AFP - 31/01/2006
Centrafrique: la Cémac a rétabli le calme sans chasser la peur

HCR : 27/01/2006
Un millier de réfugiés centrafricains arrivés au Tchad depuis décembre dernier

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE - MISNA - 31/12/2005 10.55

ALERTE DE L’UNION AFRICAINE SUR UNE POSSIBLE OFFENSIVE ARMÉE
AFP - 29/12/2005
Bangui demande l'aide de l'UA pour lutter contre les "bandits" au nord
Gabonews (Libreville) 27/12/2005
Bozizé à N'Djamena pour s'informer de la situation à la frontière Tchad-Soudan
Les dépêches de Brazzaville 10/10/2005
La situation sécuritaire dans le nord de la RCA très préoccupante
IRIN - 10/09/2005
L'insécurité et le manque d'infrastructures de base font fuir des milliers de Centrafricains vers le Tchad
AFP - 10/09/2005
Les réfugiés centrafricains au Tchad ont fui "des hommes en armes"
UNHCR- 7/09/2005
Les pluies ralentissent l'aide humanitaire pour les 2000 réfugiés arrivés récemment au sud du Tchad 
Alwihda
19/08/2005
4 000 Centrafricains se réfugient au Tchad pour fuir les raids
Afriquecentrale.info

Des Centrafricains fuient vers le Tchad - 19/8/2005
AFP 17 JUIN 2005
Fin des opérations de sécurisation à la frontière Centrafrique-Tchad

IRIN 16 juin 2005
8 000 Centrafricains se réfugient au sud du Tchad
Xinhuanet 15 juin 2005

Des milliers de civils en fuite de la Centrafrique réfugiés dans le Sud du Tchad
Communiqué Présidentiel, 13 juin 2005
Communiqué présidentiel lu sur Radio Centrafrique par Alain Georges Ngatoua


(Carte : RFI)

Alors que l'on a célébré, le 20 juin 2005, la Journée mondiale des réfugiés, force est de constater que l'Afrique Centrale apparaît comme le mauvais élève de la communauté internationale. De manière générale on constate une réduction du nombre des réfugiés dans le monde sauf en Afrique Centrale ou ce nombre est croissant. A suivre les récents évènements qui ont conduit des milliers de centrafricains à se réfugier au Tchad, nous ne pouvons qu'exprimer aujourd'hui notre peine et notre solidarité avec tous ceux qui sont contraints à l'exil ...

Qui sont les réfugiés ?
Un réfugié est une personne qui "craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques...
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Journée Mondiale pour les réfugiés
It takes courage to be a refugee

Centrafrique: la Cémac a rétabli le calme sans chasser la peur
Six mois après leur déploiement, les soldats de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) ont rétabli un calme précaire dans le nord-ouest de la Centrafrique, mais la peur des "coupeurs de route" hante toujours la population.
Des soldats de la CEMAC en mars 2003 à Bangui
© AFP/Archives Desirey Minkoh
BOZOUM (AFP) -
mardi 31 janvier 2006 - 11h23 - Six mois après leur déploiement, les soldats de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) ont rétabli un calme précaire dans le nord-ouest de la Centrafrique, mais la peur des "coupeurs de route" hante toujours la population.

Installé depuis la mi-août à Bozoum (400 km au nord de Bangui), le détachement de 80 éléments congolais, gabonais et tchadiens de la Force multinationale de la Cémac (Fomuc) est aujourd'hui la clé de voûte du retour à l'ordre dans cette localité de plus de 40.000 habitants sans électricité, noyée au beau milieu de la brousse.

Tous les jours, les hommes au brassard jaune, accompagnés de soldats des Forces armées centrafricaines (Faca) et de gendarmes, quadrillent les routes et les villages environnants, jusque-là livrés aux raids, pillages et meurtres des "groupes armés" en tous genres. En six mois, un seul accrochage sérieux a opposé une patrouille de la Fomuc à des "coupeurs de route" en train de délester des voyageurs tombés dans leur embuscade. Cinq assaillants ont été abattus.

Depuis, les "bandits armés" se sont fait plutôt rares autour de Bozoum. La prudente stratégie d'occupation du terrain et de dissuasion conduite par les militaires de la Cémac commence à porter ses fruits. "La sécurisation a réussi", se félicite le chef du détachement de la Fomuc, le colonel congolais Guy-Blaise Kakinda Hellebaut. "Nos actions ont permis de rassurer les habitants des villages les plus reculés, qui n'ont plus besoin d'une assistance sécuritaire pour venir vendre leurs produits" sur le marché de Bozoum, poursuit-il.

"Maintenant nous pouvons aller dans nos champs et y rester longtemps", confirme Alexandre, un paysan de 35 ans. "Avant, il fallait faire vite. Pour ne pas tomber sur les +coupeurs de route+, nous avions pris l'habitude de cultiver aux alentours des cases". Même les statistiques de l'hôpital préfectoral de Bozoum semblent confirmer l'accalmie. "Avant, nous recevions en moyenne deux ou trois blessés par balles chaque semaine", assure un de ses responsables. "Depuis que la Fomuc est là, il n'y en a plus".

"Il n'y a pas meilleure façon de combattre le phénomène que de maintenir un dispositif qui empêche les +coupeurs de route+ de conduire leurs attaques et les contraint à mourir de leur propre mort", résume le colonel français Hervé Temporel, conseiller auprès du commandant de la Fomuc. Mais, si elle est parvenue à faire reculer leurs activités, la présence des militaires de la Cémac, renforcée en janvier par celle d'un détachement héliporté français, n'a pas encore, loin s'en faut, réussi à dissiper la peur d'éventuelles attaques des "zaraguinas".

"Nous avons toujours peur, surtout de nous déplacer d'un village à un autre", avoue Marthe, une paysanne quadragénaire. "Certes, la présence des militaires nous rassure mais ils ne peuvent pas toujours être là au moment où les +coupeurs de route+ surgissent". Alors les Centrafricains craignent déjà la perspective d'un départ des soldats africains, dont le mandat s'achève le 30 juin. "Le travail très important accompli par la Fomuc doit être consolidé", estime le chef d'état-major de l'armée de Bangui, le général Antoine Gambi.

