...PLACE A LA DÉMOCRATIE !

Politique, 3 juin 2005

A peine reçu l'onction des urnes, le Président François BOZIZE a commencé a effectuer ses premiers pas de "démocratiquement élu" dans les pays de la sous-région et au sommet de la CENSAD ou il a retrouvé son homologue Faure GNASSIMGBE EYADEMA tout fraîchement élu lui aussi et qui aurait aimé que la classe politique togolaise prenne exemple sur les Centrafricains.

LES PREMIERS PAS DU PRÉSIDENT BOZIZE

Investiture du président centrafricain Bozizé le 11 juin prochain
Fin à N'Djamena de la tournée régionale du président centrafricain Bozizé
François Bozizé et Joseph Kabila renforcent l'amitié entre leurs pays
Renforcement des relations de coopération entre la Rca et la Rdc

Bozizé boucle sa tournée régionale

RCA: session extraordinaire de la nouvelle Assemblée à partir du 3 juin
LE CITOYEN N°2184

- LE CITOYEN - La transhumance se poursuit vers les hauteurs présidentielles - Les enseignants du Supérieur (en grève) passeront bientôt à la vitesse supérieure, si... - - LE CONFIDENT - Les enseignants maintiennent leur mot d'ordre de grève - Vive l'Assemblée nationale - - LE DEMOCRATE - Que fera François Bozizé de la "nébuleuse KNK?" - En Centrafrique, la France doit passer à la vitesse supérieure (financièrement) - Martin Ziguélé bientôt en France

CARNETS DE CAMPAGNE

POUR ALLER PLUS LOIN

Ziguélé : « Bangui n'est pas Lomé »
Divine surprise
Bozizé : « le plus dur reste à faire »

BOZIZE PRÉSIDENT : LES PREMIERS PAS !

Fin à N'Djamena de la tournée régionale du président centrafricain Bozizé
30 MAI 2005 - TCHAD / CENTRAFRIQUE
Le président centrafricain élu François Bozizé a achevé lundi dans la capitale tchadienne N'Djamena une tournée en Afrique centrale entamée au lendemain de sa victoire au second tour du scrutin présidentiel du 8 mai. "L'heure est venue de tourner la page et d'imprimer une nouvelle marque à la coopération bilatérale", a indiqué le général Bozizé à l'issue d'un entretien lundi avec le président tchadien Idriss Deby. "Nous demandons la réactualisation de la commission mixte Tchad-Centrafrique pour que la paix, l'entente et l'harmonie règnent entre nos deux pays", a-t-il poursuivi. "Le moment est venu pour que les deux peuples frères, tchadien et centrafricain vivent en paix et en harmonie", a pour sa part souhaité le président Deby. "Le Tchad reste une seconde patrie pour les Centrafricains", a ajouté le chef de l'Etat tchadien, "nous ne ménagerons aucun effort pour aider de façon permanente Bangui". Le président Deby a également plaidé pour "une action commune en vue de combattre le grand banditisme à la frontière entre les deux pays". Des bandes armées, composées d'éléments tchadiens de la rébellion qui a porté le général Bozizé au pouvoir à Bangui en mars 2003, se signalent régulièrement dans la zone frontière entre le Tchad, la Centrafrique et le Cameroun en détroussant les voyageurs sur les routes.

Investiture du président centrafricain Bozizé le 11 juin prochain
(Xinhuanet 31/05/2005)


L'investiture du général François Bozizé, élu président de la République centrafricaine le 8 mai dernier, aura lieu le 11 juin sous le signe de l'austérité, a annoncé lundi à Bangui le Premier ministre Célestin-Leroy Gaombalet,cité par une information en provenance de Bangui.

Le président centrafricain sortant François Bozizé a remporté avec 64,6% des voix le 2ème tour de l'élection présidentielle du 8 mai face à l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé.

Selon les résultats définitifs des élections, M. Ziguélé n'a recueilli que 35,4% des suffrages.
Agé de 58 ans, le général François Bozizé est arrivé au pouvoir en Centrafrique le 15 mars 2003 à la faveur d'un coup d'Etat.

