un appel pour éviter de créer un désordre et de la confusion en prétendant annoncer eux-mêmes les résultats", a-t- il affirmé, avant de prévenir qu'il veillera "particulièrement à ce qu'aucun comportement d'où qu'il émane et qui soit contraire à l'éthique des textes de base guidant les élections générales ne vienne perturber le déroulement serein de ce scrutin".

Le scrutin censé consacrer le retour à l'ordre constitutionnel après une transition de deux ans a démarré dimanche, sous l'observation de la communauté internationale.

Un peu plus de 1,5 million d'électeurs étaient attendus dans 4 143 bureaux de vote, pour ce scrutin qui se déroule pour la première fois avec le bulletin unique pour départager 11 candidats à la présidentielle et 928 candidats aux élections législatives devant siéger à la future Assemblée nationale composée de 105 sièges. Fin

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Élections en Centrafrique: dans l'attente de premiers résultats
(Le Point 14/03/2005)

Les résultats arrivaient peu à peu lundi à la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) à Bangui, au lendemain du premier tour des scrutins présidentiel et législatif auxquels les Centrafricains ont voté en masse, mais aucun chiffre significatif n'était encore disponible.

"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous les centres. Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les résultats", a déclaré le rapporteur général de la Cémi, René Sakanga.

Le dépouillement s'est poursuivi une partie de la nuit, certains bureaux ayant fermé plusieurs heures après la clôture officielle à 16h00 (15h00 GMT), en raison d'ouvertures tardives et de l'affluence massive des électeurs.

Le président de la Cémi, Jean Willybiro-Sako, a estimé être en mesure de communiquer de premiers résultats partiels dès lundi et se donnait quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.

Néanmoins, aucun résultat significatif n'était disponible lundi après-midi à la Cémi. Seuls quelques résultats, portant sur une poignée de bureaux de Bangui ou de province et trop partiels pour permettre de dégager une tendance fiable, ont été publiés lundi par la presse ou la radio.

La Cémi n'a pas non plus publié de chiffre sur la forte participation à ces scrutins marquant la fin de la transition issue du coup d'Etat, le 15 mars 2003, du général François Bozizé, qui briguait le suffrage des urnes dimanche face à dix autres candidats.

Plus de 900 candidats s'affrontaient parallèlement aux législatives pour les 105 sièges de députés de l'Assemblée nationale.

Le dépouillement s'est déroulé sans incident grave dans les bureaux de vote, a indiqué lundi le rapporteur général de la Cémi. Des différends ont toutefois été enregistrés dans certains bureaux sur les critères à appliquer pour déclarer nuls certains bulletins.

L'encre du cachet que les électeurs devaient apposer en face du candidat de leur choix sur le bulletin de vote unique a souvent laissé des traces sur d'autres parties lors de son pliage.

Certains présidents de bureau ont été extrêmement stricts et ont annulé tout bulletin taché, alors que d'autres ont au contraire validé des bulletins où l'encre avait largement débordé.

"J'ai feuilleté les bulletin annulés dans un bureau. Ils portaient effectivement tous des traces d'encre mais dans la majorité des cas, l'intention de l'électeur était clairement exprimée et ne faisait aucun doute", a rapporté un observateur à l'AFP.

"J'ai vu un bureau où la moindre petite trace entraînait l'annulation du bulletin et où plus de 10% des bulletins ont été déclarés nuls, alors que dans un autre, aucun n'a été annulé", a témoigné un autre.

Sur les quelques résultats partiels publiés lundi par le quotidien indépendant Le Citoyen, certains bureaux n'enregistrent ainsi aucun bulletin nul alors que d'autres en comptabilisent jusqu'à 75% dans un bureau du 3ème arrondissement de Bangui.

Les proportions de bulletins nuls variaient également énormément dans un même bureau, selon qu'il s'agissait des bulletins utilisés pour les législatives ou la présidentielle, mais cela pourrait tenir à la qualité du papier, différente pour les deux scrutins, selon un expert.

Un observateur s'est inquiété lundi de l'éventuelle utilisation par les perdants de ce problème en cas de résultats serrés, voire d'une victoire à l'arraché dès le premier tour.

"La Cémi est consciente du problème et va y réfléchir dès aujourd'hui", a indiqué son rapporteur général.

Résultats des élections en cours de centralisation

Le dépouillement des suffrages du premier tour des scrutins présidentiel et législatif de dimanche en Centrafrique est achevé dans tous les bureaux et les résultats arrivent progressivement à la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), a indiqué lundi la Cémi.

