PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES - MARS 2005
FRAUDE ÉLECTORALE A TOUS LES NIVEAUX !

LE VRAIX-FAUX BULLETIN DE VOTE UNIQUE - (BVU)


FRAUDE :  Alors que Charles MASSI et sa femme ont voté FODEM à l'Hotel de Ville de Bangui, les résultats officiels de la CEMI dans ce bureau de vote,  ne donnent aucune voix au FODEM ! Mais où sont passées nos voix ????

FRAUDE ÉLECTORALE A TOUS LES NIVEAUX
Le Bulletin de Vote Unique n’a pas empêché la fraude électorale !
L'UFVN DEMANDE L'ANNULATION DES ÉLECTIONS

Déçu par son score, Bozizé donne le ton du débat du second tour face à Ziguélé
Centrafrique/Duel Bozizé-Ziguélé au second tour fixé au 1er mai
Résultats du 1er tour de l' élection présidentielle du 13 mars 2005
Centrafrique: Bozizé et Ziguélé au deuxième tour de la présidentielle
L'Union des Forces Vives réplique à la déclaration des ambassadeurs
FRAUDE ÉLECTORALE COMMUNIQUE DU FPP FRANCE
Le FPP-France rejette les futurs résultats et dénonce la fraude électorale organisée par le Laboratoire LA VIE "LA VICTOIRE" 
Bozizé met en garde ses adversaires

Résultats : dernière ligne droite (100.000 bulletins et plus de 1000 PV)

Pourquoi la CEMI a-t-elle suspendu la publication de la suite des résultats partiels de la Présidentielle ?
DÉCLARATION DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR AVANT LA PROCLAMATION DES RÉSULTATS
DÉCLARATION DES AMBASSADEURS EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
L
'UFVN REND RESPONSABLE LA CEMI DE LA FRAUDE ÉLECTORALE
LCDH
- Déclaration relative aux élections présidentielles et législatives du 13 mars 2005

Conférence de presse du groupe dit des Sages
suivie du point de presse de la CEMI et du communiqué de presse de la Cour constitutionnelle de Transition
LE FPP DEMANDE L'ANNULATION DES ÉLECTIONS 2005
CCF -
Sur les élections du 13 mars 2005 en Centrafrique
REGARD JURIDIQUE ET POLITIQUE SUR LA RÉVOCATION DU VICE-PRÉSIDENT ABEL GOUMBA PAR DECRET N°05.062 DU 15 MARS 2005.
COMMUNIQUE DE PRESSE DES REPRÉSENTANTS DES CANDIDATS DES FORCES VIVES AU SEIN DE LA COORDINATION NATIONALE DE LA CEMI
UFVCF - APPEL AU PEUPLE (France)
UFVN - APPEL AU PEUPLE CENTRAFRICAIN

L'opposition exige le respect du code électoral
En attente des résultats, l'opposition crie à la fraude
Le traitement des résultats des élections s'annonce long.
Élections en Centrafrique: dans l'attente de premiers résultats
UNE QUARANTAINE D'URNES DES PRÉSIDENTIELLES DÉCOUVERTES A KOUDOUKOU
L'UNION DES FORCES VIVES DE LA NATION CONTESTERA-T-ELLE LE RÉSULTAT DES ÉLECTIONS ?

FRAUDE ÉLECTORALE A TOUS LES NIVEAUX

Au niveau international :
-         émission de cartes d’électeurs
-         émission de bulletins pré-cachetés
-         émission de listes électorales parallèles
-         émission de procès-verbaux pré-établis

Au niveau local :
-         pressions et intimidations musclées par les KNK et autres sur les électeurs, les Maires, les Chefs de village qui avaient obligation que leurs circonscriptions votent pour Bozizé, les militaires en tenues étant mobilisés pour l’occasion
-         rachat des cartes d’électeurs
-         achat des Présidents de Bureaux de vote qui ont refusé de signer les P.V. quand ceux-ci ne sont pas favorables à BOZ
-         plus de votants que d’inscrits sur pratiquement toutes les listes
-         pas d’émargement sur les listes électorales
-         beaucoup de dérogations pour permettre de gonfler les listes électorales
-         annulation systématique des bulletins qui présentaient de petites anomalies (encre, validation sur la tête du candidat, etc…)dans la mesure où ils n’étaient pas favorables à Boz
-         électeurs possédant un bulletin déjà tamponné à mettre dans l’urne au moment du vote, le bulletin qu’ils recevaient du Bureau de Vote étant racheté à la sortie.
-         Procès-verbaux échangés lors de leur acheminement (via le Camp de Roux)
-         Malgré les dérogations accordées dans les bureaux de vote pour les représentants des partis politiques autres que ceux acquis à Bozizé, ces derniers étaient obligés d’aller voter dans leur bureau de vote initial, perdant ainsi de longues heures d’attente et empêchant ainsi une partie du contrôle à effectuer
-         Pressions sur les électeurs par les Présidents des Bureaux de Vote, se servant du prétexte du manque de tampon (un seul au lieu de deux). Les électeurs analphabètes mettaient leur bulletin dans l’urne sans le tamponner.

Déçu par son score, Bozizé donne le ton du débat du second tour face à Ziguélé
(C.A.P)

Bangui, 31 mars 2005 (C.A.P) Quelques heures seulement après la proclamation des résultats par la Commission électorale mixte indépendante, François Bozizé qui est arrivé en tête des candidats à l’élection présidentielle du 13 mars dernier, a déclaré jeudi être déçu par les résultats qui le mettent aux prises avec l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé.

« Je croyais devoir être avec le doyen André Kolingba, mais malheureusement ce sera une nouvelle confrontation entre nous et les alliés des Banyamulengué », a regretté le chef de l’Etat dans une intervention radiodiffusée en Sango (langue nationale) peu avant 16 heures locales, prévenant qu’une élection de Martin Ziguélé risquerait d’aboutir à un retour au pays de « l’homme à la barbe blanche », autrement dit le président Ange Félix Patassé.

« J’invite donc Martin Ziguélé à voter pour moi, le 1er mai prochain », a encore déclaré le général Bozizé, approuvant implicitement la proposition formulée par la CEMI de fixer à cette date la tenue du second tour scrutin.

Dans la perspective de ce second tour de scrutin, le candidat Bozizé a reçu, mardi soir au palais présidentiel, l’ancien Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé, crédité de 5,08% des voix au premier tour et susceptible d’arbitrer le duel en perspective, au même titre que le général André Kolingba, reçu une semaine plus tôt par François Bozizé.

Après 18 jours de décompte, la CEMI a proclamé, mercredi à 10 h 30 locales, les résultats de la présidentielle qui avait opposé 10 candidats au général François Bozizé, au pouvoir depuis le 15 mars 2003 après avoir renversé le président élu Ange Félix Patassé.

Regroupés au sein de l’Union des forces vives de la nation, les adversaires de Bozizé se sont dans l’ensemble déclarés satisfaits des résultats, bien qu’ayant initialement réclamé l’annulation des scrutins en raisons d’irrégularités et de fraudes massives.

En revanche, plusieurs partisans de Bozizé rassemblés au siège de la Convergence Kwa Na Kwa son état major de campagne, ont manifesté leur mécontentement en s’en prenant à l’équipe de campagne de leur candidat, accusée de s’être davantage préoccupée des moyens financiers que de l’élection, hypothéquant ainsi une victoire dès le premier tour.

La Rédaction

Centrafrique Presse le: March 31, 2005

Résultats du 1er tour de l' élection présidentielle du 13 mars 2005

(Source : CEMI)

Nombre d’électeurs inscrits : …………………………………1.302.930

Nombre de votants : …………………………………………….946.616

Taux d’abstention : ……………………………………………..27,37 %

Nombre de bulletins nuls : …………………………57.022 soit 06,02 %

Suffrages valablement exprimés : ………………………………889.694

Ont obtenu :

François Bozizé : ……………………………382.241 voix soit 42,97 %

Martin Ziguélé : ……………………………..209.357 voix soit 23,53 %

André Kolingba : ……………………………145.945 voix soit 16,36 %

Jean Paul Ngoupandé : ……………………….45.182 voix soit 05,08 %

Charles Massi : ………………………………..28618 voix soit 03,22 %

Abel Goumba : ……………………………….22.297 voix soit 02,51 %

Henri Pouzère : ……………………………….18.647 voix soit 02,20 %

Josué Binoua : ………………………………..13.559 voix soit 01,52 %

Jean Jacques Démafouth : ……………………11.279 voix soit 01,27 %

Auguste Boukanga : ……………………………7085 voix soit 00,80 %

Olivier Gabirault : ………………………………5834 voix soit 00,66 %

1er tour
Palais du CNT
Bangui, le 31 mars 2005 à 10 h
Nombre de bureaux traités : 3535 sur 4145
Taux de dépouillement 85,28%
Inscrits des bureaux traités : 1 302 930
Abstention 27,35% soit un taux de participation de 72,65%
Votant 946 616
Bulletins nuls ou blancs 57 022 soit 6,02%
Suffrages 889 594
Suffrages valablement exprimés 889594

1. François Bozize Yangovounda 382 241 voix soit 42,97%
2. Martin Ziguelé 209 357 voix soit 23,53%
3. André Kolingba 145 495 voix soit 16,36%
4. Jean-Paul Ngoupandé 45 182 voix soit 5,08%
5. Charles Massi 28618 voix soit 3,22
6. Abel Goumba 22 297 voix soit 2,51
7. Henri Pouzère 18 647 voix soit 2,10%
8. Josué Binoua 13 559 soit 1,52%
9. Jean-Jacques Demafouth 11 279 soit 1,27
10. Auguste Boukanga 7085 voix soit 0,80
11. Olivier Gabirault 5834 voix soit 0,66

source LE CONFIDENT www.kodro.net
31/03/2005

 

Centrafrique/Duel Bozizé-Ziguélé au second tour fixé au 1er mai
Reuters le 31/03/2005 13:29

BANGUI, 31 mars (Reuters) - Aucun des onze candidats n'ayant remporté une majorité absolue, un second tour de l'élection présidentielle sera organisé le 1er mai en Centrafrique, a annoncé vendredi la commission électorale.

