|
L'UFVN
DEMANDE L'ANNULATION DES ÉLECTIONS
Conférence
de presse du groupe dit des Sages suivie du point
de presse de la CEMI et du communiqué
de presse de la Cour constitutionnelle de Transition
Centrafrique : Un
scrutin malmené
COMMUNIQUE DE PRESSE DES
REPRÉSENTANTS DES CANDIDATS DES FORCES VIVES AU SEIN DE LA COORDINATION NATIONALE DE LA CEMI
Résultats
partiels en RCA: large avance de Bozizé, mais rien n'est joué
Les
leaders politiques sans "fiefs" auront du mal à survivre
politiquement
L'opposition
exige le respect du code électoral
En
attente des résultats, l'opposition crie à la fraude
Décret
N°05.062 rapportant les Dispositions du Décret N°03.332 du 12 décembre
2003 portant nomination d’un Vice-Président de la République
centrafricaine
Le
traitement des résultats des élections s'annonce long.
Bozizé
ou Kolingba : le Centrafrique entre la peste et le choléra ?
Élections
en Centrafrique: Bozizé met en garde les partis contre la tentation
d'annoncer eux-mêmes les résultats
Élections
en Centrafrique: dans l'attente de premiers
résultats
UNE
QUARANTAINE D'URNES DES PRÉSIDENTIELLES DÉCOUVERTES A KOUDOUKOU
L'UNION
DES FORCES VIVES DE LA NATION CONTESTERA-T-ELLE LE RÉSULTAT DES ÉLECTIONS
?
Élections
en Centrafrique: pas encore de résultats significatifs
Centrafrique:
les résultats des élections en cours de centralisation
Les Centrafricains ont attendu des heures,
stoïques, pour faire leur "devoir"
|
|
EN
ATTENDANT LES RÉSULTATS |
|
Conférence de
presse du groupe dit des Sages suivie du point de presse de la CEMI et
du communiqué de presse de la Cour constitutionnelle de Transition (Source
: ACAP)
Conférence de presse: déclaration liminaire du Groupe des Sages
(Acap) Déclaration liminaire du Groupe des Sages lue par Mme Samba Panza
lors d'une conférence de presse tenue vendredi 18 mars.
Par courrier en date du 15 mars 2005, le Groupe des Sages a été saisi
par l'Union des Forces Vives de lé Nation qui est le regroupement des
Partis et Associations de Partis Politiques et 9 des candidats à
l'élection présidentielle, d'un certain nombre de sujets de préoccupation
relatifs au déroulement du scrutin du 13 mars 2005.
A la suite de cette saisine, le Groupe des Sages a jugé utile de
rencontrer très rapidement le Comité de Crise de l'Union des Forces Vives
de la Nation. Lors de cette rencontre qui a eu lieu le mercredi 16 mars 2005
au siège du Groupe des Sages, les points de préoccupations exprimées ont
porté notamment sur:
1°)-la non remise des procès verbaux aux représentant des candidats
-le non affichage des résultats dans les bureaux de vote
-la proclamation des résultats
2 °) des fraudes massives à travers le trafic des cartes d'électeurs
et l'usage de fausses cartes d'électeurs
3 °) la nécessité d'une rencontre urgente de l'ensemble des acteurs
nationaux et internationaux impliqués dans le processus électoral, en
présence des médias afin de discuter de ces faits qui sont de nature à
entacher la régularité du scrutin.
Le Groupe des Sages a ensuite rencontré, dans l'après-midi du jeudi 17
mars 2005, une délégation de la CEMI conduite par son Président. Au cours
des entretiens avec la CEMI, le Groupe des Sages n'a pas manqué de soulever
l'ensemble des sujets de préoccupations exprimés par l'Union des Forces
Vives de la Nation concernant les diverses irrégularités constatées par
elle lors du scrutin du 13 mars.
Au regard des enjeux du processus électoral en cours et du contexte
actuel particulièrement sensible, le Groupe des Sages a recommandé à la
CEMI de privilégier la communication et le dialogue afin de contribuer à
l'instauration d'un climat de confiance. Il a également été recommandé
à la CEMI de continuer à maintenir les conditions de la transparence
favorables à l'acceptation par tous des résultats de ces élections.
Le Groupe des Sages a par ailleurs suggéré qu'une conférence de presse
soit donnée par le Président dE la CEMI dans les jours qui suivent afin de
situer l'opinion nationale et internationale sur l'ensemble des points
techniques soulevés par l'Union des Forces Vives de la Nation.
Enfin, dans un esprit d'apaisement, le Groupe des Sages a jugé utile de
faire la présente communication devant la presse nationale et
internationale afin de rappeler à l'ensemble des acteurs de la vie
politique et civile du pays, le respect de leurs engagements à :
-exercer leurs activités dans le strict respect de la constitution, du
Code électoral, des lois et règlement en vigueur;
-oeuvrer pour un déroulement sans heurt du processus électoral dans le
souci de garantir la cohésion nationale et la paix
-collaborer de bonne foi avec les institutions chargées des opérations
électorales
-accepter et respecter les résultats des scrutins, après épuisement de
toutes les voies de recours du
contentieux électoral, conformément aux dispositions du Code de Bonne
Conduite
Bangui le 18 -03- 2005
Le groupe des sages
Source : Acap 19 mars 2005
Point de presse du
président de la Cémi
Le président de la Cémi, M. Jean Willybiro Sako a tenu un point de
presse vendredi soir. Ci-dessous son discours liminaire qui fait le point
sur l'état d'avancement des dépouillements des scrutins présidentiels et
législatives du 13 mars 2005.
La Cémi est heureuse de vous recevoir à son siège aujourd'hui pour
faire un point de presse sur l'état d'avancement de ses travaux, sur
l'examen des quelques problèmes rencontrés et sur ce que la Cémi entend
faire d'ici les prochains jours pour permettre au peuple centrafricain qui
attend avec impatience le résultat de ces élections souhaitées par toute
la communauté nationale et internationale.
Peut-être dans les quinze jours, la Cémi arrivera aux fins de ses
travaux et donnera les résultats globaux. Nous avons le plaisir de noter
que les élections se sont déroulées dans les bonnes conditions sur
l'ensemble du territoire; ce qui pour un pays enclavé; comme vous pouvez
l'imaginer - n'est pas une mince affaire. Il fallait équiper et doter 4.143
bureaux de vote, attendre les quatre coins du pays ainsi que nos ambassades
à l'étranger notamment dans les pays de la Cémac et la France.
A ce jour, je peux dire que près de 88% des résultats de l'ensemble du
territoire nous sont déjà parvenus et stockés. Une bonne partie est
déjà en cours de traitement. Nous sommes actuellement dans l'entente des
résultats de nos ambassades et consulats quand bien même que des données
sur ces élections nous ont été communiquées par voie de fax. Ce qui,
pour la Cémi, n'est pas le mode légal de traitement. Donc, nous ne pouvons
pas déjà annoncer par exemple ces résultats.
Nous allons donc donner les quelques résultats agrégés, c'est-à-dire
la synthèse de certains résultats après un certain nombre des bureaux
traités sur l'ensemble du territoire. Ensuite préfecture par préfecture.
Et sous-préfecture par sous-préfecture. En précisant dès maintenant
qu'il s'agit des résultats provisoires non définitivement traités.
Le dépouillement à ce jour se chiffre à près de 1.600 bureaux de
vote, soit environ 40%. Mais le traitement informatique que nous allons
communiquer, va porter sur environ 30% des résultats qui ont déjà été
saisis à la machine. Nous comptons à la fin de la journée de demain
arriver à environ 50% des bureaux de vote traités afin d'atteindre les
100% au milieu de la semaine prochaine. Ce qui fait partie du souci de la
Cémi d'arriver à proclamer les résultats globaux dans un délai de 15
jours quand bien même que le Code Electoral amendé sur la base du
protocole d'accord de Libreville ne fixe pas un délai limite à la CEMI
pour proclamer ces résultats. Nous avons retenu volontairement cette durée
de 15 jours qui est la reprise de l'ancien délai, anciennement conféré à
la Cour Constitutionnelle pour la proclamation. Ceci dans un souci d'éviter
de traîner en longueur pour susciter des interrogations et des supputations
inutiles.