"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous les centres. Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les résultats", a déclaré le rapporteur général de la Cémi, René Sakanga. La Cémi ne dispose pour l'heure d'aucun chiffre concernant la participation, que son président Jean Willybiro-Sako a considérée dimanche soir comme "forte", à Bangui comme en province. M. Willybiro-Sako a également indiqué dimanche à la presse que la Cémi devrait être en mesure de communiquer de premiers résultats partiels dès lundi et se donnait quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.

Les électeurs centrafricains ont voté en masse et sans incident majeur dimanche lors du premier tour des élections présidentielle et législatives marquant la fin de la transition en place depuis le coup d'Etat du général François Bozizé en 2003 dans ce pays à l'histoire politique violente.

Environ 1,5 million d'électeurs devaient choisir, pour la présidentielle, entre onze candidats, dont le président sortant Bozizé, arrivé au pouvoir en renversant le président élu Ange-Félix Patassé, lors d'un scrutin qui s'annonçait serré. Plus de 900 candidats briguaient les 105 sièges de députés. L'affluence, massive tout au long de la journée au point que de nombreux électeurs devaient patienter plusieurs heures avant de voter, avait continué en fin d'après-midi devant les bureaux encore ouverts.

Ces élections "ont été caractérisées par une forte participation des électeurs tant à Bangui qu'en province", a confirmé dimanche soir à la presse le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), Jean Willybiro Sako. Plusieurs bureaux ont été fermés alors que de nombreux électeurs, qui attendaient parfois depuis plusieurs heures, n'avaient pu voter, provoquant quelques tensions.

La Cémi se donne quinze jours pour proclamer les résultats de ce premier tour, alors qu'aucune date n'a été officiellement annoncée pour la tenue du second tour. "C'est un événement inédit en République centrafricaine (RCA), une démocratie véritable s'instaure en RCA. J'y ai contribué énormément et je peux en être fier", a déclaré après avoir voté le chef de l'Etat sortant. Plusieurs cas de fraude présumée ont été relevés. Une vingtaine de personnes ont ainsi été arrêtées, dont certaines en possession de plusieurs centaines de cartes d'électeurs à proximité d'un bureau de vote de la capitale.

Des électeurs ont été également appréhendés après avoir voté plusieurs fois dans le 5ème arrondissement, a indiqué un membre de la Cémi. Plusieurs électeurs se sont par ailleurs plaints de trouver leur noms sur les listes, déjà émargés, alors que leur carte d'électeur montrait qu'ils n'avaient pas encore voté.

Une organisation sans faille était un des enjeux de dimanche, afin que les résultats soient incontestable dans ce pays au passé politique agité et souvent violent. Les Centrafricains disaient attendre beaucoup de ces élections, après plus de vingt ans de gestion mafieuse et de crises politico-militaires à répétition qui ont détruit les infrastructures économique d'un pays aujourd'hui exsangue en dépit de ressources prometteuses.

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Élections en Centrafrique: pas encore de résultats significatifs

© AFP
Vote d'une Africaine le 13 mars à à Bangui
© AFP Issouf Sanogo

BANGUI (AFP) - lundi 14 mars 2005 - 16h42 - Les résultats arrivaient peu à peu lundi à la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) à Bangui, au lendemain du premier tour des scrutins présidentiel et législatif auxquels les Centrafricains ont voté en masse, mais aucun chiffre significatif n'était encore disponible.

"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous les centres. Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les résultats", a déclaré à l'AFP le rapporteur général de la Cémi, René Sakanga.

Le dépouillement s'est poursuivi une partie de la nuit, certains bureaux ayant fermé plusieurs heures après la clôture officielle à 16h00 (15h00 GMT), en raison d'ouvertures tardives et de l'affluence massive des électeurs.

Le président de la Cémi, Jean Willybiro-Sako, a estimé être en mesure de communiquer de premiers résultats partiels dès lundi et se donnait quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.

Néanmoins, aucun résultat significatif n'était disponible lundi après-midi à la Cémi. Seuls quelques résultats, portant sur une poignée de bureaux de Bangui ou de province et trop partiels pour permettre de dégager une tendance fiable, ont été publiés lundi par la presse ou la radio.

La Cémi n'a pas non plus publié de chiffre sur la forte participation à ces scrutins marquant la fin de la transition issue du coup d'Etat, le 15 mars 2003, du général François Bozizé, qui briguait le suffrage des urnes dimanche face à dix autres candidats.

Plus de 900 candidats s'affrontaient parallèlement aux législatives pour les 105 sièges de députés de l'Assemblée nationale.

