RÉSULTATS DU SECOND TOUR

Politique, 09-25 mai 2005

VICTOIRE DE BOZIZE
Bozizé remporte la présidentielle, sa coalition les législatives
le président élu Bozizé se dit prêt à une large ouverture

Inscrits : 1.452.211
Votants : 977.730
Valablement exprimés :
945.619 soit 67,33%

BOZIZE : 610.903 soit 64,60%
ZIGUELE :
333.707 soit 35,29%
LÉGISLATIVES :
Charles MASSI est élu avec 52,39%

9 MAI 2005 -  LÉGISLATIVES - BABOUA / CHARLES MASSI ÉLU DÉPUTÉ MALGRÉ LES PRESSIONS EXERCÉES PAR LES AUTORITÉS LOCALES.
Chronique d'une victoire annoncée
Rca : Le poids de l’Assemblée nationale
Me Nicolas Tiangaye : Avocat offenseur

La période post-électorale au miroir de la presse nationale
L’élection présidentielle se gagnera à l’intérieur du pays
Bozizé en tête à Bangui, selon les premiers résultats présentés par la CEMI
RÉSULTATS PRÉSIDENTIELLES POUR LA FRANCE
PRESIDENTIELLE - BABOUA - BOZIZE 6991 ZIGUELE 2851 - LEGISLATIVES - BANGUI : 4ème Nicolas TIANGAYE (président du CNT) est élu - 3éme arrondissement Abdou KARIM MECKASSOUA (indépendant) est élu avec 10 850 VOIX devant Jonhatan KOUE (RDC soutenant Ziguélé) et Yvonne M'BOISSONA (KNK) - Dans le 2ème arrondissement Sonny COLLET (Syndicaliste - indépendant) est élu devant Jean de Dieu GUEGBELE (RDC)
Le scénario togolais évité de justesse !
(Le Messager 11/05/2005)
Les Centrafricains élisent leur président et 87 députés
CENTRAFRIQUE - 9 mai 2005 - par AFP

VICTOIRE DE BOZIZE AVEC 64,60% DES SUFFRAGES EXPRIMES

François Bozizé a remporté la présidentielle en Centrafrique
©AFP / 24 mai 2005 15h54

BANGUI - Le président centrafricain sortant François Bozizé a remporté avec 64,6% des voix l'élection présidentielle du 8 mai face à l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, a annoncé mardi la président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), Jean Willybiro Sako.

Selon les résultats lus par M. Willybiro Sako, M. Ziguélé n'a recueilli que 35,4% des suffrages.

Les chiffres complets communiqués jeudi matin par la Cémi portent à 64,63% des 1.462.200 électeurs centrafricains inscrits le taux de participation à ce second tour, contre 68,27% lors du premier tour du 13 mars.

Agé de 58 ans, le général François Bozizé est arrivé au pouvoir en Centrafrique le 15 mars 2003 à la faveur d'un coup d'Etat.

Cette présidentielle, groupée à des législatives dont la Cémi devait également communiquer mardi les résultats définitifs, met fin au régime de "transition consensuelle" ouverte par ce coup d'Etat au cours duquel François Bozizé avait renversé le président Ange Félix Patassé.

Le général Bozizé était arrivé en tête du premier tour avec 42,97% des suffrages, devant Martin Ziguélé (23,53%) et l'ancien président André Kolingba (16,36%).

Pour le second tour, il avait obtenu le soutien de l'ancien Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé, de l'ancien ministre Charles Massi et du "patriarche" de l'opposition centrafricaine, Abel Goumba. Tous trois étaient pourtant membres avant le premier tour d'une coalition anti-Bozizé dont faisait également partie l'ancien Premier ministre de M. Patassé, Martin Ziguélé.

M. Kolingba avait décidé de ne pas donner de consigne de vote au second tour.

Malgré quelques incidents qualifiés de "mineurs" par la Cémi, le second tour des scrutins s'étaient déroulés dans le calme le 8 mai. Quelques problèmes d'organisation avaient également été relevés, mais moins nombreux que lors du premier tour.

Les résultats des législatives ne seront pas sans importance, puisque M. Bozizé devra, aux termes de la nouvelle Constitution adoptée par référendum en décembre dernier, choisir son Premier ministre dans les rangs de la formation majoritaire, un chef de gouvernement susceptible de limiter son pouvoir en cas de "cohabitation".

Bozizé remporte la présidentielle, sa coalition les législatives
© AFP
Des supporteurs du président centrafricain François Bozizé, le 24 mai 2005 à Bangui
© AFP Desirey Minkoh
BANGUI (AFP) -
mardi 24 mai 2005 - 23h14 - Le président centrafricain sortant François Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 à la faveur d'un putsch, a remporté haut la main la présidentielle du 8 mai en obtenant près de 65% des voix face à l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé, a annoncé mardi la Commission électorale.

M. Bozizé, 58 ans, a fait de plus coup double avec la victoire aux législatives de la coalition réunissant ses partisans, la Convergence nationale "Kwa na kwa" (le travail rien que le travail, en langue nationale sango), qui a enlevé 42 des 105 sièges de l'Assemblée nationale.

Pour la présidentielle, M. Bozizé a recueilli 610.903 voix (64,6% des suffrages exprimés) et Martin Ziguélé 333.716 (35,4%), selon les résultats officiels complets communiqués mardi à Bangui par le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), Jean Willybiro Sako.

Selon ces chiffres, le taux de participation au second tour s'est élevé à 64,63% des 1.462.200 électeurs centrafricains inscrits, contre 68,27% lors du premier tour disputé le 13 mars.

Ces deux élections marquent la fin de la "transition consensuelle" mise en place par le général Bozizé après le coup d'Etat qui a renversé le président Ange Félix Patassé et l'a amené au pouvoir le 15 mars 2003.

M. Bozizé, arrivé largement en tête au premier tour avec 42,97% des suffrages, partait favori, d'autant qu'il avait reçu pour le second tour les soutiens de l'ex-Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé, de l'ancien ministre Charles Massi et du "patriarche" de l'opposition centrafricaine Abel Goumba.

Tous trois étaient pourtant membres avant le premier tour d'une coalition anti-Bozizé dont faisait également partie M. Ziguélé, ancien Premier ministre de M. Patassé. L'ex-président (1981-1993) André Kolingba, arrivé troisième du premier tour, n'avait donné aucune consigne de vote.

La victoire de "Kwa na Kwa" était en revanche moins attendue, nombre de ses candidats s'étant retrouvés en ballottage défavorable à l'issue du premier tour.

Ce succès inattendu va permettre à M. Bozizé de choisir son Premier ministre dans ses rangs et d'éviter une "cohabitation" qui, aux termes de la nouvelle Constitution adoptée par référendum en décembre 2004, aurait pu limiter ses pouvoirs.

 
© AFP
Le général centrafricain François Bozizé vote le 8 mai 2005 à Bangui
© AFP/Archives Desirey Minkoh
Dans un discours radiodiffusé mardi soir, M. Bozizé s'est toutefois dit prêt à une large ouverture.

"Aujourd'hui nous n'avons pas d'autre choix que de nous mettre ensemble pour reconstruire la RCA", exsangue après des années de crises politico-militaires à répétition, a-t-il déclaré.

Principal soutien de Martin Ziguélé, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) de M. Patassé n'a décroché que onze sièges, tandis que le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) d'André Kolingba n'en a remporté que huit.

Ces deux formations étaient pourtant arrivées en tête dans de nombreuses circonscriptions au soir du premier tour.

