... DIFFICILE MISE EN PLACE DES INSTITUTIONS

Politique, 20 juin 2005

Le Président Fondateur du Forum Démocratique pour la Modernité (FODEM) est nommé "Ministre d'État à l'Équipement, aux Transports et à l'aviation Civile".

Longuement attendue, la nouvelle est tombée ce dimanche 19 juin à 17h00 (heure locale), la Centrafrique a un nouveau gouvernement. Objet de toutes les tractations la mise en place de ce gouvernement n'a pas été aisée pour le Président François BOZIZE et son Premier Ministre M. Élie DOTE (un technocrate, inconnu du sérail politique centrafricain) du fait des dissensions qui se sont exprimées au sein de la majorité présidentielle. Espérons que ce nouveau gouvernement aura la possibilité de se mettre au travail, dans l'intérêt des Centrafricains, sans être l'otage d'une majorité qui doit encore faire la preuve de sa capacité à soutenir son action dans l'ordre et la discipline !

Elie Doté: la surprise du chef
Le nouveau Premier ministre donne la priorité à l'économie

Le Premier ministre M. Elie Doté fixe ses priorités.

Elie Doté, Premier ministre : inconnu !


LE COLLECTIF DES PARTIS SOUTENANT LE PRÉSIDENT BOZIZE BOUDE LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE (source Le Confident)

19 JUIN 2005 - 18h00 - LA CENTRAFRIQUE A UN NOUVEAU GOUVERNEMENT

Charles MASSI

Ministre d’État
à l’Équipement,
aux Transports,
à l’Aviation Civile

Président Fondateur du Forum Démocratique pour la Modernité (FODEM) 

...PLACE A LA DÉMOCRATIE !

Politique, 3 juin 2005

LE GOUVERNEMENT DOTE (analyse)

Le Premier ministre centrafricain Elie Douté, nommé le 13 juin par le président François Bozizé, a rendu public dimanche à la radio nationale la composition du premier gouvernement de l’après transition, à laquelle a mis fin les récentes présidentielle et législatives.
 
Ce nouveau gouvernement comprend 27 membres, y compris M. Doté, soit deux de plus que l’ancien gouvernement de Célestin-Leroy Gaombalet, démissionnaire le 11 juin, dans la foulée de l’investiture officielle de M. Bozizé, vainqueur du second tour de la présidentielle du 8 mai dernier.
 
François Bozizé y conserve le portefeuille de la Défense qu’il détient depuis son arrivée au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat qui a renversé le président Ange-Félix Patassé, le 15 mars 2003 et qui avait donné le coup d’envoi d’un régime de transition.
 
L’équipe est composée en majorité de membres de partis regroupés dans la Convergence nationale Kwa na Kwa (CN-KNK) qui avait soutenu la candidature de M. Bozizé, ou alliés de celle-ci.
 
La société civile est également bien représentée, aux côtés de deux membres du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) de M. Patassé et de deux autres du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) de l’ex-président André Kolingba, formations adversaires de M. Bozizé.
 
Plusieurs portefeuilles importants ne changent pas de titulaires: le lieutenant-colonel Michel Sallé conserve le ministère de l’Intérieur, le lieutenant-colonel Parfait-Anicet M’bay celui de l’Agriculture et le commandant Sylvain N’doutingaï a été maintenu aux Mines et à l’Energie.
 
L’ex-Premier ministre (1996-97) Jean-Paul Ngoupandé (photo), un temps considéré comme un des favoris pour diriger ce gouvernement est nommé ministre d’Etat aux Affaires Etrangères, à l’Intégration Régionale et à la Francophonie.
 
Un autre ministère d’Etat, comprenant l’Equipement, les Transports et l’Aviation civile est confié à Charles Massi.
MM. Ngoupandé et Massi, éliminés de la présidentielle, et pourtant membres d’une coalition anti-Bozizé, avaient appelé à voter pour M. Bozizé au second tour.
Le troisième ministère d’Etat du gouvernement échoit à un proche de M. Bozizé, Jean-Eudes Teya, un des principaux responsables de la CN-KNK, désormais en charge des Eaux-Forêts et de l’Environnement.
 
