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Le Premier ministre centrafricain Elie Douté, nommé le 13
juin par le président François Bozizé, a rendu public dimanche à la
radio nationale la composition du premier gouvernement de l’après
transition, à laquelle a mis fin les récentes présidentielle et législatives.
Ce nouveau gouvernement comprend 27 membres, y compris M.
Doté, soit deux de plus que l’ancien gouvernement de Célestin-Leroy
Gaombalet, démissionnaire le 11 juin, dans la foulée de l’investiture
officielle de M. Bozizé, vainqueur du second tour de la présidentielle
du 8 mai dernier.
François Bozizé y conserve le portefeuille de la Défense
qu’il détient depuis son arrivée au pouvoir à la faveur d’un coup
d’Etat qui a renversé le président Ange-Félix Patassé, le 15 mars
2003 et qui avait donné le coup d’envoi d’un régime de transition.
L’équipe est composée en majorité de membres de partis
regroupés dans la Convergence nationale Kwa na Kwa (CN-KNK) qui avait
soutenu la candidature de M. Bozizé, ou alliés de celle-ci.
La société civile est également bien représentée, aux
côtés de deux membres du Mouvement de libération du peuple
centrafricain (MLPC) de M. Patassé et de deux autres du Rassemblement démocratique
centrafricain (RDC) de l’ex-président André Kolingba, formations
adversaires de M. Bozizé.
Plusieurs portefeuilles importants ne changent pas de
titulaires: le lieutenant-colonel Michel Sallé conserve le ministère de
l’Intérieur, le lieutenant-colonel Parfait-Anicet M’bay celui de l’Agriculture
et le commandant Sylvain N’doutingaï a été maintenu aux Mines et à
l’Energie.
L’ex-Premier ministre (1996-97) Jean-Paul Ngoupandé
(photo), un temps considéré comme un des favoris pour diriger ce
gouvernement est nommé ministre d’Etat aux Affaires Etrangères, à
l’Intégration Régionale et à la Francophonie.
Un autre ministère d’Etat, comprenant l’Equipement,
les Transports et l’Aviation civile est confié à Charles Massi.
MM. Ngoupandé et Massi, éliminés de la présidentielle, et pourtant
membres d’une coalition anti-Bozizé, avaient appelé à voter pour M.
Bozizé au second tour.
Le troisième ministère d’Etat du gouvernement échoit à un proche de
M. Bozizé, Jean-Eudes Teya, un des principaux responsables de la CN-KNK,
désormais en charge des Eaux-Forêts et de l’Environnement.
Deux autres hauts responsables de la Convergence, Théodore
Dabanga et Job (bien Job) Izima, sont nommés respectivement aux Finances
et à la Communication.
Au total, le gouvernement comprend vingt nouveaux membres.
Un ancien magistrat, Paul Otto, hérite de la Justice,
tandis que Léa Doumta, directrice de campagne de M. Ngoupandé, est nommée
à la Santé. C’est l’une des quatre femmes de l’équipe
gouvernementale.
M. Bozizé avait créé la surprise en nommant le 13 juin au poste de
Premier ministre Elie Doté, un agro économiste de 57 ans quasi inconnu,
haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD) et
vivant à Tunis, où l’organisme a élu son siège provisoire.
Le nouveau gouvernement va être confronté à la situation
économique catastrophique de la Centrafrique, pourtant non dénuée de
ressources (diamant, bois), mais sinistrée par des années de pillage des
fonds publics et des crises politico-militaires à répétition et que les
troubles, pillages et destructions qui ont accompagné la rébellion qui a
porté François Bozizé au pouvoir ont achevé de mettre à genoux.
L’Etat se montre notamment incapable de payer à échéance ses
fonctionnaires, les pensions et les bourses.