Derrière ces trois grandes forces parlementaires et le camp imposant des "indépendants", fort de 34 élus, le Parti social-démocrate (PSD) a obtenu 4 sièges, le Front patriotique pour le progrès (FPP) d'Abel Goumba, lui-même battu, 2 sièges, l'Alliance pour la démocratie 2 sièges et l'association Londo 1 siège.

Parmi les élus de la Convergence figurent 3 membres du Parti de l'unité nationale (Pun) de M. Ngoupandé et deux du Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD) de l'ancien chef de l'Etat (1960-65 et 1979-81) David Dacko, décédé fin 2003.

Seuls 104 des 105 sièges ont été pourvus, l'élection ayant été annulée par la Cémi dans une circonscription du sud du pays en raison de fraudes.

Alors que le processus électoral a été plusieurs fois menacé et retardé par des crises récurrentes et en dépit d'une organisation chaotique lors du premier tour, la campagne électorale et les deux tours de scrutins se sont déroulés sans incident majeur, dans un pays à l'histoire pourtant marquée par la violence politique.

RCA: le président élu Bozizé se dit prêt à une large ouverture

BANGUI - Le président centrafricain élu, François Bozizé, s'est dit prêt mardi soir à une large ouverture, dans ses premières déclarations depuis la publication dans la journée des résultats officiels le donnant vainqueur de la présidentielle du 8 mai.

"Aujourd'hui nous n'avons pas d'autre choix que de nous mettre ensemble pour reconstruire la RCA" (République centrafricaine), dont l'économie a été rendue exsangue par des années de crises politico-militaires à répétition , a déclaré François Bozizé, arrivé au pouvoir le 15 mars 2003 à la faveur d'un coup d'Etat.

"C'est dans ce mouvement d'union des nos intelligences et de nos forces, dans l'intérêt supérieur de notre pays, que j'aurai recours aux compétences et conseils que les uns et les autres, voudront bien me prêter. Je réaffirme pour ma part, une entière disponibilité dans ce sens", a-t-il poursuivi dans un discours à la Nation radiodiffusé.

François Bozizé a recueilli 64,6% des suffrages exprimés contre 35,4% à son adversaire, Martin Ziguélé, dernier Premier ministre du président Ange-Félix Patassé renversé par M. Bozizé, selon les résultats officiels du scrutin présidentiel, qui, groupé à des législatives, marque la fin de deux années du régime de transition mis en place dans la foulée de ce putsch.

M. Bozizé a rendu hommage à son adversaire malheureux, à qui il a adressé sa "fraternelle et sincère félicitation", en saluant sa "combativité". M. Ziguélé ne s'était pas encore exprimé mardi soir et n'était pas joignable.

"L'esprit de courtoisie qui a constamment dominé les débats contradictoires et parfois âpres, lors de la campagne de ce deuxième tour de ces élections présidentielle et législatives, atteste de la marche et de la vitalité de la démocratie en RCA", a ajouté le président élu.

S'adressant à ceux qui vont voté pour son adversaire, il a poursuivi: "je suis aussi leur président, car je suis le chef de l'Etat de tous les Centrafricains".

Il a enfin exprimé "une amicale et vive reconnaissance" à la communauté internationale pour avoir soutenu le processus électoral en Centrafrique.

Centrafrique: Bozizé fait coup double aux élections
© AFP
François Bozizé en 2004
© AFP/Archives Desireyh Minkoh
BANGUI (AFP) -
mercredi 25 mai 2005 - 12h11 - Le président centrafricain sortant François Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 à la faveur d'un putsch, a remporté haut la main la présidentielle du 8 mai en obtenant près de 65% des voix face à l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé, a annoncé mardi la Commission électorale.

M. Bozizé, 58 ans, a fait de plus coup double avec la victoire aux législatives de la coalition réunissant ses partisans, la Convergence nationale "Kwa na kwa" (le travail rien que le travail, en langue nationale sango), qui a enlevé 42 des 105 sièges de l'Assemblée nationale.

Pour la présidentielle, M. Bozizé a recueilli 610.903 voix (64,6% des suffrages exprimés) et Martin Ziguélé 333.716 (35,4%), selon les résultats officiels complets communiqués mardi à Bangui par le président de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi), Jean Willybiro Sako. Selon ces chiffres, le taux de participation au second tour s'est élevé à 64,63% des 1.462.200 électeurs centrafricains inscrits, contre 68,27% lors du premier tour disputé le 13 mars.

Ces deux élections marquent la fin de la "transition consensuelle" mise en place par le général Bozizé après le coup d'Etat qui a renversé le président Ange Félix Patassé et l'a amené au pouvoir le 15 mars 2003. M. Bozizé, arrivé largement en tête au premier tour avec 42,97% des suffrages, partait favori, d'autant qu'il avait reçu pour le second tour les soutiens de l'ex-Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé, de l'ancien ministre Charles Massi et du "patriarche" de l'opposition centrafricaine Abel Goumba. Tous trois étaient pourtant membres avant le premier tour d'une coalition anti-Bozizé dont faisait également partie M. Ziguélé, ancien Premier ministre de M. Patassé. L'ex-président (1981-1993) André Kolingba, arrivé troisième du premier tour, n'avait donné aucune consigne de vote.

La victoire de "Kwa na Kwa" était en revanche moins attendue, nombre de ses candidats s'étant retrouvés en ballottage défavorable à l'issue du premier tour. Ce succès inattendu va permettre à M. Bozizé de choisir son Premier ministre dans ses rangs et d'éviter une "cohabitation" qui, aux termes de la nouvelle Constitution adoptée par référendum en décembre 2004, aurait pu limiter ses pouvoirs.

Dans un discours radiodiffusé mardi soir, M. Bozizé s'est toutefois dit prêt à une large ouverture. "Aujourd'hui nous n'avons pas d'autre choix que de nous mettre ensemble pour reconstruire la RCA", exsangue après des années de crises politico-militaires à répétition, a-t-il déclaré.

Principal soutien de Martin Ziguélé, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) de M. Patassé n'a décroché que onze sièges, tandis que le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) d'André Kolingba n'en a remporté que huit. Ces deux formations étaient pourtant arrivées en tête dans de nombreuses circonscriptions au soir du premier tour.

Derrière ces trois grandes forces parlementaires et le camp imposant des "indépendants", fort de 34 élus, le Parti social-démocrate (PSD) a obtenu 4 sièges, le Front patriotique pour le progrès (FPP) d'Abel Goumba, lui-même battu, 2 sièges, l'Alliance pour la démocratie 2 sièges et l'association Londo 1 siège. Parmi les élus de la Convergence figurent 3 membres du Parti de l'unité nationale (Pun) de M. Ngoupandé et deux du Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD) de l'ancien chef de l'Etat (1960-65 et 1979-81) David Dacko, décédé fin 2003.

Seuls 104 des 105 sièges ont été pourvus, l'élection ayant été annulée par la Cémi dans une circonscription du sud du pays en raison de fraudes. Alors que le processus électoral a été plusieurs fois menacé et retardé par des crises récurrentes et en dépit d'une organisation chaotique lors du premier tour, la campagne électorale et les deux tours de scrutins se sont déroulés sans incident majeur, dans un pays à l'histoire pourtant marquée par la violence politique.

Chronique d'une victoire annoncée

CENTRAFRIQUE

Chronique d'une victoire annoncée

Bozizé triomphe. Kolingba, Goumba et Patassé sortent du paysage. Ziguélé hésite. Les leçons d'une double élection « miraculeuse ».