La méthode de travail utilisée à la Cémi pour parvenir à la fin de
ces travaux est la suivante: Chaque jour de 5 heures à 2 heures, avec la
contribution des experts internationaux du Pnud, et de l'Oif et des juristes
nationaux, en présence des tous les candidats aux élections
présidentielles, la Cémi travaille d'arrache pied pour arriver à
dépouiller, traiter les différents résultats qui nous parviennent de
différents coins du pays.
Communiqué
de Presse de la Cour Constitutionnelle de Transition
La Cour Constitutionnelle de Transition, la haute institution juridique
issue de la Constitution du 27 décembre 2004, est la seule juridiction
compétente pour statuer sur les contentieux des opérations électorales
(Articles 73, alinéa 4 de la Constitution).
C'est ainsi que, conformément à l'ordonnance N° 006.05 du 09 mars 2005
signée du Président de la Cour Constitutionnelle de Transition, Monsieur
Marcel Malonga, les membres de cette juridiction sont depuis le 14 mars
dernier en session.
Ils examinent en ce moment, en présence de leurs homologues du Gabon, du
Bénin et de Madagascar les procès verbaux des circonscriptions
électorales dont les résultats provisoires sont chaque jour publiés par
la CEMI. Les différentes contestations qui affluent déjà au Greffe de la
Cour Constitutionnelle de Transition, seront également étudiées au cours
de cette session.
Mais, à la lumière de l'article 33 de l'Ordonnance N° 05.004 du 25
février 2005, nous tenons à rappeler aux éventuels requérants, que seul
le candidat, son mandataire, le parti ou le groupement politique ayant
présenté un candidat peut saisir la Cour Constitutionnelle de Transition
d'une requête.
Etant entendu que les décisions de ladite Cour ne sont susceptibles
d'aucun recours, les éventuels requérants sont informés que la Cour
Constitutionnelle de Transition ne pourra valablement statuer su leur
requête qu'après la proclamation générale des résultats du scrutin et
qu'ils sont tenus de se conformer aux dispositions légales en vigueur.
Source : ACAP 19 03 2005
|
|
Centrafrique
: Un scrutin malmené
lundi 21 mars 2005.
Si les élections présidentielle et législatives du 13 mars dernier en
Centrafrique se sont déroulées dans le calme, l’après-scrutin, dont on
attend vainement la proclamation des résultats, risque d’être de tous
les dangers et de toutes les incertitudes.
Et si on n’y prend garde, la situation risque de déboucher sur un
scénario à l’ivoirienne, à l’époque où le général Guéï, ayant
pris goût au pouvoir et se sentant désormais à l’étroit dans sa tenue
Kaki, avait tenté un hold-up électoral.
En effet, près d’une semaine après le déroulement du scrutin, les
Centrafricains, longtemps sevrés de démocratie par une classe politique
prédatrice qui s’est toujours accommodée à tous les régimes et qui n’a
pas toujours su incarner leurs aspirations légitimes, attendent toujours.
Le retard dans la publication des résultats du scrutin, loin s’en faut, n’est
pas uniquement lié à des problèmes logistiques, humains , matériels et
financiers souvent pris comme prétextes par les apprentis sorciers de la
politique plus omnibulés par la mauvause foi que par une réelle volonté
de contribuer à l’enracinement de la démocratie.
Il trouve également son explication dans les tentatives du pouvoir en
place qui, percevant les signes avant-coureurs d’une probable défaite, s’essaie
lui aussi, après tant d’autres régimes d’exception, à cet exercice de
tripatouillage dont la plupart des palais africains sont coutumiers. Ce
laxisme dans la publication du verdict des urnes paraît suffisamment
suspect pour mettre en ébullition un climat politique déjà échaudé par
des années de comportement irresponsable des faux messies dont regorge la
Centrafrique.
En tant que Chef d’Etat ayant reçu de ses pairs africains, de la
communauté internationale et des Centrafricains la responsabilité de
conduire à bon port une transition devant déboucher sur des institutions
démocratiques, Bozizé avait le choix entre sortir grandi de cette noble
mission, entrer dans l’histoire, être admis au Panthéon des illustres
hommes et patauger dans les eaux saumâtres de la mare centrafricaine où
nagent des requins aux dents longues et insensibles aux revendications
démocratiques de l’immense majorité des Centrafricains. Bozizé
croyait-il que son élection allait passer comme une lettre à la poste ?
C’est vrai que son coup d’Etat avait été applaudi. Les
Centrafricains l’avaient même considéré en son temps, comme une
bénédiction du ciel, car il avait mis fin au régime de l’incompétent
et bouffon Ange-Félix Patassé, qui répétait comme un perroquet les
mérites de son régime et s’attribuait la palme de président
"démocratiquement élu".
Mais autant Patassé s’était rendu coupable en croyant que le peuple
centrafricain, comme tous les autres peuples, privé du minimum vital,
pouvait se satisfaire de cette démocratie du verbe qui ne nourrissait pas
son homme, autant Bozizé a commis l’erreur de croire que l’électorat
centrafricain pouvait le plébisciter alors qu’il n’a apporté, depuis
son arrivée au pouvoir, aucun antidote à sa détresse sociale.
Arrivé au pouvoir en effet à la faveur d’une grave crise sociale qui
a ébranlé tout le tissu socio-économique et même moral du pays, Bozizé,
qui fait de son maintien au pouvoir une fixation, s’est illustré par ses
diatribes politiciennes plutôt que d’apporter des solutions adéquates à
la quête de bien-être des citoyens centrafricains et à leurs légitimes
revendications sécuritaires. Il n’a même pas réussi à se démarquer de
la compagnie de certains chefs de guerre de la RDC qui traversent
impunément la frontière entre les deux pays.
Plutôt que de conserver un despote camouflé dans des habits
démocratiques de circonstance et qui, en dehors de toute légalité
constitutionnelle, avait essayé par un simple trait de plume, de
disqualifier et de recaler des opposants à sa chevauchée royale et
triomphale vers son maintien au pouvoir, le peuple centrafricain avait le
choix entre onze candidats. Des candidats, il est vrai, imposés par la
communauté internationale.
En fait, ce qui se passe actuellement en Centrafrique n’est pas un cas
isolé. C’est même une situation récurrente qui fait trop de concessions
à tous les putschistes auxquels on demande de conduire des transitions
alors que par la manière même dont ils sont parvenus au pouvoir, ils ne
peuvent jamais se débarrasser de leurs instincts de dictateurs.
Bozizé avait même déjà annoncé les couleurs de sa soif du pouvoir en
refusant de dissoudre une Cour constitutionnelle à sa dévotion. Même si
elle a été dépouillée de certaines de ses prérogatives telle l’organisation
des scrutins désormais confiée à la commission électorale mixte, il n’en
demeure pas moins qu’elle reste un instrument facilement malléable.
Toujours est-il qu’en décidant de proclamer les résultats par doses
calculées et en empêchant les observateurs de se faire une idée des
tendances générales qui se dégagent du scrutin, cette commission ne peut
lever tous les soupçons de complicité qui, à tort ou à raison, pèsent
sur elle. En plus, cet attentisme ne peut que faire monter la fièvre de la
contestation des Centrafricains peu enclins à accepter cette démocratie au
rabais. De toute évidence, la triste évocation de la présence actuelle du
général Bozizé marquée par de multiples entorses aux droits humains,
fait trembler des Centrafricains.
