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PROGRAMME
DE POLITIQUE GÉNÉRALE du PM Elie DOTE
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RÉPUBLIQUE
CENTRAFRICAINE
UNITÉ-
DIGNITÉ - TRAVAIL
PROGRAMME
DE POLITIQUE GENERALE
Son Excellence Monsieur
Elie DOTE
PREMIER MINISTRE,
CHEF OU GOUVERNEMENT
Palais de 1’Assemblée
Nationale
Bangui 08 Août 2005
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,
L’article 41, alinéa 1 de notre
Constitution fait obligation à tout nouveau Premier Ministre,
Chef du Gouvernement, de se présenter devant l"Assemblée
Nationale pour y exposer son Programme de Politique Générale.
Cette démarche républicaine, je l'accomplis
aujourd'hui non pas par simple: obligation mais avec un réel
plaisir, conscient du grand honneur qui m'échoit de m’adresser
directement aux élus du peuple centrafricain.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
DistIngués Invités,
Mesdames et Messieurs,
J'ai reçu du Chef de l'Etat la lourde
mission de diriger le Gouvernement de l’ère démocratique qui
S'ouvre devant nous avec l'élection du Président de la République
et des Députés lors d'un scrutin:salué par la communauté
internationale.
Je me présente donc devant vous, rempli
d'une grande humilité mais nanti en même temps d'une solide
conviction et d'une indéniable détermination.
J'ai consacré jusqu'à ce jour toutes mes
activités professionnelles et toute mon énergie au service
public aussi bien national qu’international. Cependant du fait
de mes obligations contractuelles à un moment de ma vie
professionnelle, je n'ai pas été militant actif et ouvertement déclaré
d'un parti politique. Mais j'ai de profondes convictions
humanistes qui m’ont très tôt destiné au service public.
C'est aussi une forme dl engagement politique qui me rapproche des
respectueuses et respectueux élus du peuple.
Nous partageons donc tous sans aucun doute la
même foi : être au service de nos compatriotes et nourrir
l’ambition de faire avancer les choses. Vous représentez notre
peuple en cette enceinte et à ce titre, vous pouvez être assurés
de mon entier respect et de celui de mon Gouvernement.
Lorsque le choix du Chef de l’Etat s'est
porté sur ma modeste personne,. après des hésitations bien
compréhensibles, mon attachement et mon dévouement à ce pays
qui m'a tant donné, m'ont conduit à accepter son offre. La
mission qui m’est confiée va consister à œuvrer de concert
avec lui. dans la réalisation de son projet de société pour la
République: Centrafricaine. Après une lecture attentive de ce
projet, j'avoue m'être senti interpellé par les grandes
orientations qu'il contient.
Je souhaite donc sincèrement et profondément
que ce projet de société reçoive votre soutien. Il ne pourra en
effet être mis en oeuvre qu’avec 1e concours plein et entier
des élus de la Nation, dans le cadre d’un partenariat
dynamique, exigeant et respectueux entre l'Exécutif et le Législatif.
A cette fin, permettez. mol de me référer
au Chef de l'Etat.. dans le discours qu'Il a prononcé lors de son
Investiture. Je cite :
« Je sens de notre mission est de rebâtir
un Etat qui s’assume, à la condition que l’harmonie et
l’intérêt général conduisent les nouvelles Institutions républicaines.
Au gouvernement d'œuvrer alors avec méthode, cohérence,
hardiesse, solidarité et efficacité pour que le mot d’ordre «Kwa
na Kwa » porte ses fruits.
Toutefois, majorité ne signifie pas
exclusIon. Nous avons obligation d’entendre le message de la
minorité qui peut être porteuse de vérité.
C’est pourquoi le sens du dialogue et du
rassemblement qui nous a toujours guidé, demande que
I’opposition continue de participer à l'animation de la vie
politique, conformément à l'ordonnance relative aux partis
politiques et au statut de l'opposition. C'est en effet dans la
contradiction dynamique de la parole soutenue par l'intérêt général,
que la démocratie centrafricaine se fortifiera.. ». Fin de
citation.
C’est probablement cette conviction du Président
de tous les Centrafricains qu’ a conforté la sagesse avec
laquelle vous avez composé le Bureau de cette auguste institution
et au sein duquel, me semble -t-il, toutes les sensibilités sont
représentées.
Je note simplement pour m'en réjouir et vous
en féliciter très sincèrement.
- Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
- Honorables Députés,
- Distingués Invités,
- Mesdames et Messieurs,
J'ai été choisi, selon la Constitution, «
pour déterminer et conduire la politique de la Nation
dont les grandes orientations sont fixées par le PrésIdent de la
République, Chef de I’Etat.."
Ces grandes orientations, il les a prescrites
lui-même dans le discours du 11 juin 2005 précité et dont je
voudrais à nouveau citer un court extrait :
« Ce mandat sera le quinquennat du développement
et de la garantie des libertés fondamentales.
Certes, nous avons déjà consenti
beaucoup de sacrifices. Mais nous devons être conscients
que la tâche de reconstruction demeure immense. Et qu’il faut
continuer à consentir d'autres sacrifices si nous voulons
laisser, en héritage, un coin de terre appelé République
Centrafricaine où il fait bon vivre.
Ce Gouvernement devra donc s’assumer, répondre
aux aspirations profondes à la paix, à la sécurité, à
l'unité de cette nation en construction et au souci permanent de
la bonne gouvernance… » Fin de citation.
Comme vous le voyez, dans tes circonstances
actuelles, le défi Ie plus important à relever après le préalable
de la paix est de remettre la société centrafricaine au travail.
C'est à cette seule condition que nous pouvons nous
attaquer à la pauvreté de nos populations.
. Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
. Distingués Invités,
- Mesdames et Messieurs"
Permettez-moi de rappeler qu'à la tête du
Gouvernement, je me présente aujourd'hui devant vous, animé à
la fois d"'une grande humilité et d'une farouche détermination:
- humilité devant l'ampleur de la tâche qui
est le mien, qui est le nôtre ;
- détermination parce que les résultats
que nous obtiendrons, toujours ensemble, pourront changer le
visage de notre pays et améliorer les conditions de vie de nos
compatriotes.
Cela dit, je m'empresse d'ajouter que je suis
également habité d’un devoir de vérité. Et ce devoir de vérité
me commande de vous présenter, avant toute chose, l’état
actuel de notre pays, l’état de son économie, de ses finances,
de son agriculture, de son système de santé, de son système éducatif,
de ses forets, de ses ressources minières, de ses forces de défense
et de sécurité, de son administration, de ses infrastructures
routières, fluviales et aéroportuaires, de sa justice et de sa
place dans la sous- région et sur le continent.
- Monsieur le Président de ['Assemblée
Nationale,
- Mesdames et Messieurs les Députés,
- Honorables Invités,
- Mesdames et Messieurs.
Quelle était la situation héritée par la
Transition consensuelle et qu’a-t-elle pu faire avec les moyens
limités dont elle a disposés?
Au lendemain du l5 mars 2003, le Gouvernement
de transition s’est heurté à une situation économique et
financière catastrophique caractérisée par :
- une dette extérieure estimée à 600
milliards de f cfa à fin 2002, si lourde qu’elle surpasse
pratiquement le volume de la production nationale ;
- Un service programmé de la dette qui
absorbe la quasi-totalité des recettes d'exportations. Le service
de cette dette a atteint des proportions telles, que malgré
toutes nos bonnes volontés, nos ressources internes ne pourront
en assurer l’intégralité du remboursement au cours des
prochaines années. C’est pour cela que nous courons le risque
de crouler encore pendant longtemps sous le poIds de ces arriérés;
- des arriérés sur le service de la dette
publique extérieure si élevés que nos ressources propres ne
pouvaient en supporter l’apurement et autoriser la mobilisation
de nouvelles ressources auprès des Institutions de financement du
développement. Avec: 38 milliards de FCFA, d’arriérés vis-à-vis
des principaux créanciers que sont la Banque Mondiale, le Groupe
de la Banque Africaine de Développement, la Banque Arabe de- Développement
Economique pour l’Afrique,. e Fonds International pour le Développement
Agricole, le Fonds de l'Organisation des Pays exportateurs de pétrole,
les pays du Club de Paris, les portes de ces Institutions nous
sont quasiment fermées.