Surtout, les populations redoutent de voir leur sécurité dépendre des seules Faca, qu'elles accusent de multiples dérapages et exactions. "Je sais qu'après le départ de la Fomuc et des Français, nous allons vivre des moments graves ici. Les +coupeurs de route+ vont revenir (...) pour tuer, piller et terroriser", s'alarme Jean-Paul, un enseignant à la retraite. "Et les Faca ne feront rien contre eux".

HCR : un millier de réfugiés centrafricains arrivés au Tchad depuis décembre dernier

27 janvier 2006 – Fuyant les attaques de groupes armés dans la partie nord de leur pays, près d'un millier de réfugiés de République centrafricaine, principalement des femmes et des enfants, sont arrivés dans le sud du Tchad depuis le mois de décembre, a indiqué aujourd'hui l'agence des Nations Unies pour les réfugiés.

« Les réfugiés sont arrivés à Bekoninga, un village à 35 kilomètres de Goré, la ville principale du sud du Tchad. Ils ont quitté leurs villages dans le nord de la République centrafricaine, notamment Bémal, Markounda, Bossangoa, Bedam et Bekoto, et ont traversé la frontière à Kaba », a informé Marie-Hélène Verney, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), lors d'une conférence de presse donnée aujourd'hui au Palais des Nations à Genève.

« Les nouveaux réfugiés ont rapporté aux équipes du HCR sur le terrain qu'ils avaient fui l'insécurité croissante dans le nord de la République centrafricaine, notamment les attaques répétées de groupes armés, les exécutions sommaires, les maisons brûlées et les opérations de recherche violentes menées par les militaires centrafricains dans leurs villages », a rapporté la porte-parole.

« Ils se plaignent d'être victimes d'exactions de toutes parts avec la montée de l'anarchie dans le nord de la République centrafricaine. Certains ont raconté que leurs enfants ont été kidnappés et que des rançons ont été demandées », a ajouté Marie-Hélène Verney.

Des missions de surveillance sur la frontière ont été menées conjointement par les Tchadiens et le HCR pour « vérifier la présence de réfugiés et enregistrer les nouveaux arrivants de la semaine dernière ».

Un premier groupe de 516 réfugiés - soit 98 familles - a été transféré hier dans le camp de réfugiés de Gondjé, à 13 kilomètres de Goré et à 48 kilomètres de la frontière. Gondjé accueille maintenant plus de 3 000 personnes de République centrafricaine. Environ 500 réfugiés restent encore sur la frontière. Le HCR a prévu de les transférer la semaine prochaine.

Depuis juin 2005, plus de 11 000 réfugiés originaires de République centrafricaine ont traversé la frontière vers le sud du Tchad à cause de l'insécurité croissante, rappelle l'agence pour les réfugiés.

Au total, ce sont plus de 43 000 réfugiés de République centrafricaine qui sont accueillis dans les trois sites de réfugiés à Yaroungou, Amboko et Gondjé dans le sud du Tchad. La plupart sont arrivés en 2003.

Le HCR prend également en charge plus de 200 000 réfugiés du Darfour dans 12 camps de réfugiés dans l'est du Tchad.

ALERTE DE L’UNION AFRICAINE SUR UNE POSSIBLE OFFENSIVE ARMÉE
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE - MISNA - 31/12/2005 10.55

Des groupes armés non encore identifiés seraient en train de préparer une vaste offensive en République centrafricaine selon l’Union africaine (Ua), qui s’est rendue dans le pays du 25 octobre au 8 novembre dernier. Rappelant que la situation s’est soudainement aggravée début juin 2004 après l’installation à la présidence de l’ancien chef d’état-major François Bozizé, chef d’une rébellion ayant duré 6 mois, l’Ua note que des groupes armés agissent comme s’ils préparaient quelque chose ; ces groupes pourraient comprendre des fidèles de l’ex-président Ange-Félix Parassé, mais également des militaires ayant appuyé la rébellion de Bozizé en 2003 déçus de leur récompense. Des déserteurs de l’armée tchadienne pourraient aussi se trouver dans la zone. Des attaques et des pillages commis depuis quelques mois dans le nord du pays ont poussé plus de 20.000 Centrafricains à se réfugier au sud du Tchad, où ils reçoivent l’assistance des Nations Unies. Dans un premier temps, ces épisodes ont été attribués au banditisme, mais ils pourraient en réalité dépendre de groupes armés bien organisés.
NOTE D'INFORMATION SUR LA SITUATION SÉCURITAIRE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (RCA) ET LA VISITE DANS LA RÉGION D'UNE MISSION DE L'UA

L'UA prolonge le mandat de ses soldats de la paix en RCA
Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a prolongé le mandat de la Force multinationale de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale en République centrafricaine (RCA) pour aider à la restauration de la sécurité et de la stabilité dans le pays, notamment dans le Nord, une région qui connaît une situation explosive.    30/12/2005   
La RCA lutte contre une insécurité exacerbée par la pauvreté
Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Sept mois environ après son retour à la légalité constitutionnelle, la République centrafricaine (RCA) va entrer dans l'année 2006 sans donner l'impression d'être sortie de la zone de turbulences.