- Premier ministre, chef du Gouvernement: Elie Doté
(nouveau, société civile)
- Ministre de la Défense Nationale: général d’armée François Bozizé
(inchangé, également chef de l’Etat)
Ministres d’Etat
- Ministre d’Etat aux Eaux, Forêts, Chasses et Pêche, chargé de l’Environnement:
Jean-Eudes Téya (nouveau, Convergence nationale-Kwa na Kwa, CN-KNK)
- Ministre d’Etat aux Affaires Etrangères, à l’Intégration Régionale
et à la Francophonie: Jean-Paul Ngoupandé (nouveau, Parti de l’Unité
nationale (PUN), allié de la CN-KNK)
- Ministre d’Etat à l’Equipement, aux Tranports, à l’Aviation
Civile: Charles Massi (nouveau, Forum démocratique pour modernité (Fodem),
allié de la CN-KNK)
Ministres
- Ministre de l’Agriculture et du développement rural: Lieutenant-colonel
Parfait-Anicet M’bay (inchangé, CN-KNK)
- Ministre des Mines et de l’Energie: Commandant Sylvain N’doutingaï
(inchangé, CN-KNK)
- Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique:
Lieutenant-colonel Michel Sallé (inchangé, CN-KNK)
- Ministre des Affaires Sociales: Marie-Solange Pagonéndji Ndakala (inchangée,
société civile)
- Ministre de la Fonction Publique: Jacques Boti (inchangé, société
civile)
- Ministre de la Jeunesse, des Sports: Désiré Zanga-Kolingba (inchangé,
Rassemblement démocratique centrafricain, RDC)
- Ministre de la Santé Publique: Léa Doumta (nouvelle, PUN)
- Ministre des Finances: Théodore Dabanga (nouveau, CN-KNK)
- Ministre de la Justice: Paul Otto (nouveau, société civile)
- Ministre de l’Education Nationale: Timoléon M’baïkoua (nouveau,
Mouvement de libération du peuple centrafricain, MLPC)
- Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale:
Sylvain Maliko (nouveau, CN-KNK)
- Ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME: Mme Béatrice-Emilie
Epaye (nouvelle, société civile)
- Ministre de la Communication, de la Réconciliation Nationale, de la
Culture Démocratique et et de la Promotion des droits de l’Homme: Job
Izima (nouveau, CN-KNK)
- Ministre de la Reconstruction des Edifices Publics, de l’Urbanisme et du
Logement: Bernard Gonda (nouveau, CN-KNK)
- Ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement et des
Relations avec le Parlement: Dieudonné-Stanislas M’bangot (nouveau,
CN-KNK)
- Ministre des Postes et Télécommunications, chargé des Nouvelles
technologies: Fidèle Gounadjika (nouveau, CN-KNK)
- Ministre du Tourisme et de l’Artisanat: Mme Anne-Marie N’gouyombo
(nouvelle, MLPC)
Ministres Délégués
- Ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture: Adamou Mahamat
(nouveau, société civile)
- Ministre délégué auprès du ministre des Finances: Nicolas N’ganzé
(nouveau, société civile)
- Ministre délégué auprès du ministre de l’Education Nationale: Aurélien-Simplice
Zingas (nouveau, RDC)
- Ministre délégué auprès du ministre d’Etat à l’Equipement, aux
Transports chargé de l’Equipement: Jean-Prosper Wodobodé (nouveau,
Mouvement pour la démocratie et le développement, MDD)
- Ministre délégué auprès du ministre d’Etat aux Affaires étrangères:
Laurent N’gon-Baba (CN-KNK)
François
Bozizé nomme un inconnu, Elie Doté,
Premier ministre
CENTRAFRIQUE - 13 juin 2005 - par AFP
Le président
centrafricain François Bozizé a nommé au poste de Premier ministre, M.
Elie Doté, une personnalité quasi-inconnue, fonctionnaire à la Banque
africaine de développement (BAD), indique un décret lu lundi à la radio
nationale.
M. Doté, agro-économiste de 57 ans, était jusqu'ici chef de division
à la BAD, où il est entré en 1980, et vivait à Tunis, siège temporaire
de la Banque depuis sa délocalisation d'Abidjan en raison de la crise
politico-militaire en Côte d'Ivoire, selon des éléments biographiques
fournis par la présidence.
Le nouveau Premier ministre a été reçu dans la journée par le chef de
l'Etat au Palais présidentiel à Bangui, a rapporté lundi soir la radio
nationale.