-une accumulation d'arriérés de paiements
intérieurs estimée à plus de 200 milliards de f cfa dont :
- 65 milliards de salaires, ç'est- à -dire
plus de 26 mois;
- 9 milliard de pensions ;
- 22,8 milliards de prestations sociales ;
- 68,5 mIlliards dus au fournisseurs ;
- 32,13 mIlliards dus au système bancaire.
- une admn1Sb'ation largement démotivée,
outrageusement corrompue et inefficace,
- un niveau de ressources publiques d'autant
plus bas que les destructions ayant affecté les infrastructures
administratives économiques et industrielles, à la suite de
cette série de conflits armés, ont eu un impact fortement négatif
sur l’activité économique;
- Une chute régulière des investissements
tant publiques que privés dans des secteurs d’importance pour
la croissance et le développement socio-économique tels que les
transports les communications, l'eau, l’électricité, etc...
- Des zones rurales totalement coupées du
circuit économique national et une accentuation de la fracture
entre le monde rural et le monde urbain.
Monsieur le Président de l’Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Les actions entreprises par les différents
gouvernements de la Transition ont permis de faire face aux dépenses
de fonctionnement et d’investissement, et de régler une partie
de la dette de notre pays. Les recettes recouvrées par les Régies
financières et les caisses annexes de l’administration,
accompagnées par les concours du système bancaire, ont atteint
les 113 milliards de FCFA. 89 milliards de FCFA ont été mobilisé;
auprès des sources de financement extérieures, desquels 35
milliards ont été affectés aux projets.
La trésorerie de l’Etat a reçu, du Fonds
Monétaire International et de la Banque des Etats de l’Afrique
centrale, des soutiens respectifs de 4,4 milliards de FCFA. dans
le cadre du programme post- conflit et 12 milliards de FCFA. Il
importe de souligner que malgré la mise en œuvre de plusieurs
mesures d'assainissement, les ressources mobilisées sont demeurées
faibles, face aux multiples besoins du pays. De l’avis de
beaucoup d'observateurs, les concours extérieurs n’ont pas été
suffisamment élevés pour accompagner le mouvement de la relance
de l’économie. En effet, au cours de cette période, notre pays
était frappé par des sanctions qui ne lui ont pas permis de
faire jouer pleinement les instruments de la coopération avec
certaines institutions..
Monsieur le Président de l’Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
les principaux indicateurs de nos finances
publiques à la veille des dernières élections, ont été le
reflet de I’état de dégradation avancée de notre économie.
Le budget de l'exercice 2005 arrêté en
recettes et dépenses à 113 milliards de FCFA, se décompose en
31 milliards de dépenses d’investissement et 82 milliards de
FCFA de dépenses de fonctionnement. A fin 1uin 2005, le niveau
des recettes a été si bas qu'il n’a pas permis d’exécuter
l’essentiel des dépenses inscrites au budget. Des arriérés
ont été accumulés.
En plein accord avec le Chef de l'Etat,
j’ai donné des instructions :au Ministre des Finances pour la
préparation du projet de collectif budgétaire 2005 et du projet
de budget de l'exercice 2006. Les deux projets de budget seront
soumis au bureau de l’Assemblée Nationale au plus tard le 17
octobre 2005.
Au plan social, les conséquences de cette évolution
ont été effroyablement désastreuses. La première richesse de
notre pays - et je dirai de tout pays - est d’abord la qualité
de ses femmes et ses hommes. Jean Bodin disait qu’ « il n’ y
a de richesses que d'hommes ».
Je crois profondément à l'énergie de nos
compatriotes, à leur esprit créatif, inventif, à leur force et
à leur capacité de travail, pour peu que, au stade actuel de
notre société, l'Etat leur en concède le cadre institutionnel
et pour peu également que les Centrafricaines et les
Centrafricains acceptent de se prendre en mains, d’assumer leur
destin individuel et collectif. Mais pour que cette population
soit réellement active et productive, son état de santé doit être
entretenu.
Nous constatons avec grand regret que les
indicateurs de santé de notre pays sont des plus alarmants. Un
haut responsable d'une agence du Système des nations Unies a
trouvé la formule résumant l'état des indicateurs sociaux de
notre pays. Ce sont les « indicateurs d'un pays en situation de
guerre permanente ».
- un taux de mortalité de 20 pour mille.
- une espérance de vie à la naissance de 43
ans (40 ans pour les hommes et 46 ans pour les femmes). Un des
niveaux les plus bas en Afrique aujourd'hui alors qu’il était
de 48 ans en 1988..
- Un taux de mortalité maternelle de 1355 décès
pour 100.000 naissances vivantes contre 420 au Gabon. Il n’était
que de 683 décès pour cent mille naissances vivantes en 1988.
- Un taux de mortalité infantile de 132 pour
mille enfants de moins d'un an.
contre 64 seulement au Gabon. En 1988, fi n'était
que de 97 pour mme.
. Enfin, un taux de mortalité infanto-juvénile
de 220 décès pour mille enfants de moins de 5 ans.
Ces indicateurs démontrent à suffisance le
mauvais état de santé de la population dû essentiel1ement à la
pauvreté et aux maladies comme le Vih/Sida, le paludisme... la
tuberculose, les maladies menaçant la survie de l'enfant, aux épidémies
et aux catastrophes naturelles ou provoquées par l'homme.
En outre, le système de santé dans notre
pays est très loi., d'être performant, essentiellement à cause
de la faible capacité du cadre institutionnel et de la modicité
des ressources du secteur, En effet, nous ne disposons que de :
- 786 établissements sanitaires toutes catégories
confondues dont 117 relevant du secteur privé ;
- 3.314 agents de santé dans le
secteur public toutes catégories confondues, dont seulement 1.915
sont des prestataires effectifs de soins;
- une accessibilité géographique aux soins
de santé de seulement 65% dans un rayon de 5 km.
La plupart des structures sanitaires sont vétustes,
dépourvues d’équipements adéquats et de matériels de
premiers soins. en zone rurale, les formations sanitaires sort
constituées presque uniquement de centres de santé de catégorie
C. Par ailleurs, entre 1000 et 2005, le rapport lit/habitant est
passé de 948 à 1.075 habitants pour un lIt soit une perte de
plus de 7 % de la capacité d'accueil en raison des pillages et
destructions et de l'augmentation de la population.
En matière de ressources humaines, l'intérieur
de notre pays manque actuellement de personnel médical et paramédical.
Les ratios personnels de santé par habitant et par catégorie
professionnelle montrent une répartition incroyablement inégale
entre Bangui, la capitale et le reste de notre pays. A Bangui, on
compte un médecin pour 6.000 habitants tandis que dans la plupart
des régions reculées du pays, le rapport: est de un médecin
pour 90.000 habitants.
Au déficit quantitatif du personnel de santé
dans les réglons rurales s’ajoute le déficit qualitatif. Dans
les régions pauvres, les accouchements par exemple, se font
majoritairement par du personnel non qualifié, d'où de nombreux
cas de. complications entraînant de nombreux décès.
Lorsque les services de santé existent, ils
sont peu utilisés par les populations pauvres en raison de la désorganisation
du système et surtout des coûts souvent très élevés des
prestations. On dit généralement que «dans nos hôpitaux et
centres de santé, si tu n’as pas d'argent., tu meurs à coup sûr
». En effet, certains personnels de santé ont tendance il
majorer systématiquement les coûts des prestations et à
racketter les malades. Ce phénomène qui se généralise à
grande vitesse, sape les bases d"une prise en charge correcte
des patients, surtout les plus démunis.