En cadenassant les résultats du scrutin, le général Bozizé a-t-il
compris que les Centrafricains refusent désormais d’être électoralement
"ces bêtes sauvages" dont le vote était acquis à l’avance ?
On ose l’espérer. On ose surtout espérer que tous les démocrates
prendront acte de cette volonté de l’électorat africain en général et
centrafricain en particulier de s’affranchir de la mainmise de ces
charlatans politiques qui écument les arcanes de la politique africaine et
compromettent l’avenir des citoyens.
Dans le cas contraire, l’Afrique risque, pour longtemps encore, d’être
victime de cette amère répétition de l’histoire où la parole donnée,
fût-elle militaire, n’est pas respectée et où il suffit à des
assoiffés du pouvoir, sur simple engagement verbal de faire respecter la
légalité, de se faire ouvrir le grand boulevard qui mène au cimetière
où ils enterrent la démocratie.
Le Pays (Ouagadougou)
|
|
Ce
que je pense
Les leaders politiques sans
"fiefs" auront du mal à survivre politiquement
Je ne
comprends pas que les Centrafricains ne comprennent pas qu'au-delà de la
tension perceptible et normale en pareille période; au-delà des
triomphalismes parfois injustifiés, il y a lieu d'avoir une lecture froide
et même scientifique des résultats partiels livrés à compte goutte par
la CEMI.
Il est
d'ailleurs de bon ton que chaque candidat à la présidentielle ou aux législatives
se prenne pour le meilleur et verse dans des pronostics parfois tirés par
les cheveux, alors que la vérité reste et demeure au fond des urnes. Les
communiqués triomphalistes n'ont de sens que parce qu'ils s'inscrivent dans
une «mise en scène» qui vise à démoraliser l'adversaire et à chauffer
à blanc les troupes qui croient, dans un camp comme dans un autre, à la
victoire de leurs candidats. C'est de bonne guerre, pourvu que la
manipulation, la propagande et la désinformation ne supplantent la véritable
communication politique qui demande l'information crédible et mise en
perspective dans une analyse qui va au-delà de l'information brute des «agences
de presse».
Les
scrutins du 13 mars 2005, à travers les résultats partiels déjà
controversés, commencent à donner de sérieuses indications sur la nécessaire
recomposition du paysage politique centrafricain à partir de la performance
nationale et locale des candidats et autres leaders politiques engagés dans
ces élections majeures.
François
Bozizé n'est pas un candidat leader de parti politique, malgré le soutien
d'une «galaxie» de partis politiques aux assises politiques peu crédibles.
Il va sans dire que les résultats provisoires du candidat de la «Convergence
KNK» ne proviennent de l'excellence de la mobilisation de cette association
hybride et hétéroclite dans sa composition. Ces résultats sont dus en
grande partie et à notre humble avis, à «l'effet Bozizé» qui commence
ici à tirer un bénéfice non pas de sa gestion de la transition, des
questions sécuritaires, et des questions de bonne gouvernante, mais de son
statut de «libérateur» ou de «sauveur» du peuple, par le renversement
violent du «président démocratiquement élu», Ange Félix Patassé.
Peut-être
qu'il finira par consolider ses propres résultats par la transformation de
cette «galaxie» en une force politique homogène et jouissant d'une
personnalité politique légalement reconnue. Ce qui n'est pas le cas,
puisque la trentaine de partis politiques qui se tirent dans les
,"arabes, a signé un accord vertical avec le président Bozizé sans
avoir contracté un accord politique entre cette galaxie de partis
politiques. Alors, François Bozizé bientôt à la tête d'une «Union de
majorité présidentielle»? Rien n'est acquis d'avance, car il va falloir
avoir les résultats définitifs des scrutins pour oser une autre lecture
froide de la situation. Gardons-nous de toute fuite en avant qui risque de
verser dans la propagande gratuite. Cela vaut d'ailleurs pour tous les
candidats engagés dans la course présidentielle.
Toutefois,
il est désormais acquis à travers les résultats partiels de Bangui et de
quelques préfectures (Ombella-M'Poko, Kémo et une partie de la Lobaye...),
qu'un «trio de tête» se dégage vraisemblablement sans qu'on se risque à
un classement quelconque: Bozizé, Kolingba et Ziguélé, font inéluctablement
partie de ce «trio» talonné à distance par le candidat du Parti de
l'unité nationale (PUN), Jean-Paul Ngoupandé, qui s'est sans doute battu
bec et ongles pour tenir son «fief» de la Kémo et peut-être de la
Nana-Gribizi, d'ailleurs très disputé malgré ses résultats probants.
On aura
noté à travers ces résultats provisoires ou partiels que certains leaders
politiques n'ont pas de stature, mais qu'en dépit de ce manque «d'enracinement
national», ils ne peuvent se prévaloir d'un fief politique quelconque, se
contentant comme des coqs, de picoter ici en ramassant les miettes ou les «poussières
de voix».
Mis à
part «l'effet Bozizé» qu'il faut interpréter autrement, Martin Ziguélé,
Jean-Paul Ngoupandé, André Kolingba et Charles Massi peuvent se prévaloir
de fiefs politiques qui correspondent généralement à leurs régions
natales et les environs. Il va sans dire que les prochains résultats
partiels vont accentuer cette tendance qui conforte l'implantation régionale
et tribale de certains partis politiques comme le MLPC, le RDC, le PUN et le
FODEM.
Au-delà
de ces varus, on assiste à un tassement et sinon, à une éclipse assurée
de certains candidats à la présidentielle. Il s'agit principalement du Pr
Abel Goumba qui n'a pas de véritables fiefs et de Me Pouzère dont le score
actuel est manifestement en deçà de son score de 1999, où il dépassait
des candidats comme Ngoupandé, Massi, Abossolo ou Ngouandjika. Il va sans
dire qu'en l'absence des fiefs politiques, certaines formations politiques
et leurs leaders, par ailleurs candidats, vont prendre un sacré coup de «vieillissement»,
puisqu'il y a de forte chance qu'ils n'aient pas de siège à l'Assemblée
nationale qui va fatalement se recomposer en qualité et en quantité. Abel
Goumba est visé par ce phénomène de vieillissement et de corrosion
politique.
On peut
donc se risquer de dire que les leaders politiques sans fiefs politiques
auront du mal à survivre politiquement, si les nouvelles autorités
politiques décident de promulguer et de mettre en ouvre la Loi organique
relative aux partis politiques et au Statut de l'opposition centrafricaine,
en rapport avec une «recommandation forte» du Dialogue national. Y va sans
dire aussi que le moment est venu pour que les «partis politiques
alimentaires», «croupions» et «vagabonds» arrêtent de fausser le jeu
politique en République centrafricaine qui aura besoin, dans les années à
venir, de formations politiques à la stature vraiment nationale pour éviter
de disparaître ou de n'avoir qu'un rayonnement tribal et régional..,
LC
LE CITOYEN N° 2127 SAMEDI 19 MARS 2005
.PAGE 2
|
|
Résultats partiels
en RCA: large avance de Bozizé, mais rien n'est joué
LIBREVILLE (AFP) - samedi 19
mars 2005 - 13h48 - Le président
centrafricain sortant François Bozizé disposait vendredi soir d'une large
avance selon des résultats officiels partiels de la présidentielle portant
sur un peu plus du quart des bureaux de vote, mais le scrutin est loin d'être
joué, estiment les observateurs.
Les premiers résultats partiels publiés vendredi soir par la Commission
électorale mixte indépendante (Cémi) sont largement favorables à François
Bozizé.
Avec 184.734 voix, soit 55,18% des 334.732 suffrages exprimés jusqu'ici
dépouillés, il devance de plusieurs longueurs ses deux poursuivants
directs l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé et l'ancien président André
Kolingba qui totalisent respectivement 43.058 et 42.374 voix, soit 12,86 et
12,65% des suffrages exprimés.