Cette présidentielle met fin au régime de "transition consensuelle" ouverte par ce coup d'Etat dans lequel François Bozizé avait renversé le président Ange-Félix Patassé. Fin

Le président centrafricain élu François Bozizé a achevé lundi dans la capitale tchadienne N'Djamena une tournée en Afrique centrale entamée au lendemain de sa victoire au second tour du scrutin présidentiel du 8 mai, a-t- on appris de source de N'Djamena.

"L'heure est venue de tourner la page et d'imprimer une nouvelle marque à la coopération bilatérale", a indiqué le général Bozizé à l'issue d'un entretien lundi avec son homologue tchadien Idriss Deby.

"Nous demandons la réactualisation de la commission mixte Tchad-Centrafrique pour que la paix, l'entente et l'harmonie règnent entre nos deux pays", a-t-il poursuivi.

"Le moment est venu pour que les deux peuples frères, tchadien et centrafricain vivent en paix et en harmonie", a pour sa part souhaité le président Deby, ajoutant que "nous ne ménagerons aucun effort pour aider de façon permanente Bangui".

Le président Deby a également plaidé pour "une action commune en vue de combattre le grand banditisme à la frontière entre les deux pays".

Des bandes armées, composées d'éléments tchadiens de la rébellion qui a porté le général Bozizé au pouvoir en mars 2003, se signalent régulièrement dans la zone frontière entre le Tchad, la Centrafrique et le Cameroun en détroussant les voyageurs sur les routes.

Le président centrafricain a quitté N'Djamena lundi en début d'après-midi, mettant un point final à une tournée des capitales de la sous-région qui l'a mené successivement au Congo-B, en République démocratique du Congo (RDC), en Guinée équatoriale puis au Tchad.

Le général Bozizé, accusé fin 2001 de tentative de coup d'Etat, s'était réfugié au Tchad, d'où il avait, avec la bienveillance de N'Djamena, pris la tête d'une rébellion et renversé le président élu Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003. Fin

© Copyright Xinhuanet

Visiter le site de:Xinhuanet

Renforcement des relations de coopération entre la Rca et la Rdc
(Digitalcongo.net 30/05/2005)


Le Président centrafricain, François Bozizé a émis le vœu de voir la commission mixte République Centrafricaine – République Démocratique du Congo être mise en place le plus rapidement possible.

Le Président de la République centrafricaine, François Bozizé, s’est engage samedi, dans une interview à la presse congolaise, à Kinshasa, à entretenir et a renforcer les relations de coopération existant entre Bangui et Kinshasa.
Le Chef de l’Etat centrafricain, qui vient de remporter haut la main les élections présidentielles dans son pays, est en tournée à travers les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) en vue de les remercier pour leur contribution pendant la transition consensuelle en RCA.

Le Président Bozize qui venait du Congo-Brazzaville est allé dimanche à Malabo, en Guinée Bissau, après Kinshasa. Il a, par ailleurs, émis le voeu de voir la commission mixte République Centrafricaine- République Démocratique du Congo être mise en place le plus rapidement possible afin que les problèmes relatifs à la circulation des personnes, des marchandises et des biens entre les deux pays trouvent des solutions durables.

Le Président Bozizé a défini, en réponse à une question, les priorités de son programme, à savoir la sécurisation totale du pays, le redressement de l’économie et des finances, la relance de l’agriculture, les richesses du sous-sol et la mise sur les rails de l’administration. Il a, enfin, fixé au samedi 11 juin 2005 la date de son investiture. « La transition nous a fait beaucoup traîner. Il est temps que nous nous mettions au travail tel que nous le disons dans notre slogan « Le travail rien que le travail », a-t-il conclu.

(Th)

© Copyright Digitalcongo.net

Visiter le site de: Digitalcongo.net

François Bozizé et Joseph Kabila renforcent l'amitié entre leurs pays
(L'Avenir Quotidien 30/05/2005)


Les chefs d'Etat centrafricain et congolais viennent de renforcer les liens d'amitié, de fraternité et de coopération entre leurs respectifs. A cet effet, le président centrafricain récemment élu François Bozizé est arrivé à Kinshasa vendredi dernier en début de soirée. A l'aéroport international de N'Djili, il a été accueilli par son homologue de la République démocratique du Congo Joseph Kabila.