Fondamentalement.. à la base, ta santé est
tributaire d'un certain nombre de facteurs, dont l’accès à
l’eau potable et à l’assainissement. Or en cette matière, la
couverture de la population centrafricaine est de 63 %, avec 43 %
seulement en milieu rural et 75 % en milieu urbain.
Aussi, à la question: le Centrafricain est-
il correctement desservi en eau potable et jouit-il d’un
environnement assaini, facteurs essentiels d’une bonne santé?
La réponse est: NON.
Monsieur le Président de J"Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
Distingués invités..
Mesdames et Messieurs,
Si les mots ont un sens, nous devons admettre
que les populations centrafricaines sont en butte. à un état de
pauvreté alarmant. Plus que la pauvreté, les crises successives,
l’insécurité alimentaire, la dégradation des principes
moraux.,. la faible scolarisation et l'analphabétisme, la
discrimination entre les genres, la résistance au changement de
comportement et l'insuffisance des ressources consacrées à la
lutte contre la pauvreté, tous ces facteurs ont fragilisé la
société centrafricaine.
Cette situation a aggravé la vulnérabilité
des groupes sociaux, en particulier les femmes, les enfants, les
personnes handicapées et les personnes du 3e âge qu'avec
affection, nous appelons chez nous « les vieux ». A tous ces
facteurs et leurs conséquences, il convient de mentionner le Sida
et son impact SUr l'ensemble des groupes sociaux.
Le nombre des enfants ayant besoin de
protection sociale spéciale, notamment les orphelins et les
enfants de la rue, a considérablement augmenté.
Les: femmes représentent plus de la moitié
de la population nationale. Les conf1its que notre pays a connus
les ont fortement touchées. Beaucoup d’entre elles ont subi des
actes de violences et de viols.. Rien que pour la ville de Bangui
on dénombre pas moins de 600 femmes victimes de viols. Les
-chiffres de l'Intérieur du pays. surtout dans les zones touchées
par les conflits doivent être bien plus importants.
La situation des jeunes filles déscolarisées
et désœuvrées dont l'âge varie entre 12 et 25 ans est devenue
plus que jamais précaire. Elles sont en effet vouées au chômage
et à la pauvreté et exposées, par la force des choses, à la
prostitution et à des risques élevés d’infection au Vih/Sida
et autres maladies sexuellement transmissibleS..
Les déplacements de personnes dus aux
conflits armés n'ont pas épargné les femmes et les enfants. Le
nombre de nos compatriotes encore réfugiés au Sud du Tchad
voisin est estimé à plus de 40.000.
Pour ceux qui sont restés au pays, la
destruction et les pillages des infrastructures communautaires
(cases et postes de santé, pharmacies, boutiques et écoles,
forages et points d’eau, etc.) ont réduit leur accès aux
services socio-économiques de base, d'où une baisse
substantielle de la productivité, une pauvreté généralisée
ainsi qU'une morbidité et une: mortalité croissantes.
Honorables Députés,
Distingués invités..
Mesdames et Messieurs,
Après la santé, l’éducation est l'un des
piliers de toute société aspirant à la maÎtrise de l'avenir .à
travers l’acquisition de l’instruction, de la connaissance et
une plus grande ouverture sur le monde.
Notre système éducatif dérive depuis plus
d'une décennie déjà. Cette évolution se traduit aujourd'hui
par le fait que seule la moitié de nos enfants en âge de
scolarisation est scolarisée. Sur cette moitié, moins de 20 %
achèvent le cycle primaire. Le taux de déperdition est si
important que notre pays se situe à la queue des pays africains.
Une telle tendance compromet les chances de développement de
notre pays.
Les causes de cette situation se résument
comme:
1) Un accès. à l'éducation relativement
faible comparativement à la moyenne de la zone CEMAC ;
2) Un Indice d’efficacité interne très en
retrait pat rapport à lai moyenne des pays voisins et de
l'Afrique:
3) De fortes disparités entre les régions,
entre les sexes, et suivant les filières
4} Dans certaines zones rurales, de jeunes
enfants parcourent encore plusieurs kilomètres à pied pour se
rendre à l'école ;
5) Un très faible taux d'encadrement et des
niveaux de qualification tout aussi faibles pour les enseignants ;
6) Des conditions de travail non incitatives
et des rémunérations dévalorisantes pour la profession
d'enseignant et d'éducateur.
Monsieur le Président de I'Assemblée
Nationale
Honorables Dépotés,
Distingués invités
Mesdames et Messieurs,
S'agissant du contexte de notre économie et
des contraintes qui pèsent sur elle, on peut déplorer notre
continentalité qui est un lourd handicap pour notre développement.
Notre éloignement des ports maritimes et les
difficultés de mobilité sur des routes non totalement fluides,
accroissent les coûts de transports, et réduisent la compétitivité
de nos produits. A cela s'ajoute l’insuffisance des
infrastructures de communications par ailleurs inégalement réparties
sur un territoire vaste et à faible densité. Le réseau routier,
dont principalement les pistes rurales, est si dégradé que le
lien entre le monde rural - zone de production agricole et
agro-pastorale - et le monde urbain est quasiment rompu en saison
des pluies et totalement rompu dans des zones où ces pistes n'ont
plus été entretenues depuis de nombreuses années.
Monsieur le Président de l’Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,.
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
D'une manière générale, il importe de
savoir que 45 ans après notre indépendance, la République
Centrafricaine ne dispose que de 700 Kms d'un réseau routier revêtu,
ou si l'on préfère bitumé, dont la moitié au moins est
fortement dégradée tout comme sont dégradées les rues
autrefois bitumées de notre capitale. Contrairement à beaucoup
d’autres. pays enclavés d'Afrique, la RCA ne dispose pas de
route bitumée la reliant à la mer.
Sur ces routes et pistes, les barrières
physiques et non physiques en surnombre constituent un obstacle
majeur pour la circulation des biens et des personnes, ce qui
contrecarre le déve1oppement des activités commerciales.
La seule vole d’eau praticable 6 mois sur
12 est l'axe Bangui- Brazzaville, longue de 1.200 Kms. Elle n'a
pourtant pas été balisée depuis plusieurs années.
En ce qui concerne les plates- formes aéroportuaires,
la direction de l'aviation civile en recense 42 sur toute l’étendue
du territoire. Seules 4 d'entre elles sont bitumées (Bangui,
Bobangui, Berbérati et Avakaba. Toutefois, l'entretien des pistes
et des abords est mal assuré, y compris sur Bangui - Mpoko,.
l'unique plate forme internationale.
Monsieur le Président de Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Faisons un tour un instant dans nos provinces
pour examiner la situation du monde rural à travers l'agriculture
et l'élevage, mais surtout la situation des hommes et des femmes
qui s'adonnent à ces activités premières pour notre économie
et notre survie. Ici c'est moins un jugement de technicien que je
souhaite opérer que le regard attentif d'un centrafricain désireux
de faire le point.
Bien des paramètres évoqués plus haut ont
lourdement handicapé et handicapent encore le monde rural. Je
pense à l’insécurité, à la dégradation des voies de
communication, au taux de mortalité inquiétant au vieillissement
des populations, à l’exode rural, à la chute vertigineuse des
cours des cultures de rente entraînent la mévente des produits,
au manque de moyens dont disposent les cadres et agents du Département
en charge du Monde rural.
Prenons par exemple deux de nos cultures de
rente: le coton et le café.
Alors que la production de coton avoisinait
60.000 tonnes en 1969-1970, elle est inférieure à 6.000 tonnes
pour la campagne qui s’achève. Le nombre de producteurs a été
divisé par 5 en quelques années.
La société centrafricaine de développement
des textiles SOCADETEX, en situation de quasi monopole, ne remplit
pas sa mission car, n'ayant jamais pu réaliser les
investissements nécessaires à une relance de la filière.
Les producteurs se trouvent dans une
situation de précarité à nulle autre pareille. Le coton acheté
cette année ne leur a pas encore été payé et la SOCADETEX leur
doit toujours 180 millions au titre de la campagne 2003- 2004,
sans compter 1 milliard 800 millions dus par la société cotonnière
centrafricaine SOCOCA (prédécesseur de la SOCADETEX) au titre de
l’année 2001- 2002. Au total les paysans coton-culteurs
accusent un déficit de paiement de plusieurs milliards de FCFA.