Mais ces chiffres, qui ne portent que sur 28,9% des bureaux et environ un
tiers du 1,5 million d'inscrits, "ne sont pas significatifs. Ils
portent sur des préfectures favorables à Bozizé", a expliqué à
l'AFP un connaisseur de la carte électorale centrafricaine, joint à Bangui
depuis Libreville.
Désormais, parmi les préfectures dont les résultats ne sont pas encore
connus, une seule, Bossangoa (300 km au nord de Bangui), lui est a priori
favorable. Les autres sont des fiefs de ses concurrents.
Bozizé "a fait le plein de voix, les autres vont maintenant
remonter", estime cet observateur, "dans les régions qui restent,
il y aura au mieux partage des voix, sinon cela lui sera défavorable".
Reste à savoir de quelle réserve de voix dans ces régions dispose
maintenant le président sortant. Avec comme enjeu une éventuelle victoire
au premier tour, qui apparaît néanmoins désormais relativement compromise
au vu de ces premiers résultats, selon les observateurs.
Si François Bozizé apparaît en bonne position pour disputer le second
tour, qui affrontera-t-il? Là encore, rien n'est joué, MM. Ziguélé et
Kolingba étant au coude à coude.
"Il n'y a toujours pas de challenger connu pour le second tour. Tout
va dépendre de la capacité de Ziguélé et Kolingba à aller grappiller
des voix dans leurs +zones de faiblesse+", explique un observateur.
En la matière, M. Ziguélé semble avoir le plus d'atouts et sera en
outre avantagé dans la course au second tour par des fiefs de l'ouest et du
nord beaucoup plus peuplés que les régions du sud-est acquises à M.
Kolingba, qui s'il termine second à Bangui n'a pu y creuser l'écart sur
son concurrent.
De nombreux "aléas" peuvent encore peser sur les résultats,
notamment l'impact qu'aura le taux d'abstention, finalement plus élevé que
prévu et surtout extrêmement variable selon les régions, sur le résultat
final.
Mais aussi le taux énorme de près de 10% de bulletins nuls, notamment dû
aux taches laissées lors de la pliure du bulletin unique par l'encre du
cachet que les électeurs devaient apposer face au candidat de leur choix.
D'autant que de fortes disparités ont été constatées, là aussi,
selon les bureaux sur les critères à appliquer pour considérer un
bulletin comme nul.
"Il y a encore des incertitudes du fait de ce fort taux d'abstention
et du fait du fort taux de nullité", note un observateur.
Selon les chiffres publiés vendredi, le taux d'abstention est d'environ
29%, surprenant au regard du déplacement massif des populations vers les
urnes le 13 mars, jour du vote.
Mais à Bangui, nombre d'électeurs avaient dû attendre plusieurs heures
avant de pouvoir voter et les queues interminables ont pu décourager de
nombreux électeurs. En raison de retards dans l'ouverture de certains
bureaux et de la lenteur des opérations électorales, de nombreux
Banguissois s'étaient également plaints de n'avoir pu voter avant la
fermeture du scrutin.
La Cémi s'est donnée, au soir du vote, 15 jours pour publier les résultats
définitifs du scrutin présidentiel qui, couplé à des législatives,
marquait la fin de la transition issue du coup d'Etat du général Bozizé,
le 15 mars 2003.
L'opposition
exige le respect du code électoral
(Le
Nouvel Observateur 18/03/2005)
L'Union
des Forces Vives de la Nation (UFVN), qui regroupe des adversaires du président
centrafricain François Bozizé, a demandé jeudi à la Commission électorale
de respecter le Code électoral quand elle proclame les résultats partiels
du premier tour de la présidentielle du 13 mars.
Dans
une lettre adressée au président de la Commission électorale mixte indépendante
(Cemi) Jean Willybiro Sako, l'UFVN conteste "la façon de proclamer les
résultats, qui ne mentionne aucunement le nombre d'inscrits, celui des
votants, de bulletins blancs ou nuls et de suffrages valablement exprimés".
Depuis
lundi, la Cemi proclame solennellement chaque soir des résultats de divers
bureaux dont elle a "traité" les résultats, en énumérant
simplement le nombre de voix de chacun des candidats dans ces bureaux. L'UFVN
affirme que dans certains de ces bureaux le nombre de voix est supérieur au
nombre d'inscrits et dénonce également les "annulations
massives" de bulletins sur lesquels l'encre du cachet apposé par les
électeurs en face du candidat de leur choix a bavé.
"Tout
cela s'ajoute aux autres irrégularités déjà constatées: non-affichage
des listes électorales, non-remise des procès verbaux (de dépouillement)
aux représentants des candidats, non-affichage des résultats dans les
bureaux de vote", dénoncent les signataires de la lettre. "Le
non-respect par la Cemi elle-même de multiples dispositions du Code électoral,
essentielles pour garantir la régularité et la transparence des opérations
électorales, est de nature à enlever toute crédibilité aux résultats
actuellement proclamés", avertit l'UFVN.
L'UFVN
avait déjà menacé mardi soir de rejeter les résultats du premier tour
des scrutins présidentiel et législatif du 13 mars pour d'irrégularités
le jour du vote.
© Copyright Le Nouvel Observateur
|
|
Centrafrique: en
attente des résultats, l'opposition crie à la fraude
BANGUI (AFP) - mercredi 16
mars 2005 - 13h36 - Les premières
tendances du premier tour des scrutins présidentiel et législatifs
centrafricains de dimanche tardent à se dessiner mais alimentent déjà la
fronde de l'opposition, qui accuse le président sortant François Bozizé
de préparer un "hold-up électoral".
Comme la veille, le président de la Commission électorale mixte indépendante
(Cémi) Jean Willybiro-Sako a patiemment énuméré mardi soir devant la
presse les résultats de la consultation présidentielle recensés dans une
nouvelle série de bureaux de vote de Bangui.
Au total, moins du tiers des quelque 900 bureaux de la capitale
centrafricaine ont rendu leur verdict, sans qu'il soit encore possible d'en
extrapoler une estimation nationale fiable et encore moins d'identifier les
qualifiés pour un éventuel second tour. A la "lumière" de ces
chiffres partiels sortis de six arrondissements banguissois semble toutefois
émerger un tiercé composé, dans le désordre, du général Bozizé, de
l'ex-président André Kolingba, du Rassemblement démocratique
centrafricain (RDC) et de l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé,
soutenu par le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) de
l'ex-président Ange-Félix Patassé.
Même maigres, ces résultats ont suffi à faire dégainer les principaux
adversaires du chef de l'Etat, qui ont dénoncé mardi soir, comme en
janvier avant la signature des accords de Libreville qui les ont réintégrés
dans la course présidentielle, une tentative de "hold-up up électoral".
"L'organisation des élections législatives et présidentielle est déjà
entachée de nombreuses et graves irrégularités, de nature à conduire au
rejet des résultats", ont-ils clamé dans un communiqué commun publié
au nom de l'Union des forces vives de la Nation (UFVN).
S'étonnant que "le candidat Bozizé (soit) presque premier partout
(selon les résultats partiels), même dans les régions où il a été hué
et chassé pendant la campagne électorale", la coalition de
l'opposition a clairement mis en garde "le candidat Bozizé des conséquences
prévisibles du hold-up électoral qu'il se prépare à imposer par la force
des armes". Avant d'appeler la population à se mobiliser pour
"rejeter le vol, l'humiliation, et la honte que nous prépare le général
Bozizé" et "barrer la route à la mascarade électorale qui
s'organise"...
La révolte des rivaux du général Bozizé a reçu
le soutien inattendu d'une partie des 300 observateurs du scrutin, qui a
pris ses distances avec le diplôme démocratique décerné par ses collègues
en évoquant des dysfonctionnement susceptibles de jeter le doute sur sa régularité.
