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Les
soldats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique
centrale participent à la sécurisation des biens et des personnes en
République Centrafricaine. Et donnent un coup de main au retour de la
démocratie dans le pays de François Bozizé.
Contribuer à la sécurisation de la République
centrafricaine.
Contribuer à la restructuration des Forces armées
centrafricaines. Accompagner le processus de transition pour la
réconciliation, le retour rapide à l’ordre constitutionnel et à la
restauration de la paix durable. Le cahier de charges est celui de la
Force multinationale de la Communauté économique des États de l’Afrique
centrale (Fomuc). Opérationnelle depuis le 21 décembre 2002, la Fomuc
est au cœur de l’action en République Centrafricaine. En effet, avant
le coup d’Etat militaire ayant chassé Ange Félix Patassé du pouvoir,
la Fomuc inscrit son action sur trois chantiers : protection de la villa
“ Adrienne ”, résidence du président Patassé en liaison avec l’Unité
spéciale présidentielle de la Rca ; contrôle de la plate- forme
aéroportuaire de Mpoko en liaison avec les forces armées centrafricaines
; participation à la sécurisation de la ville de Bangui par des
patrouilles légères de jour comme de nuit. Un déploiement qui ne va pas
sans difficulté. En effet, la Fomuc est fortement éprouvée le 15 mars
2003, au cours de la prise de la capitale centrafricaine par le général
d’armée en rébellion, François Bozizé. “ La Fomuc n’avait que
310 hommes. On ne pouvait pas logiquement faire face aux 1500 hommes du
général François Bozizé ”, justifie le commandant de la force
multinationale. Pour autant, les hommes du général de brigade Auguste
Roger Bibaye Itandas ne sont pas restés les bras croisés. Explication du
patron de la Fomuc : “ Nous avons bénéficié d’un concours de
circonstances. Le président Ange Félix Patassé était absent du pays.
Nous avons aidé la garde présidentielle à sortir ses enfants de la
villa Adrienne pour l’ambassade de France. Pour cette opération, nous
avons enregistré six blessés [guinéens] dans nos effectifs ”. Et l’aéroport
de Bangui Mpoko où devait atterrir l’avion présidentiel ? “ L’avion
présidentiel transportant le couple Patassé et certains pontes du
régime était à l’approche. Il n’a pas essuyé de tirs ennemis. Il
est reparti sur Libreville ”. Qu’à cela ne tienne, trois soldats de
la Fomuc tombent sur le champ d’honneur. La base de la Fomuc essuie
également de coups de feu. Seule consolation : quinze soldats planqués
sur le toit de l’aéroport sont récupérés à une heure tardive de la
nuit, avec le concours des nouveaux hommes forts de Bangui.
L’après Patassé
Les lendemains du coup d’Etat militaire ont jeté une
ombre d’incertitude sur l’avenir de la force multinationale. Le nouvel
homme fort en poste à Bangui serait-il prêt à composer avec la Fomuc ?
Il fallait attendre la position officielle du nouveau président
centrafricain. Une épreuve de nerf. “Pendant une semaine, la force est
restée confinée au cantonnement. Ce n’était pas facile. Tout était
incertain. Pour le moral, ce n’était pas évident. Il fallait justement
entretenir le moral des troupes. On ne mangeait pas frais. Heureusement,
nos troupes sont restées disciplinées ”. Finalement, le général d’armée
François Bozizé se prononce en faveur du maintien de la force
multinationale.
Implication dans le processus électoral
L’arrivée de François Bozizé au pouvoir conduit la
Fomuc à œuvrer dans le désarmement. L’opération Dovro I, étalée
sur la période allant du 23 au 29 mai 2003, permet l’arrestation et le
désarmement à Bangui de plusieurs chefs de guerre, patriotes et
libérateurs. Dovro II, entre le 29 mai et le 15 juin 2003, porte l’opération
de désarmement (de la Fomuc) à l’intérieur du pays. La sécurisation
du territoire centrafricain n’est pas en reste. Des patrouilles de
reconnaissance à l’intérieur du pays sont organisées. Il en est de
même des escortes de convoi vers l’intérieur du pays au profit des
journalistes, des représentants des différents ministères, de la
Francophonie et du Bureau des Nations unies en Centrafrique.Objectif :
ramener le calme et la sécurité sur les axes routiers principaux. Tout
ce déploiement sécuritaire est couronné par l’opération Araignée,
qui s’est déroulée du 11 au 30 août 2004, avec à la clé le
convoyage de 400 éléments tchadiens à la frontière. Auparavant, la
Fomuc s’était déjà affirmée comme une force d’interposition lors
de la crise du 17 avril 2004 opposant les forces armées centrafricaines
aux ex- libérateurs. La force multinationale de la Cémac a par ailleurs
pris une part active dans le processus électoral en République
Centrafricaine. Parmi les actions entreprises : le convoyage et la
sécurisation du matériel de recensement de la population, de l’habitat
et des agents recenseurs à l’intérieur du pays (12 au 17 octobre 2004)
; le gardiennage du matériel électoral (17000 kits, soit un volume
estimé à 17000 m3 ; le convoyage du matériel destiné au recensement
préélectoral dans les régions ouest et nord-ouest entre le 13 et le 17
octobre 2004 ; le convoyage du matériel électoral pour les élections
présidentielle et législatives autant au premier tour qu’au second
tour ; la sécurisation des différentes provinces de l’ouest du pays
pendant le déroulement des premiers et seconds tours du double scrutin.