"Au vu des résultats publiés officiellement aujourd'hui, aucun candidat n'est arrivé à franchir la barre des 50%", a déclaré le président de cet organisme, Jean Willybiro Sacko, lors d'une conférence de presse.

Le président sortant, le général François Bozizé, arrivé au pouvoir à Bangui en mars 2003 à la faveur d'un coup d'Etat, a remporté 43% des voix des votants au premier tour organisé le 13 mars.

Il sera opposé le 1er mai au candidat arrivé deuxième, Martin Ziguélé (22%).

Un collectif de partis d'opposition a d'ores et déjà demandé l'annulation des résultats du premier tour entachés, selon lui, d'irrégularités./JLF

Centrafrique: Bozizé et Ziguélé au deuxième tour de la présidentielle
31/03/2005 10:14:57 - BANGUI (AFP)

 Le président centrafricain sortant François Bozizé et l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé s'affronteront au deuxième tour de l'élection présidentielle, a annoncé jeudi le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) Jean Willybiro-Sacko.

Selon les résultats publiés jeudi matin par la Cémi, M. Bozizé a obtenu 382.241 voix lors du premier tour, soit 42,97% des suffrages. Il a devancé M. Ziguélé, qui a recueilli 209.357 voix (23,53%) et l'ancien président André Kolingba, crédité de 145.945 voix (16,36%).

Un autre ancien Premier ministre, Jean-Paul Ngoupandé, est arrivé en quatrième position avec 45.182 suffrages (5,08%).

Les chiffres complets communiqués jeudi matin par la Cémi portent à 68,27% des 1.302.930 électeurs centrafricains inscrits la participation à ce premier tour du scrutin présidentiel.

La date du second tour n'a pas été officiellement fixée.

Centrafrique: Bozizé et Ziguélé au 2ème tour de la présidentielle
© AFP
Le président sortant centrafricain François Bozizé, le 13 mars 2005 à Bangui
© AFP/Archives Issouf Sanogo
BANGUI (AFP) -
jeudi 31 mars 2005 - 12h49 - Le président centrafricain sortant François Bozizé et l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé s'affronteront au deuxième tour de l'élection présidentielle, a annoncé jeudi le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) Jean Willybiro-Sacko.

Selon les résultats publiés jeudi matin par la Cémi, M. Bozizé a obtenu 382.241 voix lors du premier tour disputé le 13 mars, soit 42,97% des suffrages. Il a devancé M. Ziguélé, qui a recueilli 209.357 voix (23,53%) et l'ancien président André Kolingba, crédité de 145.945 voix (16,36%).

Un autre ancien Premier ministre, Jean-Paul Ngoupandé, président du Parti de l'unité nationale (Pun), est arrivé en quatrième position avec 45.182 suffrages (5,08%).

Suivent le candidat du Forum démocratique pour la modernité (Fodem) Charles Massi (3,22%), le vétéran de l'opposition centrafricaine et candidat du Front patriotique pour le progrès (FPP) Abel Goumba (2,51%), l'avocat Henri Pouzère (2,02%) et le pasteur Josué Binoua (1,52%).

Les autres candidats se partagent le reste des suffrages, l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth recueillant 1,27% des suffrages exprimés, devant l'ancien ministre et candidat de l'Union pour la Renaissance et le développement (URD) Auguste Boukanga (0,80%) et le candidat de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) Olivier Gabirault (0,66%).

Les chiffres complets communiqués jeudi matin par la Cémi portent à 68,27% la participation à ce premier tour du scrutin présidentiel. 1.302.930 électeurs centrafricains étaient appelés à voter le 13 mars pour la présidentielle et les législatives.

"Nous félicitons tous les autres candidats et nous félicitons également notre électorat pour avoir placé sa confiance en notre candidat", a immédiatement réagi sur les ondes de la radio nationale le directeur de campagne du général Bozizé, Job Izima. "Nous allons au second tour et nous pensons l'emporter largement", a-t-il ajouté.

"Nous avons observé les règles du jeu et nous sommes arrivés au classement qu'il fallait", s'est pour sa part réjoui le secrétaire général du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) Jean-Michel Mandaba, qui soutient M. Ziguélé. "Nous allons au deuxième tour avec l'espoir de gagner largement", a poursuivi le responsable du parti de l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé en mars 2003 par le général Bozizé.

La date du second tour n'a pas été officiellement fixée mais, selon certaines sources proches de la Cémi, il pourrait avoir lieu dès la mi-avril

Présidentielle : Nécessité d’un second tour entre Bozizé et Ziguélé (C.A.P)

Bangui, 31 mars 2005 (C.A.P) Le président de la Commission électorale mixte indépendante (CEMI), M. Jean Willybiro Sako, a proclamé, mardi en milieu de matinée à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, les résultats de l’élection présidentielle du 13 mars dernier qui font apparaître la nécessité d’un second tour opposant le président sortant François Bozizé et l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé, lesquels ont obtenu respectivement 42,97% et 23, 53% des voix.

Ces deux personnalités sont suivies, dans l’ordre, par le général André Kolingba, candidat du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) qui obtient 16,36% des suffrages, l’ancien Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé avec 5,08% et l’ancien ministre des Mines Charles Massi avec 3,22%.

Suivent de loin, l’ancien Vice-président de la République Abel Goumba qui obtient 2,51%, juste devant l’avocat Henri Pouzère et l’ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth avec 1,27%.

Dès la fin de la proclamation, une dizaine de partisans de la Convergence Nationale KNK portant chemises, pagnes et écharpes en soie de couleur orange et frappés de l’effigie et des slogans de campagne du général Bozizé ont entonné des chants de victoire sous la houlette de M. Fidèle Gouandjika, devenu superviseur général de la Convergence KNK après s’être retiré de la course au fauteuil présidentiel en janvier dernier.

Dans le camp opposé, l’ancien Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé s’est contenté de déclarer que « C’est la victoire de la démocratie », tandis que Charles Massi se disait « satisfait » et que Louis-Pierre Gamba, vice-président du RDC, qui n’en pense pas moins, promettait de se réunir avec l’ensemble de l’Union des forces vives de la nation (UFVN) afin d’arrêter un choix pour le second tour de scrutin, qui pourrait se tenir le 1er mai prochain, proposition du président de la CEMI.

Aucune manifestation particulière n’était visible en fin de matinée dans l’ensemble de la capitale centrafricaine, sauf au siège de la Convergence KNK, où ont été notés quelques signes de déception à cause de ce que l’on considère comme un échec pour le candidat Bozizé, qui n’a pu vaincre dès le premier tour ses onze adversaires.

Avant de procéder à cette proclamation qui intervient 18 jours après le scrutin, la CEMI a dû invalider 610 bureaux de vote sur 4 143 à cause d’irrégularités allant de l’absence de procès-verbaux à la pression exercée sur les électeurs au moment du vote.

La Rédaction

Centrafrique Presse le: March 31, 2005

 

FRAUDE ÉLECTORALE COMMUNIQUE DU FPP FRANCE
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
UNITÉ    -   DIGNITÉ   -    TRAVAIL
 FRONT PATRIOTIQUE POUR LE PROGRÈS
F . P . P .
Liberté -Justice - progrès

___________________________________________________________________

Centrafricaines, Centrafricains, 

Les élections  présidentielles constituent un moment fort de la vie démocratique dans tous les pays où l’expression  et la souveraineté populaires sont prises en compte, dans la désignation des dirigeants ainsi que dans les perspectives de développement  de la Nation. Force est de constater qu’il en est pas de même en République Centrafricaine, où des intérêts occultes convergent pour maintenir à jamais notre pays sous le joug de la domination, de l’exploitation  et de la soumission au profit des Dictateurs décidés à confisquer le pouvoir par les moyens de la fraude massive, du vol et du crime érigé en culture, en système de valeur.

C’est ainsi qu’un certain nombre de nos compatriotes se sont regroupés dans une association de malfaiteurs fossoyeurs de la démocratie et de l’expression  populaire , dénommée « La vie » en organisant des fraudes massives au profit du DICTATEUR RENÉGAT BOZIZE . Il est regrettable que des hauts fonctionnaires se livrent à de telles manœuvres dans le seul but de s’enrichir personnellement et de nuire à l’État qu’ils sont sensé servir.

La lecture du document suivant va vous édifier sur les motifs de demande d’annulation des élections présidentielles et législatives du 13 Mars 2005 formulée par le FPP du Professeur Abel GOUMBA.

D’ores et déjà, le FPP-France rejette les résultats de ces élections et du futur DICTATEUR qui se prétendra « DÉMOCRATIQUEMENT ÉLU ».

Fait à Paris, le 30 Mars 2005.

Pour le FPP-France 

Francis KPIGNET   0609042659            Julien LAVODRAMA 

kapanza@caramail.com                        juta.lavodrama@wanadoo.fr 

Ampliations : 

Union Européenne

Union Africaine

Organisations internationales

Bozizé met en garde ses adversaires

Bangui, 27/03 - Le chef de l`État centrafricain, le général François Bozizé, a accusé samedi à Bangui ses adversaires à l`élection présidentielle du 13 mars de "préparer les conditions d`un désordre généralisé avant de se réfugier dans les chancelleries".

S`exprimant lors d`une rencontre avec le corps diplomatique, il a pris à témoin les ambassadeurs étrangers de ce qu`il adviendrait en cas de troubles post-électoraux.

Il s`est étonné de ce que "les autres candidats, devant les résultats partiels qui ne leur sont pas favorables, se mettent non seulement à crier à la fraude, mais aussi à organiser des meetings pour appeler à la haine et à la violence".

Selon le général Bozizé, les élections présidentielle et législatives ont été "libres, transparentes et équitables, nonobstant quelques irrégularités".