François Soudan

 

          Une semaine après le second tour de l'élection présidentielle et alors que la Cemi (Commission électorale mixte indépendante) continuait d'égrener les résultats provinciaux à la vitesse d'un taxi‑brousse, le doute n'était déjà plus permis: François Bozizé se succédera à lui‑même. Comme prévu, le général l'emporte dans la majorité des dix‑sept régions du pays ainsi qu'à Bangui, la capitale, où il a recueilli plus du double des voix de son rival, Martin Ziguélé. Parvenu au pouvoir par un coup d'État, légitimé deux ans plus tard par les urnes dans le cadre d'un scrutin qui, en dépit de certaines irrégularités, est considéré comme crédible, tant par les observateurs que par les chancelleries, et surtout par une Cemi réellement indépendante du pouvoir, le tombeur d'Ange Félix Patassé peut savourer sa victoire. «Un petit miracle», n'hésitait pas à dire récemment un proche du président français Jacques Chirac à propos des conditions de cette élection, dans un pays qui a connu neuf putschs, ratés ou réussis, depuis l'indépendance...

          Petit miracle donc et fin de partie pour quelques‑unes des figures historiques qui ont marqué la vie politique de la Centrafrique pendant ces dernières décennies. Le maintien à la tête de l'Etat de Bozizé éloigne ainsi durablement toute perspective de retour pour Ange‑Félix Patassé, l'exilé de Lomé. Battu chez lui, dans son fief de Kouango, aux législatives (dont le second tour avait lieu le même jour que la présidentielle), Abel Goumba va devoir se résoudre à une retraite bien méritée: après une carrière riche et courageuse, le doyen des politiciens centrafricains disparaît sans gloire du paysage.

          Enfin, l'ancien président André Kolingba paie au prix fort ses ambiguïtés et ses atermoiements: non seulement son électorat s'est massivement reporté sur le candidat François Bozizé, mais le réflexe de vote utile a joué à plein contre son propre parti, le RDC (Rassemblement démocratique centrafricain). Balayée de Bangui, où elle détenait la majorité des sièges de député, la grande formation des Yakomas n'est plus que l'ombre d'elle‑même. Reste les femmes: Mmes Kolingba et Goumba, toutes deux élues, sauvent l'honneur de leurs époux. Elles rejoindront sur les bancs de l’Assemblée nationale la première dame, Monique Bozizé, qui a remporté le siège de Bimbo 2, à la périphérie de Bangui.

          Bozizé peut s'estimer d'autant plus satisfait qu'il risque fort, si les tendances se confirment, de pouvoir gouverner sans pour autant cohabiter avec les partis  traditionnels. L'effondrement du RDC et le tassement du MLPC (Mouvement de libé­ration du peuple centrafricain, le parti de Patassé et de Ziguélé) dessinent en creux les contours d'une majorité présidentielle composée d'indépen­dants et d'élus du Kwa na Kwa, le mouvement des « bozi­zistes ». Habile, le chef de l'État ne devrait pourtant pas céder à la tentation du repli : des personnalités indépendantes comme Jean‑Paul Ngoupandé (aux Finances?), Charles Massi ou encore Karim Meckassoua, élu député dans le 3' ar­rondissement de Bangui à l’issue d'une dure lutte contre le neveu de Kolingba et la s oeur de... Bozizé, pourraient ainsi être du prochain gouvernement.

          Qu'en sera-t-il de Martin Ziguélé ? S'il parvient à s'imposer au sein de son parti, ce consultant international en assurances, qui s'est bien battu et s'est désormais fait un nom dans toute la région, peut devenir la principale figure de l'opposition, autant dire un interlocuteur incontournable.

En attendant et pour que le « miracle » s'accomplisse aux yeux des Centrafricains, l'essentiel demeure: remettre l'économie sur pied. La France, tout heureuse d'opposer la success story centrafricaine au dérapage togolais, est prête à « mettre le paquet », assure‑t‑on à Paris. Après, toutefois, la conclusion d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), c'est‑à‑dire pas avant six mois. Six mois difficiles...

(c) J.A./L'INTELLIGENT N° 2314 - DU 15 AU 21 MAI 2005

Rca : Le poids de l’Assemblée nationale

Mai 13, 2005 - 15:54
International : Rca : Le poids de l’Assemblée nationale
Sur le papier, le parlement centrafricain est loin d’être une chambre d’enregistrement.

Junior Binyam à Bangui

Rca
Le poids de l’Assemblée nationale
Sur le papier, le parlement centrafricain est loin d’être une chambre d’enregistrement.

L’intérêt à l’extérieur pour le visage du futur chef de l’Etat de la Rca a presque éclipsé l’enjeu que représente à l’intérieur l’Assemblée nationale, dont la nouvelle configuration se dessine. Certains ministres parmi les plus influents du dispositif Bozizé à l’instar de Karim Meckassoua, ministre de l’Education, n’ont pas hésité à aller à la recherche d’une légitimité avec un certain bonheur. La prochaine assemblée comptera dans ses rangs des noms qui renvoient à un pan de l’histoire politique de la Rca comme Bokassa et Goumba. Dans le premier cas c’est Jean-Serge, un des fils de l’empereur Jean-Bedel qui a été élu dans la Lobaye devant son cousin, Joseph Dacko, fils de David Dacko, déchu par Bokassa en 1966 et tombeur de ce dernier en 1979. Dan le second cas c’est l’épouse, Anne-Marie, qui reprend le flambeau d’un époux, Abel Goumba, candidat malheureux à la présidentielle, qui depuis 1957 est de toutes les mutations politiques du pays.

A Bangui, la campagne pour les législatives s’est avérée bien plus animée que celle des présidentielles. La circulation a été perturbée dans le 2e arrondissement de la ville dans la soirée du mercredi 11 mai, suite à la proclamation des résultats des législatives par la Cemi dans cette circonscription. Les partisans du vainqueur, Sonny Cole, candidat indépendant, ont envahi les rues, dansant et scandant en courant le nom de leur candidat.
Les 105 députés qui composeront pour les cinq prochaines années l’Assemblée nationale centrafricaine disposeront de prérogatives garanties par la Constitution adoptée par référendum le 5 décembre 2004 et qui leur assure une influence certaine sur la marche de l’Etat et affirme un régime semi-présidentiel. Il faut s’attendre à voir un véritable contre-pouvoir s’exercer puisqu’il apparaît impossible d’avoir une formation politique jouissant de la majorité absolue des sièges à savoir 53. Même la Convergence Kwa na Kwa qui a chaperonné un certain nombre de candidats indépendants au point de revendiquer à ce jour 44 députés, ne peut jurer d’une influence sur ces élus qui ne sont aucunement liés par une quelconque discipline de parti.

Prérogatives
L’exécutif notamment à travers le gouvernement qui est à la fois responsable devant le président de la République et l’Assemblée n’aura qu’à bien se tenir puisque le rôle de l’auguste chambre ne se limite pas qu’à voter les projets de loi déposés sur table par le gouvernement. Conformément à l’article 40 de la Constitution, le parlement peut, par une motion de censure, adoptée à la majorité absolue des membres de la chambre, mettre fin aux fonctions du Premier ministre. Ce dernier a, par ailleurs, l’obligation, dans un délai maximum de 60 jours, d’exposer à l’Assemblée son programme de politique générale pour un vote de confiance qui, s’il lui est refusé, ouvre la procédure de sa mise à la touche. Le contrôle de l’action du gouvernement échoit de manière explicite au parlement. Durant les sessions, une séance par semaine est réservée aux réponses du gouvernement aux questions des députés.