 

 

UA-Centrafrique-sécurité

Bangui demande l'aide de l'UA pour lutter contre les "bandits" au nord

ADDIS ABEBA, 29 déc (AFP) - Les autorités centrafricaines ont demandé jeudi à l'Union africaine (UA) un soutien militaire et logistique pour l'aider à lutter contre les "bandits" et "groupes armés" qui sévissent dans le nord du pays. Lors du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA consacré à la situation sécuritaire en Centrafrique, le ministre centrafricain des Affaires étrangères Laurent Ngoh Baba a sollicité un appui militaire, notamment en hélicoptères et autres moyens de transport, et une aide logistique de l'UA. Actifs depuis de nombreuses années, des "groupes armés" et "coupeurs de route" multiplient les exactions dans le nord-ouest de la Centrafrique depuis six mois. Un groupe jusque-là inconnu a revendiqué des raids menés récemment sur deux villages du nord du pays. "Nous nous battons seuls depuis 10 ans et nous avons besoin de soutien matériel pour notre armée (émanant) de l'Union africaine et des Etats membres, afin de pouvoir combattre les bandits -originaires des pays voisins- qui attaquent notre système de transport et notre édifice social", a déclaré le ministre devant le Conseil. S'exprimant devant des journalistes à l'issue de Conseil, M. Baba a souligné que Bangui n'accusait pas ses voisins de soutenir ces groupes armés, mais sollicitait leur soutien pour mettre fin à ces attaques. Le Conseil devrait publier un communiqué concernant la demande centrafricaine d'ici vendredi, a fait savoir l'UA. La Centrafrique est agitée par une grave crise sociale et financière. Son histoire récente a souvent été secouée par les mutineries et les coups d'Etat.

 

Bozizé à N'Djamena pour s'informer de la situation à la frontière Tchad-Soudan

Gabonews (Libreville)
ACTUALITÉS
27 Décembre 2005
Publié sur le web le 27 Décembre 2005
N'djamena

Le président centrafricain François Bozizé, arrivé à N'Djamena lundi en fin d'après midi, a été reçu dans la soirée par le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby avec qui il a évoqué la situation trouble à la frontière entre le Tchad et le Soudan, a annoncé la radio nationale tchadienne.

« Je suis venu voir mon grand frère Idriss Déby pour s'informer de l'évolution de la situation à la frontière avec le Soudan », a déclaré le chef de l'Etat centrafricain au sortir de l'audience au Palais présidentiel.

« Tout ce qui touche le Tchad et le Soudan touche directement la Centrafrique », a affirmé le général Bozizé.

Lors du dernier sommet France - Afrique à Bamako, M. Bozizé a rencontré le président soudanais, le général El Béchir. Les deux hommes avaient évoqué la situation à la frontière soudano-tchadienne, a affirmé le général Bozizé.

« J'ai maintenant une vision assez complète de la situation au regard de deux versions que les chefs d'Etat du Soudan et du Tchad m'ont donné sur le conflit qui les oppose », a affirmé le général Bozizé.

Le président Déby de son côté a réitéré son accusation contre Khartoum qui prépare, dit-il « une nouvelle agression contre le Tchad ».

« Une colonne de plus de 50 véhicules a quitté la ville soudanaise d'El Geneina et se dirige vers la région du Salamat », a annoncé le chef de l'Etat tchadien.

Pour le Président Déby, « Khartoum ne mérite pas d'accueillir le prochain sommet de l'Union africaine » avant d'ajouter « El Béchir ne doit pas être le prochain président de l'Union africaine ».

« Comment peut-on réaliser l'Union africaine quand certains chefs d'Etat africains se plaisent à déstabiliser les pays africains ?», s'est interrogé le Président Déby.

Le président Déby a par ailleurs soutenu qu'après le Tchad, ce sera la RCA que le Soudan déstabilisera. Pour cela, déclare-t-il, il demandera un sommet extraordinaire de la CEMAC dans les prochains jours.

Ce sommet extraordinaire devrait se tenir avant le sommet de l'Union africaine, a-t-il ajouté.

La situation sécuritaire dans le nord de la RCA très préoccupante
(Les
dépêches de Brazzaville 10/10/2005)

Le haut-commissaire de l’UNHCR, Antonio Guterres, a rencontré le 6 octobre des représentants de la République centrafricaine (RCA), du Tchad et du Cameroun pour évoquer la situation préoccupante de la sécurité dans le nord et l’ouest de la RCA.

Le haut-commissaire a déclaré que l’UNHCR soutient les appels lancés pour davantage d’assistance internationale à la RCA afin de stabiliser le nord du pays où des groupes armés et une anarchie généralisée ont provoqué la fuite de quelque 10 000 personnes du nord du pays vers le Tchad depuis juin 2005, rejoignant ainsi les autres 30 000 réfugiés centrafricains déjà au Tchad. «Si le soutien international tarde à venir, nous craignons d’autres mouvements de populations aussi bien vers le Tchad que vers le Cameroun,» a-t-il lancé.

200 nouveaux réfugiés centrafricains sont arrivés dans le sud du Tchad la semaine dernière. L’Est du Cameroun a également accueilli 6 500 réfugiés centrafricains après les attaques par des groupes armés dans l’ouest de la RCA début 2005.

Les participants à la réunion ont souligné que la RCA a peu de ressources pour faire face à l’insécurité dans le nord. Les communications sont en mauvais état dans toute la région concernée et dans les zones frontalières des trois pays. Le haut-commissaire a insisté sur le fait que la restauration de la sécurité dans la région était la première condition avant le retour volontaire des réfugiés, ainsi que la fourniture d’aide humanitaire pour les déplacés.

Les participants ont également réitéré la nécessité d’une assistance au développement pour restaurer les infrastructures de base et voir l’agriculture renaître.

© Copyright Les depeches de Brazzaville

L'insécurité et le manque d'infrastructures de base font fuir des milliers de Centrafricains vers le Tchad (IRIN)

GORE,10/09/2005 (IRIN) - L’insécurité qui règne dans certaines régions du nord de la République centrafricaine (RCA) et l’absence d’infrastructures de base sont autant de raisons qui ont poussé des milliers de personnes a fuir vers le Tchad, ont indiqué les nouveaux réfugiés.

Selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 12 000 Centrafricains ont fui le Nord-ouest de la RCA pour se réfugier au sud du Tchad. Le HCR revoit ces chiffres après la nouvelle vague de réfugiés arrivée ces deux dernières semaines.