Il a prévenu qu`il ne peut "accepter de laisser encore la République centrafricaine aller à la catastrophe et à l`humiliation comme avant le 15 mars 2003 (date de son arrivée au pouvoir grâce à un coup d`Etat)".

Cette mise en garde survient 24 heures après la publication par huit ambassadeurs accrédités en Centrafrique d`une déclaration appelant les candidats aux élections au respect des résultats que la Commission électorale mixte indépendante (CEMI) s`apprête à publier dans les tout prochains jours.

La publication des résultats définitifs des élections ne devrait pas intervenir avant le milieu de la semaine prochaine, apprend-on de source proche de la CEMI.

Cette prolongation du délai de 15 jours initialement imparti par la CEMI se justifie, précise la même source, par la nécessité de procéder à un travail de vérification et de correction des résultats.

Source : angolapress-angop.ao

Il reste environ 100.000 bulletins annulés et un peu plus de 1000 procès verbaux litigieux à examiner dans le cadre du contentieux électoral. BOZIZE est passé sous la barre des 40% (39% malgré la fraude) depuis au moins mardi et KNK a pour l'instant moins de 5 députés à l'assemblée.
Bon courage à nos représentants à la CEMI pour l'examen du contentieux électoral !!!

Résultats : dernière ligne droite - 27/3/2005
(Afriquecentrale.info)

La Commission électorale mixte indépendante (Cémi) centrafricaine a annoncé dimanche à la radio nationale que les résultats de l’élection présidentielle du 13 mars seront publiés "d’ici le milieu de la semaine", suivis par ceux des législatives.

"Les travaux avancent sérieusement et nous espérons d’ici le milieu de la semaine prochaine aller à la proclamation des résultats de l’élection présidentielle. Ceux des élections législatives suivront avec un ou deux jours de retard", a déclaré le président de la Cémi Jean Willybiro-Sako.

"A ce stade, la Cémi ne saurait annoncer une quelconque tendance eu égard à tous les travaux en cours, a-t-il prévenu. C’est pour cette raison que la publication des résultats partiels doit être suspendue pour 48 heures afin de permettre à la Cémi d’accélérer les travaux d’examen des dossiers de la présidentielle".

La Cémi avait annoncé au lendemain des scrutins qu’elle publierait les résultats dans un délai de quinze jours. Ce report est dû, selon M. Willybiro-Sako, à l’examen des "nombreux cas de bulletins renvoyés comme nuls par les membres des bureaux de vote, alors que les électeurs ont normalement voté", le cachet n’ayant pas été correctement tamponné sur le bulletin unique.

S’ensuivra le réexamen des procès-verbaux établis dans les bureaux de vote et dont il manque certaines pièces.

Les résultats partiels de la présidentielle publiés sur l’ensemble des préfectures et la ville de Bangui donnent une large avance au président sortant François Bozizé, suivi par l’ex-Premier ministre Martin Ziguélé et l’ancien président André Kolingba.

Pourquoi la CEMI a-t-elle suspendu la publication de la suite des résultats partiels de la Présidentielle ?

Mercredi soir, il a fallu attendre a-delà de 20 heures pour que la CEMI commence à donner la suite des résultats partiels. Et aussi curieux que cela puisse paraître, elle a plutôt opté de publier les résultats partiels des législatives pour ce qui est de la ville de Bangui, de l’Ombella Poko et de la Lobaye.

Plus d’un électeur a été surpris par cette nouvelle acrobatie qui vient ajouter à l’acrobatie. Car les électeurs auraient souhaité que la CEMI en finisse avec les résultats partiels de la présidentielle pour ce qui concerne la Basse Kotto, la Haute Kotto, la Nana Gribizi, la Mambéré Kadéï et le reliquat de l’Ouham-Pendé.

Ce n’était pas le cas et l’on s’interroge sur cette brusque interruption. Nous n’attendions pas la Coordination Nationale de la CEMI et son Président Willybiro Sako sur le chaudron pour en savoir plus, car ils ont leur logique qui peut répondre à d’autres préoccupations politiques de l’heure.

A notre avis, il y a trois explications possibles à ce coup d’arrêt qui peut se justifier ou non.

1)                       L’annonce d’un second tour entre Bozizé et Ziguélé paraît avoir suscité ce coup d’arrêt. Car le candidat Bozizé et ses partisans ne veulent pas entendre parler de 2ème tour. Ils estiment avoir déjà passé leurs 1er et 2ème tours le 25 octobre 2002 et le 15 mars 2003. Appréciez cette vision du pouvoir !

2)                       La CEMI aurait décidé d’arrêter la publication avant d’examiner les irrégularités flagrantes dénoncées ça et là. S’agit-il d’une décision souveraine ou d’une pression qui vient d’en haut ? Et Dieu seul sait que la CEMI et son président sont sous pression.

3)                       La CEMI aurait décidé d’examiner ces irrégularités à « huis clos », c’est à dire en l’absence de tous les représentants des candidats à la présidentielle. Cette attitude de la CEMI aurait suscité une vive protestation de la part des représentants des candidats de l’opposition qui ont avisé qui de droit. Les candidats de l’opposition auraient décidé de retirer leurs représentants de la CEMI et d’exiger l’annulation pure et simple du scrutin. Dans tous les cas, si cela s’avère, cela ajoute nécessairement à l’opacité déjà dénoncée au départ de la proclamation des résultats partiels.

Selon certaines sources proches de la CEMI, on note un raidissement notoire du Vice Président de la CEMI et cousin du Président de la République. De quoi renchérir le climat de suspicion déjà généralisé et la perspective d’un coup d’Etat électoral redouté par tous, y compris désormais par la communauté internationale en dépit du « satisfecit » de l’O.I.F. et de certains observateurs internationaux quine sont pas au dessus du soupçon, tant sen faut et quoique disent leurs « émissaires’ de certains organes de presse qui s’érigent en moralistes et en donneurs de leçon de démocratie sur fond de subjectivisme, d’épidermisme et de lecture de travers…

Il y a peut être lieu que la publication des résultats de la présidentielle reprenne et se termine avant qu’on aille aux contentieux avec la présence de toutes les parties prenantes, y compris les représentants désignés des candidats à la présidentielle. Cela éviterait la suspicion et garantirait un minimum de transparence et d’équité contre l’opacité recherchée consciemment ou inconsciemment.

De toutes les façons, les observateurs s’accordent désormais à dire que la tendance dela présidentielle ne va plus se modifier du tout au tout, puisque visiblement le reliquat des résultats partiels de la Nana-Gribizi, de la Basse Kotto, du Mbomou, de la Ouaka, de la Hautte Kotto ou même de la Vakaga ne sont pas favorables au candidat François Bozizé qui a raison de monter sur ses grands chevaux, mais il gagnera à tenir l’une de ses paroles qui consiste à respecter le verdict des urnes. Car il paraît plus aisé de prendre le pouvoir par les armes, mais il est toujours plus compliqué de gagner haut la main des élections dans un scrutin aussi ouvert que celui du 13 mars 2005.

Au lieu de travailler à soigner son image, ce qui est le rôle de sa direction nationale de campagne, la Convergence KNK s’est contentée d’un slogan triomphaliste qui annonçait d’ailleurs quelque chose de prémonitoire.

« Un temps KL » ou « Un Temps Ti » comme aiment à crier les badauds ne suffisait pas à gagner les élections. Bien au contraire, avec des élections fiables et sans fraude massive, ce slogan annonçait parfaitement une « mort subite »… Pourquoi chercher à passer en force. Car qui veut gagner « un temps KO » n’a pas besoin de forcer, avions-nous écrit. On ne force pas le destin politique.

Chris Omanga
LE DÉMOCRATE N° 967 DU 25 MARS 2005

DÉCLARATION DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR AVANT LA PROCLAMATION DES RÉSULTATS

Centrafricaines, Centrafricains,

Nous nous acheminons vers les résultats des élections présidentielles et législatives, d’ici quelques jours. L’heure est à la raison et à la compréhension.

Or, malgré les appels pressants du Ministre de l’Intérieur au calme, à la retenue et au respect de la loi, certains comportements irresponsables, voire inconcevables, continuent de sévir dans notre pays.

Il y a deux jours, on signalait des cas de violences à Bangassou et à Béma, entre des ethnies.

Dans la journée du 23 mars 2005, Bossangoa devenait à son tour, une ville où l’inquiétude grandit, suite aux rumeurs en provenance de Bangui, rumeurs qui font état de troubles éventuels, s’il n’y avait pas un second tour.

Apeurés, des fonctionnaires commenceraient à évacuer leurs familles vers la capitale, parce que leurs parents ou leurs proches seraient sur le point de troubler l’ordre public, dans certains quartiers de Bangui.

Chers compatriotes,

Où allons-nous avec tous ces bruits ?

Pourquoi absolument une lutte fratricide dans notre pays ?

Chers leaders politiques, chers militants des partis, soyons conscients de la catastrophe que la communauté internationale s’évertue déjà à nous signaler. Il est temps d’écouter et de profiter des sages conseils, en revenant à la raison.

C’est la seule et unique issue qui nous reste :

Revenir à la raison.

Le peuple centrafricain, les pays voisins, la communauté internationale, sont tous fatigués de nos querelles inutiles et inlassables.

Quant à nos populations de provinces, je leur demande de garder leur sang froid. Elles ne doivent pas suivre le mauvais chemin tracé par certains de leurs compatriotes de la capitale.

A cet effet, j’invite les autorités de nos provinces tels que les préfets, les sous-préfets, les responsables des forces de l’ordre à s’unir et à contenir nos populations, au niveau de leur localité, en leur prodiguant les mêmes conseils.

Je compte sur le courage et le bon sens de tous.

Je vous remercie

Bangui, le 25 mars 2005

Le Ministre de l’Intérieur chargé de l’Administration du Territoire

Lieutenant colonel Michel Sallé

DÉCLARATION DES AMBASSADEURS EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Les Ambassadeurs accrédités en République Centrafricaine soussignés félicitent le peuple centrafricain pour la bonne tenue des élections du 13 mars 2005 qui se sont déroulées avec succès et dans un climat de paix.