Deux autres hauts responsables de la Convergence, Théodore Dabanga et Job (bien Job) Izima, sont nommés respectivement aux Finances et à la Communication.
Au total, le gouvernement comprend vingt nouveaux membres.
 
Un ancien magistrat, Paul Otto, hérite de la Justice, tandis que Léa Doumta, directrice de campagne de M. Ngoupandé, est nommée à la Santé. C’est l’une des quatre femmes de l’équipe gouvernementale.
M. Bozizé avait créé la surprise en nommant le 13 juin au poste de Premier ministre Elie Doté, un agro économiste de 57 ans quasi inconnu, haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD) et vivant à Tunis, où l’organisme a élu son siège provisoire.
 
Le nouveau gouvernement va être confronté à la situation économique catastrophique de la Centrafrique, pourtant non dénuée de ressources (diamant, bois), mais sinistrée par des années de pillage des fonds publics et des crises politico-militaires à répétition et que les troubles, pillages et destructions qui ont accompagné la rébellion qui a porté François Bozizé au pouvoir ont achevé de mettre à genoux.
L’Etat se montre notamment incapable de payer à échéance ses fonctionnaires, les pensions et les bourses.
 

- Premier ministre, chef du Gouvernement: Elie Doté (nouveau, société civile)
- Ministre de la Défense Nationale: général d’armée François Bozizé (inchangé, également chef de l’Etat)

Ministres d’Etat
- Ministre d’Etat aux Eaux, Forêts, Chasses et Pêche, chargé de l’Environnement: Jean-Eudes Téya (nouveau, Convergence nationale-Kwa na Kwa, CN-KNK)
- Ministre d’Etat aux Affaires Etrangères, à l’Intégration Régionale et à la Francophonie: Jean-Paul Ngoupandé (nouveau, Parti de l’Unité nationale (PUN), allié de la CN-KNK)
- Ministre d’Etat à l’Equipement, aux Tranports, à l’Aviation Civile: Charles Massi (nouveau, Forum démocratique pour modernité (Fodem), allié de la CN-KNK)

Ministres
- Ministre de l’Agriculture et du développement rural: Lieutenant-colonel Parfait-Anicet M’bay (inchangé, CN-KNK)
- Ministre des Mines et de l’Energie: Commandant Sylvain N’doutingaï (inchangé, CN-KNK)
- Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique: Lieutenant-colonel Michel Sallé (inchangé, CN-KNK)
- Ministre des Affaires Sociales: Marie-Solange Pagonéndji Ndakala (inchangée, société civile)
- Ministre de la Fonction Publique: Jacques Boti (inchangé, société civile)
- Ministre de la Jeunesse, des Sports: Désiré Zanga-Kolingba (inchangé, Rassemblement démocratique centrafricain, RDC)
- Ministre de la Santé Publique: Léa Doumta (nouvelle, PUN)
- Ministre des Finances: Théodore Dabanga (nouveau, CN-KNK)
- Ministre de la Justice: Paul Otto (nouveau, société civile)
- Ministre de l’Education Nationale: Timoléon M’baïkoua (nouveau, Mouvement de libération du peuple centrafricain, MLPC)
- Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale: Sylvain Maliko (nouveau, CN-KNK)
- Ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME: Mme Béatrice-Emilie Epaye (nouvelle, société civile)
- Ministre de la Communication, de la Réconciliation Nationale, de la Culture Démocratique et et de la Promotion des droits de l’Homme: Job Izima (nouveau, CN-KNK)
- Ministre de la Reconstruction des Edifices Publics, de l’Urbanisme et du Logement: Bernard Gonda (nouveau, CN-KNK)
- Ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement et des Relations avec le Parlement: Dieudonné-Stanislas M’bangot (nouveau, CN-KNK)
- Ministre des Postes et Télécommunications, chargé des Nouvelles technologies: Fidèle Gounadjika (nouveau, CN-KNK)
- Ministre du Tourisme et de l’Artisanat: Mme Anne-Marie N’gouyombo (nouvelle, MLPC)