Quelle motivation peuvent ils encore avoir pour cette culture ?
La filière café quant à elle a été
durement touchée par la chute des cours mondiaux pendant les
dernières années. Aujourd'hui, alors que les cours redeviennent
attractifs, les chiffres de commercialisation montrent que les.
exportations continuent de régresser. Il convient aussi de noter
le piteux état des plantations, la dégradation du réseau
routier et le racket généralisé des forces de l’ordre sur les
axes routiers. De nombreux planteurs ont abandonné leurs
plantations.
La perte sèche en termes de recettes
d'exportation n'est même pas atténuée par l'augmentation des
cultures vivrières. A preuve, la hausse actuelle des prix des
produits vivriers (et particulièrement du manioc) qui montre que
la production vivrière connaît également des problèmes
importants, contrecoups de plusieurs années pendant lesquelles
les producteurs n’ont pu se livrer en toute quiétude à leurs
activités agropastorales.
En ce qui concerne l’élevage, de nombreux
éleveurs ont fui l’insécurité de certaines régions pour éviter
les attaques armées et les enlèvements d'enfants dans les
campements contre rançon. On évalue à 3.000 le nombre d"éleveurs
centrafricains partis récemment au Cameroun sans leurs troupeaux.
Malgré des statistiques laissant. apparaître
un cheptel bovin croissant, tout porte à croire que le nombre de
bovins élevés en R.CA chute depuis plusieurs années car aucun
recensement n'a pu être effectué.
Le secteur des élevages périurbains à
cycle court (volailles, œufs, porcs..) a été affecté par les
difficultés d’ approvisionnement en intrants (notamment en
poussins) et subit actuellement de plein fouet la hausse des prix
des produits vivriers servant en alimentation animale.
Les organisations paysannes bénéficient de
peu d'appui. Aujourd’hui, à quelques rares exceptions près
(cas de la FNEC), elles sont incapables de reprendre à leur
compte les services que l’Etat n’est plus en mesure d'assurer.
En effet un certain nombre de structures, qui
jouaient un rôle fondamental en milieu rural, ont disparu au
cours des années 90 : C’est: le cas de la Société cotonnière
Centrafricaine (SOCOCA) en 2002, de l'Agence pour le Développement
de la Caféiculture Familiale(ADECAF) en 1997.
L'Agence Centrafricaine de Développement
Agricole (ACDA) et l'Agence Nationale de Développement de l'Elevage
(ANDE) créées. en 1993 sous l’impulsion de 'a Banque Mondiale
pour s’occuper de la vulgarisation dans le secteur de
l'agriculture et de I’élevage ne bénéficient plus, depuis
1997, de financement. Aujourd'hui, ce sont de simples
coquilles vides.
Les projets. de développement régionaux se
sont progressivement éteints sans qu’aucune suite ne leur soit
proposée eu égard à la situation d'arriérés du pays vis-à.
vis des bailleurs de fonds.
Les institutions de formation comme celles de
Grimari et 1e service Civique National de Participation tournent
au ralenti et le Centre de formation de Bouar spécialisé dans
les formations en élevage est fermé depuis de nombreuses années.
D'après les résultats du recensement général
de la population de 2003, l’incidence de la pauvreté
d'existence, qui mesure le niveau de vie du ménage en prenant en
compte les conditions de vie et les équipements, est de 50,3 en
RCA, ce qui dénote une grande pauvreté mais les écarts sont énormes
entre le milieu urbain dont le chiffre est de 17,2 et le milieu
rural dont l'indice est de 70,4 c'est-à-dire, on y vit dans
l'extrême pauvreté. Lorsque l'on sait que le monde rural chez
nous représente près de 80 % de la population, ce rapide survol
de sa situation a de quoi ébranler plus d'un observateur averti.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés ;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Cette litanie de naufrages, je peux la
poursuivre en évoquant la situation de tous les autres secteurs
quasiment sans exception. Qu’il me suffise de rappeler en matière
d'énergie les délestages dans notre capitale et le retard pris
dans l’électrification rurale; en matière de technologie
moderne, les problèmes de SOCATEL de la radio diffusion et de la
télévision nationales, la disparition des activités postales en
province. Cette régression n'épargne pas des secteurs comme
commerce le tourisme ni des institutions comme la justice ou notre
diplomatie. Même les secteurs comme les mines et la forêt, qui
figurent parmi les premiers pourvoyeurs actuels de recettes de l'Etat
accusent de nombreuses faiblesses et voient d'année en année
leurs recettes chuter.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés ;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Le tableau sombre que je viens de tracer et
qui est connu de tous, n'est que la conséquence d’une désagrégation
lente et continue de la structure de l’Etat. En effet, les
efforts entrepris à compter de l'indépendance en 1960, en vue de
la construction d'une nation unie, digne et laborieuse (comme le
stipule notre devise) et d'un état de droit ont été obérés
par deux maux pernicieux, le tribalisme et ra corruption. Il en
est résulté ce que nous avons connu ces quinze dernières années
à savoir, des troubles sociaux, l'insécurité, la perte de
l’autorité de l'Etat, la faillite économique et une paupérisation
accrue.
Nous avons payé le prix fort pour les
erreurs, que dis-je. pour tes fautes commises dont nous sommes
tous, à quelques degrés, responsables. Par bonheur, le
sursaut national tant attendu s'est opéré suivi du dialogue
National qui a jeté les bases de la concorde nationale, et des élections
qui ont permis le retour à l'ordre constitutionnel.
Dans ce contexte nouveau, le Gouvernement que
j'ai l'honneur de conduire a reçu la redoutable mission d'œuvrer,
sous ta conduite du chef de l’Etat, pour la réconciliation de
notre pays, la relance économique et la lutte contre la pauvreté.
Cependant, quel que soit le savoir-faire de ce gouvernement, ses
efforts resteront vains s’il ne peut compter sur une
mobilisation générale effective et le rejet catégorique par
tous, des pratiques discriminatoires, des fraudes et de la
corruption qui minent sévèrement le développement de notre
pays. C’est,. à vrai dire, un deuxième sursaut patriotique
national qui est ici réclamé de tous, pour sauver le navire
centrafricain en perdition.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés ;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Après ce large tour d'horizon sur le passé
et les difficultés économiques et sociales de notre pays,
venons-en au programme et aux stratégies que compte mettre en œuvre
le gouvernement.
Auparavant cependant, permettez-moi de déclarer
ici haut et fort que notre pays regorge d'atouts. Il est riche,
potentiellement très riche, et il est scandaleux que nous soyons
aujourd'hui dans cette situation de quasi-impasse. Imaginez un
pays vaste, abondamment arrosé, préservé encore de la sécheresse
et de la désertification, disposant de vastes prairies, d'un réseau
hydrographique dense, de millions d'hectares de terres fertiles
inoccupées, de forêts encore inexploitées, d'une faune et
d’une biodiversité exceptionnelle et d'abondantes ressources
minières dont l'inventaire et l'exploitation commencent à peine.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés ;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
J'ai l'avantage de bien connaître un certain
nombre de -pays africains, beaucoup moins lotis que le nôtre,
mais dont la situation économique est aujourd'hui bien meilleure.
Il ne dépend donc que de nous de changer la situation désastreuse
actuelle. C'est pourquoi je me présente aujourd’hui devant
vous, plein d'optimisme et de bonne résolution et j’espère
pouvoir vous convaincre de ressentir les choses comme moi.
Alors qu’allons nous
pouvoir faire ?
Si l'on s’en. tient à l'exposé que je
viens de présenter, il y a lieu de tout faire à la fois
car tout est urgent et indispensable. Cependant nous n'avons d'une
part ni les ressources financières nécessaires ni les nommes préparés
pour tout entreprendre et, d'autre part les conditions ne sont pas
toutes réunies pour le faire. Il nous faut donc sérier les problèmes
et les résoudre graduellement en fonction des priorités à définir.