Ils félicitent également le gouvernement centrafricain, le comité des sages, la CEMI, le Haut Conseil à la Communication, les leaders politiques et les candidats pour avoir agi dans le respect de l’Accord de Libreville et du Code de Bonne Conduite.

Au moment où les résultats complets vont être annoncés, les Ambassadeurs rappellent aux candidats leur engagement solennel, au Code de Bonne Conduite, à respecter le résultat des votes et, en conséquence, les invitent à maintenir le climat de paix et à exercer le cas échéant leurs droits au recours dans le respect des lois et de la démocratie.

Bangui, le 25 mars 2005

S.E.M. Jean-Pierre DESTOUESSE S.E.M.Sulieman Mohamed MUSTAPHA

Ambassadeur, Haut Représentant de Ambassadeur de la République du Soudan

La République Française

S.E. Eric EPENY OBONDZO S.E.M. le Dr Gaspard Mugaruka BIN MUBIBI

Ambassadeur de la République du Congo Ambassadeur de la République Démocratique du Congo

S.E.M. Abdelkerim MAHAMAT S.E.M. Siji HE

Ambassadeur du Tchad Ambassadeur de la République Populaire de Chine

S.E.M. Peter Maren MANN M. Jean-Claude ESMIEU

Ambassadeur du Nigéria Ambassadeur, Chef de la Délégation de la

Commission Européenne

La Rédaction Centrafrique Presse le: March 26, 2005

Éclairage : Le Bulletin de Vote Unique n’a pas empêché la fraude électorale !

La Démocratie est le Pouvoir du Peuple, Par le Peuple et Pour le Peuple. Encore faut-il que le peuple puisse exprimer librement son choix. Alors que tout le monde espérait que le Bulletin de Vote Unique (BVU) allait préserver le processus électoral de toute atteinte susceptible d’anéantir sa crédibilité. Force est de constater qu’il n’en est rien, à l’examen du contentieux électoral du 1er tour des élections présidentielles 2005. Pour les observateurs, le BVU n’a pas empêché la fraude.

Parce que « UNIQUE », le BVU devait permettre aux électeurs centrafricains d’exprimer leur choix en toute sérénité sans subir de menaces ou d’influences extérieures.  Il avait pour fonction d’éviter à l’électeur ou l’électrice le contrôle par les représentants des candidats à la sortie du bureau de vote. Avant, l’électeur devait leurs remettre l’ensemble des bulletins des autres candidats. Ainsi, par élimination, il prouvait qu’il avait bien voté pour le candidat pour lequel on l’a payé ou à cause duquel on l’a généralement menacé. Ce qui constitue une atteinte "grave" à la liberté de choix des électeurs et à la conception classique de droit de vote.

En pratique, c’est avant et pendant la campagne que les menaces et intimidations ont atteint leur niveau visible. Qui peut ignorer la tension qui a régné pendant et avant la campagne électorale ? Qui peut ignorer les violences, menaces et intimidations sur les électeurs ? Qui peut ne pas tenir compte des nombreuses violations du code électoral, du code de bonne conduite, de la morale et l’éthique (si elles existent en politique) ? C’est en toute impunité que les conditions d’un processus électoral impeccable se sont dégradées au point d'éroder sensiblement la légitimité des résultats annoncés.

La fraude et le bulletin de vote unique, comment ça marche ? Chaque électeur, étant potentiellement corruptible par l’argent ou les menaces, a pu recevoir avant d’aller voter, un bulletin de vote unique pré-tamponné a remettre dans l’urne en lieu et place de celui qui sera fourni par le bureau de vote. A sa sortie du bureau de vote, « l’électeur » a simplement prouvé son vote en remettant son bulletin vierge, non utilisé, à son « agent corrupteur ». Comment se fait-il que des originaux ou des copies plus vraies que nature aient pu se retrouver entre les mains des militants de certains candidats avant le vote. Sur ce point, la Commission Électorale Mixte et Indépendante (CEMI) qui est en charge de la sécurité du matériel électoral est pleinement responsable et se doit de rendre des comptes.

Mais, chassez le naturel et il revient au galop ! Malgré les nombreuses messes de bonne volonté inscrites dans l’histoire de notre pays, la probité et l’honneur ont cédé la place à l’avidité et l’arrogance. C’est comme si nous avions enterrés nos idéaux et l’espoir d’un avenir radieux, avec Barthélémy BOGANDA. Ce qui devait être un système protecteur a été foulé par un manque de volonté politique d’assumer un processus électoral irréprochable. Peu importe les dispositifs, quand la volonté collective n'y est pas, il n'y a rien que l'on puisse faire pour juguler la fraude.

La « sécurité électorale » souhaitée par les inventeurs du BVU n’a pas pleinement jouée son rôle. Le fait est que le BVU ne pouvait à lui seul constituer une protection suffisante pour les électeurs. A partir du moment ou le dispositif de fraude est mis en place, l’électeur devient une proie facilement corruptible pour celui qui s’en donne les moyens. L’électeur y perd ainsi sa liberté et reste otage d’un système qui le maintien dans ses nécessités de survie quotidienne. Il devient un « électeur corrompu » prêt à abandonner sa liberté en échange d’un apaisement éphémère et immédiat de ses souffrances ou bien d’une sécurité relative.

Le peuple centrafricain qui a jeté tous ses espoirs dans les urnes, aura-t-il manqué à nouveau cette chance de tourner la page. Avec un « résultat corrompu », seul la voie du consensus, du dialogue et de la paix pourra nous permettre de Bâtir Ensemble un Centrafrique Meilleur pour Tous. Ce n’est plus qu’une question de volonté collective. N’oublions pas que nous sommes là pour alléger les souffrances du peuple et non pour les aggraver. Puisqu’il semble tacitement acceptable que la fraude électorale fasse partie des moyens à mettre en œuvre pour faire bonne figure sur l’échiquier politique centrafricain. Alors il nous faudra nous ranger à l’idée qu’accepter un résultat corrompu n’hypothèquera pas l’émergence de nouveaux comportements dans l'avenir, n'est-ce pas ?

Le parcours vers la démocratie est une course de fond à l’image de notre société d'aujourd'hui. Le Bulletin de Vote Unique n’a pas joué son rôle protecteur de la « liberté » des électeurs centrafricains. Mais il a au moins l’utilité de réduire le volume de papier consommé et de contribuer indirectement à la protection de l’environnement en limitant la déforestation. Pour cette raison j’inviterai la Communauté Internationale à en généraliser l’usage dans le monde entier afin de préserver nos forêts et en attendant de passer au tout numérique. Ne désespérons pas et restons déterminés !

Pour que Vive le Centrafrique Moderne !
Salutations Combattantes.
Éric NERIS

Ligue Centrafricaine des Droits de l'Homme (LCDH)
Déclaration relative aux élections présidentielles et législatives du 13 mars 2005

            Le 13 mars 2005, le Peuple s’est rendu massivement dans les bureaux de vote pour choisir parmi les candidats, celui qui sera le président de la République et ceux ou celles qui seront les députés.

Cette participation massive est l’expression de la volonté populaire de tirer définitivement un trait sur les modes anti-démocratiques d’accession au pouvoir que sont la violence ou les coups d’Etat.

La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme s’est entièrement investie dans le processus électoral en menant un combat pour que les textes de base, c’est-à-dire le Code Electoral et la Constitution soient le reflet des recommandations du Dialogue National.

Elle a participé à la sensibilisation sur le civisme.

En ce qui concerne les opérations électorales proprement dites, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme a déployé 34 observateurs dont certains à Bangui et d’autres dans les villes de province.

Dans l’ensemble, le vote s’est déroulé dans le calme et sans incidents majeurs.

La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme a relevé de nombreuses irrégularités liées à l’organisation matérielle du scrutin telles que :

-         ouverture tardive de certains bureaux de vote ;

-         prolongation du vote au-delà de l’heure légale ;

-         absences de l’encre indélébile dans certains bureaux de vote ;

-         longueur excessive des files d’attente ;

-         non-maîtrise du Code Electoral par certains membres des bureaux de vote ;

-         difficultés d’identification parles électeurs du candidat pour les législatives à cause de l’absence de photographies ;

-         insuffisance du matériel, etc.

La Ligue Centrafricaine des droits de l’Homme considère que, du strict point de vue du déroulement du vote, les élections présidentielles et législatives du 13 mars 2005 ont été libres et transparentes.

C’est à l’annonce des résultats provisoires et partiels que des voix ont commencé » à s’élever ici et là pour dénoncer des fraudes qui, si elles ne sont pas à exclure, se situent en amont ou en aval de l’observation.

Toutefois, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme considère que ces fraudes ne sont pas de nature à affecter de manière significative la sincérité du vote.

Si la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme est satisfaite de la participation massive de la population au scrutin, en revanche, elle relève que le vote n’a pas été fait en fonction du programme ou de la qualité du candidat mais en fonction de l’appartenance ethnique, clanique ou régionale.

Les partis politiques qui sont constitués sur ces bases ou les leaders qui ont largement contribué à ce phénomène identitaire portent la lourde responsabilité de l’éclatement de la cohésion nationale.

Par ailleurs, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme est informée des menaces, des intimidations voire des violences dont seraient l’objet des électeurs de la part de militants ou de responsables de certains partis politiques qui estiment que ces électeurs n’auraient pas voté en faveur de leurs candidats.

La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme rappelle que le droit de vote doit s’exercer librement sans pression ni menaces avant, pendant ou après le scrutin.

Les « incidents » qui se sont produits dans la nuit du 22 au 23 mars 2005 autour de la résidence de l’un des candidats à la Présidence de la République, le Général d’Armée André Kolingba, laissent perplexe la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme.

La Ligue Centrafricaine des droits de l’homme désapprouve l’appel lancé par certains partis politiques demandant l’annulation pure et simple des élections.