Ministres Délégués
- Ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture: Adamou Mahamat (nouveau, société civile)
- Ministre délégué auprès du ministre des Finances: Nicolas N’ganzé (nouveau, société civile)
- Ministre délégué auprès du ministre de l’Education Nationale: Aurélien-Simplice Zingas (nouveau, RDC)
- Ministre délégué auprès du ministre d’Etat à l’Equipement, aux Transports chargé de l’Equipement: Jean-Prosper Wodobodé (nouveau, Mouvement pour la démocratie et le développement, MDD)
- Ministre délégué auprès du ministre d’Etat aux Affaires étrangères: Laurent N’gon-Baba (CN-KNK)

François Bozizé nomme un inconnu, Elie Doté, Premier ministre
CENTRAFRIQUE - 13 juin 2005 - par AFP


Le président centrafricain François Bozizé a nommé au poste de Premier ministre, M. Elie Doté, une personnalité quasi-inconnue, fonctionnaire à la Banque africaine de développement (BAD), indique un décret lu lundi à la radio nationale.

M. Doté, agro-économiste de 57 ans, était jusqu'ici chef de division à la BAD, où il est entré en 1980, et vivait à Tunis, siège temporaire de la Banque depuis sa délocalisation d'Abidjan en raison de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire, selon des éléments biographiques fournis par la présidence.

Le nouveau Premier ministre a été reçu dans la journée par le chef de l'Etat au Palais présidentiel à Bangui, a rapporté lundi soir la radio nationale.

"Le président Bozizé a élaboré un programme de développement du pays. Il m'en a fait part et je me suis senti intéressé, c'est pourquoi j'ai accepté ce poste", a déclaré M. Doté, agro-économiste spécialisé dans l'Agriculture et le développement rural à la BAD, sur les ondes nationales.

"Le nouveau gouvernement sera formé très rapidement compte tenu de la situation" du pays, exsangue après plusieurs années de crises politico-militaires à répétition, a poursuivi le nouveau chef du gouvernement, inconnu du cercle politique centrafricain avant sa nomination-surprise.

"C'est un technocrate qui pourra s'atteler à la mise en oeuvre du programme sur la base duquel François Bozizé a été élu président de la République", a simplement commenté à son sujet Alain-George Ngatoua, conseiller en communication à la présidence de la République.

"C'est une tâche immense à commencer par la formation du nouveau gouvernement, et vu les problèmes auxquels est confronté le pays, notamment la sécurité, l'économie et le social, particulièrement la santé et l'éducation", a-t-il ajouté.

L'ex-Premier ministre (1996-97) Jean-Paul Ngoupandé et l'ex-ministre des Finances et actuel directeur général de la Commercial Bank of Central Africa (CBCA) Theodore Dabanga figuraient parmi les noms les plus cités à Bangui pour succéder à Célestin Leroy Gaombalet.

M. Gaombalet a démissionné samedi, en marge de la cérémonie d'investiture du président Bozizé, quelques jours après avoir été élu président de la nouvelle Assemblée nationale.

Une présidentielle et des législatives, remportées par M. Bozizé et son camp ont mis fin récemment au régime de transition ouverte par le coup d'Etat qui avait porté M. Bozizé au pouvoir le 15 mars 2003.

L'économie de la Centrafrique, pourtant non dénuée de ressources (diamant, bois), est sinistrée par des années de pillage des fonds publics et des crises politico-militaires à répétition, et les troubles, pillages et destructions qui ont accompagné la rébellion qui a porté François Bozizé au pouvoir ont achevé de mettre à genoux un tissu économique déjà mal en point.

L'Etat se montre notamment incapable de payer à échéance ses fonctionnaires, les pensions et les bourses.

Le Premier ministre M. Elie Doté fixe ses priorités.

Bangui, 14 Juin (ACAP)- Le Premier ministre M. Elie Doté a donné une conférence de presse, mardi 14 juin 2005, pour présenter les grandes actions qu'il aura à mener durant son mandat.