« Nous avions peur, nos enfants n’avaient pas de soins », a déclaré Christophe Mbaidjella, qui a fui le village de Bebingui. « Dans ces conditions, pourquoi voulez-vous qu’on continue à rester ? »

Depuis des années, certains Centrafricains envoient leurs enfants poursuivre des études au Tchad en raison du manque d’écoles dans les villages, a confié à IRIN Beosso Roangar, le chef du district de Kaba Roangar, situé à quelques kilomètres de la frontière tchadienne.

Selon les réfugiés qui attendent d’être transférés vers un camp, c’est à la fois le manque d’infrastructures de base et l’absence de protection qui justifient leur exode vers le Tchad.

La région nord de la RCA est en proie à de graves troubles, une situation très fréquente dans ce pays qui a connu plusieurs coups d’Etat militaires et des années de guerre civile.

Le chef de la mission du HCR en RCA, Bruno Geddo, a conduit une mission pluridisciplinaire de l’ONU à Markounda, une ville frontalière située au Nord-ouest de la RCA.

« C’est l’insécurité qui engendre une chute totale de l’économie », a indiqué M. Geddo lors de l’entretien téléphonique qu’il a eu avec IRIN depuis Bangui, la capitale centrafricaine. Si elle reste l’une des causes principales de cet exode, explique-t-il, il y a aussi l’absence de centres de santé et d’établissements scolaires dans la région, ainsi que les pénuries alimentaires, car l’insécurité empêche les villageois de cultiver.

« Les conditions ne sont pas réunies pour que les gens puissent partir [du Tchad] et retrouver leurs maisons », a-t-il ajouté.

A neuf ans, Michael Asne, vêtu d’habits en lambeaux, a confié à IRIN que sa famille et lui-même avaient fui le village de Bebingui en emportant presque rien.

« Nous étions en brousse quand nous avons entendu des coups de feu », a-t-il indiqué. « Nous nous sommes joints à d’autres personnes qui fuyaient pour arriver ici. On avait sur nous les quelques ustensiles emmenés aux champs pour préparer à manger. Nous avons abandonné nos champs, nos maisons avec le peu que nous avions ».

Un représentant du gouvernement n’a pas voulu décrire les conditions de vie dans la région.

Dans certaines régions du nord de la RCA, aucune agence de l’ONU ni organisation non-gouvernementale ne sont présentes car la sécurité de leurs personnels n’est pas garantie. Les représentants des Nations unies en RCA ont refusé de commenter les conclusions d’une évaluation de la sécurité menée par des experts de l’ONU le mois dernier dans le Nord du pays.

Les gouvernements du Tchad et de la RCA – ainsi que les autorités camerounaises – ont commencé à mener des opérations conjointes pour sécuriser la région et juguler le trafic des armes légères. Le gouvernement a récemment exhorté la communauté internationale à lui apporter une aide pour stabiliser la région qui partage une frontière terrestre avec trois pays limitrophes.

Selon les travailleurs humanitaires et les représentants de l’ONU, les groupes armés qui s’en prennent aux populations civiles seraient composés de criminels de droit commun et d’ex-miliciens ayant pris part aux conflits qui ont sévi dans la région. Pour d’autres, le gouvernement de la RCA n’a pas les moyens de sécuriser la zone.

Après la récente mission pluridisciplinaire menée par ses représentants, l’ONU préconise trois types d’intervention : une aide humanitaire pour répondre aux besoins urgents, des actions en vue de résoudre le problème d’insécurité et des projets à longs termes pour relancer l’économie, a expliqué M. Geddo du HCR.

Les fortes pluies isolent des milliers de réfugiés
Le bureau du HCR au Tchad essaie depuis plusieurs jours d’entrer en contact avec un nouveau groupe de réfugiés – 2 000 personnes selon les autorités locales – dans le village de Bekam rendu inaccessible par les fortes pluies qui ont coupé les routes et un pont.

« Le pont est sous l’eau », a expliqué au téléphone Bernard Ntwari, le porte-parole du HCR, depuis Ndjaména, la capitale tchadienne. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas pu entrer en contact avec eux ».

Les réfugiés qui arrivent depuis le mois de juin viennent s’ajouter aux 30 000 Centrafricains vivant dans les camps d’Amboko et de Yaroungou depuis qu’ils ont fui la guerre civile en RCA, en 2002.

Avec ces milliers de nouveaux réfugiés, le camp d’Amboko, près de Gore – où le HCR envisageait de les installer – est presque saturé. L’agence est contrainte de trouver un nouveau camp, a indiqué Ntwari.

Cette semaine, le HCR a eu l’autorisation du gouvernement tchadien de créer un nouveau camp et jeudi - en collaboration avec les autorités locales – un nouveau site a été identifié à quelque 10 km d’Amboko.

Il est primordial d’installer les réfugiés dans des camps où ils peuvent recevoir de la nourriture et une assistance humanitaire, explique le HCR.

Leur installation est aussi importante pour les communautés locales qui, déjà pauvres, doivent se battre pour assurer leur subsistance. Les deux pays font partie des Etats les plus pauvres de la planète.

L’indice de développement humain 2005 de l’ONU publié cette semaine classe respectivement le Tchad et la RCA aux 173ième et 171ième rangs des 177 Etats les plus pauvres de la planète.

Certains réfugiés ont confié à IRIN que les communautés locales ont été accueillantes et très généreuses. En effet, beaucoup de réfugiés sont allés rejoindre des membres de leur famille ou des beaux-parents au Tchad. Mais les tensions sont inévitables.

Alors qu’un véhicule du HCR passait devant quelques villageois de Kaba Roangar – où 200 Centrafricains venaient de trouver refuge – un jeune homme s’est écrié : “Vous les gens du HCR, je vous donne deux jours pour évacuer les gens qui sont chez moi sinon vous les retrouverez dehors”.

Mais la plupart des locaux font tout ce qu’ils peuvent pour venir en aide aux réfugiés centrafricains, même si les moyens dont ils disposent sont limités.