De même, elle dénonce les alliances contre nature de certains partis politiques qui, loin de proposer un projet d’alternance démocratique crédible au peuple centrafricain, se livrent à des conciliabules pour des strapontins ministériels sans se préoccuper des souffrances et de la misère dans lesquelles croupit la population.

L’électeur ou le candidat qui croit avoir été lésé par des irrégularités ou des fraudes doit user des recours prévus parla Loi pour faire valoir ses droits.

La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Home rappelle qu’en signant le Code de bonne conduite le 9 février 2005, chacun s’était engagé à accepter et à respecter les résultats des scrutins après épuisement de toutes les voies de recours du contentieux électoral.

Une compétition électorale comme toute compétition d’ailleurs se conclut forcément par une victoire ou une défaite.

En démocratie, il faut accepter de perdre.

Cependant, il appartient au vainqueur de respecter les droits de la minorité.

En conséquence, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme :

 Demande à la Commission Electorale Mixte Indépendante « CEMI », de prendre des mesures appropriées pour améliorer les conditions d’organisation du vote.

Dénonce le caractère ethnique, clanique et régionaliste du vote.

Dénonce l’utilisation des violences, des menaces et intimidations par certains militants et responsables politiques contre des électeurs.

Exhorte les autorités de l’Etat à mettre tout en œuvre dans un souci d’apaisement, pour éviter que des incidents de la nature de ceux qui se sont produits autour de la résidence du Général d’Armée André Kolingba, se reproduisent.

Appelle toute la population à garder son calme, à recourir au Dialogue, et faire preuve de tolérance, d’humilité et de respect de l’autre conformément à l’article 7 du Code de Bonne Conduite.

Fait à Bangui le 24 mars 2005

Pour le Conseil Exécutif de la L.C.D.H.

Le Président,

Maître Nganatouwa NGOUNGAYE WANFIYO

Conférence de presse du groupe dit des Sages suivie du point de presse de la CEMI et du communiqué de presse de la Cour constitutionnelle de Transition (Source : ACAP)

Conférence de presse: déclaration liminaire du Groupe des Sages

(Acap) Déclaration liminaire du Groupe des Sages lue par Mme Samba Panza lors d'une conférence de presse tenue vendredi 18 mars.

Par courrier en date du 15 mars 2005, le Groupe des Sages a été saisi par l'Union des Forces Vives de lé Nation qui est le regroupement des Partis et Associations de Partis Politiques et 9 des candidats à l'élection présidentielle, d'un certain nombre de sujets de préoccupation relatifs au déroulement du scrutin du 13 mars 2005.

A la suite de cette saisine, le Groupe des Sages a jugé utile de rencontrer très rapidement le Comité de Crise de l'Union des Forces Vives de la Nation. Lors de cette rencontre qui a eu lieu le mercredi 16 mars 2005 au siège du Groupe des Sages, les points de préoccupations exprimées ont porté notamment sur:

1°)-la non remise des procès verbaux aux représentant des candidats -le non affichage des résultats dans les bureaux de vote

-la proclamation des résultats

2 °) des fraudes massives à travers le trafic des cartes d'électeurs et l'usage de fausses cartes d'électeurs

3 °) la nécessité d'une rencontre urgente de l'ensemble des acteurs nationaux et internationaux impliqués dans le processus électoral, en présence des médias afin de discuter de ces faits qui sont de nature à entacher la régularité du scrutin.

Le Groupe des Sages a ensuite rencontré, dans l'après-midi du jeudi 17 mars 2005, une délégation de la CEMI conduite par son Président. Au cours des entretiens avec la CEMI, le Groupe des Sages n'a pas manqué de soulever l'ensemble des sujets de préoccupations exprimés par l'Union des Forces Vives de la Nation concernant les diverses irrégularités constatées par elle lors du scrutin du 13 mars.

Au regard des enjeux du processus électoral en cours et du contexte actuel particulièrement sensible, le Groupe des Sages a recommandé à la CEMI de privilégier la communication et le dialogue afin de contribuer à l'instauration d'un climat de confiance. Il a également été recommandé à la CEMI de continuer à maintenir les conditions de la transparence favorables à l'acceptation par tous des résultats de ces élections.

Le Groupe des Sages a par ailleurs suggéré qu'une conférence de presse soit donnée par le Président dE la CEMI dans les jours qui suivent afin de situer l'opinion nationale et internationale sur l'ensemble des points techniques soulevés par l'Union des Forces Vives de la Nation.

Enfin, dans un esprit d'apaisement, le Groupe des Sages a jugé utile de faire la présente communication devant la presse nationale et internationale afin de rappeler à l'ensemble des acteurs de la vie politique et civile du pays, le respect de leurs engagements à :

-exercer leurs activités dans le strict respect de la constitution, du Code électoral, des lois et règlement en vigueur;

-oeuvrer pour un déroulement sans heurt du processus électoral dans le souci de garantir la cohésion nationale et la paix

-collaborer de bonne foi avec les institutions chargées des opérations électorales

-accepter et respecter les résultats des scrutins, après épuisement de toutes les voies de recours du

contentieux électoral, conformément aux dispositions du Code de Bonne Conduite

Bangui le 18 -03- 2005

Le groupe des sages

 

Source : Acap 19 mars 2005

Point de presse du président de la Cémi

Le président de la Cémi, M. Jean Willybiro Sako a tenu un point de presse vendredi soir. Ci-dessous son discours liminaire qui fait le point sur l'état d'avancement des dépouillements des scrutins présidentiels et législatives du 13 mars 2005.

La Cémi est heureuse de vous recevoir à son siège aujourd'hui pour faire un point de presse sur l'état d'avancement de ses travaux, sur l'examen des quelques problèmes rencontrés et sur ce que la Cémi entend faire d'ici les prochains jours pour permettre au peuple centrafricain qui attend avec impatience le résultat de ces élections souhaitées par toute la communauté nationale et internationale.

Peut-être dans les quinze jours, la Cémi arrivera aux fins de ses travaux et donnera les résultats globaux. Nous avons le plaisir de noter que les élections se sont déroulées dans les bonnes conditions sur l'ensemble du territoire; ce qui pour un pays enclavé; comme vous pouvez l'imaginer - n'est pas une mince affaire. Il fallait équiper et doter 4.143 bureaux de vote, attendre les quatre coins du pays ainsi que nos ambassades à l'étranger notamment dans les pays de la Cémac et la France.

A ce jour, je peux dire que près de 88% des résultats de l'ensemble du territoire nous sont déjà parvenus et stockés. Une bonne partie est déjà en cours de traitement. Nous sommes actuellement dans l'entente des résultats de nos ambassades et consulats quand bien même que des données sur ces élections nous ont été communiquées par voie de fax. Ce qui, pour la Cémi, n'est pas le mode légal de traitement. Donc, nous ne pouvons pas déjà annoncer par exemple ces résultats.

Nous allons donc donner les quelques résultats agrégés, c'est-à-dire la synthèse de certains résultats après un certain nombre des bureaux traités sur l'ensemble du territoire. Ensuite préfecture par préfecture. Et sous-préfecture par sous-préfecture. En précisant dès maintenant qu'il s'agit des résultats provisoires non définitivement traités.

Le dépouillement à ce jour se chiffre à près de 1.600 bureaux de vote, soit environ 40%. Mais le traitement informatique que nous allons communiquer, va porter sur environ 30% des résultats qui ont déjà été saisis à la machine. Nous comptons à la fin de la journée de demain arriver à environ 50% des bureaux de vote traités afin d'atteindre les 100% au milieu de la semaine prochaine. Ce qui fait partie du souci de la Cémi d'arriver à proclamer les résultats globaux dans un délai de 15 jours quand bien même que le Code Electoral amendé sur la base du protocole d'accord de Libreville ne fixe pas un délai limite à la CEMI pour proclamer ces résultats. Nous avons retenu volontairement cette durée de 15 jours qui est la reprise de l'ancien délai, anciennement conféré à la Cour Constitutionnelle pour la proclamation. Ceci dans un souci d'éviter de traîner en longueur pour susciter des interrogations et des supputations inutiles.

La méthode de travail utilisée à la Cémi pour parvenir à la fin de ces travaux est la suivante: Chaque jour de 5 heures à 2 heures, avec la contribution des experts internationaux du Pnud, et de l'Oif et des juristes nationaux, en présence des tous les candidats aux élections présidentielles, la Cémi travaille d'arrache pied pour arriver à dépouiller, traiter les différents résultats qui nous parviennent de différents coins du pays.

Communiqué de Presse de la Cour Constitutionnelle de Transition

La Cour Constitutionnelle de Transition, la haute institution juridique issue de la Constitution du 27 décembre 2004, est la seule juridiction compétente pour statuer sur les contentieux des opérations électorales (Articles 73, alinéa 4 de la Constitution).

C'est ainsi que, conformément à l'ordonnance N° 006.05 du 09 mars 2005 signée du Président de la Cour Constitutionnelle de Transition, Monsieur Marcel Malonga, les membres de cette juridiction sont depuis le 14 mars dernier en session.

Ils examinent en ce moment, en présence de leurs homologues du Gabon, du Bénin et de Madagascar les procès verbaux des circonscriptions électorales dont les résultats provisoires sont chaque jour publiés par la CEMI. Les différentes contestations qui affluent déjà au Greffe de la Cour Constitutionnelle de Transition, seront également étudiées au cours de cette session.

Mais, à la lumière de l'article 33 de l'Ordonnance N° 05.004 du 25 février 2005, nous tenons à rappeler aux éventuels requérants, que seul le candidat, son mandataire, le parti ou le groupement politique ayant présenté un candidat peut saisir la Cour Constitutionnelle de Transition d'une requête.

Etant entendu que les décisions de ladite Cour ne sont susceptibles d'aucun recours, les éventuels requérants sont informés que la Cour Constitutionnelle de Transition ne pourra valablement statuer su leur requête qu'après la proclamation générale des résultats du scrutin et qu'ils sont tenus de se conformer aux dispositions légales en vigueur.