«Le Programme de mon gouvernement sera présenté dans un meilleur délai. Ce gouvernement s'attellera d'abord à faire une situation de référence c'est-à-dire faire l'état des lieux de l'ensemble de l'économie financière et avoir ainsi un tableau de bord qui permettra d'évaluer au fur et à mesure le travail. Ensuite, il serait indispensable, de stabiliser la situation financière de l'Etat afin de faire face aux dépenses de souveraineté », a déclaré M. Doté.  

Il a affirmé qu'il adhère totalement à la philosophie de « Kwa na kwa », slogan cher au Président François Bozizé.

« Je ne chercherais pas à voir les diplômes, mais des hommes compétents et travailleurs », a-t-il poursuivi en invitant la presse à l'aider dans cette lourde mission.

M. Doté a informé que la RCA dispose d'énormes ressources humaines dont 52% sont des jeunes qui constituent une main d'œuvre importante.

« Je pense qu'on trouvera une solution aux problèmes centrafricains avec l'appui de tout le monde, tous les centrafricains de tout bord, épris de bonne volonté et l'aide extérieure ne pourra que soutenir nos actions de développement », a conclu le Premier ministre.

M. Elie Doté, ancien fonctionnaire de la Banque africaine de Développement (BAD) a été nommé à la tête du futur gouvernement centrafricain lundi 13 juin 2005 par le président de la République, François Bozizé.

Source : Séla/ACAP 2005-06-14

14 JUIN 2005 - CENTRAFRIQUE / POLITIQUE / GOUVERNEMENT
RCA: le nouveau Premier ministre veut stabiliser les finances du pays
Le nouveau Premier ministre centrafricain Elie Doté a indiqué mardi que l'un de ses premiers objectifs serait de "rapidement stabiliser" la situation financière du pays afin notamment d'assurer le paiement régulier de ses fonctionnaires. "Je pense qu'il faut très rapidement stabiliser la situation financière de manière à ce que, dans ce pays, nous puissions, pour notre administration, aller très, très vite en mettant les gens à l'aise pour travailler", a déclaré M. Doté lors de sa première conférence de presse. "La première des choses que je vais demander à tous, c'est le travail (...) mais pour que les gens travaillent, il faut les mettre dans les meilleures conditions", a poursuivi le chef du gouvernement centrafricain. "On ne peut pas les mettre dans les conditions difficiles et exiger d'eux l'impossible. Je suis conscient de cela", a-t-il souligné en évoquant les retards récurrents dans le paiement des fonctionnaires. "Je suis conscient de la situation à l'heure actuelle. Je sais que nous ne pouvons pas, sans aller faire appel à des amis, payer correctement les salaires. Mais c'est une situation momentanée, je vous le promets c'est momentané", a affirmé Elie Doté. "Nous ne pouvons pas continuer à emprunter de l'argent pour payer les salaires uniquement puisque nous avons suffisamment de ressources", a-t-il ajouté. "Nous avons le diamant, le bois, les taxes, les impôts, tout cela est largement suffisant (...) pour nous permettre de fonctionner normalement". L'économie centrafricaine est sinistrée par des années de pillage des fonds publics et de crises politico-militaires à répétition qui ne permettent notamment plus à l'Etat de payer régulièrement ses 24.000 fonctionnaires, dont le dernier salaire reçu est celui d'octobre 2004. Le nouveau Premier ministre centrafricain a souhaité que son pays bénéficie de l'aide extérieure "pour créer des capacités de production, pour investir, pour que ça crée de l'argent et que nous puissions rembourser ceux qui nous prêtent de l'argent". Elie Doté a également insisté sur la nécessaire bonne gouvernance. "Le problème fondamental c'est les ressources humaines", a-t-il estimé. "Quand on me dit que c'est l'argent qui manque, que c'est pourquoi il y a tel ou tel problème, ce n'est pas vrai! Ce n'est pas l'argent, c'est d'abord les hommes (...) Les gens sortiront l'argent s'ils savent que nous gérons bien, que nous faisons des bénéfices", a assuré le Premier ministre. M. Doté s'est enfin engagé à former rapidement son gouvernement, ainsi qu'à minimiser le népotisme, l'oligarchie".