Auparavant toutefois il nous faut revenir sur
le modèle de société que les Centrafricains désirent bâtir.
Ils se sont en effet battus au cours des vingt dernières années
pour rejeter le despotisme, le tribalisme, le népotisme et
l’injustice. Maintenant que la concorde est revenue, nous allons
bâtir ensemble une société libre, égalitaire, démocratique où
il fait bon vivre
Dans les circonstances actuelles, les préalables
à réunir sont :
1) être capable de payer régulièrement les
salaires" les pensions et les bourses. Il faut pour ce1a tout
mettre en œuvre pour mieux recouvrer les recettes de l'Etat tout
en comptant sur un appui ponctuel de nos partenaires;
2) Régler 1e problème des arriérés
vis-à-vis des bailleurs de fonds. Il nous faut pour cela préparer
et signer avec le FMI un programme solide de redressement du déséquilibre
macroéconomique, ce qui nous fera accéder à l’initiative des
pays pauvres très endettés (PPTE) bénéficiant de
l’annulation des dettes. Nous pourrons alors redevenir éligibles
aux programmes de prêts auprès des principaux bailleurs de fonds
et avoir ainsi notre avenir en main.
3) La mise en place dans l’immédiat
d"un dispositif de gestion transparence et de bonne
gouvernance ce qui revient à susciter deuxième sursaut
patriotique de mobilisation pour le développement et contre les
fraudes et la corruption.
les programmes prioritaires à entreprendre
seront envisagés d'une manière séquentielle : l’immédiat, le
court terme et le moyen terme.
Les mesures immédiates concernent les
actions en cours qu’il faut maintenir et renforcer. Il s'agit
des actions et projets dans les domaines de la santé, de l'éducation,
du désenclavement intérieur et extérieur ..etc. Il s'agit aussi
de la préparation et de l’adoption d'une stratégie
consensuelle de développement axée sur la réduction de la
pauvreté et soulignant les priorités mais aussi mettant en évidence
les complémentarités et les synergies entre les différents
secteurs. Nous y sommes presque.
A COURT TERME, c'est à-dire
d'ici fin 2006
les actions résolues du gouvernement devront
nous permettre de faire aboutir les programmes signés avec le
FMI. Ce qui devrait nous permettre de bénéficier des ressources
concessionnelles et de dons auprès des bailleurs de fonds
internationaux et bilatéraux en vue du financement de nos
programmes et projets dans les secteurs productifs.
La revue des performances de la gestion de
notre économie qui vient d'être effectuée par la mission
conjointe FMI-BAD-BM nous a permis d'identifier nos points de
faiblesse et d'envisager des mesures concrètes de redressement
des indicateurs en perte de vitesse. Le gouvernement s'engage à
entreprendre les réformes. suivantes :
1. Dans le domaine des
finances publiques : l'objectif immédiat est de ramener en
fin 2005 le déficit global à 1% du Produit Intérieur Brut,
contre 1,5 % en 2004. Cet objectif qui devra encore être amélioré
en 2006 ne pourra être atteint que si les dépenses sont
rationalisées et le niveau des recettes de l'Etat
substantiellement relevé..
Pour ce faire, le gouvernement va mener tes
actions urgentes ci-après :
(i) pour maîtriser la
masse salariale, il convIent de contenir l'effectif du
personnel de la fonction publique:
- en nettoyant le fichier de la solde encombré
par des agents fictifs ou décédés, des doublons et des. privilèges
indus. En outre, pour assurer une gestion plus efficace de ce
fichier, il sera transféré de l’ONI à la Direction de fa
Solde.
- en mettant effectivement à la retraite le
personnel ayant atteint l’âge de la retraite. L’effectif de
ce personnel est estimé à 2000 personnes.. Cependant,. la bonne
fin de cette opération est conditionnée par unie disponibilité
de ressources afin d'assurer la couverture de quelques mois
d’arriérés ;
- en faisant appel à une assIstance
technique internationale spécifique qui aura la charge
d’apporter plus d'efficacité à la gestion du Fichier de la
Solde;
- en gelant les recrutements dans la fonction
publique pour une durée minimale de un an;
- en réduisant de 25% les remplacements numériques
(3 personnes remplacées Sur 4 personnes retraitées et ou décédées)
pour tous 1es départements à l'exception de ceux jugés
prioritaires comme l'Education, la Santé, l’intérieur, la Défense
et la Justice ;
- en encourageant le départ volontaire du
personnel d'appui non essentiel moyennant des compensations
financières à trouver;
- en nettoyant le fichier des allocations
familiales et en limitant à 5 le nombre d'enfants par foyer
fiscal
(II) pour contenir les autres charges de
fonctionnement, le gouvernement s’imposera une discipline dans
le traitement de la chaîne des dépenses en limitant les dépenses
sans ordonnancement préalable, et en rationalisant les
consommations d’électricité et de téléphone.
(iii) pour optimiser les recettes de l'Etat
les mesures suivantes seront prises ou renforcées:
- les régies financières bénéficieront
incessamment d'une assistance technique afin d'améliorer leur
fonctionnement et accroître l'efficacité de leurs actions. Des
requêtes pour cette assistance ont déjà été adressées à des
partenaires;
- les modalités d'opération de ces régies
financières seront revues. A cet égard, l’utilisation par la
Direction des Impôts du Numéro d’Identification Fiscal (NIF)
des contribuables sera obligatoire et des plus sévères seront
appl1quées aux contribuables défaillants pour défaut de déclaration.
Le mode et le nombre de contrôles fiscaux seront revus et renforcés.
- S'agissant de la douane, le gouvernement
est déterminé à appliquer les mesures déjà prises relatives
au paiement obligatoire pour tout commissionnaire en douanes d'une
caution de 50 millions de FCFA. Par ailleurs, il sera établi
d’ici la fin de l'année 2005 un code d'éthique et de conduite
du personnel de la douane. La pratique des entrepôts fictifs et
des privilèges sur les importations sera reconsidérée.
L’antenne de Douala sera renforcée dans le cadre d’une
meilleure collaboration avec les douanes camerounaises. Enfin, une
attention particulière sera accordée aux certifications
d'origine CEMAC de manière à éliminer les fraudes.
2. Dans le domaine de la
gouvernance: les actions du gouvernement porteront sur la
consolidation de la paix, l'assainissement de l’environnement
des affaires, la décentralisation et la lutte contre la
corruption ( transparence dans la gestion des affaires de l'Etat).
(i) la consolidation de la
paix exige des mesures relatives au rétablissement de la sécurité
sur toute l'étendue du territoire. Pour réduire les poches
d’insécurité dans les villes ou communes de l'arrière-pays,
les capacités: opérationnelles de nos forces de défense restent
insuffisantes. La restructuration de nos forces de défense et de
sécurité doit se poursuivre et aboutir à !a construction
d’une armée professionnelle, unie, moderne et républicaine
apte à accomplir avec efficacité sa mission. Ainsi le
gouvernement continue de compter sur ces forces pour assurer la sécurité
et la paix sur toute l’étendue du territoire. Le gouvernement
s'appuiera sur les forces de la CEMAC, et des Nations Unies, en
vue de soutenir les. efforts consentis par les différents corps
de la défense nationale. Le gouvernement sollicite également une
assistance militaire française pour la formation de nos éléments
et le renforcement du dispositif militaire de Boali par des moyens
héliportés. Menées promptement les opérations contre les
coupeurs de route et autres bandits devront permettre le retour
dans leurs foyers de nos compatriotes réfugiés dans le Sud du
Tchad et au Cameroun .
(ii) l’assainissement de
l’environnement des affaires, indispensable au développement
du secteur privé, se traduira par l’amélioration du cadre
juridique judiciaire et réglementaire, qui doit être stable,
transparent et conforme aux textes de l'Organisation pour
l’harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA). Les
procédures administratives seront allégées. notamment avec la
création du guichet unique. Les capacités du Ministère du
commerce de d’industrie et des Petites et Moyennes Entreprises
seront renforcées et une stratégie de développement industriel
et de promotion des exportations sera formulée. Une Agence de
Promotion des Investissements sera créée. Le secteur informel
sera. encadré de manière à faciliter l’insertion des unités
performantes dans le secteur formel.