Roangar, le chef du village de Kaba Roangar, se dit inquiet. « Il faut que le HCR intervienne vite sinon nous sommes dépassés parce notre situation alimentaire qui était déjà précaire. Et là, nous avons épuisé nos stocks ».

« Il me restait environ 20 kilos de maïs », a expliqué un chef de famille du village de Mballa, au Tchad, qui a accueilli des centaines de réfugiés. « Mais lorsque nos frères et sœurs sont arrivés [de RCA], nos réserves se sont épuisées en très peu de temps. Je me demande ce que nous allons devenir ».

09/09/05

© Copyright IRIN

Les réfugiés centrafricains au Tchad ont fui "des hommes en armes" (AFP)

AMBOKO (AFP) - samedi 10 septembre 2005 - 10h48 - Que fuient les 15.000 Centrafricains réfugiés dans le sud du Tchad depuis début juin ? Les exactions d'"hommes en armes", répondent-ils unanimes, dénonçant pillages et exécutions sommaires sans toutefois être en mesure d'en identifier clairement les auteurs.

"Je me trouvais dans mon champ lorsque Bebingui, mon village, a été attaqué par des hommes en armes. Ma fille de 7 ans est venue m'informer", raconte Dillah, un agriculteur du nord-ouest de la Centrafrique réfugié depuis quelques semaines dans le camp d'Amboko, une localité de l'extrême sud du Tchad.

"J'ai pu prendre la fuite avec elle, mais j'ignore où se trouvent mon épouse et mes sept autres enfants", déplore cet homme de 45 ans.

Depuis trois mois, quelque 15.000 réfugiés centrafricains ont franchi la frontière tchadienne pour se joindre aux 30.000 autres de leurs compatriotes arrivés début 2003.

Si ces derniers avaient fui les combats entre l'armée centrafricaine et la rébellion qui a porté le général François Bozizé au pouvoir à Bangui le 15 mars 2003, les raisons qui ont poussé les nouveaux arrivés vers l'exode sont plus obscures.

La version officielle parle de "coupeurs de route", ces bandits de grand chemin qui rançonnent les passagers des véhicules qui s'aventurent entre le nord-ouest de la Centrafrique et le Tchad ou le Cameroun. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) évoque, lui, des violences entre "bandes armées" non identifiées. L'armée de Bangui a en tout cas dû intervenir début juin pour sécuriser le nord-ouest de la République centrafricaine.

Côté tchadien, on attribue l'insécurité à d'anciens membres de la garde d'Ange-Félix Patassé, l'ex-président centrafricain chassé en 2003 par le général Bozizé. On évoque notamment Abdoulaye Miskine, un haut gradé du régime Patassé et grand ennemi du régime de N'Djamena.

Mais de nombreux observateurs attribuent cette insécurité à d'anciens combattants qui ont porté M. Bozizé au pouvoir, désoeuvrés depuis la fin de leur rébellion.

A Amboko, parmi les réfugiés, tous s'accordent à parler d'exactions perpétrées par des hommes en tenue militaire et bien armés.

"Je travaillais au champ lorsque des coups de feu ont retenti de toutes parts. Je me suis mis à fuir ", se souvient Nodjiam Elias, arrivé au mois d'août en provenance du village centrafricain de Bétoko. Lui aussi a perdu la trace du reste de sa famille.

Ces hommes armés pillent systématiquement les villages et exécutent certains des villageois, selon les rescapés. "Ils ont tué mon mari devant moi, à coups de fusil", soupire Albertine Dio, qui peine à retenir son émotion devant ses deux enfants.

Ceux qui n'ont pas été directement victimes de la violence ont fui car l'insécurité leur empêchait d'aller cultiver leurs champs.

"Depuis le début de la saison des pluies (avril-mai), nous avons peur d'aller en brousse. Personne n'a pu semer chez nous à Bebingui", explique une autre réfugiée, Mme Djakounga. "Nous avions peur de la famine, nous avons préféré venir ici puisqu'on nous a parlé d'une assistance internationale", confie-t-elle.

Face à l'aggravation de la situation sécuritaire, des ministres du Tchad, de la Centrafrique et du Cameroun ont préconisé fin août des opérations conjointes et des patrouilles mixtes entre les armées des trois pays.

Quant à la force multinationale de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac), installée à Bangui, elle a annoncé qu'elle se déploierait fin septembre dans la région de Paoua, dont sont originaires une grande partie des réfugiés

Les pluies ralentissent l'aide humanitaire pour les 2000 réfugiés arrivés récemment au sud du Tchad (UNHCR)

Les fortes pluies ayant abîmé les ponts, le HCR éprouve

beaucoup de difficultés pour rejoindre les réfugiés de Békam

BEKAM, Tchad, 7 septembre (UNHCR) – De fortes pluies et des routes endommagées empêchent l'agence des Nations Unies pour les réfugiés d'atteindre les quelque 2000 Centrafricains arrivés au sud du Tchad durant ces deux dernières semaines.

Après que les autorités tchadiennes aient signalé l'arrivée de nouveaux réfugiés centrafricains, une mission conjointe composée de l'UNHCR, des autorités locales et des représentants de l'organe pour les réfugiés du gouvernement tchadien, la CNAR (Commission nationale d'accueil et de réinsertion des réfugiés) ont tenté cette semaine d'accéder aux réfugiés dans le village de Bekam. L'équipe n'a pu franchir le wadi (rivière) car un pont était détruit. De nouvelles tentatives sont prévues dès la décrue des eaux.

Ces réfugiés ont récemment fui l'insécurité au nord de la République centrafricaine. Depuis juin 2005, des milliers d'autres ont fui les combats entre les troupes gouvernementales et les groupes armés.