Le dépouillement s'est déroulé sans incident grave dans les bureaux de vote, a indiqué lundi le rapporteur général de la Cémi. Des différends ont toutefois été enregistrés dans certains bureaux sur les critères à appliquer pour déclarer nuls certains bulletins.

L'encre du cachet que les électeurs devaient apposer en face du candidat de leur choix sur le bulletin de vote unique a souvent laissé des traces sur d'autres parties lors de son pliage.

Certains présidents de bureau ont été extrêmement stricts et ont annulé tout bulletin taché, alors que d'autres ont au contraire validé des bulletins où l'encre avait largement débordé.

"J'ai feuilleté les bulletin annulés dans un bureau. Ils portaient effectivement tous des traces d'encre mais dans la majorité des cas, l'intention de l'électeur était clairement exprimée et ne faisait aucun doute", a rapporté un observateur à l'AFP.

"J'ai vu un bureau où la moindre petite trace entraînait l'annulation du bulletin et où plus de 10% des bulletins ont été déclarés nuls, alors que dans un autre, aucun n'a été annulé", a témoigné un autre.

Sur les quelques résultats partiels publiés lundi par le quotidien indépendant Le Citoyen, certains bureaux n'enregistrent ainsi aucun bulletin nul alors que d'autres en comptabilisent jusqu'à 75% dans un bureau du 3ème arrondissement de Bangui.

Les proportions de bulletins nuls variaient également énormément dans un même bureau, selon qu'il s'agissait des bulletins utilisés pour les législatives ou la présidentielle, mais cela pourrait tenir à la qualité du papier, différente pour les deux scrutins, selon un expert.

Un observateur s'est inquiété lundi de l'éventuelle utilisation par les perdants de ce problème en cas de résultats serrés, voire d'une victoire à l'arraché dès le premier tour.

"La Cémi est consciente du problème et va y réfléchir dès aujourd'hui", a indiqué son rapporteur général.

Centrafrique: les résultats des élections en cours de centralisation

BANGUI (AFP) - lundi 14 mars 2005 - 10h52 - Le dépouillement des suffrages du premier tour des scrutins présidentiel et législatif de dimanche en Centrafrique est achevé dans tous les bureaux et les résultats arrivent progressivement à la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), a indiqué lundi la Cémi.

"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous les centres. Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les résultats", a déclaré le rapporteur général de la Cémi, René Sakanga. La Cémi ne dispose pour l'heure d'aucun chiffre concernant la participation, que son président Jean Willybiro-Sako a considérée dimanche soir comme "forte", à Bangui comme en province. M. Willybiro-Sako a également indiqué dimanche à la presse que la Cémi devrait être en mesure de communiquer de premiers résultats partiels dès lundi et se donnait quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.

Les électeurs centrafricains ont voté en masse et sans incident majeur dimanche lors du premier tour des élections présidentielle et législatives marquant la fin de la transition en place depuis le coup d'Etat du général François Bozizé en 2003 dans ce pays à l'histoire politique violente.

Environ 1,5 million d'électeurs devaient choisir, pour la présidentielle, entre onze candidats, dont le président sortant Bozizé, arrivé au pouvoir en renversant le président élu Ange-Félix Patassé, lors d'un scrutin qui s'annonçait serré. Plus de 900 candidats briguaient les 105 sièges de députés. L'affluence, massive tout au long de la journée au point que de nombreux électeurs devaient patienter plusieurs heures avant de voter, avait continué en fin d'après-midi devant les bureaux encore ouverts.

Ces élections "ont été caractérisées par une forte participation des électeurs tant à Bangui qu'en province", a confirmé dimanche soir à la presse le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), Jean Willybiro Sako. Plusieurs bureaux ont été fermés alors que de nombreux électeurs, qui attendaient parfois depuis plusieurs heures, n'avaient pu voter, provoquant quelques tensions.

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Francois Bozizé vote le 13 mars à Bangui
© AFP Issouf Sanogo

La Cémi se donne quinze jours pour proclamer les résultats de ce premier tour, alors qu'aucune date n'a été officiellement annoncée pour la tenue du second tour. "C'est un événement inédit en République centrafricaine (RCA), une démocratie véritable s'instaure en RCA. J'y ai contribué énormément et je peux en être fier", a déclaré après avoir voté le chef de l'Etat sortant. Plusieurs cas de fraude présumée ont été relevés. Une vingtaine de personnes ont ainsi été arrêtées, dont certaines en possession de plusieurs centaines de cartes d'électeurs à proximité d'un bureau de vote de la capitale.