 

Le nouveau Premier ministre donne la priorité à l'économie
CENTRAFRIQUE - 18 juin 2005 - par AFP

Le nouveau Premier ministre centrafricain Elie Dotée et son gouvernement présenteront sous peu leur programme, qui donnera la priorité à l'économie, a-t-on appris vendredi de source de Bangui.

"Le programme de mon gouvernement sera présenté dans un meilleur délai. Ce gouvernement s'attellera d'abord à faire l'état des lieux de l'ensemble de l'économie financière et avoir ainsi un tableau de bord qui permettra d'évaluer au fur et à mesure le travail. Ensuite, il sera indispensable de stabiliser la situation financière de l'Etat afin de faire face aux dépenses de souveraineté", a déclaré M. Doté lors d'une conférence de presse à Bangui, cité par la même source digne de foi.

"Je ne chercherais pas à avoir les diplômes, mais des hommes compétents et travailleurs", a-t-il poursuivi, ajoutant que la Centrafrique dispose d'énormes ressources humaines dont 52% sont des jeunes qui constituent une main d'oeuvre importante.

"Je pense qu'on trouvera une solution aux problèmes centrafricains avec l'appui de tout le monde, tous les Centrafricains de bord, épris de bonne volonté et l'aide extérieure ne pourra que soutenir nos actions de développement", a conclu le Premier ministre centrafricain.

M. Doté, ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD) a été nommé lundi à la tête du futur gouvernement centrafricain par le chef de l'Etat centrafricain François Bozizé.

 

Elie Doté: la surprise du chef

 

«Beaucoup de mes amis pensent que je suis un peu inconscient d'avoir accepté ce poste à haut risque, alors que j'étais confortablement installé à la BAD [Banque africaine de développement], à trois ans de la retraite. Mais il fallait bien que je restitue un jour à mon pays ce que j'ai reçu de lui. » Joint au téléphone par J.A.I. à Bangui, alors que l'ambassadeur de France, venu en visite, patiente dans son salon, le nouveau Premier ministre centrafricain, Élie Doté, n'en dira guère plus: trop tôt, trop frais pour cet homme de 57 ans qui a fait toute sa carrière hors de la Centrafrique et dont la nomination, le 13 juin, par le président François Bozizé a totalement pris de court la classe politique locale. Tout juste ajoutera‑t‑il qu'il n'était « évidemment pas demandeur », qu'il a « beaucoup hésité » et que, finalement, « le patriotisme a pris le dessus »

Apolitique, technocrate, discret, Élie Doté est né à Bangui mais appartient à la communauté mandja du Centre‑Nord, une région d'où est également originaire son ami Jean‑Paul Ngoupandé, l'un des poids lourds du paysage centrafricain. Docteur en économie rurale, formé en France (à Montpellier), il est fonctionnaire au ministère de l'Agriculture à Bangui avant d'intégrer la BAD en 1980. Il y restera un quart de siècle, gravissant un à un les échelons. Chef de la division agriculture pour l'Afrique de l'Ouest depuis août 2001 ‑ l'une des plus actives de la BAD ‑, Doté devait prendre ses fonctions de représentant de la Banque pour les deux Congos, avec résidence à Kinshasa, le 1er août 2005. Mais son pays l'a rattrapé... Lui qui n'a jamais fait de politique, au point de refuser dans le passé tous les portefeuilles ministériels qu'on lui proposait, a donc fini par plonger dans les eaux agitées de l'Oubangui. En faisant appel à cette personnalité peu connue en Centrafrique, François Bozizé savait qu'il ferait inévitablement des déçus et des mécontents. Ngoupandé mais aussi l'ancien ministre des Finances Théodore Dabanga étaient sur les rangs, et au sein même de la « convergence Kwa na Kwa », la formation créée pour faire élire Bozizé, beaucoup craignent de ne pas être récompensés à la hauteur de leurs efforts, au profit d'outsiders comme Élie Doté. Ces rancoeurs et ces amertumes ne tiennent pas compte d'un élément essentiel: Bozizé, qui a désormais les mains libres, ne souhaitait pas avoir à ses côtés un Premier ministre de cohabitation qui lui « prenne la tête » chaque matin, mais un professionnel de l'économie, sérieux et sans ambitions politiques.