Réunie deux fois par an en session ordinaire d’une durée maximale de 90 jours, cette chambre monocamérale, au-delà du vote de la loi des finances, a un droit de regard qui s’étend à la gestion des finances publiques. C’est elle, assistée de la Cour des comptes, qui «règle les comptes de la Nation.». C’est ainsi qu’elle peut «charger la Cour des Comptes de toute enquête et étude se rapportant à l’exécution des recettes et des dépenses publiques ou à la gestion de la trésorerie nationale et des deniers publics.»
La défense nationale, domaine de souveraineté, n’est pas en reste au point de faire apparaître le chef de l’Etat comme un figurant par moment. En effet, selon l’article 59 de la Constitution, «l’Assemblée nationale est seule habilitée à autoriser la déclaration de guerre.

Elle se réunit spécialement à cet effet. Le président de la république en informe la nation par un message.»
L’influence de l’Assemblée en Rca se décuple à la lecture des matières qui sont rangées dans le domaine de la loi. Il en est ainsi des privatisations qui ne s’opèrent que si elles sont approuvées par les députés. Obligation est faite par la loi fondamentale à ceux-ci, dans les 60 jours qui suivent l’installation de l’auguste Chambre, «chacun en ce qui le concerne, une déclaration écrite de patrimoine déposée au greffe de la Cour constitutionnelle qui la rend publique dans les huit jours francs.»

Me Nicolas Tiangaye : Avocat offenseur

Mai 13, 2005 - 15:53
International : Me Nicolas Tiangaye : Avocat offenseur
Président du parlement de transition, son élection à l’Assemblée ne semble pas appréciée par des proches de Bozizé.

J.B. à Bangui
Me Nicolas Tiangaye
Avocat offenseur
Président du parlement de transition, son élection à l’Assemblée ne semble pas appréciée par des proches de Bozizé.

A la résidence de Me Nicolas Tiangaye au quartier Fouh, dans le 4e arrondissement de Bangui, où selon la presse locale une centaine de ses sympathisants se sont réfugiés, traqués qu’ils sont par des hommes en tenue, la tension est perceptible de l’extérieur. Les passants ou les occupants d’une voiture qui s’immobilise pour quérir le maître des céans sont dévisagés d’un regard interrogateur, puis questionnés sur les raisons de leur présence en ces lieux à la fois par les forces de sécurité et un groupuscule de jeunes gens en civil. A son étude située au centre-ville, pas de présence militaire. Mais pour accéder, il faut montrer pâte blanche auprès des collaborateurs à travers la grille en fer dressée au seuil de la porte.
Depuis dimanche dernier, il n’est pas facile de mettre la main sur cet avocat qui a présidé le Conseil national de transition (Cnt), substitut de l’assemblée nationale pendant la période de mise entre parenthèses des institutions, et que la presse donne vainqueur aux législatives pour le siège dévolu au 4e arrondissement de la capitale centrafricaine. Des manœuvres d’intimidation provenant d’hommes en tenue, identifiés comme des éléments de la garde républicaine, se sont multipliées à son endroit et vis à vis de ses sympathisants durant la campagne et à l’issue du scrutin.

C’est d’ailleurs dans une tentative de renverser la situation en faveur du candidat de la Convergence Kwa na Kwa dans cette circonscription, Edouard N’Gaïssona, que des militaires se sont emparés de certaines urnes et ont manœuvré pour acheminer les résultats à la Cemi dans la nuit du dimanche 8 mai dernier. En 2003 et 2004, certains de ses proches, notamment deux de ses fils et ses gardes du corps, ont été agressés par des éléments en uniforme. C’est d’ailleurs dans l’une de ces situations que la chronique veut qu’il ait débarqué au palais présidentiel en culotte «pour demander des comptes à “l’autorité”.» Dans l’entourage de Me Tiangaye, on soutient qu’il en a vu d’autres. Sous l’ère Kolingba (1981-1993), il a été accusé d’avoir appelé l’armée à la sédition et a dû en répondre devant la justice. En 1987, il va une fois de plus défrayer la chronique en se constituant avocat de Jean-Bédel Bokassa dans le procès ouvert contre ce dernier à Bangui.

Sa flamme militante et cet engagement dans un procès médiatiquement porteur vont contribuer à asseoir sa notoriété hors de son pays. C’est ainsi qu’avec Me Patrice Monthé, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats au Cameroun, il assurera pendant un moment au Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir) à Arusha en Tanzanie, la défense d’Akayesu, un bourgmestre (maire) Hutu, présenté comme l’un des orfèvres du génocide. Les deux avocats seront par la suite récusés par leur client. Manifestement, l’entourage du président Bozizé redoute l’ancien président de la ligue centrafricaine des Droits de l’Homme dont la cohabitation avec l’exécutif s’est avérée plus que houleuse quand il a présidé le Cnt. Au point où on a redouté à un moment la dissolution de cette instance, qui aurait pu remettre en cause tout le processus de transition.

La période post-électorale au miroir de la presse nationale

La période post-électorale au miroir de la presse nationale

Publication des résultats. Taux de participation. Rapport des observateurs. Affaire Jean Pierre Tuquoi. Tels sont les centres d’intérêt des publications locales en cette fin de semaine.

Les quotidiens centrafricains donnent en ce début de week-end le pouls de l’actualité locale au pays du général d’armée Franois Bozizé. Cette actualité reste évidemment marquée par la présentation et l’analyse des faits inhérents à la période post-électorale en Centrafrique. A ce sujet, cinq sujets retiennent (en cette fin de semaine) l’attention des journaux centrafricains. La publication des “ résultats bruts et partiels ” du double scrutin du 08 mai 2005 est le sujet du monde le mieux partagé par l’ensemble des médias de la place. Toutes les publications locales en font une priorité dans leurs différentes éditions de la semaine. Elles relaient ain si la radio et la télévision nationales. Les médias audiovisuels d’Etat s’illustrent en effet par une diffusion intégrale et à temps réel des résultats issus de la Commission électorale mixte indépendante.
En outre, les taux de participation et d’abstention du dernier (double) scrutin n’ont pas fini de faire couler encre et salive. Tout le microcosme médiatique national s’accorde sur la montée du pourcentage d’abstention. Mais, aucune donnée statistique fiable n’est disponible. Juste des supputations. Le président de la Cémi le situe au-dessus de 50 %. Certaines dépêches d’agence établissent, quant à elles, le taux de participation autour de 63 %, “ soit environ 10 points de moins qu’au premier tour où il avait dépassé la barre des 70% ” . Une affirmation difficilement vérifiable à cause des lenteurs observées dans le démarrage des opérations de dépouillement des documents électoraux.

4è arrondissement de Bangui
Cette unité territoriale de la capitale centrafricaine fait également les choux gras de la presse locale. “ Comment comprendre la terreur qui s’abat sur les partisans de maître Tiangaye dans le 4 è arrondissement ? ”, s’interroge à la une le quotidien Le Démocrate. De l’aveu de cette publication, un climat de terreur - dans le seul but d’arracher la victoire au bout du canon - est en passe de s’instaurer dans ce quartier chaud de la ville de Bangui. La raison : maître Tiangaye est donné gagnant dans cette circonscription électorale selon des résultats provisoires. Le jeune avocat, président du Conseil national de la transition, et ses partisans seraient en effet la cible des attaques rébarbatives orchestrées par la Convergence soutenant François Bozizé.
Les journaux de Bangui présentent par ailleurs les conclusions des rapports de l’observation des élections couplées (présidentielle et législatives) en Centrafrique. Outre le rapport des observateurs nationaux publié mercredi dernier, les journaux locaux ont également accordé des pages entières à la publication du communiqué conjoint des observateurs internationaux et nationaux relatif aux élections présidentielle et législatives du 8 mai 2005. Un rapport qui donne son satisfecit aux organisateurs du scrutin.