 

Source : ACAP 19 03 2005

Collectif des Centrafricains en France
Association loi 1901 – J.O N°152 du 30.06.1984


COMMUNIQUE DE PRESSE
Sur les élections du 13 mars 2005 en Centrafrique


Le 13 mars 2005, le peuple centrafricain a participé massivement aux votes pour la désignation de ses futurs représentants à l’Assemblée Nationale ainsi que pour le choix d’un nouveau Président de la République.

Au lendemain immédiat du 13 mars 2005, il est apparu de l’avis général des observateurs (nationaux et étrangers), des partis politiques et des différents candidats que les opérations de votes se sont déroulées de manière globalement satisfaisante. 

Mais, suite à la proclamation des premiers résultats partiels des élections par le Président de la Commission électorale mixte indépendante (CEMI), des voix de plus en plus nombreuses commencent à s’élever sur des cas de fraudes ou de tentatives de fraudes au niveau de certains bureaux de votes ainsi que sur le risque d’un « hold up électoral ».

Devant plusieurs informations alarmantes sur les dérapages dans l’organisation de ces élections et les fraudes massives qui auraient été opérées tant à Bangui que sur l’ensemble du territoire national afin de truquer le résultat du vote émis par le Peuple, le Collectif des Centrafricains en France (CCF) voudrait attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur les risques graves d’un « Coup d’Etat Electoral » en Centrafrique.

Le CCF fait appel au sens patriotique et de responsabilité des différents acteurs politiques nationaux tout en les exhortant au respect scrupuleux du vote populaire et des règles démocratiques seuls gages de légitimité et de crédibilité durables.

Le CCF met en garde contre le fait que, si le résultat définitif de ces élections ne reflète pas la volonté réellement exprimée par la majorité des centrafricains, le pays ira tout droit vers une nouvelle catastrophe humaine, militaire, économique avec le risque réel d’une implosion nationale comme en Somalie et ses conséquences désastreuses sur l’ensemble des pays de la sous-région de l’Afrique centraleL

Paris, le 18 Mars 2005,

Sylvain DEMANGHO

Président du CCF

Contacts 

Téléphone : 06 88 64 40 61 

Mail : collectif-des-centrafricains@wanadoo.fr

REGARD JURIDIQUE ET POLITIQUE SUR LA REVOCATION DU VICE-PRESIDENT ABEL GOUMBA PAR DECRET N°05.062 DU 15 MARS 2005.
(Libre antenne 25/03/2005)


Par le Décret n°05.062 du 15 mars 2005, le Président François BOZIZE a procédé à la révocation du Vice-président Abel GOUMBA. Ce dernier, à la faveur du coup d’Etat militaire du 15 mars 2003 perpétré par le Général BOZIZE, s’est vu confier le poste de Premier Ministre jusqu’au 11 décembre 2003. Son limogeage de la Primature était intervenu le 11 mars 2003 alors qu’il s’apprêtait à présenter le lendemain (12 décembre) son Programme de Politique Générale au Conseil National de Transition qui avait rejeté une précédente mouture le 5 novembre de la même année par 37 voix contre 17. Limogé de la Primature, GOUMBA fut automatiquement promu Vice-président de la République. Certains voyaient dans cette promotion honorifique, la ruse du Général BOZIZE voulant prévenir une éventuelle vengeance politique du vieux militant socialiste ; d’autres estimaient que BOZIZE voulait éliminer dans l’œuf une éventuelle redoutable candidature de l’opposant historique à la présidentielle devant intervenir plus tard pour mettre un terme à la transition dite consensuelle ouverte par le coup de force du 15 mars 2003.

Candidat malgré tout aux élections présidentielles du 13 mars 2005, comme on pouvait s’y attendre, GOUMBA se voit infliger un véritable camouflet par BOZIZE alors que les premiers résultats bruts partiels publiés par la CEMI placent BOZIZE largement en tête dans quelques bureaux de vote de la capitale Bangui. Aussi surprenant que celui puisse paraître, cette révocation du Vice-président est juridiquement entachée d’illégalité criante et retentissante d’une part, et politiquement lourde de sens d’autre part. Se séparer de la sorte de quelqu’un qui a apporté inconditionnellement et sans équivoque son soutien et la caution démocratique au coup d’Etat du 13 mars 2003 en choisissant à la surprise générale des démocrates du monde entier d’y voir plutôt un « sursaut patriotique », « une révolution » nous laisse interrogateur. Prix d’une trahison politique ou simple coup d’humeur ? De toute façon, la révocation a eu lieu, quid de sa motivation présidentielle et des conséquences politiques de l’acte ?

En tout cas, l’hypothèse d’un accord de volonté entre BOZIZE et GOUMBA avant la signature de ce Décret n°05.062 du 15 mars 2003 est absolument à écarter. Quel que fut le degré de défiance entre BOZIZE et GOUMBA, celui-ci pouvait à la rigueur rendre de lui-même ou à la demande du Président de la République, son tablier ; eu égard non seulement à son âge (respect envers les vieux oblige en Afrique) et surtout à ses longues années de lutte pour la démocratisation du pays, GOUMBA ne méritait pas un tel sort. Tout de même, avec cette neutralisation de GOUMBA par BOZIZE, il ne fait point de doute que c’est la fin d’une longue carrière politique de celui qui est incontestablement considéré comme le Doyen des hommes politiques de la République à l’heure actuelle. Dans cette hypothèse, une question non moins sérieuse se pose à nous, celle du remplacement de la bibliothèque qui brûle au sein du Front Patriotique du Progrès.

I/ DE L’ILLEGALITE RETENTISSANTE DE LA REVOCATION DU
VICE-PRESIDENT ABEL GOUMBA


On pensait que l’impossible soumission de l’Etat au droit dans le cadre de l’Etat de police par la volonté de puissance du prince qui ne veut agir que selon son bon plaisir ou ses humeurs était révolue. La révocation de GOUMBA de la Vice-présidence de la République nous donne tort de penser ainsi.

Dans le cadre de l’Etat de Droit, le pouvoir politique est encadré juridiquement par les règles du droit constitutionnel qui régit son organisation et détermine les buts. Les autorités administratives doivent aussi respecter le droit. L’administration en conséquence ne peut agir qu’en application de la loi et doit la respecter. Ce principe de légalité doit s’appliquer dans notre pays en tant qu’Etat de Droit puisque doté d’une Constitution, désormais celle du 27 décembre 2004 adoptée par référendum le 5 novembre 2004. L’irrégularité du texte réglementaire ici décriée (1) ne peut malheureusement pas être sanctionnée devant le juge administratif pour annulation à cause de sa nature d’acte de gouvernement (2)

1) L’irrégularité du Décret n°05.062 du 15 mars 2005

La révocation de GOUMBA viole de manière flagrante les dispositions de la Constitution du 24 décembre 2004. En effet, l’article 109 de cette Constitution dispose : « Les institutions issues des Actes Constitutionnels 1 et 2 du 15 mars 2003 et n°3 du 12 décembre 2003 restent en place jusqu’à l’investiture du Président de la République et à l’installation de l’Assemblée Nationale issus de la présente Constitution ». Ce qui signifie que la Vice-présidence en tant qu’une des institutions de la Transition créée par le même BOZIZE n’a pas à être supprimée ou précipitée au fond du fleuve Oubangui. A moins qu’il nous soit prouvé par des interprétations débridées que la Vice-présidence n’est pas une institution créée pendant la transition dite consensuelle. Chose qui n’est pas simple ! Le Vice-président comme toutes les autres institutions doivent rester en place jusqu’à l’investiture du Président de la République qui sera issu du processus électoral en cours. Lorsque l’investiture interviendra, le Président de la République et le Vice-président de la République de la Transition disparaîtront ipso facto sans qu’il soit besoin pour le nouveau Président de prendre des Décrets. Seule l’investiture du Président de la République emportera l’institution qu’est la Vice-présidence. Quant au Conseil National de la Transition, c’est l’installation de l’Assemblée Nationale issue du processus électoral en cours qui signera l’acte de décès de cette institution de la Transition. Enfin, la Cour Constitutionnelle de Transition avalera son acte de décès avec la désignation et la prestation de serment des futurs membres de la Cour Constitutionnelle.

Ainsi le Communiqué Présidentiel lu sur Radio Centrafrique le 15 mars 2005 par Alain Georges NGATOUA à propos du limogeage de GOUMBA ne fournit aucun argument juridique convaincant. Est inopérant l’argument selon lequel : « En effet, avec la promulgation le 27 décembre 2004 de la nouvelle Constitution de la République, la fonction de Vice-président de la République n’avait plus lieu d’être, la transition ayant été conduite à son terme, les élections présidentielles s’étant tenues le 13 mars 2005, il appartenait donc au chef de l’Etat de régulariser cet état de fait ». La Transition n’est pas arrivée à son terme. Sinon pourquoi alors les autres institutions sont toujours en place à commencer par le Président de la Transition, ensuite le Conseil National de la Transition, le Premier Ministre de la Transition ainsi que la Cour Constitutionnelle de la Transition ? La période de la Transition ouverte par le coup de force du 15 mars 2003 prendra juridiquement fin avec l’investiture du Président de la République qui sera issu du processus électoral en cours.

S’il est entendu que la révocation de GOUMBA de la Primature le 11 décembre 2003 était juridiquement régulière, il n’en va de même de son éviction de la Vice-présidence. A titre de précision, il est une règle en droit public, celle du parallélisme des formes qui veut qu’une décision prise par une autorité dans des formes déterminées ne puisse être anéantie par elle qu’en respectant les mêmes formes. C’est un principe d’application générale en Droit Public qui en l’espèce c'est-à-dire dans le cas de GOUMBA est absolument inopérant. En effet dans le cas d’espèce, le Président BOZIZE se trouve totalement dessaisi du pouvoir de révocation de GOUMBA et ceci au regard de la Constitution du 27 décembre 2004. Le Décret n° 05.062 du 15 mars 2005 au regard des dispositions transitoires et finales de la Constitution du 27 décembre 2004 doit être regardé comme dépourvu de base juridique et entaché du vice d’incompétence. Ce fameux Décret constitue un excès de pouvoir, une violation retentissante et coupable de la Constitution. Aucune disposition de la Constitution n’autorisait la prise d’un tel texte. En temps normal, dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir c'est-à-dire du contrôle juridictionnel, ce Décret entaché du vice d’incompétence de la part de son auteur serait annulé et réputé n’être jamais intervenu. Mais ce Décret n’est pas attaquable devant le juge bien qu’inconstitutionnel et illégal ; il bénéficie d’une immunité juridictionnelle du fait de sa nature « d’acte de gouvernement ».