"Le président Bozizé a élaboré un programme de développement du
pays. Il m'en a fait part et je me suis senti intéressé, c'est pourquoi
j'ai accepté ce poste", a déclaré M. Doté, agro-économiste spécialisé
dans l'Agriculture et le développement rural à la BAD, sur les ondes
nationales.
"Le nouveau gouvernement sera formé très rapidement compte tenu de
la situation" du pays, exsangue après plusieurs années de crises
politico-militaires à répétition, a poursuivi le nouveau chef du
gouvernement, inconnu du cercle politique centrafricain avant sa
nomination-surprise.
"C'est un technocrate qui pourra s'atteler à la mise en oeuvre du
programme sur la base duquel François Bozizé a été élu président de la
République", a simplement commenté à son sujet Alain-George Ngatoua,
conseiller en communication à la présidence de la République.
"C'est une tâche immense à commencer par la formation du nouveau
gouvernement, et vu les problèmes auxquels est confronté le pays,
notamment la sécurité, l'économie et le social, particulièrement la santé
et l'éducation", a-t-il ajouté.
L'ex-Premier ministre (1996-97) Jean-Paul Ngoupandé et l'ex-ministre des
Finances et actuel directeur général de la Commercial Bank of Central
Africa (CBCA) Theodore Dabanga figuraient parmi les noms les plus cités à
Bangui pour succéder à Célestin Leroy Gaombalet.
M. Gaombalet a démissionné samedi, en marge de la cérémonie
d'investiture du président Bozizé, quelques jours après avoir été élu
président de la nouvelle Assemblée nationale.
Une présidentielle et des législatives, remportées par M. Bozizé et
son camp ont mis fin récemment au régime de transition ouverte par le coup
d'Etat qui avait porté M. Bozizé au pouvoir le 15 mars 2003.
L'économie de la Centrafrique, pourtant non dénuée de ressources
(diamant, bois), est sinistrée par des années de pillage des fonds publics
et des crises politico-militaires à répétition, et les troubles, pillages
et destructions qui ont accompagné la rébellion qui a porté François
Bozizé au pouvoir ont achevé de mettre à genoux un tissu économique déjà
mal en point.
L'Etat se montre notamment incapable de payer à échéance ses
fonctionnaires, les pensions et les bourses.
Le
Premier ministre M. Elie Doté fixe ses priorités.
Bangui,
14 Juin (ACAP)- Le Premier ministre M. Elie Doté a donné une conférence
de presse, mardi 14 juin 2005, pour présenter les grandes actions qu'il
aura à mener durant son mandat.
«Le
Programme de mon gouvernement sera présenté dans un meilleur délai. Ce
gouvernement s'attellera d'abord à faire une situation de référence
c'est-à-dire faire l'état des lieux de l'ensemble de l'économie financière
et avoir ainsi un tableau de bord qui permettra d'évaluer au fur et à
mesure le travail. Ensuite, il serait indispensable, de stabiliser la
situation financière de l'Etat afin de faire face aux dépenses de
souveraineté
», a déclaré M. Doté.
Il
a affirmé qu'il adhère totalement à la philosophie de « Kwa na kwa »,
slogan cher au Président François Bozizé.
«
Je ne chercherais pas à voir les diplômes, mais des hommes compétents et
travailleurs
»,
a-t-il poursuivi en invitant la presse à l'aider dans cette lourde mission.
M.
Doté a informé que la RCA dispose d'énormes ressources humaines dont 52%
sont des jeunes qui constituent une main d'œuvre importante.
«
Je pense qu'on trouvera une solution aux problèmes centrafricains avec
l'appui de tout le monde, tous les centrafricains de tout bord, épris de
bonne volonté et l'aide extérieure ne pourra que soutenir nos actions de développement
»,
a conclu le Premier ministre.
M.
Elie Doté, ancien fonctionnaire de la Banque africaine de Développement (BAD)
a été nommé à la tête du futur gouvernement centrafricain lundi 13 juin
2005 par le président de la République, François Bozizé.