(III) Afin de rapprocher
l'Administration des administrés , le gouvernement a créé
depuis 1993 un Haut commissariat chargé de la Décentralisation
et en 1995 de deux organes : un Comité Technique des experts
chargé des études techniques et une Commission Nationale de Décentralisation.
Faute de ressources et de volonté politique suffisante, ces
structures. n'ont pas véritablement fonctionné. Le gouvernement
va leur donner une nouvelle impulsion de manière à leur
permettre d"élaborer et d'adopter les textes législatifs et
réglementaires relatifs à la décentralisation et à la déconcentration.
Le gouvernement est déterminé à s'attaquer
à la corruption afin de parvenir à une gestion transparente et
efficace de l’économie. Il a déjà mis en place un Comité
chargé de réfléchir sur la stratégie de lutte contre la
corruption et d’œuvrer au renforcement de l’organe de lutte
appelé « Pôle financier» récemment institué au sein du
Ministère de la Justice. Ce ministère lui même bénéficie
d'une assistance technique spéciale que des partenaires sont
disposés à lui apporter. Un code d"éthique et de conduite
du personnel des régies sera élaboré et le facteur d'intégrité
sera déterminant pour la promotion de ce personnel. Le
gouvernement prendra également des dispositions pour la formation
et la sensibilisation de tous les acteurs économiques y compris
fa société civile sur tous les aspects de ce délicat problème.
La stabilisation du cadre macro-économique
avec la mise en œuvre de ces mesures d'assainissement permettra
de créer les conditions d'un redémarrage des activités
sectorielles de production. A. court terme, les départements
ministériels identifieront et prépareront des dossiers de projet
dont la mise en œuvre démarrera à compter de 2006. Les résultats
attendus de ces secteurs ne seront appréciés qu'à moyen terme.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés ;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
A MOYEN TERME,
Les actions du gouvernement devront impulser
fa reprise des activités de productIon. Toutefois, la réhabilitation
des infrastructures de base dont princIpalement les transports,
l’énergie et l'eau,. s'avère indispensable pour ces activités.
1. les infrastructures. de
base : le gouvernement va tout mettre en œuvre afin que
les projets dont les financements ont déjà été identifiés
puissent redémarrer dans les meilleurs délais.
Ainsi, dans le
sous-secteur des transports routiers, les travaux de désenclavement
relatifs à l'amélioration de la praticabilité de certains axes
principaux comme Baoro-Bouar-Garoua Boulaï et Bambari - Ippy-Bria,
devront reprendre sans retard. De même, le gouvernement mettra
tout en œuvre pour démarrer dès 2006 la réhabilitation des
pistes rurales devant accompagner la relance de la filière
cotonnière.
Dans le sous-secteur du
transport fluvial , des efforts seront consentis pour la
mise en perspective des programmes de navigabilité sur les eaux
de l’Oubangui et de la Sangha
Une autre mesure de désenclavement du pays
portera sur la sécurité et la sûreté de l'aéroport
international de Bangui-Mpoko et l'aménagement de l’aérodrome
de dégagement de Berbérati.
Dans le domaine de l'énergie, l'objectif du
gouvernement est d'augmenter re taux d'accès de la population aux
sources modernes d'énergie et de faire passer le taux d’accès
de 3% actuellement à 10% en 2007. Un accent sera mis sur la
valorisation des sources d'énergie renouvelable (hydro-électricité,
solaire et biomasse) pour satisfaire les besoins en énergie des
populations, surtout en milieu rura1. Pour ce faire, le
gouvernement devra disposer d’un cadre législatif. réglementaire
du secteur et devra entamer la recherche des. fonds pour
l’installation de l'usine au pied du barrage de la Mbali afin
d'assurer l'alimentation électrique de Bangui et Zongo.
Dans le domaine de l'habitat, une approche
nouvelle va être développée pour renforcer le liera entre les
conditions d’habitat, la trame viaire et l'exposition à la
maladie. Cette démarche conduira à la restructuration des
quartiers informels. A cet effet le gouvernement mettra en œuvre
la stratégie nationale d’habitat dont les grandes orientations
sont :
- La restructuration des quartiers irréguliers
par l’ouverture des voies de pénétration;
- La création et la viabilisation des
lotissements en vue de la construction des logements sociaux:
- la réhabilitation des infrastructures
urbaines :
- La révision des plans d'urbanisme de référence
;
- La révision des textes domaniaux et
fonciers ;
- La promotion et la vulgarisation des matériaux
locaux.
La couverture en eau potable du pays reste très
faible avec un taux de couverture de 28% en moyenne. L’objectif
est de fournir à l'horizon 2015, 25 litres par personne et par
jour à la campagne et 80 litres par jour et par personne en
ville. L’accès à l’eau sera facilité par :
- la multiplication de forages et des puits
modernes équipés de pompes à motricité humaine dans les
villages de plus de 300 habitants ;
- la création de mini adductions d’eau
potab1e dans les villages de plus de 2000 habitants ;
- la création dans les écoles, les centres
de santé et les marchés de points d'eau potable et de cabines
ventilées.
Concernant les télécommunications
et les nouvelles technologies , l’objectif du
gouvernement est de moderniser les télécommunications en RCA.
Cela passe par l’assainissement de la situation de la Société
Centrafricaine de Télécommunications (SOCATEL.) et la mise en
place d'un grand projet de télécommunication qui couvre
l'ensemble du territoire.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
2. Le secteur agricole: Comme
l’agriculture au sens large constitue l'activité principale de
70% de la population, la promotion de ce secteur sera ta meilleure
voie pour réduire la grande pauvreté qui sévit en milieu rural.
Le secteur agricole revêtira de œ fait 'a première priorité
dans les activités de production. La stratégie du gouvernement
consiste à relancer les productions de rente, à augmenter les
productions vivrières et à développer l'élevage.
En œ qui concerne les cultures de rente, Le
gouvernement s'emploie déjà à revitaliser la filière cotonnière
qui est: au stade actuel, complètement déstructurée. Cette
action devra aboutir dans les meilleurs délais à la création
d'une nouvelle société en remplacement de la Société
Centrafricaine de Développement du Textile (SOCADETEX.), à la réhabilitation
des usines d'égrenage et à celle des. pistes rurales, de désenclavement
des zones de production comme indiqué ci-.avant. Les productions
devraient passer de moins de 6.000 tonnes de coton-graine
actuellement à 20.000 tonnes en 2008, et à 60.000 tonnes cinq
ans plus tard. Les efforts du gouvernement porteront également
sur la réorganisation des productions caféières, tabacole et de
l'hui1e de palme qui sont également en grande difficulté.
La remontée de la production cotonnière
entraînera celle des cultures vivrières qui lui succèdent. le
gouvernement entend impulser ces productions en vue non seulement
d'augmenter leur disponibilité dans les villes, mais aussi de
rendre la zone cotonnière exportatrice nette de ces produits vers
le Sud du Tchad où les demandes vont croître avec le déve1oppement
des activités pétrolières. Le gouvernement promouvra également,
à travers de projets spécifiques.. le développement des
productions vivrières dans d'autres zones comme les zones
diamantifères et la ceinture de Bangui où la demande n'est que
rarement satisfaite, créant des inflations.
En tant qu’aliment de base en Centrafrique,
le manioc fera l'objet d’une attention particulière. De
nouvelles variétés à haut rendement et tolérantes à la mosaïque
seront identifiées multipliées et diffusées sur toute l'étendue
du territoire.
Afin de tirer profit des énormes potentialités
du. pays en matière d'élevage, le gouvernement revitalisera
toutes les structures qui ont permis l'essor de l'élevage bovin
centrafricain au cours des décennies passées. Il mettra un
accent particulier sur le développement de l’élevage à cycle
court (petits ruminants.. porciculture et aviculture ) et améliorera
les conditions de commercialisation et de transformation des
produits et sous produits d’élevage.