« Au cours de ce dernier trimestre, nous avons dû faire face à des flux importants de réfugiés avec des ressources restreintes au sud du Tchad », indique Ana Liria-Franch, déléguée de l'UNHCR au Tchad. « Alors que le gouvernement tchadien nous a autorisé à chercher un nouveau site où accueillir les réfugiés, nous ne pouvons rendre visite aux réfugiés dans les villages en raison des fortes pluies qui ont endommagé les routes et les ponts, c'est l'un des problèmes majeurs que nous rencontrons actuellement. »

Le gouvernement tchadien a donné son feu vert à l'UNHCR pour trouver un nouveau site pour relocaliser les nouveaux réfugiés à la frontière et anticiper les prochains afflux. Le camp d'Amboko, le principal camp de réfugiés au sud du Tchad, va bientôt atteindre la limite de sa capacité, soit 27 400 réfugiés. En même temps, l'UNHCR et ses partenaires continuent de transférer les 4000 réfugiés centrafricains arrivés au Tchad début août, fuyant le banditisme et les attaques des groupes armés dans leurs villages.

Maskemde, âgé de 60 ans, fait partie des nouveaux arrivants. Il décrit l'insécurité dans son village au début du mois d'août : « Le 9 août, nous travaillions dans nos champs lorsque nous avons entendu des tirs. Nous avons quitté les champs pour savoir ce qui s'était passé, et les femmes et les enfants du village nous ont conseillés de ne pas rester. Nous nous sommes cachés dans la brousse durant deux jours et finalement, comme la situation ne s'améliorait pas, nous avons décidé de traverser la frontière et de nous rendre au Tchad. »

Angélique, âgée de 9 ans, est toujours à la frontière avec son père, en attendant d'être relocalisée à Amboko dans les jours qui viennent. « Je ne sais pas où se trouvent ma mère et mes frères », dit-elle. « Nous avons fui parce que des gens sont venus et ont commencé à tirer. Nous ne savons pas qui ils étaient, nous avons fui parce que nous avions peur. »

L'UNHCR a récemment reçu 500 tentes supplémentaires, en provenance de ses stocks de l'est du Tchad en vue du transfert des réfugiés centrafricains dès que possible.

Nous préparons aussi le rapatriement de 1542 Tchadiens réfugiés au nord de la République centrafricaine. Ils avaient fui vers la République centrafricaine au début des années 80. En 2001, l'UNHCR a procédé à une opération de rapatriement pour les réfugiés tchadiens, mais ce groupe avait opté pour rester en République centrafricaine. Maintenant, l'insécurité grandissante dans la région les presse à demander de l'aide pour rentrer au Tchad. Le premier convoi de retour est prévu pour le 19 septembre.

Par Djerassem Mbaiorem et Bernard Ntwari UNHCR Tchad

Publié le 7 septembre 2005

4 000 Centrafricains se réfugient au Tchad pour fuir les raids
(Alwihda 19/08/2005)

Plus de 4 000 réfugiés centrafricains ont afflué depuis ces 10 derniers jours dans le Sud du Tchad, révélant que des bandes armées avaient violé des jeunes femmes et pillé leurs maisons, rapportait mercredi un représentant des Nations unies.

Selon George Menze qui travaille pour le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Gore, dans le Sud du Tchad, une mission d’évaluation achevée cette semaine révélait que 4 085 réfugiés avaient déjà franchi la frontière depuis le 7 août.

C’est la troisième vague de Centrafricains fuyant vers le Tchad voisin depuis ces deux derniers mois.

Au début du mois de juin, des milliers de personnes ont trouvé refuge de l’autre côté de la frontière. Elles déclarent avoir fui une série d’affrontements qui auraient opposé les forces gouvernementales de la République Centrafricaine à des « groupes armés non identifiés ».

Un autre groupe d’environ 2 000 personnes est arrivé au Tchad à la fin du mois de juillet.

Selon M. Menze, les derniers arrivés ont signalé que des groupes armés de 30 à 40 hommes avaient attaqué leurs villages, violant des jeunes femmes et pillant l’ensemble de leur nourriture et de leurs biens. Toujours selon lui, les réfugiés ont révélé aux représentants du HCR que dans certains cas, ces hommes portaient des uniformes militaires.

« Cela semble dépasser le simple banditisme », affirmait M. Menze. « Ces groupes semblaient organisés. Cela devient plus sérieux ».

Ce mois-ci, des experts de la sécurité des Nations unies ont mené une mission d’évaluation dans le Nord de la République Centrafricaine. Ils ont cependant refusé d’en communiquer les conclusions.

La région a connu une longue période d’agitation, en raison de coups d’Etats, d’une guerre civile et de l’instabilité de la zone frontalière avec le Tchad voisin.

Selon plusieurs sources militaires, l’armée centrafricaine et les forces tchadiennes ont récemment mené des opérations conjointes destinées à éliminer les groupes armés qui terrorisent la population dans cette région.

Les représentants des Nations unies connaissant la région affirment que le gouvernement de la République Centrafricaine n’est pas en mesure de contrôler les groupes armés du Nord du pays.

Les organisations humanitaires internationales et les agences des Nations unies n’opèrent pas dans cette région car la sécurité ne peut y être garantie. De plus, les travailleurs humanitaires affirment que cette instabilité se traduit par une absence de soins de santé et de nombreux services élémentaires pour les habitants.

M. Menze soutient que, dans les prochains jours, le HCR mettra en place un processus d’identification et d’enregistrement plus complet, avant de transférer les réfugiés dans le camp d’Amboko, près de Gore, où ils rejoindront leurs compatriotes qui ont fui le pays cette année.

30 000 réfugiés centrafricains vivent à Amboko et dans d’autres camps situés dans le Sud du Tchad, depuis les affrontements qui ont opposé les forces fidèles à l’ancien président Ange-Félix Patassé à celles de son ancien chef d’état-major, Francis Bozizé, qui a été élu président dans le courant du mois de juin.

Source: Alwihda - IRIN

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Des Centrafricains fuient vers le Tchad - 19/8/2005
Plus de 4.000 nouveaux réfugiés centrafricains sont arrivés dans le sud du Tchad ces derniers jours, fuyant des "exactions" de "bandes armées" dans le nord de leur pays, a-t-on appris jeudi auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à N’Djamena.
 
