Plus de 18.000 personnes fuient les "coupeurs de route" au Cameroun

Les ex libérateurs font parler d’eux à nouveau dans le Nord Ouest du pays.

BOSSEMBELE : Onze enfants peulhs, enlevés par les coupeurs de route qui réclament une rançon de 500.000 FCFA par enfant
A. Kpoloton


 

Plus de 18.000 personnes fuient les "coupeurs de route" au Cameroun

YAOUNDE (AFP) - jeudi 14 avril 2005 - 20h50 - Plus de 15.000 Camerounais et 3000 Centrafricains ont fui leurs villages après les attaques des "coupeurs de route", ces bandits de grand chemin qui sévissent au nord-est du Cameroun, a indiqué jeudi à l'AFP le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

"La situation est sérieuse et mérite d'être prise en compte, notamment par la mise en place de moyens de réaction et d'une assistance humanitaire", a fait valoir le représentant du HCR Jacques Franquin, à l'issue d'une mission dans les villages de Djohong et Ngaoui (800 km au nord-est de Yaoundé).

Depuis quelques mois, des anciens combattants centrafricains tuent, pillent et prennent des otages dans cette région frontalière de la Centrafrique, les pasteurs bororos étant les premières victimes de ces exactions. Fuyant l'insécurité des campagnes, les villageois trouvent refuge en ville.

"Ils ont commencé par terroriser les populations à l'ouest de la Centrafrique et ont poussé 3000 Centrafricains à se réfugier au Cameroun avant même de les suivre pour poursuivre les exactions en terre camerounaise", a témoigné le gouverneur de l'Adamaoua, Joseph Noutsa, précisant que "les pouvoirs publics ont commencé à renforcer les mesures de sécurité".

Selon une source locale, "il s'agit d'une véritable armée composée d'éléments puissamment armés et équipés d'armes sophistiquées et d'appareils de communication qui détient pour l'heure en otage en territoire centrafricain plus de 50 personnes dont 21 enfants".

Ce pays d'Afrique centrale de près de 16 millions d'habitants a également connu ces dernières semaines plusieurs attaques de "coupeurs de route" dans l'ouest et le nord du pays.

Les ex libérateurs font parler d’eux à nouveau dans le Nord Ouest du pays.

De source digne de foi, plus d’une centaine d’ex libérateurs, sous le couvert de « zaraguinas » ont fait irruption à Bohong, une localité située entre Bouar et Bocaranga, dans l’Ouham Pendé. Ces éléments, lourdement armés, viendraient de la région entre le Cameroun et le Tchad. Leur objectif : perturber le second tour des présidentielles, dans l’espoir d’empêcher l’élection du candidat Bozizé.

Il n’y a pas eu de victimes, mais de nombreux pillages. La route entre Bouar et Bocaranga est coupée à la circulation. Un important détachement militaire est envoyé sur les lieux.

FODEM - 11/04/2005

LE CITOYEN N°2142 DU VENDREDI 08 AVRIL 2005

BOSSEMBELE : Onze enfants peulhs, enlevés par les coupeurs de route qui réclament une rançon de 500.000 FCFA par enfant
A. Kpoloton

Depuis que la campagne électorale a commencé, les coupeurs de route ont observé un " cessez le feu " sur les principaux axes routiers de la république centrafricaine. Quelques coups de feu sporadiques se sont fait entendre au Centre et au Nord du pays, mais n'ont pas empêché les organisations internationales de circuler librement. Subitement, les opérations " Zaraguinas " ont repris de plus bel sur toutes les routes principales et secondaires, voire les pistes qui mènent aux champs ou aux sources d'eau potable.

Dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 avril, des coupeurs de route ont enlevé onze enfants peulhs au village Yérémon, à 10 km de Bossembélé, sur le tronçon Yaloké. Enfants pris en otage pour réclamer une rançon de 5.500.000 Fcfa, à raison de 500.000 F par enfant. La présence des Zaraguinas dans ces localités a été à chaque fois signalée au détachemet des Forces Armées Centrafricaines (FACA) installé à 10 km de Bossembélé, mais qui se montre presque inactif.

Selon notre correspondant dans la région, ces éléments des FACA craigneraient une défaite devant ces coupeurs de route surarmés, possédant parfois des armes plus sophistiquées que notre Armée Nationale. En plus de cela, ces éléments des FACA disent qu'ils sont tous pères de famille et ne veulent pas prendre le risque devant cette espèce de coupeurs de route qui ne s'attaque qu'aux peulhs et empêche ainsi les autochtones de se rendre au champ ou à la chasse.

Que faire dans une telle situation ?

Impossible de répondre, sinon que la balle reste toujours dans le camp de nos Forces Armées, formées et restructurées pour défendre le peuple centrafricain dans des moments aussi difficiles que vivent les habitants de Bossembélé, de la Mbi, de Ndjoukou et un peu partout sur le territoire national…

CENTRAFRIQUE : DOGO EN LIBERTÉ, L'IMPUNITÉ DEVIENT UNE VERTU
En septembre 2004, le sous-lieutenant Célestin Dogo avait odieusement assassiné les ex-libérateurs Alfred Mamadou et Apollinaire Marzanne pour des raisons qui échappent à l’opinion publique.
ODETTE TCHAMA RACONTE COMMENT SON MARI A ETE ABATTU PAR L’OCRB
Lonkoy Stéphan, un braqueur? Aucune enquête n’a été menée pour déterminer avec certitude s’il l’était vraiment. Abattu par les éléments de l’Office Centrafricain de Répression du Banditisme (OCRB) pour braquage sa femme Odette Tchama qui a vécu les derniers moments du calvaire dans les locaux de l’OCRB, Ngouciment, puis OCRB Centre ville nous livre sa version des faits.

AFP, Bangui, 10 novembre 2004
L'armée accusée d'exécutions dans la lutte contre les "coupeurs de routes"
Confrontée à la multiplication des actes de banditisme dans plusieurs provinces du pays, l'armée centrafricaine a fréquemment recours aux exécutions sommaires pour se débarrasser des "coupeurs de route", indiquent de multiples témoignages recueillis par l'AFP.