"Nous avons fait le constat de certaines insuffisances dans
l'organisation des scrutins et l'exécution des tâches des membres des
bureaux de vote qui, à nos yeux, peuvent entacher d'irrégularité les résultats
des élections", a dit Godefroy Mokamanédé, du Groupe d'étude et de
recherche sur la démocratie et le développement économique et social en
Afrique (Gerddes), au nom des observateurs nationaux.
S'il a bien relevé quelques "insuffisances", le communiqué
commun des observateurs publié mardi soir a conclu que le double scrutin de
dimanche pouvait être considéré comme "libre, fiable, équitable et
transparent". La Cemi, qui s'est donnée quinze jours pour proclamer
l'ensemble des résultats du premier tour, devait livrer mercredi soir une
nouvelle série de chiffres partiels. Les rivaux du général Bozizé se
sont, eux, retrouvés dès le début de l'après-midi pour passer au crible
les chiffres communiqués la veille et, le cas échéant, organiser leur
fronde.
|
|
Décret
N°05.062 rapportant les Dispositions du Décret N°03.332 du 12 décembre
2003 portant nomination d’un Vice-Président de la République
centrafricaine
République Centrafricaine
Unité-Dignité-Travail
Le Président de la République
Chef de l’État
Décret N°05.062
Rapportant les Dispositions du Décret N°03.332 du 12 décembre 2003
portant nomination d’un Vice-Président de la République centrafricaine
Le président de la République,
Chef de l’Etat
Vu la Constitution du 27 décembre 2004 ;
Décrète
Art. 1er : Sont et demeurent rapportées les dispositions du Décret
n°03.332 du 12 décembre 2003, portant nomination d’un Vice-Président de
la République Centrafricaine.
Art.2 : Le présent Décret qui prend effet à compter de la date de
sa signature, sera enregistré et publié au Journal Officiel.
Fait à Bangui, le 15 mars 2005
Le Général d’Armée François BOZIZE
Bozizé
humilie une seconde fois le Pr Abel Goumba en le limogeant de ses fonctions
de vice président de la République (C.A.P)
Bangui, 15 mars 2005
(C.A.P) François Bozizé, a signé
mardi un décret mettant fin aux fonctions du vice-président de la République,
le professeur Abel Goumba, candidat du Front patriotique pour le progrès
(FPP) à l’élection présidentielle du 13 mars dernier.
Aucune indication n’a été
fournie quant au motif de ce limogeage qui intervient 48 heures après la
tenue des élections présidentielle et législatives censées mettre fin à
2 ans d’une transition ouverte suite au coup d’État du 15 mars 2 003
qui a renversé le président élu Ange Félix Patassé, et dont le
gouvernement centrafricain a décidé de ne pas célébrer le deuxième
anniversaire en raison de la poursuite du processus électoral.
Agé de 78 ans, le professeur
Goumba, chef de file du Collectif des partis politiques d’opposition
(CPPO) qui avaient soutenu la rébellion du général Bozizé, a été nommé
vice-président de la République en décembre 2 003, après avoir été
pendant 8 mois le chef du Gouvernement national de transition mis en place
par ce dernier au lendemain de sa prise de pouvoir.
La décision du général Bozizé
pourrait signifier le début de la retraite politique pour le doyen de la
classe politique centrafricaine, dont les résultats partiels du scrutin de
dimanche indique qu’il ne devrait pas occuper le fauteuil présidentiel
après plus de 40 ans de combat politique et 4 participations à la présidentielle.
Centrafrique Presse le: March 15,
2005
|
|
Centrafrique
:
le traitement des résultats des élections s'annonce long
BANGUI (AFP) - mardi 15 mars
2005 - 17h51 - Le long travail
de traitement des résultats du premier tour des scrutins présidentiel et législatif
centrafricains s'est poursuivi mardi à la Commission électorale mixte indépendante
(Cémi), tandis que les adversaires du président François Bozizé ont dénoncé
des fraudes.
Aucun résultat significatif n'était toujours disponible mardi,
quarante-huit heures après la double élection de dimanche.
Les seuls "résultats provisoires partiels" du premier tour de
la présidentielle ont été publiés lundi et ne portaient que sur 32 des
900 bureaux de la capitale, Bangui.
La tâche s'annonce particulièrement fastidieuse pour la Cémi, qui
s'est donnée quinze jours pour proclamer des résultats définitifs.
Pendant la journée de lundi, l'organisme n'a ainsi pu "traiter"
que 32 des quelque 4.000 bureaux de vote répartis sur tout le territoire de
la République centrafricaine (RCA).
De plus, le protocole d'application de l'accord de Libreville, qui a mis
fin en janvier à la crise ouverte le 30 décembre après l'invalidation par
la Cour constitutionnelle de sept des douze candidats à la présidentielle,
impose à la Cémi de publier les résultats bureau par bureau.
Énoncer devant la presse les résultats des 32 premiers bureaux, a
demandé lundi soir 45 longues minutes au président de la Cémi, Jean
Willybiro-Sako.
Même respectée à la lettre, cette procédure de publication des résultats
a suscité les critiques de certains adversaires du président sortant, François
Bozizé, qui se sont étonnés que le nombre des inscrits, des votants, des
suffrages exprimés et des bulletins nuls n'ait pas été communiqué par le
président de la Cémi.
L'Union des forces vives de la Nation (UFVN), le front anti-Bozizé
formé en janvier dernier par les candidats "recalés" à la présidentielle,
s'est réunie mardi à Bangui pour pointer du doigt les ratés des scrutins.
"Nous ne sommes pas contents car la Cémi dit que tout s'est bien
passé, ce qui n'est pas vrai", a expliqué à l'AFP un des membres
de l'UFVN, l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé, candidat du Mouvement de
libération du peuple centrafricain (MLPC), parti de l'ex-président Ange-Félix
Patassé, renversé le 15 mars 2003 par François Bozizé.
M. Ziguélé a cité plusieurs dysfonctionnements, parmi lesquels le fait
que les représentants des candidats dans les bureaux n'avaient pas reçu de
copie du procès verbal de dépouillement "comme le prévoit le Code électoral"
et que des enveloppes contenant les résultats et les bulletins de certains
bureaux étaient arrivées décachetés à la Cémi.
Le rival de M. Bozizé a également affirmé que des "fraudes et
intimidations" avaient émaillé le scrutin et a estimé curieux que le
président sortant soit arrivé en tête dans tous les bureaux de Bangui
dont les résultats ont été publiés.
"Plusieurs personnes ont été arrêtées dimanche avec des
centaines de cartes d'électeurs (...), le Rassemblement démocratique
centrafricain (RDC, de l'ex-président André Kolingba, également candidat)
a saisi un sac plein de bulletins déjà cachetés à Bangui",
a-t-il assuré.
"Il y a deux choses dont je suis convaincu. Un, Bozizé ne peut pas
gagner au premier tour et deux, le MLPC ne peut être absent au second
tour", a-t-il déclaré à l'AFP. "Si ces deux choses ne se vérifient
pas, alors ce ne sont pas des élections" régulières, a-t-il estimé.
|
Bozizé
ou Kolingba : le Centrafrique entre la peste et le choléra ?
(Centrafrique-Presse
15/03/2005)
Contrairement à ce qu’on a entendu ici et là,
le scrutin présidentiel qui vient d’avoir lieu en Centrafrique est loin
d’être une avancée de la démocratie dans ce pays. Bien au contraire. Au
mieux c’est du sur place si ce n’est pas franchement une régression.
En effet, cette élection coïncide à deux jours près avec le deuxième
anniversaire des tristes événements du 15 mars 2003 qui ont vu un certain
François Bozizé, après plusieurs tentatives de coup d’état
infructueuses mais non moins désastreuses, réussir enfin à renverser des
institutions démocratiques du pays et accéder au pouvoir par la force des
armes.