"Au total, 4.086 Centrafricains ont la franchi la frontière tchadienne autour du 10 août et sont refugiés à Bekoninga, à 35 km de Goré", localité de l’extrême sud du Tchad située à 600 km au sud de N’Djamena, a déclaré à l’AFP un responsable du HCR qui a requis l’anonymat.
 
"Ces réfugiés qui viennent de la sous-préfecture de Paoua dans le nord de la RCA (République centrafricaine) se disent victimes des exactions des bandes armées et surtout des viols de leurs femmes", a-t-il ajouté.
 
"Pour le moment, ces réfugiés vivent à l’air libre à côté d’une rivière où ils s’abreuvent", a-t-il poursuivi, précisant que le HCR avait entamé des discussions avec les autorités tchadiennes afin d’identifier un nouveau site d’accueil.
"Autrement, nous serons debordés", a-t-il prévenu.
Selon ce responsable, il n’est pas exclu que d’autres réfugiés puissent traverser la frontière dans les prochains jours.
 
Début juin, quelques 10.000 Centrafricains avaient fui au Tchad voisin en raison de combats opposant des groupes armés non-identifiés aux soldats tchadiens et centrafricains.
D’autres réfugiés ont continué d’arriver en juillet par petits groupes, fuyant selon le HCR "des bandes armées" qui "font le tour des villages pour s’approvisionner en vivres et piller la population".
 
Le responsable du HCR n’a pas précisé jeudi le nombre total de réfugiés centrafricains se trouvant actuellement au Tchad.
 
Les réfugiés arrivés en juin avaient été regroupés début juillet près de Goré au camp d’Amboko, qui accueillait déjà 13.000 des 30.000 Centrafricains ayant fui leur pays après le coup d’Etat du général François Bozizé en mars 2003.

AFRIQUECENTRALE.INFO

Fin des opérations de sécurisation à la frontière Centrafrique-Tchad
17 JUIN 2005 - CENTRAFRIQUE / TCHAD / SECURITE
Les opérations de sécurisation menées par l'armée centrafricaine dans le nord du pays, qui ont provoqué l'exode de milliers de Centrafricains au Tchad depuis début juin, sont terminées, a-t-on appris vendredi de source militaire centrafricaine. "Les unités des Forces armées centrafricaines (Faca) qui ont participé à ces opérations sont en train de regagner leur base à Bangui", a précisé cette source sous couvert de l'anonymat, sans fournir de bilan des combats qui les ont opposées à des bandes armées non-identifiées. Selon cette source, ces affrontements ont débuté le 3 juin par l'attaque par des "coupeurs de route" -bandits de grand chemin qui détroussent les voyageurs- d'un véhicule qui se rendait au Tchad. Conformément aux accords entre les deux pays, l'armée tchadienne a alors donné la chasse à ces malfaiteurs sur le territoire de son voisin. "La fuite de milliers de Centrafricains au Tchad est consécutive à cette opération de poursuite parce qu'elle a coïncidé avec une autre opération des Faca contre un groupe de coupeurs de route munis de fusils de chasse et de guerre, qui attaquent depuis quelques mois les routiers et les villages frontaliers des deux pays", a expliqué cette source militaire. "La population s'est donc sentie prise en tenailles et a pris la fuite pour se réfugier dans les localités les plus proches au sud du Tchad", a-t-elle ajouté. Le ministre tchadien de la Défense Emmanuel Nadingar a précisé qu'il n'y avait "pas eu d'action conjointe entre armées tchadienne et centrafricaine". "L'action du 3 juin a été menée par l'armée centrafricaine, nous en avons simplement fait le constat quand nous sommes arrivés sur place", a poursuivi M. Nadingar. Interrogé sur l'identité de ces "coupeurs de route", le porte-parole de la présidence centrafricaine Alain-Georges Ngatoua a répondu qu'ils étaient "des bandits armés qui évoluent indifféremment de part et d'autre de la frontière". "Ce sont des brigands qui interceptent des véhicules de commerçants venant de Bangui vers le Tchad", a pour sa part indiqué le ministre tchadien. Selon un nouveau bilan fourni vendredi par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à N'Djamena, 8.500 ressortissants centrafricains ont passé la frontière pour fuir ces combats. "Ils sont présentement 8.500 dans la préfecture de Yambodo, à 60 km de Goré", a déclaré un responsable du HCR. "Le dernier lot de réfugiés est arrivé avec du bétail et quelques biens matériels et est composé à 65% de femmes et d'enfants", a-t-il ajouté, précisant que le HCR et les autorités tchadiennes étaient à la recherche d'un endroit pour leur installer un camp d'hébergement. Quelque 27.000 Centrafricains qui avaient fui en 2002 et 2003 les combats qui opposaient à l'époque les partisans du président actuel François Bozizé à celui de son prédécesseur déchu Ange-Félix Patassé, vivent toujours dans deux camps du sud du Tchad.

8 000 Centrafricains se réfugient au sud du Tchad (IRIN)

DAKAR, le 16 juin (IRIN) - Plus de 8 000 centrafricains ont fui leur pays et se sont réfugiés dans la région sud du Tchad au cours des quinze derniers jours pour échapper aux nouveaux combats qui se déroulent actuellement dans le nord-ouest de la République Centrafricaine (RCA), a indiqué l’agence des nations unies pour les réfugiés (HCR).

La nouvelle vague de réfugies vient grossir les 30 000 Centrafricains qui vivent en exil depuis près de trois ans dans le sud du Tchad, a déclaré de Ndjamena Bernard Ntwari, représentant du HCR.

Selon Ntwari, le récent exode des populations a commencé à la suite des combats qui ont opposé le 3 juin les forces armées centrafricaines à un groupe de rebelles.

A Bangui, la capitale de la République centrafricaine où François Bozizé entame depuis samedi son mandat présidentiel, les autorités ont confirmé ces affrontements, sans pouvoir identifier le groupe de rebelles impliqué dans les combats.