2) L’immunité juridictionnelle Décret n°05.062 du 15 mars 2005en tant
qu’acte de gouvernement


Ce Décret, bien que pris par un organe administratif (le Président de la République) n’est pas un acte administratif classique. C’est un acte de gouvernement. Les actes de gouvernement, malgré leur forme d’actes administratifs, souvent décrétale, échappent au recours juridictionnel : actes mettant en cause les rapports du Gouvernement avec les organisations internationales et les Etats étrangers d’une part et actes non déconnectés des rapports entre les pouvoirs publics constitutionnels (c’est le cas du Décret que nous analysons). Sont par exemple considérés comme actes de gouvernement et insusceptibles de tout recours, la décision du Président de la République de recourir aux pouvoirs publics exceptionnels prévus par la Constitution, Décret portant dissolution de l’Assemblée Nationale, décision soumettant un projet de loi au référendum, nomination d’un membre de la Cour Constitutionnelle. Ces actes apparaissent aux yeux du juge comme actes politiques par leur objet ou actes ayant des mobiles politiques. Nous estimons pour notre part que s’il est de principe que les actes de gouvernement ne peuvent donner lieur à aucun recours contentieux, alors qu’ils statuent sur les droits individuels, la sphère à laquelle appartient cette qualification ne saurait s’étendre arbitrairement au gré des gouvernants comme en l’espèce.
Ce Décret est à vue d’œil un acte administratif classique (acte juridique, modifiant l’ordonnancement juridique et ayant un caractère exécutoire). Au regard des principes du droit administratif positif, ce Décret est un acte de gouvernement. Pour notre part, eu égard à la violation retentissante de la Loi Fondamentale, la théorie de l’acte de gouvernement doit être écartée, ce qui aura pour effet de considérer que le Décret n°05.062 du 15 mars 2005 est un acte administratif classique susceptible d’être attaqué par le sieur GOUMBA. Le fait du prince n’a pas sa raison d’être dans un Etat de Droit. Il n’y a pas de sanctuaire ni de zone de non droit dans une République.

Dès lors que la thèse de la promulgation de la nouvelle Constitution le 27 décembre 2004 est écartée, il faut donc rechercher ailleurs les motifs de l’éviction du professeur Abel GOUMBA.

II/ LA REVOCATION DE GOUMBA COMME REVELATEUR D’UNE
CRISE ENTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET SON VICE.


L’amitié politique nouée depuis le 15 mars par BOZIZE et GOUMBA vient de prendre totalement fin, le divorce est consommé sûrement à cause d’un profond désaccord (1). Aussi, on peut conclure pratiquement à une fin de carrière politique de GOUMBA (2).

1) La très fort probable crise de confiance, fait justificatif de la révocation

BOZIZE, après son coup de force du 15 mars 2003, en mal de légitimation nationale et de reconnaissance internationale fit appel à GOUMBA, l’opposant historique, militant intrépide et valeureux de la démocratie socialiste, pour trôner à la Primature et ensuite à la Vice-présidence de la Transition. Mais GOUMBA n’a pas daigné passer complètement dans le camp Bozizéen comme celui-ci le souhaitait selon toute vraisemblance pour bien tracer les pistes et remporter le moment venu la médaille d’or du « 100 m plat ». GOUMBA est un vieux athlète bien entraîné, il a couru plusieurs fois sans remporter la belle médaille tant convoitée ; PATASSE qui était le plus rapide de tous en 1993 et 1999 avait battu tout le monde y compris GOUMBA ; PATASSE n’étant plus là, GOUMBA redevient favori, d’où les tentatives de le dissuader d’être sur la ligne de départ. Ainsi, après la victoire de BOZIZE, il y’aurait partage du butin avec GOUMBA. Celui-ci n’entendra pas les choses de cette oreille et se présentera à la grande compétition nationale contre celui qui lui accorda des postes juteux et honorifiques tant convoités par les acteurs de la transition consensuelle. Auparavant, GOUMBA aura adressé un sévère mémorandum à l’attention de son bienfaiteur et ami politique, se sera joint aux candidats recalés pour exiger l’annulation de la décision de la Cour Constitutionnelle de Transition du 30 décembre 2004 et la dissolution de l’institution accusée de partialité avérée en faveur du candidat BOZIZE ; la goutte d’eau qui a fait déborder le vase c’est le fait que l’opposant historique d’obédience socialiste se soit joint à l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) le 13 mars pour dénoncer les irrégularités ayant émaillé le scrutin. Trop c’est trop ! Le Président BOZIZE décidera alors d’asséner un coup politique fatal à GOUMBA en lui faisant tomber sur la tête un Décret. Celui-ci s’en remettra t-il, réagira t-il pour laver l’affront ou le camouflet ? A coup sûr, le limogeage de GOUMBA de la Vice-présidence apparaît comme un acte maculé d’un désir de vengeance politique du fait de la « trahison » subie ou un acte relevant d’un coup d’humeur. Il ne fait point de doute à nos yeux que l’éviction de GOUMBA laisse transparaître une certaine crise ou défiance entre les deux têtes de l’exécutif de la transition. C’est dommage pour la République que cette crise soit résorbée de la sorte au mépris scandaleux des institutions républicaines. Les dirigeants ne doivent pas gouverner selon leurs sentiments ou humeurs mais plutôt dans le strict respect des lois de la République. Ce qui s’est passé n’est pas juridiquement légal et politiquement correct. Cela donne une valeur opérationnelle aux préceptes politiques machiavéliques tant décriés. Machiavel exalte dans son ouvrage « Le Prince » la ruse de Cesar Borgia qui fit appel à Messire d’Orque, homme cruel et expéditif pour pacifier la Romagne en proie à des troubles divers ; quand le pays fut redevenu calme, Messire d’Orque fut remercié d’une drôle de manière sur la place publique. En l’espèce, GOUMBA était bien indiqué pour donner une caution démocratique nécessaire au coup de force du 15 mars 2003, le pays remis sur la voie démocratique, il n’a plus sa raison d’être ; c’est ce que semble dire tout bas le communiqué présidentiel qui a suivi quelques heures pour apaiser l’opinion nationale. La « renardise politique » consiste ici à s’être offert les services de GOUMBA, la caution démocratique nécessaire pour purifier le changement du 15 mars 2003 jusqu’au processus électoral en cours déclenché le 26 février avec la campagne et matérialisé le 13 mars 2005 par le double scrutin des présidentielles et législatives. On peut très légitimement s’interroger sur la question de savoir pourquoi avoir attendu les premiers résultats bruts partiels de quelques bureaux de vote de Bangui apparaissant dérisoires pour GOUMBA et la signature par GOUMBA du communiqué de l’UFVN dénonçant les fraudes massives entachant le vote du 13 mars dernier pour le limoger ? La signature du communiqué de l’UFVN par GOUMBA aurait indubitablement été perçue par le Président BOZIZE comme une « trahison » d’où la réplique cinglante, sèche et immédiate par Décret, acte qui au regard du droit est parfaitement irrégulier au point d’être inexistant.

Il y’avait une alternative possible, constitutionnelle et politiquement correcte ; sur le plan juridique mieux constitutionnel, rien n’obligeait GOUMBA à démissionner du fait de la promulgation de la nouvelle constitution le 27 décembre 2004, sinon il aurait fallu le faire immédiatement, dans les meilleurs délais par exemple au plus tard soixante douze heures après la promulgation de la dite Constitution et non trois mois après (15 mars 2005).

Mais vu sous l’angle strictement politique, eu égard à la crise ou la défiance entre le Président BOZIZE et son Vice, ce qui aurait du se passer à la rigueur pour paraître non pas politiquement correct mais politiquement moins choquant aux yeux de l’opinion était de laisser le soin à GOUMBA de démissionner de lui-même, eu égard au caractère honorifique de la fonction. La révocation qui a eu lieu est loin d’être honorable pour GOUMBA.

2) Une fin de carrière politique tout de même inquiétante pour le FPP pour
défaut de préparation de la relève



Honorable ou pas, constitutionnelle ou pas, politiquement correcte ou pas, la révocation est là. L’obus politique largué sur « Monsieur Mains Propres » lui est fatal. Au vu des premiers résultats bruts partiels, les suffrages recueillis par le témoin oculaire ab initio de la naissance de notre République et de son cheminement tortueux jusqu’à nos jours sont dérisoires à en croire la CEMI. Si cela devrait se confirmer, GOUMBA sera complètement essoufflé et anéanti sur le plan politique. Usé par l’âge, GOUMBA le vieux militant socialiste, l’opposant historique, ne pourra plus briguer la magistrature suprême en 2010. Il quitte la scène politique sans avoir personnellement atteint le but ultime et légitime de tout combat politique qui est la conquête et l’exercice du pouvoir. Son parti pourrait y arriver un jour mais les choses ne seront pas si simples pour la simple raison que le leader apparemment inamovible jusque là n’a pas préparé sa relève, on peut l’affirmer sans risque de se tromper. Qui portera désormais l’étendard du FPP ? Chacun peut y répondre à son aise. Certains, dont sûrement les partisans du FPP nous opposeront qu’il y’ a des jeunes et cadres prêts à assurer la relève. Mais nous leur rétorquerons ensuite que le FPP comme la plupart des partis politiques en Centrafrique s’identifient à leurs présidents fondateurs (cas du MDD avec feu DACKO, du RDC avec KOLINGBA, etc.). Tous les partis doivent préparer des jeunes militants bien imprégnés de leurs idéologies et d’un sens élevé du patriotisme, en les responsabilisant à des postes clés pour les rendre capables d’assurer la relève. Nul n’est indispensable ni éternel, les hommes passent mais les institutions restent, d’où l’obligation ci-dessus soulignée à la charge de nos différents leaders ; ce qui aurait le mérite non seulement d’éviter ultérieurement à leurs formations des éclatements ou des querelles de personnes mais aussi de ne pas produire des aventuriers de tous poils ou des hurluberlus politiques ; cela ferait le bonheur de la République. Tous ceux de nos dirigeants qui ne s’accorderaient pas une telle charge seraient assimilés aux fervents partisans de la sinistre théorie « Après moi c’est le déluge ».