Il nous revient que François Bozizé revenait de la République du Congo où il a assisté aux obsèques d'un oncle du président Denis Sassou Nguesso. Après un séjour de vingt-quatre heures, le président centrafricain a quitté Kinshasa samedi.

C'est la toute première visite d'Etat que François Bozizé a effectué depuis qu'il a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle.

De la présidence de la République, nous apprenons que le président Bozizé a effectué une simple visite amicale. Cela se justifie par le fait que les deux pays sont voisins et sont, de ce fait, condamnés à entretenir de bonnes relations.

On se rappelle que pendant la guerre en Rd-Congo, le mouvement rebelle Mlc (Mouvement de libération du Congo) avait prêté main forte au président centrafricain de l'époque, Ange-Félix Patassé. L'on croit savoir que la visite de Bozizé aura permis d'oublier cet épisode.

Par VNM

© Copyright L'Avenir Quotidien

Visiter le site de:L'Avenir Quotidien

Bozizé boucle sa tournée régionale
(CRI 30/05/2005)


Le président centrafricain élu François Bozizé a achevé lundi dans la capitale tchadienne N'Djamena une tournée en Afrique centrale entamée au lendemain de sa victoire au second tour du scrutin présidentiel du 8 mai.
"L'heure est venue de tourner la page et d'imprimer une nouvelle marque à la coopération bilatérale", a indiqué le général Bozizé à l'issue d'un entretien lundi avec le président tchadien Idriss Deby.

"Nous demandons la réactualisation de la commission mixte Tchad-Centrafrique pour que la paix, l'entente et l'harmonie règnent entre nos deux pays", a-t-il poursuivi.

"Le moment est venu pour que les deux peuples frères, tchadien et centrafricain vivent en paix et en harmonie", a pour sa part souhaité le président Deby. "Le Tchad reste une seconde patrie pour les Centrafricains", a ajouté le chef de l'Etat tchadien, "nous ne ménagerons aucun effort pour aider de façon permanente Bangui".

Le président Deby a également plaidé pour "une action commune en vue de combattre le grand banditisme à la frontière entre les deux pays".

Des bandes armées, composées d'éléments tchadiens de la rébellion qui a porté le général Bozizé au pouvoir à Bangui en mars 2003, se signalent régulièrement dans la zone frontière entre le Tchad, la Centrafrique et le Cameroun en détroussant les voyageurs sur les routes.

Le général Bozizé a quitté N'Djamena lundi en début d'après-midi, mettant un point final à une tournée des capitales de la sous-région qui l'a mené successivement au Congo, en République démocratique du Congo, en Guinée équatoriale puis au Tchad.

Le général Bozizé, accusé fin 2001 de tentative de coup d'Etat, s'était réfugié au Tchad, d'où il avait, avec la bienveillance de N'Djamena, pris la tête d'une rébellion et renversé le président élu Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003.

© Copyright CRI

Visiter le site de: CRI

ASSEMBLÉE

RCA: session extraordinaire de la nouvelle Assemblée à partir du 3 juin
(Agence mauritanienne d'info 01/06/2005)


BANGUI, 1er juin (AMI) - La nouvelle Assemblée nationale centrafricaine issue des élections législatives des 13 mars et 8 mai derniers se réunira en session extraordinaire du 3 juin au 18 juin, a annoncé mercredi la radio nationale.
Au cours de la session inaugurale, convoquée par décret présidentiel, les députés devront procéder à l'élection de leur bureau, à l'élaboration de son règlement intérieur et à la mise en place des commissions permanentes, a précisé la radio.
Les deux tours des scrutins législatifs ont permis de pourvoir 104 des 105 sièges de l'Assemblée nationale. Seul le siège de la circonscription de Boganangone (sud) n'a pas été pourvu, le premier tour du scrutin ayant été annulé par la Cour constitutionnelle pour irrégularités et fraudes massives.
Un nouveau premier tour s'est déroulé dimanche dernier dans cette circonscription mais ses résultats n'ont pas encore été proclamés par la Commission électorale mixte indépendante (Cémi).
Selon les résultats publiés la semaine dernière par la Cémi, la coalition des partisans du président élu François Bozizé, la Convergence nationale Kwa na Kwa, est arrivée en tête du scrutin en obtenant 42 des 105 sièges.
La Convergence affirme pour sa part détenir une majorité absolue de 77 députés, addition faite des députés des partis alliés et de ceux, élus sous l'étiquette d'indépendants, qui la soutienne.
AMI