Sur le moment, sous l’euphorie du succès de leur coup et tels des larrons
en foire, certains de ses complices et co-auteurs qui crient aujourd’hui
haro sur le baudet n’avaient pas hésité à qualifier le putsch de «
sursaut patriotique » ou de « révolution populaire » et Bozizé
d’homme fort et de « grand libérateur ». Si l’expérience était à
refaire, ceux-là réfléchiraient certainement à deux fois avant de
s’embarquer et le pays aussi avec, dans une telle mésaventure. Car enfin,
la question se pose toujours de savoir comment des hommes comme Jean-Paul
Ngoupandé, Abel Goumba, Nicolas Tiangaye, pour ne citer que ceux-là, hauts
cadres intellectuels qui aspirent à prendre les commandes du pays, aient pu
se jeter à corps perdu dans les bras d’un personnage tel que Bozizé dont
il connaissent les limites intellectuelles objectives, (sorti dernier de sa
promotion à l’ESFOA de Bouar) mais qui se trouve en revanche être un
grand assoiffé de pouvoir.
Si comme on peut le craindre fortement eu égard à quelques résultats
partiels et provisoires qu’il faut prendre avec beaucoup de précaution
que commence à publier la CEMI, Bozizé gagne cette élection et est
proclamé président de la République, ce serait malheureusement la consécration
par les urnes d’un vulgaire putschiste. Ce serait la regrettable légitimation
du pouvoir conquis deux ans plus tôt par coup d’état donc une honte pour
la démocratie centrafricaine qui aura reculé de plusieurs pas. D’aucuns
auraient aimé encore à la limite fermer les yeux sur le putsch si Bozizé
était venu réellement redresser le pays comme il avait prétendu et
continue de le faire.
Or, après deux années de gestion bozizéenne, le bilan est catastrophique
pour le pays à tout point de vue. La FIDH qu’on ne peut accuser d’anti
bozizisme primaire vient de dresser ce bilan et de l’écrire noir sur
blanc dans son rapport publié récemment. On retient de la présence de
Bozizé à la tête du pays qu’il aime saigner le trésor public et est un
vulgaire trafiquant de diamant (cf l’affaire de son voyage de Düsseldorf
et la mallette de diamant). L’insupportable impunité dont jouissent ses
bras séculiers que sont les Dogo, Gbangouma et autres Gbadora qui tuent,
volent et terrorisent la population en narguant la justice participe aussi
grandement à ternir l’image de son pouvoir. Le seuil d’insécurité du
pays a atteint des proportions indescriptibles. La misère est plus que
jamais toujours présente à cause des arriérés de salaires auxquels ils
avaient lui et ses gouvernements successifs, par démagogie, promis
d’enrayer.
Paradoxalement, son enrichissement frauduleux et rapide lui a permis de
prendre plusieurs longueurs d’avance sur ses concurrents à l’élection
présidentielle et d’être en position de l’emporter alors que sa courbe
de popularité est inversement proportionnelle à celle de cet
enrichissement. Dans son for intérieur il doit pourtant être conscient
qu’il ne pourra jamais redorer son blason terni auprès des populations
des régions que sa longue et calamiteuse rébellion a détruites mais il
table certainement sur la terreur qu’il peut exercer avec l’arsenal de
guerre dont il dispose pour soumettre ses compatriotes qui oseraient dès la
proclamation de sa vraisemblable victoire, contester sa légitimité.
Qu’il le veuille ou non, si c’est Bozizé qui sort vainqueur de cette élection,
il doit s’attendre à être regardé de travers et à faire face à un
vaste front uni qui, pour plusieurs raisons dont celles que nous venons d’évoquer,
lui rendra le pays ingouvernable, seule façon de laver son affront.
L’autre putschiste André Kolingba et ses partisans, qui disent disposer déjà
d’un zoo composé de plusieurs lions « bamaras » en sango, prêts à être
lâchés savent certainement de quoi ils parlent et pourront le cas échéant
croiser le fer avec lui en ouverture de rideau. Wait and see
La Rédaction
Centrafrique Presse le: March 15, 2005
© Copyright Centrafrique-Presse
Élections
en Centrafrique: Bozizé met en garde les partis contre la tentation
d'annoncer eux-mêmes les résultats
(Xinhuanet
15/03/2005)
Le président centrafricain François Bozizé,
candidat à sa propre succession, a mis en garde les partis politiques
contre la tentation d'annoncer les résultats du scrutin avant la Commission
électorale mixte indépendante (CEMI) , selon une déclaration parvenue
lundi à Yaoundé.
"La responsabilité principale de la proclamation des résultats du
scrutin revient à la seule CEMI et non aux partis politiques auxquels je
lance un appel pour éviter de créer un désordre et de la confusion en prétendant
annoncer eux-mêmes les résultats", a-t- il affirmé, avant de prévenir
qu'il veillera "particulièrement à ce qu'aucun comportement d'où
qu'il émane et qui soit contraire à l'éthique des textes de base guidant
les élections générales ne vienne perturber le déroulement serein de ce
scrutin".
Le scrutin censé consacrer le retour à l'ordre constitutionnel après une
transition de deux ans a démarré dimanche, sous l'observation de la
communauté internationale.
Un peu plus de 1,5 million d'électeurs étaient attendus dans 4 143 bureaux
de vote, pour ce scrutin qui se déroule pour la première fois avec le
bulletin unique pour départager 11 candidats à la présidentielle et 928
candidats aux élections législatives devant siéger à la future Assemblée
nationale composée de 105 sièges. Fin
© Copyright Xinhuanet
|
Élections
en Centrafrique: dans l'attente de premiers résultats
(Le
Point 14/03/2005)
Les
résultats arrivaient peu à peu lundi à la Commission électorale
mixte indépendante (Cémi) à Bangui, au lendemain du premier tour des
scrutins présidentiel et législatif auxquels les Centrafricains ont
voté en masse, mais aucun chiffre significatif n'était encore
disponible.
"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous les centres.
Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les résultats",
a déclaré le rapporteur général de la Cémi, René Sakanga.
Le dépouillement s'est poursuivi une partie de la nuit, certains
bureaux ayant fermé plusieurs heures après la clôture officielle à
16h00 (15h00 GMT), en raison d'ouvertures tardives et de l'affluence
massive des électeurs.
Le président de la Cémi, Jean Willybiro-Sako, a estimé être en
mesure de communiquer de premiers résultats partiels dès lundi et se
donnait quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.
Néanmoins, aucun résultat significatif n'était disponible lundi après-midi
à la Cémi. Seuls quelques résultats, portant sur une poignée de
bureaux de Bangui ou de province et trop partiels pour permettre de dégager
une tendance fiable, ont été publiés lundi par la presse ou la radio.
La Cémi n'a pas non plus publié de chiffre sur la forte participation
à ces scrutins marquant la fin de la transition issue du coup d'Etat,
le 15 mars 2003, du général François Bozizé, qui briguait le
suffrage des urnes dimanche face à dix autres candidats.
Plus de 900 candidats s'affrontaient parallèlement aux législatives
pour les 105 sièges de députés de l'Assemblée nationale.
Le dépouillement s'est déroulé sans incident grave dans les bureaux
de vote, a indiqué lundi le rapporteur général de la Cémi. Des différends
ont toutefois été enregistrés dans certains bureaux sur les critères
à appliquer pour déclarer nuls certains bulletins.
L'encre du cachet que les électeurs devaient apposer en face du
candidat de leur choix sur le bulletin de vote unique a souvent laissé
des traces sur d'autres parties lors de son pliage.
Certains présidents de bureau ont été extrêmement stricts et ont
annulé tout bulletin taché, alors que d'autres ont au contraire validé
des bulletins où l'encre avait largement débordé.
"J'ai feuilleté les bulletin annulés dans un bureau. Ils
portaient effectivement tous des traces d'encre mais dans la majorité
des cas, l'intention de l'électeur était clairement exprimée et ne
faisait aucun doute", a rapporté un observateur à l'AFP.