Nous terminerons notre propos en faisant remarquer ceci : qu’il y’ait eu entre le Vice-président et le Président de la République une certaine crise de confiance, cela importe peu à nos yeux de juriste pointilleux sur le respect des principes républicains ; mais qu’il y’ait eu au contraire un dédain avéré des institutions républicaines, un excès de pouvoir, une violation criante et retentissante de la Loi Fondamentale à peine adoptée souverainement par le peuple nous paraît inquiétant et extrêmement surprenant. Notre gorge juridique n’est pas disposée à avaler de telles pilules. Notre devoir de juriste nous impose de nous élever contre de telles dérives. Tout comportement ou acte, d’où qu’il vienne, qui ne soit pas conforme à l’esprit que nous nous faisons de notre République, celle chèrement acquise par notre Père BOGANDA, serait systématiquement passé au feu de nos critiques juridiques. Ou on est en République démocratique (c’est notre conviction en tout cas), ce qui nous donne le droit de nous exprimer librement et de résister à toute pratique incorrecte au regard des principes qui nous gouvernent ; ou on n’est pas en République c'est-à-dire dans une République bananière où les citoyens sont complètement muselés.

Tout ce que nous demandons c’est que notre Père BOGANDA puisse ressusciter politiquement à travers un des fils de la République Centrafricaine car nous avons marre d’être à la traîne sur tous les plans au niveau sous régional, régional et international et d’être la risée des autres nations qui nous entourent. Cessons de croire que les Centrafricains sont les damnés de la terre et espérons, mettons nous au boulot pour que notre pays redevienne un havre de paix pour tous, un Etat où tous cohabiteront sans se regarder en chiens de faïence, sans désir de vengeance, sans mutineries et rebellions, sans coups d’Etat, sans arriérés de salaires et de bourses, sans exilés à l’étranger, sans sida, sans une justice à plusieurs vitesses, avec un bon réseau routier, complètement désenclavé sur le plan interne et externe, de l’eau potable pour tous, l’éducation pour tous, une santé gratuite pour tous, le respect de l’environnement pour notre postérité, avec au moins 1000 F CFA par jour pour tous, des artistes et de grands sportifs portant haut l’étendard de la patrie, avec une intelligentsia au service de la prospérité nationale par la réflexion et l’action, des dirigeants serviteurs et représentants de tous les centrafricains et non simplement de leurs partis, ethnies et régions, bref la République Centrafricaine telle que conçue et proclamée par notre Père BOGANDA.

ERENON Dominique Désiré, Doctorant en Droit Public.

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Centrafrique: en attente des résultats, l'opposition crie à la fraude

BANGUI (AFP) - mercredi 16 mars 2005 - 13h36 - Les premières tendances du premier tour des scrutins présidentiel et législatifs centrafricains de dimanche tardent à se dessiner mais alimentent déjà la fronde de l'opposition, qui accuse le président sortant François Bozizé de préparer un "hold-up électoral".

Comme la veille, le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) Jean Willybiro-Sako a patiemment énuméré mardi soir devant la presse les résultats de la consultation présidentielle recensés dans une nouvelle série de bureaux de vote de Bangui.

Au total, moins du tiers des quelque 900 bureaux de la capitale centrafricaine ont rendu leur verdict, sans qu'il soit encore possible d'en extrapoler une estimation nationale fiable et encore moins d'identifier les qualifiés pour un éventuel second tour. A la "lumière" de ces chiffres partiels sortis de six arrondissements banguissois semble toutefois émerger un tiercé composé, dans le désordre, du général Bozizé, de l'ex-président André Kolingba, du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) et de l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, soutenu par le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) de l'ex-président Ange-Félix Patassé.

Même maigres, ces résultats ont suffi à faire dégainer les principaux adversaires du chef de l'Etat, qui ont dénoncé mardi soir, comme en janvier avant la signature des accords de Libreville qui les ont réintégrés dans la course présidentielle, une tentative de "hold-up up électoral". "L'organisation des élections législatives et présidentielle est déjà entachée de nombreuses et graves irrégularités, de nature à conduire au rejet des résultats", ont-ils clamé dans un communiqué commun publié au nom de l'Union des forces vives de la Nation (UFVN).

S'étonnant que "le candidat Bozizé (soit) presque premier partout (selon les résultats partiels), même dans les régions où il a été hué et chassé pendant la campagne électorale", la coalition de l'opposition a clairement mis en garde "le candidat Bozizé des conséquences prévisibles du hold-up électoral qu'il se prépare à imposer par la force des armes". Avant d'appeler la population à se mobiliser pour "rejeter le vol, l'humiliation, et la honte que nous prépare le général Bozizé" et "barrer la route à la mascarade électorale qui s'organise"...

La révolte des rivaux du général Bozizé a reçu le soutien inattendu d'une partie des 300 observateurs du scrutin, qui a pris ses distances avec le diplôme démocratique décerné par ses collègues en évoquant des dysfonctionnement susceptibles de jeter le doute sur sa régularité. "Nous avons fait le constat de certaines insuffisances dans l'organisation des scrutins et l'exécution des tâches des membres des bureaux de vote qui, à nos yeux, peuvent entacher d'irrégularité les résultats des élections", a dit Godefroy Mokamanédé, du Groupe d'étude et de recherche sur la démocratie et le développement économique et social en Afrique (Gerddes), au nom des observateurs nationaux.

S'il a bien relevé quelques "insuffisances", le communiqué commun des observateurs publié mardi soir a conclu que le double scrutin de dimanche pouvait être considéré comme "libre, fiable, équitable et transparent". La Cemi, qui s'est donnée quinze jours pour proclamer l'ensemble des résultats du premier tour, devait livrer mercredi soir une nouvelle série de chiffres partiels. Les rivaux du général Bozizé se sont, eux, retrouvés dès le début de l'après-midi pour passer au crible les chiffres communiqués la veille et, le cas échéant, organiser leur fronde.

Centrafrique : le traitement des résultats des élections s'annonce long

BANGUI (AFP) - mardi 15 mars 2005 - 17h51 - Le long travail de traitement des résultats du premier tour des scrutins présidentiel et législatif centrafricains s'est poursuivi mardi à la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), tandis que les adversaires du président François Bozizé ont dénoncé des fraudes.

Aucun résultat significatif n'était toujours disponible mardi, quarante-huit heures après la double élection de dimanche.

Les seuls "résultats provisoires partiels" du premier tour de la présidentielle ont été publiés lundi et ne portaient que sur 32 des 900 bureaux de la capitale, Bangui.

La tâche s'annonce particulièrement fastidieuse pour la Cémi, qui s'est donnée quinze jours pour proclamer des résultats définitifs. Pendant la journée de lundi, l'organisme n'a ainsi pu "traiter" que 32 des quelque 4.000 bureaux de vote répartis sur tout le territoire de la République centrafricaine (RCA).

De plus, le protocole d'application de l'accord de Libreville, qui a mis fin en janvier à la crise ouverte le 30 décembre après l'invalidation par la Cour constitutionnelle de sept des douze candidats à la présidentielle, impose à la Cémi de publier les résultats bureau par bureau.

Énoncer devant la presse les résultats des 32 premiers bureaux, a demandé lundi soir 45 longues minutes au président de la Cémi, Jean Willybiro-Sako.

Même respectée à la lettre, cette procédure de publication des résultats a suscité les critiques de certains adversaires du président sortant, François Bozizé, qui se sont étonnés que le nombre des inscrits, des votants, des suffrages exprimés et des bulletins nuls n'ait pas été communiqué par le président de la Cémi.

L'Union des forces vives de la Nation (UFVN), le front anti-Bozizé formé en janvier dernier par les candidats "recalés" à la présidentielle, s'est réunie mardi à Bangui pour pointer du doigt les ratés des scrutins.

"Nous ne sommes pas contents car la Cémi dit que tout s'est bien passé, ce qui n'est pas vrai", a expliqué à l'AFP un des membres de l'UFVN, l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé, candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), parti de l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé le 15 mars 2003 par François Bozizé.

M. Ziguélé a cité plusieurs dysfonctionnements, parmi lesquels le fait que les représentants des candidats dans les bureaux n'avaient pas reçu de copie du procès verbal de dépouillement "comme le prévoit le Code électoral" et que des enveloppes contenant les résultats et les bulletins de certains bureaux étaient arrivées décachetés à la Cémi.

Le rival de M. Bozizé a également affirmé que des "fraudes et intimidations" avaient émaillé le scrutin et a estimé curieux que le président sortant soit arrivé en tête dans tous les bureaux de Bangui dont les résultats ont été publiés.

"Plusieurs personnes ont été arrêtées dimanche avec des centaines de cartes d'électeurs (...), le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC, de l'ex-président André Kolingba, également candidat) a saisi un sac plein de bulletins déjà cachetés à Bangui", a-t-il assuré.

"Il y a deux choses dont je suis convaincu. Un, Bozizé ne peut pas gagner au premier tour et deux, le MLPC ne peut être absent au second tour", a-t-il déclaré à l'AFP. "Si ces deux choses ne se vérifient pas, alors ce ne sont pas des élections" régulières, a-t-il estimé.