© Copyright Agence mauritanienne d'info

Visiter le site de: Agence mauritanienne d'info

LE CITOYEN N°2184

LES ÉLUS DU SECOND TOUR



PRÉSIDENTIELLE

POUR ALLER PLUS LOIN





Divine surprise
CENTRAFRIQUE - 29 juin 2005 - par FRANÇOIS SOUDAN


Le chef de l’État sortant a été proclamé vainqueur de la présidentielle. Le plus surprenant n’est pas là. Mais dans l’attitude de son challengeur et le climat de maturité
démocratique qui a prévalu tout au long du scrutin.


Il est des soulagements qu'on ne cache pas. Ainsi en va- t-il du happy end sur lequel s'est achevé, mardi 24 mai, le processus électoral centrafricain. Une conclusion idéale et inespérée dans un pays longtemps réputé pour sa violence politique, avec un vainqueur modeste et consensuel, un vaincu digne et responsable et des électeurs exemplaires. Une vraie leçon de démocratie et un petit miracle auquel on ne s'attendait guère sur les rives de l'Oubangui ensanglantées par tant de putschs. Un anti-Togo en quelque sorte, qui laisse espérer d'un avenir meilleur pour l'Afrique centrale alors que de Bissau à Lomé en passant par Abidjan, l'Afrique de l'Ouest n'en finit plus d'exorciser ses démons.

La leçon de Bangui n'est pas tombée du ciel. Elle a son histoire, sa genèse, ses parrains et ses acteurs - à commencer bien sûr par les principaux protagonistes, dont l'action et la retenue ont été déterminantes.

- François Bozizé, tout d’abord. Arrivé au pouvoir par un coup d’État en mars 2003, le général de Bossangoa n’était pas précédé d’une réputation de démocrate. Cet homme timide

et méfiant, à la voix douce et au sourire inquiet, cachait depuis longtemps une vraie ambition, réalisée à la pointe des baïonnettes. Il a pourtant eu la sagesse de mettre en place immédiatement un gouvernement de large ouverture, puis de mener, vaille que vaille, une transition de deux ans. Candidat – ce dont nul ne doutait, malgré ses dénégations initiales –, François Bozizé a fini par se plier aux exigences de l’opposition, alors même qu’elles réduisaient a priori ses chances d’être élu. Ses adversaires invalidés ont été autorisés à se présenter, et la Cour constitutionnelle a été dépouillée de ses prérogatives électorales au profit d’une commission réellement indépendante. À l’issue du premier tour, le 31 mars, il a résisté aux pressions d’une partie de son entourage qui souhaitait le voir « passer en force » alors même qu’il n’avait recueilli que 43 % des voix. Le résultat final aura été à la hauteur de son pari: 64,6 % et un bonus inespéré aux législatives. Ainsi, la déroute des partis traditionnels fait que Bozizé n’aura pas à affronter les affres d’un gouvernement de cohabitation.

- Martin Ziguélé, ensuite. Le candidat de l’opposition a recueilli 35,4 % des voix, au terme d’un parcours qui fut pour lui initiatique. Peu connu, il ne s’était en outre jamais

présenté à une élection (contrairement à Bozizé, battu en 1993). Il a gagné dans l’affaire une notoriété et une respectabilité, s’est distancié de son mentor Ange-Félix Patassé (leur dernière conversation téléphonique remonte à il y a six mois) et peut désormais espérer reprendre en main son parti, le MLPC, qui en a bien besoin – une douzaine de députés élus seulement. À 48 ans, l’ancien Premier ministre a tout l’avenir devant lui, d’autant que son attitude responsable face au verdict des urnes lui vaut la reconnaissance des partenaires extérieurs de la Centrafrique. Enfin et en dépit de certains dérapages verbaux, Ziguélé a, tout comme son adversaire, mené une campagne d’où étaient bannis les appels à la haine et à l’exclusion.