"J'ai vu un bureau où la moindre petite trace entraînait
l'annulation du bulletin et où plus de 10% des bulletins ont été déclarés
nuls, alors que dans un autre, aucun n'a été annulé", a témoigné
un autre.
Sur les quelques résultats partiels publiés lundi par le quotidien indépendant
Le Citoyen, certains bureaux n'enregistrent ainsi aucun bulletin nul
alors que d'autres en comptabilisent jusqu'à 75% dans un bureau du 3ème
arrondissement de Bangui.
Les proportions de bulletins nuls variaient également énormément dans
un même bureau, selon qu'il s'agissait des bulletins utilisés pour les
législatives ou la présidentielle, mais cela pourrait tenir à la
qualité du papier, différente pour les deux scrutins, selon un expert.
Un observateur s'est inquiété lundi de l'éventuelle utilisation par
les perdants de ce problème en cas de résultats serrés, voire d'une
victoire à l'arraché dès le premier tour.
"La Cémi est consciente du problème et va y réfléchir dès
aujourd'hui", a indiqué son rapporteur général.
Résultats des élections en cours de centralisation
Le dépouillement des suffrages du premier tour des scrutins présidentiel
et législatif de dimanche en Centrafrique est achevé dans tous les
bureaux et les résultats arrivent progressivement à la Commission électorale
mixte indépendante (Cémi), a indiqué lundi la Cémi.
"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous les centres.
Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les résultats",
a déclaré le rapporteur général de la Cémi, René Sakanga. La Cémi
ne dispose pour l'heure d'aucun chiffre concernant la participation, que
son président Jean Willybiro-Sako a considérée dimanche soir comme
"forte", à Bangui comme en province. M. Willybiro-Sako a également
indiqué dimanche à la presse que la Cémi devrait être en mesure de
communiquer de premiers résultats partiels dès lundi et se donnait
quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.
Les électeurs centrafricains ont voté en masse et sans incident majeur
dimanche lors du premier tour des élections présidentielle et législatives
marquant la fin de la transition en place depuis le coup d'Etat du général
François Bozizé en 2003 dans ce pays à l'histoire politique violente.
Environ 1,5 million d'électeurs devaient choisir, pour la présidentielle,
entre onze candidats, dont le président sortant Bozizé, arrivé au
pouvoir en renversant le président élu Ange-Félix Patassé, lors d'un
scrutin qui s'annonçait serré. Plus de 900 candidats briguaient les
105 sièges de députés. L'affluence, massive tout au long de la journée
au point que de nombreux électeurs devaient patienter plusieurs heures
avant de voter, avait continué en fin d'après-midi devant les bureaux
encore ouverts.
Ces élections "ont été caractérisées par une forte
participation des électeurs tant à Bangui qu'en province", a
confirmé dimanche soir à la presse le président de la Commission électorale
mixte indépendante (Cémi), Jean Willybiro Sako. Plusieurs bureaux ont
été fermés alors que de nombreux électeurs, qui attendaient parfois
depuis plusieurs heures, n'avaient pu voter, provoquant quelques
tensions.
La Cémi se donne quinze jours pour proclamer les résultats de ce
premier tour, alors qu'aucune date n'a été officiellement annoncée
pour la tenue du second tour. "C'est un événement inédit en République
centrafricaine (RCA), une démocratie véritable s'instaure en RCA. J'y
ai contribué énormément et je peux en être fier", a déclaré
après avoir voté le chef de l'Etat sortant. Plusieurs cas de fraude présumée
ont été relevés. Une vingtaine de personnes ont ainsi été arrêtées,
dont certaines en possession de plusieurs centaines de cartes d'électeurs
à proximité d'un bureau de vote de la capitale.
Des électeurs ont été également appréhendés après avoir voté
plusieurs fois dans le 5ème arrondissement, a indiqué un membre de la
Cémi. Plusieurs électeurs se sont par ailleurs plaints de trouver leur
noms sur les listes, déjà émargés, alors que leur carte d'électeur
montrait qu'ils n'avaient pas encore voté.
Une organisation sans faille était un des enjeux de dimanche, afin que
les résultats soient incontestable dans ce pays au passé politique
agité et souvent violent. Les Centrafricains disaient attendre beaucoup
de ces élections, après plus de vingt ans de gestion mafieuse et de
crises politico-militaires à répétition qui ont détruit les
infrastructures économique d'un pays aujourd'hui exsangue en dépit de
ressources prometteuses.
© Copyright Le Point
Élections en
Centrafrique: pas encore de résultats significatifs
|

Vote d'une Africaine le 13 mars à à Bangui
© AFP Issouf Sanogo
|
BANGUI (AFP) -
lundi 14 mars 2005 - 16h42 - Les
résultats arrivaient peu à peu lundi à la Commission électorale
mixte indépendante (Cémi) à Bangui, au lendemain du premier tour des
scrutins présidentiel et législatif auxquels les Centrafricains ont
voté en masse, mais aucun chiffre significatif n'était encore
disponible.
"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous
les centres. Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les
résultats", a déclaré à l'AFP le rapporteur général de la Cémi,
René Sakanga.
Le dépouillement s'est poursuivi une partie de la nuit,
certains bureaux ayant fermé plusieurs heures après la clôture
officielle à 16h00 (15h00 GMT), en raison d'ouvertures tardives et de
l'affluence massive des électeurs.
Le président de la Cémi, Jean Willybiro-Sako, a estimé
être en mesure de communiquer de premiers résultats partiels dès
lundi et se donnait quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.
Néanmoins, aucun résultat significatif n'était
disponible lundi après-midi à la Cémi. Seuls quelques résultats,
portant sur une poignée de bureaux de Bangui ou de province et trop
partiels pour permettre de dégager une tendance fiable, ont été publiés
lundi par la presse ou la radio.
La Cémi n'a pas non plus publié de chiffre sur la
forte participation à ces scrutins marquant la fin de la transition
issue du coup d'Etat, le 15 mars 2003, du général François Bozizé,
qui briguait le suffrage des urnes dimanche face à dix autres
candidats.
Plus de 900 candidats s'affrontaient parallèlement aux
législatives pour les 105 sièges de députés de l'Assemblée
nationale.
Le dépouillement s'est déroulé sans incident grave
dans les bureaux de vote, a indiqué lundi le rapporteur général de la
Cémi. Des différends ont toutefois été enregistrés dans certains
bureaux sur les critères à appliquer pour déclarer nuls certains
bulletins.
L'encre du cachet que les électeurs devaient apposer en
face du candidat de leur choix sur le bulletin de vote unique a souvent
laissé des traces sur d'autres parties lors de son pliage.
Certains présidents de bureau ont été extrêmement
stricts et ont annulé tout bulletin taché, alors que d'autres ont au
contraire validé des bulletins où l'encre avait largement débordé.
"J'ai feuilleté les bulletin annulés dans un
bureau. Ils portaient effectivement tous des traces d'encre mais dans la
majorité des cas, l'intention de l'électeur était clairement exprimée
et ne faisait aucun doute", a rapporté un observateur à l'AFP.
"J'ai vu un bureau où la moindre petite trace
entraînait l'annulation du bulletin et où plus de 10% des bulletins
ont été déclarés nuls, alors que dans un autre, aucun n'a été
annulé", a témoigné un autre.
Sur les quelques résultats partiels publiés lundi par
le quotidien indépendant Le Citoyen, certains bureaux n'enregistrent
ainsi aucun bulletin nul alors que d'autres en comptabilisent jusqu'à
75% dans un bureau du 3ème arrondissement de Bangui.
Les proportions de bulletins nuls variaient également
énormément dans un même bureau, selon qu'il s'agissait des bulletins
utilisés pour les législatives ou la présidentielle, mais cela
pourrait tenir à la qualité du papier, différente pour les deux
scrutins, selon un expert.
