Afriquecentrale.info 8/8/2005

Doté : ''Tout est urgent et indispensable''

Le Premier ministre centrafricain Elie Doté

Doté : ''Tout est urgent et indispensable''
Le Premier ministre centrafricain Elie Doté (photo) a présenté lundi devant le Parlement son programme de politique générale axé sur la sécurité et la paix, la stabilisation de l’économie et des finances centrafricaines et la réforme du pays et sa reconstruction.
 
"Trois grandes priorités se dégagent de notre analyse et focaliseront les actions du gouvernement au cours des trois prochaines années: la sécurité et la consolidation de la paix, la stabilisation macroéconomique et financière ainsi que les réformes structurelles et la reconstruction des structures de base du pays", a déclaré M. Doté.
 
M. Doté, agro-économiste à la Banque africaine de développement et jusqu’alors quasi-inconnu dans son pays a été nommé le 13 juin à la tête du gouvernement par le président François Bozizé, fraîchement élu après deux ans de transition issue du putsch qui l’avait porté au pouvoir en mars 2003.
 
"Tout est urgent et indispensable" mais "nous n’avons d’une part ni les ressources financières nécessaires, ni les hommes préparés pour tout entreprendre et d’autre part les conditions ne sont pas toutes réunies", a-t-il expliqué.
 
"Il nous faut donc sérier les problèmes et les résoudre graduellement en fonction de priorités à définir", a-t-il poursuivi, avant d’énumérer les préalables indispensables à son action.
"Etre capable de payer régulièrement les salaires (des fonctionnaires, ndlr), les pensions et les bourses. Il faut pour cela tout mettre en oeuvre pour mieux recouvrer les recettes de l’Etat, tout en comptant sur un appui ponctuel de nos partenaires", a-t-il expliqué.
 
Financièrement exsangue, l’Etat centrafricain ne parvient pas à assurer le paiement régulier de ses 24.000 agents, qui ont reçu en avril leur salaire du mois d’octobre 2004 et n’ont plus rien touché depuis.
M. Doté a également appelé à "régler le problème des arriérés vis-à-vis des bailleurs de fonds" et estimé nécessaire le redressement de l’économie afin d’accéder à l’Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (Initiative PPTE) du Fonds monétaire international (FMI).
 
En matière de Finances publiques, le Premier ministre a évoqué diverses mesures, telles que la maîtrise de la masse salariale de l’Etat, la décentralisation de la lutte contre la corruption ou la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat.
"Nous allons bâtir une société libre, égalitaire, démocratique, où il fait bon vivre", a-t-il déclaré, proposant "un modèle de société que tous les Centrafricains doivent bâtir".
 
Estimant les capacités des forces de défense et de sécurité "insuffisantes", il a souhaité un appui sur le terrain de la Force multinationale Cémac (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) et des Nations unies.
 
Il a également sollicité "une assistance militaire française pour la formation de nos éléments et le "renforcement du dispositif" déjà existant.
Environ 200 soldats français sont basés en Centrafrique, chargés notamment du soutien à la Cémac et de la formation de l’armée centrafricaine.
 
Le gouvernement peine à contrôler la totalité du territoire, une partie étant sous la coupe de bandits de grand chemin qui rançonnent les voyageurs ou kidnappent des villageois.
 
L’Assemblée nationale doit voter d’ici le 12 août pour accorder ou non sa confiance au nouveau Premier ministre.