Enfin, le gouvernement mettra l'accent sur la
stratégie de développement locale en mettant à profit la
participation et la décentralisation et sur d'autres systèmes de
modernisation de l’agriculture comme l’association
agriculture–élevage, la promotion de la petite irrigation de
contre saison., du crédit et de la recherche agricole, la
formation et l’insertion de jeunes dans le secteur rural, la
diversification des cultures et la protection de l'environnement.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés ;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
3.Le secteur forestier : ayant
eu par le passé une forte contribution à la croissance économique
du pays, ce secteur devra retrouver sa place avec des mesures énergiques
de re1ance de la production, intégrant les objectifs de préservation,
de renouvellement et d'une gestion saine et durable des
ressources. Le gouvernement veillera à la stricte application des
mesures d'assainissement de la filière forêt. Ces mesures qui dérivent
des Etats Généraux du secteur des Eaux, forêts, Chasse et Pêches,
organisés perdant la période de la Transition.. et qui ont semblé
ne pas avoir produit leurs pleins effets devront donner une
nouvelle impulsion à ce secteur.
Entre 2005 et 2008.. l'objectif du
gouvernement est d'obtenir de l'exploitation des ressources
forestières, des recettes fisca1es qui passeront de 10 milliards
à 15 milliards de FCFA par an. Pour cela, les actions suivantes
seront entreprises:
(I) l’insertion des programmes et activités
du secteur forestier dans la stratégie nationale et lutte contre
la pauvreté. Il s’agira d'associer étroitement les populations
riveraines à la gestion et exploitation des ressources forestières
i
(II) la mise en place d’un programme de vérification
et de sécurisation des recettes de bois à l'exportation. Une
structure indépendante aura pour mission de contrôler pour la
compte de l'Etat, les recettes de bois à l'exportation;
(III) Un programme d’aménagement des forêts
de production du Sud Ouest sera formulé. Ce programme auquel se
conformeront les entreprises. forestières servira de guide pour
la programmation du suivi et du contrôle des activités d’aménagement
des forêts ;
(IV) L 'augmentat1on de la valeur ajoutée du
secteur forestier.
L’objectif que 1e gouvernement s'est fixé
est de stimuler la production en :
- promouvant le développement des PME ou PMI
et l’implantation d'unités de transformation plus performantes,
- mettant un terme à l'exportation des
grumes ;
- diversifiant l’exploitation des essences.
(V) Le strict respect des cahiers de charges
par les sociétés forestières et les communes ;
(VI) Les textes de base régissant les
activités du. secteur (codes, textes d'application, traités,
convention, conventions provisoires d'aménagement.. Statut
particulier du Corps des Eaux et forêts, Loi des Finances) seront
inventoriés, révisés et mis en application. L'attribution des
permis d'exploitation forestière relèvera désormais des compétences
du Premier Ministre qui s'appuiera sur les travaux d'un Comité spécial
chargé de l'étude technique de ces dossiers.
Un assistant technique sera recruté pour
appuyer l'ensemble de ces actions.
Monsieur le Président de l’Assemblée
Nationale,
Honorables Députés ;
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
4. Le secteur des mines.
Ce secteur qui repose essentiellement sur
l’explo1tation artisanale du diamant contribue actuellement pour
40% dans les recettes d’exportation du pays. Cependant cette
part aurait pu être nettement meilleure si cette exploitation
n’était pas émaillée de fraude massive. Parmi les principales
actions que le gouvernement entreprendra on peut citer:
- la création d’une police des mines ;
- la création d’un comptoir national des
minerais, métaux et gemmes ;
. la relance des activités de la bourse
internationale de diamants de Bangui;
- la promotion de la recherche minière ;
. le renforcement de la participation des
populations des zones minières dans les comités communaux de
gestion ;
- la révision de la fiscalité minière au
profit des communes des zones minières
- le rapatriement des recettes de toutes les
sociétés exportatrices.
Un assistant technique sera recruté pour
appuyer l’ensemble de ces actions.
Considéré comme secteur potentiellement
porteur, le tourisme et l'artisanat
peuvent contribuer, à la faveur de la paix et de la sécurité
retrouvée, à la relance de l’économie nationale. C’est
pourquoi le gouvernement s’est fixé les objectifs stratégiques
suivants :
- l e renforcement des capacités techniques
de l'administration du tourisme et des opérateurs du secteur;
- le développement des infrastructures
touristiques et d’artisanat ;
- l’ aménagement des sites touristiques ;
- l’organisation des cadres d’échange
d’expérience entre les opérateurs et de valorisation du
patrimoine touristique national.
Le concours technique et financier des
bailleurs de fonds traditionnels sera sollicité pour la réalisation
des projets sus-mentionnés.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
DIstingués invités,
Mesdames et Messieurs,
La lutte contre la pauvreté demeurant notre
principale préoccupation, les résultats escomptés de toutes ces
actions au niveau des secteurs productifs devront se traduire par
une réelle amélioration des conditions de vie des populations
Ainsi donc, les indicateurs sociaux devraient également s'améliorer.
Au niveau de 1a santé le
gouvernement inscrit ses actions dans le cadre de sa politique de
soins de santé primaires s’inspirant de l’initiative de
Bamako sur la décentralisation et la participation communautaire.
La prévention et la prise en charge correcte des malades en
constituent les options de base. Dans cette perspective, l’espérance
de vie à plus de 60 ans et la qualité de la vie doivent être
recherchées. D’ici 2008, les résultats suivants devront être
atteints :
- 72 % de la population aura accès aux
services de santé;
- les taux de mortalité infanto-juvénile
auront été réduits de 222 à 147 pour mille;
- la progression du VlH/SlDA aura été stoppée
;
- les taux de morbidité et de mortalité liés
aux maladies sexuellement transmissibles et non transmissibles
auront été contenus .
Ces réalisations découleront de la mise en
œuvre des quatre axes stratégiques ci- après :
- le renforcement du cadre institutionnel et
du partenariat ;
- la promotion de la santé de: la
reproduction ;
- le renforcement de la lutte contre les
principales maladies dont particulièrement le VIH/SIDA et le
paludisme ;
- la promotion d'un environnement
propice à la santé.
Au niveau de l'éducation ,.les
taux nets de scolarisation au fondamental 1 devront passer de 40
à 60%, la parité fille/garçon améliorée et la disparité géographique
réduite. Les grandes orientations du secteur sont :
- la prise en charge de la gestion de l’école
par les communautés et son intégration à la stratégie de développement
local ;
- l’appui institutionnel en vue de la levée
des contraintes pesant sur l'accès des pauvres aux services éducatifs
de qualité;
- la promotion de l’initiative privée afin
d'accroître les capacités des services éducatifs.
Le gouvernement envisage de mettre en œuvre
les mesures qui suivent
- la généralisation du processus de la
carte scolaire afin de mieux orienter les actions à entreprendre
au niveau de la planification et de la gestion des écoles
- la responsabnlsa6on des communautés et le
renforcement de leur participation dans le système éducatif;
. la commission d'une étude sur l’offre de
l'"éducation, les méthodes d'enseignement et l'organ1sèltlOn
scolaire ;
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale ;
Honorab1es Députés,
Distingués. invités,
Mesdames. et Messieurs..
Au niveau de .l'enseignement supérieur, les
efforts porteront sur:
- l'"évaluation interne de
l'enseignement supérieur et le renforcement des structures
administratives de gestion;
- l'amélioration des conditions de vie des
étudiants avec la réhabilitation des cités universitaires ;
- une plus grande ouverture de l’Université
sur l’extérieur à travers des alliances inter-universités ;
- le statut des enseignants du supérieur et
des chercheurs.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale ;
Honorab1es Députés,
Distingués. invités,
Mesdames. et Messieurs..
