Le
problème de la restructuration d’une classe politique en perpétuelle
évolution est au cœur de ces élections. Peut être que ce phénomène
interne à la classe dirigeante centrafricaine prendra de l’ampleur en
fonction de la dynamique des évènements.
Personne
pourtant ne se doute que ces
élections avaient entre autre ambitions, le redémarrage du processus
de la bonne gouvernance qui nous sauvera de la banqueroute économique.
Beaucoup de dossiers sont sur la table qui attendent qu’on s’y
consacre totalement sans heurts politiques pendant une législature pleine
au moins
Or
si la classe dirigeante n’arrive pas à son but premier, celui de se répartir
les forces et identifier les pôles de pouvoir, la suite des évènements
peut en pâtir. Depuis 1960, l’Etat est en proie à une délocalisation
interne du pouvoir même si les formations intellectuelles seules groupes
alternatives tentent maladroitement de s’imposer.
Ce
qui se passe en côte d’ivoire relève aussi d’une évolution où une
nouvelle classe dirigeante se cherche et dont on voit que la société en
générale en pâtie singulièrement. Ces moments de crise de légitimité
du processus politique où la révolution atteint l’organisation de l’élite
nationale peuvent déboucher soit sur une nouvelle alliance prometteuse
du renouveau démocratique( la révolution française de 1789), soit sur
une voie de garage avec le retour en force d’une justification du
nouveau pouvoir militaire.
Le
problème de la complexité du processus démocratique centrafricaine
vient de là. Comment donner corps à un ordre d’ouverture
institutionnelle que réclame la communauté nationale épuisée par la
crise depuis 40 ans quand l’acteur principal qu’est l’élite
dirigeante porteuse de cette conviction est en petite forme. Comment associé
un géant l’État-nation,
avec un nain politique. Comment déployer la capacité économique d’un
pays avec une administration moribonde sans géni de l’autorité.
Comment projeté un avenir planifié dans le cadre de la mondialisation
avec une « élite mangeoiriste » véritable dérive de la
marginalisation collective.
La
transition gaullienne de 1958, quand le système parlementaire sombrait
dans la crise a survécu grâce à la légitimité historique de l’homme
DE GAULLE . Il arrive ainsi que les institutions nationales
s’appuient sur un homme, appelé l’homme providentiel pour contourner
les difficultés du moment, permettre un fonctionnement normale de la
puissance publique dont dépend une bonne gouvernance de la société.
Boganda
dans sa définition historique, est un homme providentiel. Boganda avait
cette capacité unique d’inspirer la démocratie de notre pays par sa
disposition d’esprit ouvert, il légitimait le processus institutionnel
pendant la loi cadre, il projetait la nouvelle société dans un programme
économique dont les experts reconnaîtront la viabilité selon la vision
qu’il a donné des états unis d’afrique.
L’avons-nous
aujourd’hui cet homme providentiel pour saucer la centrafrique ?
Sera t'il l'homme de rassemblement, d'ouverture, de vision
prospective, et enfin protègera t'il notre population fragilisée!!!
La
question se pose d’autant plus qu’en plus du travail de l’élite sur
elle même pour se définir, il y aussi la crise des partis. On a vu le mélange
dans ces élections de l’amateurisme présidentiel, le renforcement des
bases ethniques, l’individualisme des petits partis, la division des
partis « majeurs », la corruption du vote ... Toutes les
marques d’une nation privée de vision d’avenir. C’est ici que les
intellectuels doivent faire leur œuvre de recadrage pour aider à
redonner une squelette idéologique au processus de modernisation inéluctable.
Si
comme l’affirme le matérialisme historique, l’histoire des hommes est
l’histoire des luttes de classe , l’histoire de l’Afrique dans un
impérialisme global ne donne aucune indication quant à une sédimentation
des classes traversées par les nouvelles idéologies de l’écologie et
du développement durable. Cet affaiblissement de l’élite annonce
t’il la persistance d’un état faible en centrafrique ?
VIVE
LE CENTRAFRIQUE MODERNE AVEC LE FODEM !
FODEM FRANCE
MBALANGA JEAN
1er vice Président
E-mail : j.mbalanga@fodem.org