Source :
Séla/ACAP 2005-06-14
14
JUIN 2005 - CENTRAFRIQUE / POLITIQUE / GOUVERNEMENT
RCA: le nouveau Premier ministre veut stabiliser
les finances du pays
Le nouveau Premier ministre centrafricain Elie Doté a indiqué mardi que
l'un de ses premiers objectifs serait de "rapidement stabiliser"
la situation financière du pays afin notamment d'assurer le paiement régulier
de ses fonctionnaires. "Je pense qu'il faut très rapidement stabiliser
la situation financière de manière à ce que, dans ce pays, nous
puissions, pour notre administration, aller très, très vite en mettant les
gens à l'aise pour travailler", a déclaré M. Doté lors de sa première
conférence de presse. "La première des choses que je vais demander à
tous, c'est le travail (...) mais pour que les gens travaillent, il faut les
mettre dans les meilleures conditions", a poursuivi le chef du
gouvernement centrafricain. "On ne peut pas les mettre dans les
conditions difficiles et exiger d'eux l'impossible. Je suis conscient de
cela", a-t-il souligné en évoquant les retards récurrents dans le
paiement des fonctionnaires. "Je suis conscient de la situation à
l'heure actuelle. Je sais que nous ne pouvons pas, sans aller faire appel à
des amis, payer correctement les salaires. Mais c'est une situation momentanée,
je vous le promets c'est momentané", a affirmé Elie Doté. "Nous
ne pouvons pas continuer à emprunter de l'argent pour payer les salaires
uniquement puisque nous avons suffisamment de ressources", a-t-il ajouté.
"Nous avons le diamant, le bois, les taxes, les impôts, tout cela est
largement suffisant (...) pour nous permettre de fonctionner
normalement". L'économie centrafricaine est sinistrée par des années
de pillage des fonds publics et de crises politico-militaires à répétition
qui ne permettent notamment plus à l'Etat de payer régulièrement ses
24.000 fonctionnaires, dont le dernier salaire reçu est celui d'octobre
2004. Le nouveau Premier ministre centrafricain a souhaité que son pays bénéficie
de l'aide extérieure "pour créer des capacités de production, pour
investir, pour que ça crée de l'argent et que nous puissions rembourser
ceux qui nous prêtent de l'argent". Elie Doté a également insisté
sur la nécessaire bonne gouvernance. "Le problème fondamental c'est
les ressources humaines", a-t-il estimé. "Quand on me dit que
c'est l'argent qui manque, que c'est pourquoi il y a tel ou tel problème,
ce n'est pas vrai! Ce n'est pas l'argent, c'est d'abord les hommes (...) Les
gens sortiront l'argent s'ils savent que nous gérons bien, que nous faisons
des bénéfices", a assuré le Premier ministre. M. Doté s'est enfin
engagé à former rapidement son gouvernement, ainsi qu'à minimiser le népotisme,
l'oligarchie".
Le
nouveau Premier ministre donne la priorité à l'économie
CENTRAFRIQUE - 18 juin 2005 - par AFP
Le nouveau Premier ministre centrafricain Elie Dotée et son gouvernement présenteront
sous peu leur programme, qui donnera la priorité à l'économie, a-t-on
appris vendredi de source de Bangui.
"Le programme de mon gouvernement sera présenté dans un meilleur délai.
Ce gouvernement s'attellera d'abord à faire l'état des lieux de l'ensemble
de l'économie financière et avoir ainsi un tableau de bord qui permettra
d'évaluer au fur et à mesure le travail. Ensuite, il sera indispensable de
stabiliser la situation financière de l'Etat afin de faire face aux dépenses
de souveraineté", a déclaré M. Doté lors d'une conférence de
presse à Bangui, cité par la même source digne de foi.
"Je ne chercherais pas à avoir les diplômes, mais des hommes compétents
et travailleurs", a-t-il poursuivi, ajoutant que la Centrafrique
dispose d'énormes ressources humaines dont 52% sont des jeunes qui
constituent une main d'oeuvre importante.