Des électeurs ont été également appréhendés après avoir voté plusieurs fois dans le 5ème arrondissement, a indiqué un membre de la Cémi. Plusieurs électeurs se sont par ailleurs plaints de trouver leur noms sur les listes, déjà émargés, alors que leur carte d'électeur montrait qu'ils n'avaient pas encore voté.

Une organisation sans faille était un des enjeux de dimanche, afin que les résultats soient incontestable dans ce pays au passé politique agité et souvent violent. Les Centrafricains disaient attendre beaucoup de ces élections, après plus de vingt ans de gestion mafieuse et de crises politico-militaires à répétition qui ont détruit les infrastructures économique d'un pays aujourd'hui exsangue en dépit de ressources prometteuses.

Les Centrafricains ont attendu des heures, stoïques, pour faire leur "devoir"

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File d'attente devant un bureau de vote à Bangui, le 13 mars 2005
© AFP Issouf Sanogo

BANGUI (AFP) - dimanche 13 mars 2005 - 16h16 - A cause de dysfonctionnements et de l'affluence, Alphonse aura attendu quatre heures avant de pouvoir voter dimanche à Bangui, mais selon lui "le jeu en vaut la chandelle", vu l'importance des scrutins présidentiel et législatifs en Centrafrique.

"C'est fastidieux mais c'est très important. Il faut mettre fin au cycle infernal de la violence, de l'insécurité, de l'instabilité. Le pays a trop souffert", explique-t-il au Centre social de Malimaka où il s'apprête à voter.

Ils sont plusieurs centaines, femmes et hommes, des plus jeunes aux plus âgés, à faire la queue, parfois depuis l'aube et désormais sous un soleil qu'aucun nuage ne vient voiler, devant ce bureau du 5ème arrondissement de Bangui, le plus peuplé de la capitale.

Plusieurs bureaux de la capitale ont ouvert avec des retards variables dimanche matin. Et la lenteur des opérations, notamment en raison du double vote présidentiel et législatif, allonge les files d'attente.

"C'est long mais il faut attendre car il est important de donner sa voix", renchérit Jean-Paul, un retraité. "Notre pays a connu 40 ans de soubresauts. Des gens se sont succédés à sa tête mais leur travail ne nous a pas donnés satisfaction", pousuit-il, "nous pensons que l'élection d'aujourd'hui va nous donner quelqu'un qui pense enfin à ce pays qui sombre depuis 40 ans".

Dans des files de plus en plus longues, à même de décourager les plus motivés, des Centrafricains stoïques évoquent "ce devoir de citoyen" qu'ils tiennent absolument à remplir.

Quelques resquilleurs enveniment ça et là l'ambiance et la cohue provoque des bousculades à l'intérieur même de certains bureaux.

L'énervement est particulièrement perceptible devant ceux encore fermés en milieu de matinée. "Depuis 06h00 nous sommes là et ça n'a toujours pas commencé. Il manque une urne", proteste un électeur devant l'école de Malimaka, dans le 5ème arrondissement, toujours fermé à 10h45.

"Ce n'est pas le seul bureau dans ce cas. En tout, cela fait 2.500 voix qui ne pourront s'exprimer", calcule un autre. Mais personne ne quitte la file, recouverte de parapluies déployés pour s'abriter de la chaleur.

"C'est ça les Centrafricains, en tous cas ceux qui nous dirigent. Ils nous demandent de nous rendre massivement aux urnes mais ils ne nous facilitent pas la tâche", explique Timothée, un commerçant. "De toutes façons nous attendons".

"On nous demande de voter dans le calme, de ne pas ternir l'image du pays parce que c'est la dernière chance qui s'offre à lui. Mais qui ternit l'image du pays, les électeurs ou les organisateurs des élections?", interroge Henri, électricien.

Dans les bureaux ouverts, les opérations de vote se déroulent sans incident. Chaque électeur vote d'abord pour la présidentielle, puis pour les législatives. Le rituel est le même à chaque fois. Sur le bulletin unique qui lui est remis, il va, à l'abri d'un isoloir de bois, apposer un cachet en face du candidat choisi puis déposer son bulletin dans une urne transparente.

"Les +vieilles mamans+ ne comprennent pas toujours comment procéder", admet, au Centre social de Malimaka, un électeur pour qui "en tant qu'intellectuel" ça ne "pose pas de problème".

Serrés sur des tables d'écolier dans un coin du petit bureau, les représentants des candidats comptent un à un, à l'aide de petits carrés tracés sur des cahiers, les électeurs qui se succèdent lentement.