Pour bien démontrer qu'il se situait au‑dessus de la mêlée, François Bozizé a d'ailleurs tenu, lors de son investiture le 11 juin, à donner l'accolade à tous les candidats battus à l'élection présidentielle, avant de rendre un hommage public à Martin Ziguélé ‑ son adversaire du second tour ‑ et à Nicolas Tiangaye, qui présida pendant deux ans le Parlement de transition. Un geste consensuel précédé d'un autre, en direction cette fois des bailleurs de fonds: le budget de la cérémonie d'investiture, 500 millions de F CFA, a été divisé par deux sur ordre du chef de l'État. Dans un pays sinistré où le retour du Fonds monétaire international (FMI) est attendu comme celui du messie, c'était, il est vrai, le moins qu'il puisse faire. 

François Soudan

© J.A./L’INTELLIGENT N° 2319 – DU 29 AU 25 JUIN 2005

ASSEMBLÉE

RCA: session extraordinaire de la nouvelle Assemblée à partir du 3 juin
(Agence mauritanienne d'info 01/06/2005)


BANGUI, 1er juin (AMI) - La nouvelle Assemblée nationale centrafricaine issue des élections législatives des 13 mars et 8 mai derniers se réunira en session extraordinaire du 3 juin au 18 juin, a annoncé mercredi la radio nationale.
Au cours de la session inaugurale, convoquée par décret présidentiel, les députés devront procéder à l'élection de leur bureau, à l'élaboration de son règlement intérieur et à la mise en place des commissions permanentes, a précisé la radio.
Les deux tours des scrutins législatifs ont permis de pourvoir 104 des 105 sièges de l'Assemblée nationale. Seul le siège de la circonscription de Boganangone (sud) n'a pas été pourvu, le premier tour du scrutin ayant été annulé par la Cour constitutionnelle pour irrégularités et fraudes massives.
Un nouveau premier tour s'est déroulé dimanche dernier dans cette circonscription mais ses résultats n'ont pas encore été proclamés par la Commission électorale mixte indépendante (Cémi).
Selon les résultats publiés la semaine dernière par la Cémi, la coalition des partisans du président élu François Bozizé, la Convergence nationale Kwa na Kwa, est arrivée en tête du scrutin en obtenant 42 des 105 sièges.
La Convergence affirme pour sa part détenir une majorité absolue de 77 députés, addition faite des députés des partis alliés et de ceux, élus sous l'étiquette d'indépendants, qui la soutienne.
AMI

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Fin de la première session de la nouvelle Assemblée centrafricaine
17 JUIN 2005 - CENTRAFRIQUE / POLITIQUE
Le président de l'Assemblée nationale centrafricaine issue des élections des 13 mars et 8 mai, Célestin-Leroy Gaombalet, a clos vendredi la première session de la nouvelle institution en rendant hommage au "travail digne d'éloge" des organes de transition. "Tous ont accompli un travail digne d'éloge", a déclaré M. Gaombalet devant ses 104 collègues. "Que le président du CNT (Conseil national de transition, Parlement de transition), Me Nicolas Tiangaye, veuille trouver ici l'expression de la gratitude du peuple centrafricain", a-t-il ajouté. Le président Gaombalet, ex-Premier ministre du président François Bozizé, a également profité de sa tribune pour mettre en garde les députés "contre une certaine conception de l'immunité parlementaire". "Certains prétendent que beaucoup d'entre nous se sont fait élire députés pour se mettre à l'abri des poursuites judiciaires, détrompez-vous", leur a-t-il lancé. "L'immunité parlementaire n'est pas un privilège individuel et personnel. Elle ne garantit pas à chacun de nous une impunité absolue. Elle établit seulement une procédure à suivre lorsqu'il arrive que l'un d'entre nous soit coupable d'actes répréhensibles", a souligné M. Gaombalet. Ouverte le 3 juin dernier, cette première session extraordinaire de l'Assemblée a permis à ses membres de mettre en place son bureau et ses commissions et permis d'élaborer son règlement intérieur.