- Les voisins bien sûr, et en particulier Omar Bongo Ondimba et Denis Sassou Nguesso. Réalistes, les présidents gabonais et congolais, ainsi que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en tant qu’institution régionale, ont refusé de suivre Alpha Oumar Konaré et la Commission de l’Union africaine, qui prônaient la mise en quarantaine de François Bozizé pour cause de coup d’État. Bongo, Sassou, mais aussi le Camerounais Paul Biya, n’ont cessé de renforcer la transition tout en prenant quasiment en charge la paie des fonctionnaires centrafricains pendant deux ans. En échange, ils ont fait pression sur François Bozizé pour qu'il organise des élections crédibles. En réunissant autour de lui à Libreville, peu avant le premier tour, Bozizé et ses opposants, le président gabonais a fait baisser la température et préparé les conditions d'une élection sereine. Quant au Congolais, il s'est activé entre les deux tours pour obtenir le ralliement au général-candidat de quelques-uns des battus du premier tour et pour calmer les velléités des « durs » de l'entourage d'André Kolingba. Certes, tous les chefs d'Etat de la Cemac ont en quelque sorte « voté » Bozizé. Mais ils sont suffisamment sages et expérimentés pour prôner une politique d'ouverture à l'égard de l'opposition. Signe qui ne trompe pas : alors que le nouvel élu, François Bozizé, se rendait le 26 mai à Oyo (Congo) pour y remercier les présidents congolais et gabonais - réunis dans le cadre des obsèques de l'ancien ministre Antoine Ndinga Oba, oncle de Denis Sassou Nguesso -, Martin Ziguélé s'apprêtait à le suivre de peu pour rencontrer les mêmes...

- Les électeurs centrafricains, enfin. C'est à eux que le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a tenu à rendre hommage, et c'est évidemment justifié. Aussi bien le taux élevé de participation que le calme qui a entouré les opérations électorales et même le réflexe de vote utile qui a porté François Bozizé démontrent une maturation à laquelle on ne s'attendait guère. Economiquement épuisés, recrus de troubles, de pillages et de putschs fratricides, les Centrafricains ont pour la première fois manifesté les prémices d'un vote transethnique, sacrifiant par pertes et profits quelques-unes des grandes figures politiques de ces quarante dernières années. Pour Abel Gouma, André Kolingba et peut-être Ange-Félix Patassé (étonnamment silencieux en son exil de Lomé), l'heure de la retraite a sonné. La vraie opposition, le vrai défi auquel François Bozizé, 58 ans, va devoir désormais faire face est multiforme : le front social, dans un pays exsangue. Si la communauté des bailleurs de fonds ne l'y aide point, ici et maintenant, la divine surprise du 24 mai n'aura été qu'une parenthèse dans un long cauchemar.

Bozizé : « le plus dur reste à faire »
CENTRAFRIQUE - 29 juin 2005 - par FRANÇOIS SOUDAN


Joint au téléphone par J.A.I. le 25 mai, au lendemain de sa victoire annoncée, le président centrafricain se veut modeste. « Certes, je ne boude pas mon plaisir. Le scrutin a été transparent et la Cemi a fait son travail en toute indépendance. D'ailleurs, la dernière fois que j'ai reçu son président, Jean Willyboro Sacko, c'était trois semaines avant le premier tour. Depuis, je me suis abstenu de le rencontrer. La génération des anciens politiciens a été balayée, et c'est une bonne chose. Quant à mon adversaire, Martin Ziguélé, sa réaction a été digne, quoiqu'un peu tardive. Pour le reste, je vais former un gouvernement d'ouverture avec tous ceux qui m'ont accompagné, mais je ne ferai pas entrer les loups dans la bergerie. »

Pour François Bozizé, il faut immédiatement « passer à l'essentiel », c'est-à-dire traiter la profonde crise financière que traverse le pays. « Nous avons besoin d'une aide rapide et urgente de la part des bailleurs de fonds, sans attendre la conclusion, dans trois à six mois, d'un accord avec le FMI. Nous ne parvenons plus, de nouveau, à payer les salaires des fonctionnaires en temps voulu. Il faut nous aider à réaliser la soudure à tout prix. Nos voisins d'Afrique centrale ont fait beaucoup en ce domaine depuis deux ans, alors je m'adresse aux autres, aux Européens, à la France en particulier. Aidez-nous le plus vite possible, sinon vos satisfecit sur la bonne tenue des élections et la médaille de démocratie que vous nous décernez n'auront servi à rien ».