Affaire Tuquoi
“ Rca : pronostic électoral ou intoxication ”, titre le quotidien indépendant L’hirondelle. Une ouverture qui déterre la hache de guerre au sein de la confrérie. En effet, les journalistes de Bangui s’insurgent contre un article commis par leur confrère du prestigieux quotidien français Le monde au sujet de la présidentielle centrafricaine. Jean Pierre Tuquoi crédite en effet le général François Bozizé de plus de 60 % des suffrages au deuxième tour. La levée de bouclier des politiques opposés au général candidat est suffisamment relayée par la presse locale. Qui ne manque pas de publier dans son intégralité le communiqué de presse y relatif, rendu public par le comité de soutien de la candidature de Ma rtin Ziguélé.
La presse centrafricaine se distingue enfin par son option affirmée de la responsabilité. Elle n’hésite pas à faire embargo sur des sujets susceptibles de discréditer le processus électoral en cours de parachèvement. A la requête des autorités en charge de l’organisation des élections, elle a choisi - dans sa grande majorité - de ne pas s’attarder sur les événements survenus dimanche soir à la Coordination nationale de la Cémi. On se souvient effet que des hommes armés proches des Bozizé avaient envahi le siège de la commission électorale mixte indépendante dès la remontée des urnes et autres documents électoraux. Ce qui s’en est suivi ? Le lectorat banguissois n’en saura véritablement rien. Intérêt supérieur de la nation oblige.
 

Par Thierry Ndong, envoyé spécial à Bangui
Le 13-05-2005

Visiter le site de: Le Messager

La saga des tendances : L’élection présidentielle se gagnera à l’intérieur du pays

La saga des tendances : L’élection présidentielle se gagnera à l’intérieur du pays
(Le Messager
12/05/2005)

Les deux candidats en lice accueillent sans état d’âme particulier les tendances des résultats dans la ville de Bangui. Leur intérêt est porté vers l’intérieur du pays, où tout se jouera.

Chose promise, chose due. Le président de la Commission électorale mixte autonome (Cémi) est monté au créneau mardi dernier pour ouvrir le bal de la publication des tendances au double scrutin (présidentielle et législatives) de dimanche dernier en Centrafrique. Jean Willy Biro Sako, pour cet exercice inaugural, ne manque pas de relever en substance : la nette amélioration dans la tenue des documents électoraux au niveau des bureaux de vote, le civisme des membres des bureaux de vote, le traitement conjoint (avec toutes les parties prenantes
au niveau de la coordination centrale de la Cémi) des procès verbaux disponibles et le taux de participation à la baisse par rapport au premier tour du même scrutin.
La publication des premières tendances en cette fin de journée de mardi a été rendue possible grâce au dépouillement de 1.032 bureaux de vote de tous les arrondissements de la ville de Bangui et des préfectures riveraines (Ombella – M’poko, lobaye et Kémo). La tendance des résultats présentée donne la faveur des suffrages au candidat général François Bozizé. Fait majeur, aucune partie n’a contesté jusqu’ici les délibérations de la Coordination nationale de la Cémi. Martin Ziguélé, bien que sur une corde raide par rapport aux résultats de la capitale du pays, est resté beau joueur en confirmant les tendances données par la Cémi. Serein, le challenger de François Bozizé donne rendez-vous à quiconque pour la suite des tendances. En rappelant évidemment que Bangui est loin d’être le cœur de son électorat.

Phase décisive

La lecture des tendances du double scrutin de dimanche dernier ne laisse personne indifférent en République Centrafricaine. Les populations comme les partis politiques et la communauté internationale suivent de près cette autre étape du processus électoral. Les médias locaux sont également au rendez-vous. La radio nationale diffuse intégralement les points de presse de la Commission mixte électorale indépendante. La presse écrite locale prend le relais en publiant des éditions spéciales sur les tendances de la Cémi. Une option qui vient en addition à l’initiative de publier – dès le lendemain des élections – des résultats bruts obtenus grâce aux scrutateurs de certains bureaux de vote.
Bangui a donc ouvert le bal des tendances. La capitale Centrafricaine, avec ses moins de 20 % de l’électorat national évalué à 1,5 millions de votants, profite ainsi de sa proximité avec la coordination centrale pour lancer la saga des résultats. Mais, il reste constant que la vérité finale viendra de l’intérieur du pays, où tout va se jouer. Martin Ziguélé le rappelle à qui veut le savoir. La tempérance des fans de François Bozizé, après la lecture des premières tendances, trouve donc une explication.

Par envoyé spécial à Bangui
Le 12-05-2005

© Copyright Le Messager

Visiter le site de: Le Messager

Le scénario togolais évité de justesse !

Après la clôture du vote en Rca: Le scénario togolais évité de justesse !
(Le Messager 11/05/2005)


Le fils du général Bozizé a tenté une récupération des urnes dimanche dernier. Le président de la Cémi s’y est opposé avec la dernière énergie. A Bangui, la polémique enfle sur la militarisation du processus électoral.

La tentative de récupération des urnes avec leur contenu, amorcée quelques heures seulement après la clôture du deuxième tour des opérations électorales en Centrafrique, par un rejeton du général candidat, a pratiquement échappé à la presse nationale et internationale dimanche dernier. L’affaire n’a commencé à faire grand bruit que dans la mi-journée du lundi. C’était au terme d’une rencontre entre le président de la Commission électorale mixte indépendante et les représentants des deux candidats en course à la magistrature suprême du pays. Au cours de cette rencontre en effet, Jean Willybiro Sako, président de la Cémi, avait conditionné le dépouillement des procès verbaux au renforcement de la sécurité des membres de la coordination nationale de la Cémi.
La conditionnalité du président de la Cémi mettait implicitement en lumière un hold-up (à la togolaise) électoral manqué dans la nuit du dimanche dernier. Selon des sources introduites, la Cémi aurait été envahie dimanche vers 21 heures, sans raison évidente par des hommes en treillis. Dirigés par un gendarme facilement identifié comme le fils du président de la transition en Rca, ces invités inattendus auraient, à en croire les mêmes sources, entrepris sans succès de récupérer les urnes déjà disponibles au siège de la coordination nationale de la Cémi. Une attitude, apprend-on, qui viendrait en addition à d’autres manœuvres d’intimidations à l’endroit des membres de cette auguste structure.
Du pain béni pour le présidentiable Martin Ziguélé. Informé de la situation, le candidat de l’Union des forces vives de la nation a aussitôt saisi les représentations diplomatiques (notamment les chancelleries occidentales) et la presse internationale. Le dernier Premier ministre de Ange Félix Patassé, prenant à témoin la communauté internationale, n’a pas raté l’occasion de fustiger l’option de militarisation du processus électoral.

Réplique du pouvoir
en place
Au sein de la Convergence nationale soutenant le candidat François Bozizé, l’on balaie du revers de la main les thèses développées par le camp d’en face. Les partisans du général candidat affirment la nécessité d’assurer la sécurité des personnes et des biens utilisés dans le cadre du processus électoral censé sortir le pays de la transition. Un point de vue évident au vu des difficultés rencontrées par le pays en matière de sécurité des biens et des personnes.
Dans son message à la nation à l’occasion du deuxième tour des élections présidentielle et législative de dimanche, le président de la Cémi donne son avis sur la question : “ Dans l’accomplissement de votre mission, vous pouvez requérir les éléments des forces de l’ordre pour prévenir ou mettre fin aux perturbations du scrutin. Mais, il ne s’agit pas pour vous de céder à ceux-ci la police des opérations électorales, en autorisant leur immixtion dans le déroulement du vote, au risque de faire invalider les résultats ”. Toujours dans son souci d’éviter quelque ambiguïté, le président de la Cémi précise : “ Les forces de l’ordre nécessaires à la sécurisation du bureau de vote doivent être stationnées à une distance suffisante pour ne pas intimider les électeurs ou influencer leur vote ”.
Le message est-il passé ? L’on pourrait répondre par la négative, au vu de la divergence de vues qui oppose les deux candidats en lice pour le fauteuil de président de la République Centrafricaine. Officiellement, la Cémi est restée de marbre par rapport à cette polémique. Jean Willybiro Sako aurait d’ailleurs apporté des démentis sur les événements de dimanche soir. C’est dire s’il est difficile de démêler l’écheveau de la soupe dans cette affaire.