Le gouvernement accordera une importance
particulière aux problèmes de la jeunesse (moins de 25 ans) qui
représente 52% de la population nationale. Un cadre
institutionnel approprié doit être défini afin d'assurer son
encadrement. Pour cela le projet de document de politique déjà
élaboré fera l’objet: dune validation dans le cadre d’un
forum national. Un conseil national de la Jeunesse sera crée. Il
servira de plate forme de concertation des organisations de
jeunesse qui sont appelées à être les inter1ocuteurs privilégiés
du gouvernement et des partenaires au développement. A moyen
terme, il sera crée un fonds d’insertion des Jeunes pour leur
formation professionnelle.
Dans le domaine du sport ,
un .cadre de politique national sera élaboré et permettra la réalisation
à moyen terme de jeux régionaux et nationaux. les associations
sportives seront restructurées en vue d’un encadrement
efficient. Le gouvernement s’efforcera de reprendre les cycles
de formation des cadres de la jeunesse et des sports il Bangui et
de réhabiliter le centre national de la jeunesse (CNJ).
Le domaine des arts et
culture ne sera pas oublié par le gouvernement qui
adoptera un cadre institutionnel et réglementaire adéquat comme
une charte culturelle centrafricaine des textes de restructuration
du bureau centrafricain du droit d'auteur (BUCADA) la création
d’un conseil national de la culture etc. Le développement
culturel sera promu et animé par diverses manifestations et commémorations
concernant les arts, la musique et les fêtes traditionnelles.
Le phénomène de précarisation des
conditions de vie des groupes les plus vul nérables de notre société
a été si bien perçu par le gouvernement que ses actions
s’inscrivent dans sa politique sociale. La cohésion sociale étant
l’expression des effets bénéfiques de toutes les initiatives
en faveur du mieux-être de l’homme et d'une vie harmonieuse
dans une société, le gouvernement envisage de soutenir et de
renforcer les actions sociales déjà entreprises, dans un
contexte d'urgence, et à les tra duire dans la durée, avec en
objectif' le développement humain durable. Il agira dans trois
domaines :
- dans le domaine du genre, un accent sera
mis sur les programmes destinés à réduire les disparités entre
les deux sexes, et à libérer les énergies des deux sexes dans
la lutte contre la pauvreté. S'agissant tout particulièrement
des femmes, leurs structures d’encadrement seront redynamisées
et leurs interventions seront orientées vers la promotion de
l'excellence et l’ émancipation économique et sociale.
- Dans le domaine de l’action sociale les
enfants de la rue, les personnes handicapées les personnes du
troisième âge, et les groupes minoritaires bénéficieront de
programmes spécifiques marquant l’expression de la solidarité
nationale ;
- Dans le domaine du développement
communautaire, outre les projets en cours, des efforts seront
entrepris en faveur des communautés des zones touchées par les
conflits armés.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale ;
Honorab1es Députés,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs
Enfin je ne terminerai pas mon exposé sans
évoquer l'importance des missions de facilitation et
d'articulation des programmes sectoriels qui incombent aux départements
ministériels ci-après :
- la diplomatie et l’intégration économique:
de nouvelles orientations .seront données à la diplomatie
centrafricaine. Une nouvelle carte diplomatique sera élaborée.
Elle sera basée sur la coopération pour le développement et
comprendra un nombre restreint de nos représentations dans le
monde qui bénéficieront davantage de moyens pour une digne représentation
de notre pays. Du personnel plus compétent sera redéployé dans
toutes nos ambassades. le pays fera un effort pour régler toutes
ses contributions auprès des institutions internationales, en.
particulier celles des Nations Unies..
- la planification économique et la coopération
internationale: l’approche du développement intégré nécessite
la formulation d'une vision du modèle de société auquel aspire
le peuple centrafricain. Des études prospectives à horizon 2025
seront menées et un programme d'aménagement du territoire et de
modernisation de l’économie sera élaboré. Le champ de notre
coopération régionale et internationale sera ainsi circonscrit
pour mieux intégrer nos préoccupations de développement à long
terme. Une attention particulière sera portée à la coopération
Sud -Sud. A cet effet, le département en charge de cette mission
sera restructuré et renforcé.
- la fonction publique centrafricaine doit
changer de cap et revêtir un nouveau visage. Des réformes
profondes seront conduites dans le domaine du Code du travail pour
tenir compte des faiblesses des textes réglementaires aussi bien
en matière de protection du travailleur que des sanctions à
appliquer le cas échéant Le principe de la tripartite
Patronat-Syndicat-Travailleurs sera observé à travers le
renforcement du dialogue social. Le gouvernement continuera à
encourager le dialogue avec les syndicats et le patronat afin de
mobiliser toutes les forces à l’œuvre de reconstruction
nationale en cours.
- la communication et la promotion des droits
de l’homme : la promotion d’une politique d'unité nationale
fondée sur le multiculturalisme, la tolérance, la culture de 1a
paix, le dialogue et le rejet de toute forme d’injustice se déclinera
en une série d"actions dont les liens sont appelés à se
renforcer. Des actions de sensibilisation da ns tous ces domaines
seront menées à travers des campagnes, des séminaires, des émissions
radios, des films, des pièces de théâtre et des organes de
presse.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale ;
Honorab1es Députés,
Distingués. invités,
Mesdames. et Messieurs..
En résumé, trois grandes priorités se. dégagent
de notre analyse et focaliseront les actions du gouvernement au
cours des trois prochaines années :
1. la sécurité et la consolidation de la
paix ;
2. la stabilisation macro-économique et
financière et les réformes structurelles;
3. la reconstruction des infrastructures de
base du pays
Il importe de noter que la mobilisation des
ressources humaines financières et matérielles est un préalable
nécessaire qui constitue la base de la relance économique que
nous venons de vous exposer.
Monsieur le Président de l'Assemblée
Nationale ;
Honorab1es Députés,
Distingués. invités,
Mesdames. et Messieurs..
En vous exposant la politique générale du
Gouvernement, j’ai moins souhaité vous présenter un catalogue
de mesures diverses qu’essayé de vous en faire apparaître la
logique profonde, inspirée par un seul objectif : lutter contre
la pauvreté.
Si nous n’y parvenons pas ensemble et unis,
la République Centrafricaine, ne pourra pas poursuivre sa
politique de développement économique, de progrès social et
d’indépendance. Un échec dans ce domaine ne serait pas celui
du Gouvernement seul, mais celui de notre pays tout entier. Mais
je me refuse à envisager cette éventualité qui n'est pas du
tout souhaitable pour notre pays et ce peuple qui aspire au mieux-être.
Dans un langage de vérité, je vous ai tracé
un tableau sans complaisance des forces et des faiblesses de notre
pays. Mais les aspects catastrophiques de ce bilan ne doivent pas
faire place au pessimisme et au découragement. Le Gouvernement
que j’ai l'honneur et le plaisir de diriger n’est pas disposé
à sombrer dans le défaitisme et beaucoup de bonnes volontés à
l’intérieur et à 1'extérieur de notre pays s’associent à
nos efforts. Nous devons rester solidaires et déterminés autour
de Son Excellence Monsieur François BOZIZE YANGOUVONDA, Président
de la République, Chef de l'Etat.
Avec votre soutien,
Monsieur Le Président de ,'Assemblée
Nationale,
Honorables Députés,
et grâce à ce lien fort qui unit tous 1es
frères et sœurs centrafricains ayant foi en l’avenir de la
patrie, nous agirons pour que toutes les composantes de la République
retrouvent leur dignité; laquelle dignité exige du travail, de
la constance et de la rigueur dans l’effort.
La mission qui nous incombe, Honorables Députés,
et que nous devons réussir ensemble est immense et requiert un
.climat de confiance, quelle que soit la difficulté de notre
mission.
C’est pourquoi, en application de
l’article 41 alinéa 3, de la Constitution, je sollicite votre
vote de confiance sur le programme de politique générale et les
mesures y associées, que je viens de vous exposer.
KWA NA KWA
Je vous remercie. |