Au-delà de l’accompagnement du processus électoral, la Fomuc ne se
départit pas de ses missions fondamentales. La Fomuc tient l’aéroport
de Mpoko et participe à son contrôle en liaison avec le détachement
français de Boali. Elle procède de jour comme de nuit à des patrouilles
sur toute la ville de Bangui, tout en maintenant un élément d’intervention
rapide sur la base du camp de Mpoko. Bien plus, chaque mois, une mission
de la Fomuc est dépêchée pour une quinzaine de jours à l’intérieur
du pays (rayon de 300km autour de Bangui et parfois jusqu’à 1000km).
Effet escompté : dissuader les forces du mal et les ennemis de la paix ou
de la sécurité. Une mission de tout repos ! Explication du général de
brigade Auguste Roger Bibaye Itandas, commandant de la force
multinationale : “ Les coupeurs de route ne s’attaquent jamais à nos
troupes. Nous avons une capacité de transport logistique importante. Il
en est de même de notre capacité de transport des hommes. Ce sont des
atouts qui font reculer tous nos ennemis ” Aujourd’hui, que
représente finalement la Fomuc pour les Centrafricains ? “ Elle se
présente sous la forme d’une force de maintien de la paix. Au vu du
travail effectué avant et pendant le processus électoral, son action a
été jugée positive au point d’être appréciée par les populations
centrafricaines. C’est donc un succès en dépit de ses moyens limités
tant en personnels qu’en matériels. Pour cela, il s’agit de confirmer
ce succès en maintenant cette Force au-delà delà de la période de
transition pour participer efficacement à la stabilisation de la Rca ”,
martèle-t-on au sein de la force multinationale. L’avenir de la Force
préoccupe déjà les Etats de la sous-région. Certes, le mandat de la
Fomuc prend fin le 30 juin 2005 avec la fin de la transition politique en
Rca. Mais, le président François Bozizé se montre favorable à son
maintien en territoire centrafricain. D’où la démarche entreprise en
avril dernier auprès du président du comité ad hoc chargé du problème
centrafricain. Omar Bongo Odimba s’était entendu dire dans un message
porté de son homologue centrafricain : l’action de la force a été
déterminante dans le cadre de la transition ; il est à souhaiter que
cette Force reste au-delà delà de la transition, pour aider à la
stabilisation et à la relance du pays sur une période de six mois
renouvelables une fois. Le président gabonais, président du comité ad
hoc du problème centrafricain, avait immédiatement saisi les partenaires
et les chefs d’Etat de la sous-région. “ Si tout se passe bien, la
Fomuc devrait rester en Centrafrique avec un nouveau mandat. Le sommet
extraordinaire de la Cémac, à Malabo, devrait se pencher sur la question
”.
Par Thierry Ndong à Bangui Le 27-05-2005
Repères : Structure et organisation
La structure de la Fomuc est la suivante : - Un commandant
de la force du grade de général - Un Etat – major commandé par le
chef d’Etat – major du grade de colonel L’Etat major comprend - Des
cellules (opérations, transport, commandement de base, personnel,
logistique, administration et finances, santé) - Un bataillon de maintien
de la paix composé de trois compagnies formées par les contingents
congolais, gabonais et tchadiens
Les moyens de la force : 1- Moyens humains La Force
multinationale de le Cémac est composé d’un ensemble des personnels
civils et militaires Aujourd’hui, elle a un effectif de trois cent
quatre-vingt hommes - le détachement congolais qui compte 120 militaires
- le détachement gabonais qui comprend 138 militaires - le détachement
tchadien qui arme la Force, 121 militaires Le personnel civil de la Force
est composé pour la majorité de Centrafricains et Centrafricaines ainsi
que d’autres ressortissants des pays de la Cémac. Il est de l’ordre
de 38 personnes.
2 - Moyens matériels - Des véhicules légers tout
terrain VLTT) Jeep P4 Toyota Land Cruiser Nisssan Pick up Mitsubishi
double cabine Nissan Terrano -Véhicules pour le transport des troupes
Marmon Sumb GBC 8 KT poly carburant - Véhicules blindés AML 90 armé d’un
canon de 90mm VAB armé d’une mitrailleuse 12,7 mm - Véhicules de
soutien GBC 8KT LOT7 pour le dépannage sur terrain GBC 8KT Citerne d’une
contenance de 5 m3 Nissan ambulance
3 - Armement de la force Il se résume en une dotation
individuelle et collective - les armes de dotation individuelle sont : PA
MAC 50 ; FAMAS - Les armes de dotation collective à savoir :
mitrailleuses 12, 7 mm, 14,5 mm, AA52 ; Lance Roquettes antichars (LRA) de
type RPG7
4 - Moyens infra La Fomuc est implantée au camp Mpoko qu’elle
partage avec le détachement français (Boali) Sa capacité est de six
cents (600) personnes reparties dans quinze (15) bâtiments (logement, Pc,
loisirs, restaurant, zone technique) 5- Moyens financiers Budget de la
Fomuc pour l’exercice 2005 : - 10.645 452 d’Euros, soit 9.982.958.735
fcfa - les ressources budgétaires proviennent respectivement de la
France, l’Union européenne et la Cémac La France assure la fourniture
et le soutien de la quasi-totalité des matériels majeurs. Cela
représente 50 % des dépenses budgétaires de la Force Le budget de
fonctionnement et les primes diverses sont assurés par l’Union
européenne et la Cémac respectivement à hauteur de 30 et 20 %
Le messager Le 27-05-2005
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