Par Thierry Ndong, envoyé spécial à Bangui
Le 11-05-2005

© Copyright Le Messager

Visiter le site de: Le Messager

Présidentielle centrafricaine: Bozizé en tête à Bangui, selon les premiers résultats

11/05/2005 06:47:03 - BANGUI (AFP)

Les premiers résultats partiels du second tour de l'élection présidentielle centrafricaine donnent le chef de l'Etat sortant François Bozizé en tête dans la capitale Bangui, a annoncé mardi la Commission électorale mixte indépendante (Cémi).

Le général Bozizé a ainsi devancé son rival, l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, dans les cinq des huit arrondissements de la capitale dont les résultats ont été rendus publics mardi soir devant la presse par le président de la Cémi Jean Willybiro Sako.

"L'impression générale que nous pouvons dégager un peu après le premier traitement des dossiers, c'est un taux d'abstention qui cette fois sera légèrement plus élevé que lors du premier tour", a également relevé M. Willybiro Sako.

Le 13 mars dernier, le taux d'abstention avait atteint 31,73%.

Le taux de participation du second tour devrait toutefois rester "au dessus de 50%", a estimé le président de la Cémi.

M. Willybiro Sako a par ailleurs noté "avec satisfaction une amélioration de la qualité de collecte des données". Au premier tour, plus de 600 procès-verbaux avaient été annulés en raison d'erreurs.

Depuis le coup d'envoi des opérations de dépouillement et de vérification lundi après-midi, la Cémi avait déjà traité mardi soir tous les arrondissements de Bangui, la ville de Bimbo (près de la capitale) et trois des seize provinces du pays, soit 1.032 des 4.143 bureaux de vote.

La Cémi devait annoncer mercredi soir les premiers résultats partiels du second tour des élections législatives.

Source AFP

Les Centrafricains élisent leur président et 87 députés

Les Centrafricains élisent leur président et 87 députés
CENTRAFRIQUE - 9 mai 2005 - par AFP

De nombreux Centrafricains ont voté dimanche dans le calme pour le second tour des élections présidentielle et législatives, point final des deux ans de la transition conduite par le général François Bozizé depuis son coup d'Etat du 15 mars 2003.

Contrairement au premier tour du 13 mars, où de nombreux problèmes d'organisation avaient été signalés, la plupart des bureaux de Bangui ont ouvert à 6h00 locales (5H00 GMT) et ont officiellement fermé à 16h00 (15h00 GMT), conformément au programme prévu.

Grand favori du scrutin présidentiel, le président sortant François Bozizé, arrivé en tête au premier tour avec 42,97% des voix, a accompli son devoir électoral à la mairie de Bangui en compagnie de son épouse Monique, candidate à la députation. "La journée d'aujourd'hui est une journée exceptionnelle. La démocratie est restaurée en République centrafricaine", s'est-il félicité.

Son adversaire, l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé (23,53%), comme l'ancien président André Kolingba, arrivé en troisième position (16,36%) lors du premier tour, n'ont pas voté, faute d'avoir été inscrits à temps sur les listes électorales.

Outre leur président, les Centrafricains devaient également pourvoir dimanche 87 sièges de la future Assemblée nationale. Les dix-huit autres l'avaient été dès le premier tour.

La Commission électorale mixte indépendante (Cémi) centrafricaine a estimé dimanche soir que les deux scrutins s'étaient déroulés "dans le calme", malgré des tentatives de fraudes, des intimidations et quelques intervention des forces armées.

"Je viens pour vous confirmer (...) que les élections se sont déroulées dans le calme à Bangui et à l'intérieur du pays", a déclaré dimanche soir à la presse le président de la Cémi, Jean Willybiro Sako.

"Lors de ces élections, à Bangui particulièrement, nous avons noté quelques incidents que nous pouvons considérer comme mineurs (...) Ce sont des incidents qui ont été limités, dus essentiellement à quelques individus qui ont tenté de voter à plusieurs reprises", a-t-il ajouté.

Le président de la Cémi a également mentionné "quelques interventions des forces de l'ordre alors que les membres des bureaux de vote n'avaient pas spécifiquement fait appel à elles".

Ici et là, quelques problèmes d'intendance ont été également relevés, selon des observateurs de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF): des tampons encreurs en nombre insuffisant, de l'encre trop sèche ou encore un manque de place, plusieurs bureaux de vote tenant parfois dans une seule pièce.

Par ailleurs, plusieurs cas de fraude ont été recensés dans le 4ème arrondissement, où la tension a été très forte pendant la campagne législative, selon la police et le superviseur local de la Cémi, Jean-Bruno Vickos.

Dans le reste du pays, aucun incident majeur n'avait été signalé en fin d'après-midi, selon la Cémi.

Dans l'ensemble, ce deuxième tour de scrutin s'est déroulé à Bangui dans une ambiance "plus calme" que celle du premier tour, à l'image de la campagne électorale, selon les observateurs et les électeurs interrogés par l'AFP.

Les opérations de dépouillement devraient débuter dès lundi matin afin de publier les premiers résultats partiels "dans les prochains jours", a indiqué le président de la Cémi.

Selon Jean Willybiro Sako, les résultats définitifs seront connus dans les deux prochaines semaines, selon le délai légal fixé par la Cour constitutionnelle de transition. Les résultats du premier tour n'avaient été communiqués que dix-huit jours après le scrutin.

Ponctuels et calmes, les Centrafricains élisent leur président et 87 députés
CENTRAFRIQUE - 8 mai 2005 - par AFP

Plus d'un million et demi de Centrafricains ont commencé à voter dimanche dans le calme pour le second tour des élections présidentielle et législatives, point final de la transition conduite par le général François Bozizé depuis son coup d'Etat de mars 2003.

Les bureaux de vote ont fermé à 16h00 locales (15h00 GMT).

Grand favori du scrutin présidentiel, le chef de l'Etat sortant a accompli en milieu de matinée son devoir électoral à la mairie de Bangui en compagnie de son épouse Monique, candidate à la députation. "La journée d'aujourd'hui est une journée exceptionnelle. La démocratie est restaurée en République centrafricaine", s'est félicité le général Bozizé.

Son rival, l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, comme l'ancien président André Kolingba, arrivé en troisième position lors du premier tour le 13 mars dernier "ne votent pas car il ne se sont inscrits ni ici, ni en France", a précisé la Commission électorale mixte indépendante (Cémi). Les deux hommes n'étaient rentrés dans leur pays qu'à la fin du mois de février.

Les électeurs doivent aussi pourvoir dimanche 87 sièges de députés, 18 seulement ayant été attribués dès le premier tour.

Contrairement au premier tour, où de nombreux problèmes d'organisation avaient été signalés, la plupart des bureaux de la capitale Bangui ont ouvert à 6h00 locales (5H00 GMT) précises. Mais cette ponctualité retrouvée n'a pas empêché les longues files d'attente, les électeurs devant attendre plusieurs heures avant de pouvoir voter.