"Je pense qu'on trouvera une solution aux problèmes centrafricains
avec l'appui de tout le monde, tous les Centrafricains de bord, épris de
bonne volonté et l'aide extérieure ne pourra que soutenir nos actions de développement",
a conclu le Premier ministre centrafricain.
M. Doté, ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD)
a été nommé lundi à la tête du futur gouvernement centrafricain par le
chef de l'Etat centrafricain François Bozizé.
Elie
Doté: la surprise du chef
«Beaucoup
de mes amis pensent que je suis un peu inconscient d'avoir accepté ce poste
à haut
risque, alors que
j'étais confortablement installé à la BAD [Banque africaine de développement],
à trois ans de la retraite. Mais il fallait bien que je restitue un jour à
mon pays ce que j'ai reçu de lui. » Joint au téléphone par J.A.I. à
Bangui, alors que l'ambassadeur de France, venu en visite, patiente dans son
salon, le nouveau Premier ministre centrafricain, Élie Doté, n'en dira guère
plus: trop tôt, trop frais pour cet homme de 57 ans qui a fait toute sa
carrière hors de la Centrafrique et dont la nomination, le 13 juin, par le
président François Bozizé a totalement pris de court la classe politique
locale. Tout juste ajoutera‑t‑il qu'il n'était « évidemment
pas demandeur », qu'il a « beaucoup hésité » et que, finalement, « le
patriotisme a pris le dessus »
Apolitique,
technocrate, discret, Élie
Doté est né à Bangui mais appartient à la communauté mandja du
Centre‑Nord, une région d'où est également originaire son ami
Jean‑Paul Ngoupandé, l'un des poids lourds du paysage centrafricain.
Docteur en économie rurale, formé en France (à Montpellier), il est
fonctionnaire au ministère de l'Agriculture à Bangui avant d'intégrer la
BAD en 1980. Il y restera un quart de siècle, gravissant un à un les échelons.
Chef de la division agriculture pour l'Afrique de l'Ouest depuis août 2001
‑ l'une des plus actives de la BAD ‑, Doté devait prendre ses
fonctions de représentant de la Banque pour les deux Congos, avec résidence
à Kinshasa, le 1er août 2005. Mais son pays l'a rattrapé... Lui qui n'a
jamais fait de politique, au point de refuser dans le passé tous les
portefeuilles ministériels qu'on lui proposait, a donc fini par plonger
dans les eaux agitées de l'Oubangui. En faisant appel à cette personnalité
peu connue en Centrafrique, François Bozizé savait qu'il ferait inévitablement
des déçus et des mécontents. Ngoupandé mais aussi l'ancien ministre des
Finances Théodore Dabanga étaient sur les rangs, et au sein même de la «
convergence Kwa na Kwa », la formation créée pour faire élire Bozizé,
beaucoup craignent de ne pas être récompensés à la hauteur de leurs
efforts, au profit d'outsiders comme Élie Doté. Ces rancoeurs et ces
amertumes ne tiennent pas compte d'un élément essentiel: Bozizé, qui a désormais
les mains libres, ne souhaitait pas avoir à ses côtés un Premier ministre
de cohabitation qui lui « prenne la tête » chaque matin, mais un
professionnel de l'économie, sérieux et sans ambitions politiques.
Pour
bien démontrer qu'il
se situait au‑dessus de la mêlée, François Bozizé a d'ailleurs
tenu, lors de son investiture le 11 juin, à donner l'accolade à tous les
candidats battus à l'élection présidentielle, avant de rendre un hommage
public à Martin Ziguélé ‑ son adversaire du second tour ‑ et
à Nicolas Tiangaye, qui présida pendant deux ans le Parlement de
transition. Un geste consensuel précédé d'un autre, en direction cette
fois des bailleurs de fonds: le budget de la cérémonie d'investiture, 500
millions de F CFA, a été divisé par deux sur ordre du chef de l'État.
Dans un pays sinistré où le retour du Fonds monétaire international (FMI)
est attendu comme celui du messie, c'était, il est vrai, le moins qu'il
puisse faire.
François
Soudan
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J.A./L’INTELLIGENT N° 2319 – DU 29 AU 25 JUIN 2005
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