La plupart des 8 632 réfugiés enregistrés jusqu’à présent au Tchad sont hébergés par la population locale dans les communes rurales de Betel, Bekandja, Matita et Bilbo, mais certains sont encore livrés à eux-mêmes, a indiqué Ntwari.

“Des petits groupes de personnes arrivaient encore mardi dernier avec leur bétail et leurs effets personnels”, a ajouté le représentant du HCR.

Une équipe de représentants de différentes agences des Nations unies et d’organisations non-gouvernementales est actuellement présente sur le terrain pour évaluer les besoins, a indiqué Ntwari.

Tandis que la communauté internationale est préoccupée par le sort des quelque 200 000 réfugiés qui, fuyant le conflit du Darfour, au Soudan, se sont installés dans la région semi-désertique de l’est du Tchad, près de 30 000 réfugiés centrafricains vivent encore dans la zone boisée du sud du Tchad.

Des camps de réfugiés sont installés à Amboko, près de la ville frontalière de Gore, et à Yaroungo, près de Maro, à 250 km à l’est.

Plus de 40 000 Centrafricains s’étaient réfugiés dans le sud du Tchad lors des combats qui ont opposés les forces loyales à l’ancien président Ange-Felix Patassé et les troupes du chef d’Etat-major d’alors, le Général Bozizé, en octobre 2002. Depuis, plusieurs réfugiés ont rejoint leur domicile.

En mars 2003, Bozizé a finalement réussi à renverser Patassé avec l’aide de centaines de mercenaires tchadiens.

Le mois dernier, le général de 58 ans a légitimé son pouvoir en République centrafricaine en obtenant 64 pour cent des suffrages au deuxième tour du scrutin présidentiel, face à sont adversaire politique, l’ancien Premier ministre Martin Ziguelé.

La plupart des mercenaires tchadiens qui ont aidé Bozizé à prendre le pouvoir ont perçu une prime et sont retournés chez eux. Mais l’année dernière, ces combattants désœuvrés ont été accusés d’être les auteurs des nombreux actes de banditisme perpétrés de part et d’autre de la frontière entre le Tchad et la RCA, ainsi qu’au nord du Cameroun.

En avril dernier, près de 3 000 membres de la communauté des Mbororo, un groupe ethnique originaire du nord-ouest de la RCA se sont réfugiés dans la région nord du Cameroun fuyant certains ex-combattants pro-Bozizé qui avaient commencé à attaquer leurs villages et à voler leur bétail.

Dans la perspective d’un séjour prolongé de ces réfugiés centrafricains dans le sud du Tchad, les agences de l’ONU les ont transférés vers de nouveaux sites où ils pourront disposer de terres cultivables.

Des milliers de civils en fuite de la Centrafrique réfugiés dans le Sud du Tchad (Xinhuanet)

(Xinhuanet 15/06/2005) Depuis début juin, des milliers de civils centrafricains ont trouvé refuge dans le sud du Tchad pour fuir aux combats entre l'armée de Bangui et quelques bandes armées "non encore identifiés", selon une information en provenance de Bangui mardi.

 

Selon des sources du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), au moins 5 000 personnes ont traversé la frontière depuis samedi dernier à cause de combats survenus dans la localité de Markounda, dans le nord de la République Centrafricaine, et se sont réfugiées dans la zone de Goré (à environ 600 kilomètres au sud de N'Djamena).

 

Une délégation du HCR a quitté N'Djamena pour Gorè avec le mandat de vérifier la situation sur le terrain, évaluer quel type d'assistance fournir aux réfugiés et fournir un site d'accueil. Des sources du gouvernement de Bangui ont confirmé les combats, sans fournir cependant de bilan, selon la même source. Fin

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Communiqué présidentiel lu sur Radio Centrafrique le 13 juin 2005
par Alain Georges Ngatoua

« Depuis quelques jours, une campagne de désinformation vise à laisser croire que des combats opposeraient dans le Nord du pays, les forces armées centrafricaines à des éléments non-identifiés. Le ministère de la défense Nationale tient à démentir ces allégations totalement fantaisistes et méchantes. Depuis le début de l'année, afin de favoriser le bon déroulement des élections présidentielle et législatives, sept (7) bataillons des Forces armées centrafricaines ont été déployés en province en plus des unités territoriales. Outre la sécurisation des opérations électorales, ces unités avaient aussi pour mission, de lutter contre les coupeurs de route qui, traditionnellement dans cette période, sévissent le long des frontières centrafricano-tchadiennes et centrafricano-camerounaises.

Nos unités ont d'ailleurs au cours des mois écoulés, remporté de brillants succès contre ces individus sans foi ni loi, démontrant ainsi que l'instruction et l'entraînement, repris sous l'égide de la coopération militaire française avaient porté leurs fruits en matière d'efficacité opérationnelle.

En outre, il y a une dizaine de jours, une opération combinée entre les forces tchadiennes et centrafricaines a été montée pour neutraliser une bande de brigands qui avait été repérée par l'armée tchadienne dans la région de Gorée, au sud du Tchad. Cette opération étant achevée et les opérations électorales terminées, nos unités s'apprêtent maintenant à regagner leurs différents cantonnements dans la ville de Bangui.

Dans ce contexte, les propos tenus par certains médias nationaux ou internationaux parlant notamment de plusieurs morts centrafricains, de véhicules détruits ou encore de guerre larvée au nord du pays, sont totalement irresponsables et ne reflètent que la mentalité des nostalgiques du malheur passé du peuple centrafricain.

Par ailleurs, le gouvernement s'étonne de l'activisme de certaines officines de presse, bien connues pour leurs engagements politiques et sont promptes à relayer sans aucune vérification, les rumeurs propagées par les ennemis de la Nation.

A cette occasion, le ministère de la Défense rappelle son entière disponibilité à répondre aux interrogations de la presse nationale et internationale, notamment sur d'éventuels engagements des forces armées centrafricaines à l'intérieur du pays ».

Centrafrique Presse le: June 15, 2005