Un observateur s'est inquiété lundi de l'éventuelle
utilisation par les perdants de ce problème en cas de résultats serrés,
voire d'une victoire à l'arraché dès le premier tour.
"La Cémi est consciente du problème et va y réfléchir
dès aujourd'hui", a indiqué son rapporteur général.
Centrafrique:
les résultats des élections en cours de centralisation
BANGUI (AFP) -
lundi 14 mars 2005 - 10h52 - Le
dépouillement des suffrages du premier tour des scrutins présidentiel
et législatif de dimanche en Centrafrique est achevé dans tous les
bureaux et les résultats arrivent progressivement à la Commission électorale
mixte indépendante (Cémi), a indiqué lundi la Cémi.
"Le dépouillement des urnes est terminé dans tous
les centres. Nous sommes en train de faire le décompte et de saisir les
résultats", a déclaré le rapporteur général de la Cémi, René
Sakanga. La Cémi ne dispose pour l'heure d'aucun chiffre concernant la
participation, que son président Jean Willybiro-Sako a considérée
dimanche soir comme "forte", à Bangui comme en province. M.
Willybiro-Sako a également indiqué dimanche à la presse que la Cémi
devrait être en mesure de communiquer de premiers résultats partiels dès
lundi et se donnait quinze jours pour proclamer les résultats définitifs.
Les électeurs centrafricains ont voté en masse et sans
incident majeur dimanche lors du premier tour des élections présidentielle
et législatives marquant la fin de la transition en place depuis le
coup d'Etat du général François Bozizé en 2003 dans ce pays à
l'histoire politique violente.
Environ 1,5 million d'électeurs devaient choisir, pour
la présidentielle, entre onze candidats, dont le président sortant
Bozizé, arrivé au pouvoir en renversant le président élu Ange-Félix
Patassé, lors d'un scrutin qui s'annonçait serré. Plus de 900
candidats briguaient les 105 sièges de députés. L'affluence, massive
tout au long de la journée au point que de nombreux électeurs devaient
patienter plusieurs heures avant de voter, avait continué en fin d'après-midi
devant les bureaux encore ouverts.
Ces élections "ont été caractérisées par une
forte participation des électeurs tant à Bangui qu'en province",
a confirmé dimanche soir à la presse le président de la Commission électorale
mixte indépendante (Cémi), Jean Willybiro Sako. Plusieurs bureaux ont
été fermés alors que de nombreux électeurs, qui attendaient parfois
depuis plusieurs heures, n'avaient pu voter, provoquant quelques
tensions.
|

Francois Bozizé vote le 13 mars à Bangui
© AFP Issouf Sanogo
|
La Cémi se donne quinze jours pour proclamer les résultats
de ce premier tour, alors qu'aucune date n'a été officiellement annoncée
pour la tenue du second tour. "C'est un événement inédit en République
centrafricaine (RCA), une démocratie véritable s'instaure en RCA. J'y
ai contribué énormément et je peux en être fier", a déclaré
après avoir voté le chef de l'Etat sortant. Plusieurs cas de fraude présumée
ont été relevés. Une vingtaine de personnes ont ainsi été arrêtées,
dont certaines en possession de plusieurs centaines de cartes d'électeurs
à proximité d'un bureau de vote de la capitale.
Des électeurs ont été également appréhendés après
avoir voté plusieurs fois dans le 5ème arrondissement, a indiqué un
membre de la Cémi. Plusieurs électeurs se sont par ailleurs plaints de
trouver leur noms sur les listes, déjà émargés, alors que leur carte
d'électeur montrait qu'ils n'avaient pas encore voté.
Une organisation sans faille était un des enjeux de
dimanche, afin que les résultats soient incontestable dans ce pays au
passé politique agité et souvent violent. Les Centrafricains disaient
attendre beaucoup de ces élections, après plus de vingt ans de gestion
mafieuse et de crises politico-militaires à répétition qui ont détruit
les infrastructures économique d'un pays aujourd'hui exsangue en dépit
de ressources prometteuses.
Les
Centrafricains ont attendu des heures, stoïques, pour faire leur
"devoir"
|

File d'attente devant un bureau de vote à
Bangui, le 13 mars 2005
© AFP Issouf Sanogo
|
BANGUI (AFP) -
dimanche 13 mars 2005 - 16h16 - A
cause de dysfonctionnements et de l'affluence, Alphonse aura attendu
quatre heures avant de pouvoir voter dimanche à Bangui, mais selon lui
"le jeu en vaut la chandelle", vu l'importance des scrutins
présidentiel et législatifs en Centrafrique.
"C'est fastidieux mais c'est très important. Il
faut mettre fin au cycle infernal de la violence, de l'insécurité, de
l'instabilité. Le pays a trop souffert", explique-t-il au Centre
social de Malimaka où il s'apprête à voter.
Ils sont plusieurs centaines, femmes et hommes, des plus
jeunes aux plus âgés, à faire la queue, parfois depuis l'aube et
désormais sous un soleil qu'aucun nuage ne vient voiler, devant ce
bureau du 5ème arrondissement de Bangui, le plus peuplé de la
capitale.
Plusieurs bureaux de la capitale ont ouvert avec des
retards variables dimanche matin. Et la lenteur des opérations,
notamment en raison du double vote présidentiel et législatif, allonge
les files d'attente.
"C'est long mais il faut attendre car il est
important de donner sa voix", renchérit Jean-Paul, un retraité.
"Notre pays a connu 40 ans de soubresauts. Des gens se sont
succédés à sa tête mais leur travail ne nous a pas donnés
satisfaction", pousuit-il, "nous pensons que l'élection
d'aujourd'hui va nous donner quelqu'un qui pense enfin à ce pays qui
sombre depuis 40 ans".
Dans des files de plus en plus longues, à même de
décourager les plus motivés, des Centrafricains stoïques évoquent
"ce devoir de citoyen" qu'ils tiennent absolument à remplir.
Quelques resquilleurs enveniment ça et là l'ambiance
et la cohue provoque des bousculades à l'intérieur même de certains
bureaux.
L'énervement est particulièrement perceptible devant
ceux encore fermés en milieu de matinée. "Depuis 06h00 nous
sommes là et ça n'a toujours pas commencé. Il manque une urne",
proteste un électeur devant l'école de Malimaka, dans le 5ème
arrondissement, toujours fermé à 10h45.
"Ce n'est pas le seul bureau dans ce cas. En tout,
cela fait 2.500 voix qui ne pourront s'exprimer", calcule un autre.
Mais personne ne quitte la file, recouverte de parapluies déployés
pour s'abriter de la chaleur.
"C'est ça les Centrafricains, en tous cas ceux qui
nous dirigent. Ils nous demandent de nous rendre massivement aux urnes
mais ils ne nous facilitent pas la tâche", explique Timothée, un
commerçant. "De toutes façons nous attendons".
"On nous demande de voter dans le calme, de ne pas
ternir l'image du pays parce que c'est la dernière chance qui s'offre
à lui. Mais qui ternit l'image du pays, les électeurs ou les
organisateurs des élections?", interroge Henri, électricien.
Dans les bureaux ouverts, les opérations de vote se
déroulent sans incident. Chaque électeur vote d'abord pour la
présidentielle, puis pour les législatives. Le rituel est le même à
chaque fois. Sur le bulletin unique qui lui est remis, il va, à l'abri
d'un isoloir de bois, apposer un cachet en face du candidat choisi puis
déposer son bulletin dans une urne transparente.
"Les +vieilles mamans+ ne comprennent pas toujours
comment procéder", admet, au Centre social de Malimaka, un
électeur pour qui "en tant qu'intellectuel" ça ne "pose
pas de problème".
Serrés sur des tables d'écolier dans un coin du petit
bureau, les représentants des candidats comptent un à un, à l'aide de
petits carrés tracés sur des cahiers, les électeurs qui se succèdent
lentement.
|
|
|