"C'était notre grand souci ce matin (...) la quasi-totalité des bureaux a ouvert à l'heure", s'est réjoui le président de la Cémi, Jean Willybiro Sako.

La Cémi a ainsi revu sa logistique en distribuant dans la nuit le matériel électoral et avait appelé la veille les membres des bureaux et les représentants des partis politiques à "respecter les heures d'ouverture et de fermeture des bureaux de vote".

"Le scrutin se déroule normalement, sans bousculade. C'est plus calme qu'au premier tour car on a dû éclater certains bureaux, en créer de nouveaux afin qu'aujourd'hui il y ait moins d'encombrements", a ajouté M. Willybiro Sako.

Ici et là, quelques problèmes ont toutefois été relevés, ont indiqué des observateurs de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF): des tampons encreurs en nombre insuffisant pour cocher les cases des bulletins uniques, de l'encre trop sèche ou encore un manque de place, plusieurs bureaux de vote tenant parfois dans une seule pièce.

Quant aux comportements de certaines personnes dans les bureaux, ils sont la plupart du temps régulés sur place "sans intervention extérieure", a indiqué un représentant des Nations unies.

Dans le 5ème arrondissement de Bangui, "des gens du RDC (Rassemblement démocratique centrafricain d'André Kolingba) voulaient faire la police à l'entrée du bureau (...) nous leur avons rappelés que ce n'était pas à eux de le faire", a rapporté ce représentant.

Dans le 4ème arrondissement, où la tension a été très forte pendant la campagne législative, plusieurs cas de fraudes plus ou moins sérieux ont été recensés, selon le superviseur local de la Cémi, Jean-Bruno Vickos.

Mais dans l'ensemble, ce deuxième tour de scrutin se déroule à Bangui dans une ambiance "plus calme" que celle du premier, à l'image de la campagne électorale, selon les observateurs et les électeurs interrogés par l'AFP.

Dans le reste du pays, le déroulement des élections n'était connu que dans trois provinces, où "tout se passe parfaitement bien", selon la Cémi.

Les 4 143 bureaux de vote du pays devaient fermer à 16h00 (15h00 GMT) et les premiers résultats partiels être connus dès lundi soir.

Bozizé favori du second tour de la présidentielle centrafricaine

(A.P. 09/05/2005)

BANGUI (AP) - Le second tour de l'élection présidentielle centrafricaine opposait dimanche François Bozizé, le président sortant arrivé au pouvoir par les armes il y a deux ans, à Martin Ziguélé, ancien chef du gouvernement d'Ange-Félix Patassé en exil au Togo.

Lors du premier tour, le 13 mars, le général Bozizé avait recueilli 43% des suffrages, contre 23,5% à M. Ziguélé, candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), le parti de M. Patassé.

Le général Bozizé est à la recherche de la légitimité qui manque à son régime, alors que la population aimerait que cette présidentielle -couplée à des élections législatives partielles- marque la fin de l'ère des coups d'Etat.

L'ancien président André Kolingba, arrivé en troisième position au premier tour avec 16% des suffrages, a contesté la validité des résultats, mais trois autres candidats malheureux ont demandé à leurs partisans de voter Bozizé.

Le million et demi d'électeurs inscrits (sur trois millions et demi de Centrafricains) doit aussi pourvoir les 85 des 105 sièges qui restent vacants au Parlement. Les résultats devraient être connus dans une dizaine de jours, selon les autorités.

"Le second tour de ce scrutin est une étape importante pour le peuple de la République centrafricaine afin d'achever le travail entrepris en mars", a déclaré M. Bozizé à la presse après avoir voté à la mairie de Bangui, la capitale.

Le général, chef d'état-major de l'armée sous Patassé avant de tomber en disgrâce, a pris le pouvoir à Bangui à la tête d'une rébellion armée en mars 2003, événement passé relativement inaperçu alors que débutait l'invasion de l'Irak.

Depuis son indépendance en 1960, le Centrafrique a connu au moins neuf soulèvements armés, souvent menés par des militaires réclamant l'amélioration de leur solde, quand ce n'était pas son versement. Malgré les richesses du pays, ses gisements d'or et de diamants, l'Etat manque de ressources et est bien souvent incapable de payer ses militaires et ses fonctionnaires.

L'électeur de base est partagé sur les hommes qui sollicitent ses suffrages. "Bozizé est l'homme de la situation, il a rétabli la paix dans le pays", souligne Suzanne N'dia, une marchande de poisson de 31 ans. "Il faut voter pour lui".

Mais nombreux sont ceux qui pensent que les militaires ont ruiné le pays. "Nous voulons un gouvernement civil. Bozizé est un soldat et sa place est dans les casernes", estime Serge Gambo, un mécanicien de 46 ans. "Je suis très perplexe", témoigne Jeanot Nguembo, un étudiant en droit de 22 ans. "Ceux qui nous ont nui dans le passé veulent revenir au pouvoir. Je ne vois vraiment aucun avenir pour mon pays". AP

Bg-at/v0136/mw

© Copyright A.P.

La Plume n°044

La Plume n°044 du mardi 26 avril 2005-04-26

Ngoupandé et Massi

Deux grands leaders, tout à fait responsables.

         Voilà deux braves fils de ce pays qui ont su se départir de toutes considérations, qui ont réussi à enterrer la hache de guerre pour la sauvegarde de la démocratie.

            Les présidents du FODEM et du PUN, Jean Paul N’goupandé et Charles Massi n’ont lésiné sur aucun moyen, aucune concession pour sauver leur pays, la République Centrafricaine.

            Contrairement à certains, d’une gourmandise à nulle  autre pareille, sans aucun soucis pour le devenir de la nation,(simplement de sa poche). Ils ont, après mures réflexions, décidé d’appuyer le président sortant, le général d’armée, François Bozizé Yangounvonda au second tour, de l’élection présidentielle. L’accord y relatif a été signé le jeudi dernier.

            Avec en prime, un seul souci, la reconstruction du pays. Il n’y a aucune condition matérielle. Indices et preuves de ce que ses deux hommes politiques sont des dignes fils de notre pays. Son développement est au centre de leurs préoccupations.

            Ils veulent la reprise économique, le retour de la sécurité, l’apurement des arriérés des salaires des fonctionnaires et des retraités… et non des gardes prétoriennes de cent éléments, des milliards, et tout ce que vous savez.

            Qui d’autres mieux qu’eux, peut le faire ? Ils l’ont fait en toute conscience, ils savent que c’est ce qu’il faut pour le pays, ils ont bien réagit. Ils méritent des encouragements, de grands.

            L’histoire retient leur geste pour sauver la démocratie centrafricaine. On sait qu’on peut compter sur eux pour mobiliser leurs propres troupes respectives en vue d’un vote massif le 08 mai prochain en faveur du président Bozizé.

                                                                                                Aristote Kobregaî

LE CITOYEN N°2153

LE CITOYEN N° 2153 VENDREDI 22 AVRIL 2005
PRÉSIDENTIELLE
2005
Enfin, un Accord politique responsable et non farfelu.
Jean Paul Ngoupandé et Charles Massi justifient la signature de l’Accord politique avec François Bozizé.

Lord Esaï Ngamamokoï (LEN) : Présidents Jean Paul Ngoupandé et Charles Massi, vous venez de conclure un Accord Politique avec le Chef de l’Etat qui est candidat au second tour de l’élection présidentielle du 8 mai pour le compte de la Convergence Kwa na Kwa. Alors qu’est ce qui motive la signature de cet accord ?