Ziguélé : « Bangui n'est pas Lomé »
CENTRAFRIQUE - 29 juin 2005 - par FRANÇOIS SOUDAN


Contacté par J.A.I. à l'instar de François Bozizé, le candidat battu de l'opposition Martin Ziguélé met en avant son souci de « ne pas jeter de l'huile sur le feu ». « Il faut reconnaître, dit-il, que le second tour s'est moins bien passé que le premier : il y a eu des incidents, des dossiers ont disparu et des éléments de la Garde présidentielle ont perturbé le scrutin. J'aurais pu refuser de reconnaître le verdict de la Cemi. Les militants du MLPC seraient descendus dans la rue, avec tous les risques que cela comporte. Mais j'ai pris acte des résultats pour une raison évidente : je ne veux pas que le pays connaisse à nouveau la violence. Je ne veux pas d'un scénario togolais. Je ne veux pas que Bangui soit comme Lomé il y a un mois. On a déjà connu ça et on a trop souffert. C'est ma responsabilité, c'est pour cela que je me suis tu. » De quoi sera fait l'avenir de Martin Ziguélé ? L'ancien Premier ministre, qui exclut de participer au nouveau gouvernement (« personne ne le comprendrait », dit-il) envisage de venir à Paris à la mi-juin, pour souffler un peu et revoir sa famille. « Mes filles passent le bac dans quelques jours et je ne les ai pas vues depuis trois mois », confie-t-il. Peut-être assistera-t-il aussi à l'investiture de François Bozizé, prévue aux alentours du 20 juin - « Si je suis à Bangui, j'irai : il est le président élu ». Ensuite, il sera temps de réfléchir sur le chemin politique à suivre. Reprendre en main le parti et profiter d'une notoriété toute fraîche. « Ce qui s'est passé m'aidera pour les prochaines échéances électorales », conclut-il. Parole de démocrate.
Voir aussi sur www.afriquecentrale.info
La nouvelle promotion se congratule
Le président togolais Faure Gnassingbé a adressé jeudi ses "sincères félicitations" au général François Bozizé pour son élection à la présidence de la République de Centrafrique.
"En portant son choix sur votre personne pour conduire sa destinée, le peuple centrafricain vient ainsi de manifester clairement sa réelle volonté d'adhérer aux idéaux de paix, de concorde nationale et de stabilité politique que vous avez sans cesse prônés", a affirmé M. Gnassingbé.
2/6/2005 - suite de l'article
Bozizé au sommet de la Cen-Sad
Le président centrafricain élu François Bozizé a quitté Bangui mardi soir pour participer au sommet des chefs d’Etat de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) qui devait s’ouvrir mercredi à Ouagadougou, a-t-on appris mercredi auprès de la présidence. Ce déplacement intervient au lendemain du retour du général Bozizé de la capitale tchadienne N’Djaména, terme d’une tournée de plusieurs pays d’Afrique centrale qui l’a également conduit au Congo, en République démocratique du Congo (RDC) et en Guinée équatoriale.
1/6/2005 - suite de l'article
Etape tchadienne pour François Bozizé
Le président centrafricain élu François Bozizé a achevé lundi dans la capitale tchadienne N’Djamena une tournée en Afrique centrale entamée au lendemain de sa victoire au second tour du scrutin présidentiel du 8 mai. "L’heure est venue de tourner la page et d’imprimer une nouvelle marque à la coopération bilatérale", a indiqué le général Bozizé à l’issue d’un entretien lundi avec le président tchadien Idriss Deby.
30/5/2005 - suite de l'article
Tournée de Bozizé en Afrique centrale
Le président centrafricain élu François Bozizé est arrivé samedi après-midi à Malabo pour une visite "d’amitié" de vingt-quatre heures dans la capitale équato-guinéenne. En provenance de Kinshasa, le général Bozizé a été accueilli à l’aéroport par son homologue équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema. Après le Congo, où il a rencontré ses homologues congolais Denis Sassou Nguesso et gabonais Omar Bongo Ondimba, la République Démocratique du Congo et la Guinée équatoriale, le général Bozizé doit achever sa tournée par le Tchad.
28/5/2005 - suite de l'article