Jean Paul Ngoupandé (JPN) : Ecoutez ! En ce qui concerne le Parti de l’Unité Nationale (PUN), l’explication est toute simple. Nous avons procédé à une large consultation à l’intérieur de notre parti. Deux Assemblées générales avec les cadres qui se sont largement exprimés et un débat franc ouvert au niveau de la direction politique, c’est à dire le Comité exécutif. Aux termes de cette longue consultation, nous sommes arrivés à la conclusion suivante : « Le Parti de l’Unité Nationale est né dans le contexte d’une lutte contre une politique ». Cette politique, nous l’avons combattue au point de joindre nos efforts à la rébellion militaire qui a conduit au 15 mars 2003. Malgré des malentendus et des différences de vues, entre nous et le général François Bozizé, notre parti estime que nous avons trop souffert du système MLPC pour prendre le risque aujourd’hui de travailler à son rétablissement sans un minimum de garantie que toute cette politique que nous avions combattue ne reviendrait pas.

Donc, c’est une position de principe qui a été décidée démocratiquement par les organes dirigeants et la base du parti. Et le dirigeant, que je suis, a accepté la position du parti. C’est tout à fait la paix dans l’âme que j’ai signé, aujourd’hui, avec le général Bozizé et Charles Massi, cet accord qui est un accord politique qui fixe très clairement les objectifs sur lesquels nous nous engageons, et qui met surtout l’accent sur le fait que nous nous engageons pour travailler à la reconstruction du pays, travailler à recrédibiliser ce pays qui en a besoin, travailler en tout cas à remettre un peu d’espoir dans le cœur des Centrafricains.

LEN : Que dit le FODEM ?

Charles Massi (CM) : Écoutez ! Nous avons signé un document commun et ce document part d’un constat. Nous avons vécu pas mal d’histoires. Vous savez que le PUN et le FODEM sont nés le même jour, un 4 mai 1998, et nous avons connu presque le même parcours, en terme de lutte politique.

Je n’ai pas besoin de vous rappeler toutes les violences dont le FODEM et son président étaient victimes, ces dernières années. En tout cas, si l’on remonte à la création du FODEM, pendant ces dernières années, nous n’avons fait que lutter. Cela est resté dans l’esprit de nos militants et de toutes les personnes qui ont porté leurs voix sur nous pendant ces élections, parce que nous sommes partis en campagne sous notre propre nom, sous notre propre parti, nous n’avons signé aucun contrat avec aucune organisation quelconque. C’est sereinement, qu’après avoir débattu des différentes perspectives de ce scrutin du 8 mai 2005, il s’est dégagé dans nos rangs une majorité qui m’a autorisé à discuter des conditions dans lesquelles on pourrait ensemble travailler au renouveau démocratique de notre pays.

Vous savez, nous avons mis l’accent pendant nos campagnes sur le problème de la sécurité qui, aujourd’hui, commande tout : la paix, le nouvel ordre social et la modernité. Parce que le texte que nous venons de signer consacre une large part à ces différents thèmes de notre campagne. Aujourd’hui, il n’est pas besoin de justifier pourquoi nous avons fait ce choix. Nous voulons simplement ensemble travailler avec ceux qui veulent le renouveau national.

En ce qui me concerne, vous savez que pendant deux ans, nous avons travaillé  au Conseil National de Transition à donner un cadre transparent aux élections. Nous avons fait en sorte qu’on puisse faire de ces élections une rampe pour le nouveau départ de notre pays. Dans ces conditions là, ce n’est pas pour une histoire de moindre mal, mais c’est que, pendant longtemps, on a lutté contre la politique d’exclusion. Quant au sectarisme, aujourd’hui, il est encore possible de lutter contre cela en se donnant la main. Ce que nous venons de faire, c’est un premier pas vers le renouveau national que nous recherchons. C’est pour cela qu’avec le Général François BOZIZE et Jean Paul NGOUPANDE, j’ai apposé ma signature au bas de ce document qui va nous permettre d’aller sur le terrain, l’esprit dégagé de toutes les suspicions.

LEN : En paraphant ce document, vous n’avez pas ainsi porté un coup dur à l’Union des Forces Vives de la Nation ?

CM : Non ! L’Union des Forces Vives de la Nation a été créée, vous le savez très bien, dans le cadre de l’invalidation des candidatures à l’élection présidentielle de février 2005. Nous n’avons aucun texte légal et officiel qui nous lie. Nous aurions pu le faire à travers les bureaux de vote et les moyens pour envisager le second tour. Cela n’a pas été fait. Donc, personne n’est lié par un contrat pour qu’on puisse dire qu’on a porté un coup dur à l’Union des Forces Vives de la Nation. Mais l’Union des Forces Vives de la Nation est un cadre de travail.

En tant que président du FODEM, je fais partie de ceux qui ont exigé clairement à nos partenaires qui vont au deuxième tour de l’élection présidentielle de nous dire clairement où ils veulent nous amener, qu’est ce que nous allons faire ? Nous n’allons pas nous retrouver dans les mêmes situations où l’on se met d’accord, et après, quand les fruits tombent, on pose encore de nouvelles conditionnalités. Je pense que nous n’avons pas eu de réponse claire, mais ce qui a prévalu, c’est l’opinion de la base. C’est le fait que nous ne pouvons pas laisser des gens dire : « Nous avons beaucoup souffert depuis 1998 d’une politique et d’acteurs politiques connus qui ont amen des militants du FODEM à fuir et à se cacher et leur président à s’exiler… » C’est l’esprit tranquille que nous avons signé cet accord. En tout cas, cela n’est pas une trahison. Puisque pour trahir, il faut être vraiment dans un cadre de contrat ou bien avoir un secret à partager. Cela n’a rien d’une trahison.

LEN : Monsieur Jean Paul Ngoupandé, le candidat du MLPC, Martin Ziguélé, comptait beaucoup sur cette Union des Forces Vives pour remporter la victoire. Alors qu’en dites vous ?

Jean Paul Ngoupandé (JPN) : Je voudrais rappeler une chose simple, c’est que l’Union des Forces Vives de la Nation est un regroupement dont les deux initiateurs sont devant vous, ici. A cette époque là, il n’était pas question de MLPC. Pour la simple raison qu’il n’était pas encore avec nous. Le but de ce regroupement qui avait un caractère circonstanciel, c’était de créer les conditions d’une élection transparente. Par la suite, on a voulu transformer l’Union des Forces Vives de la Nation en un parti de soutien à un candidat, évidemment Martin Ziguélé. A cet effet, je voudrais rappeler des questions précises, qu’en son temps, moi-même et Charles Massi et quelques autres, nous avions posées au candidat dit indépendant, mais dont nous voyons clairement que c’est le candidat du MLPC. Et je voudrais rappeler comme Charles Massi, que moi que vous voyez devant vous, je suis un rescapé, un miraculé de la période MLPC. Quel est le Centrafricain qui ne se souvient pas de la période où j’étais traqué, où je recevais des commandos nocturnes pour m’assassiner, où j’étais obligé de vivre dans la clandestinité à Bangui. Moi, ancien chef du Gouvernement, député jouissant de l’immunité parlementaire…. Qui ne se souvient pas encore ? Notre parti, Parti de l’Unité Nationale, au fond, n’a fait que combattre ce parti. Nous n’avons pas obtenu la garantie que le candidat indépendant était véritablement indépendant de cette machine infernale.

Et voilà, nous avons pris notre décision en toute responsabilité, et nous allons l’assumer.

Source Radio Centrafrique.