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Les députés centrafricains ont entamé vendredi en séance
publique l'examen d'un projet de loi controversé autorisant le président
François Bozizé à légiférer pendant les neuf premiers mois de 2006
par ordonnances, notamment en matière de réformes économiques et
financières.
Déposé par le gouvernement à l'Assemblée nationale le
20 décembre, ce projet autorise le chef de l'Etat à légiférer par
ordonnances "à titre exceptionnel pour une durée de neuf mois
courant du 1er janvier au 30 septembre 2006, et pour l'exécution du
programme de politique générale du gouvernement adopté le 11 août
2005".
Cette autorisation vise les secteurs de la bonne
gouvernance et des réformes économiques et sociales et de la fonction
publique.
Le texte a suscité une levée de boucliers dans les rangs
de l'opposition, qui juge la période de neuf mois trop longue.
"Aucun bailleur de fonds n'accordera de crédit aux mesures prises
par ordonnance au moment où toutes les institutions sont en place",
a estimé le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), le parti de
l'ex-président André Kolingba.
Plusieurs organisations centrafricaines de défense des
droits de l'Homme ont pour leur part dénoncé dans un communiqué
"un projet cynique" qui a pour but "d'instaurer un régime
d'exception" voire une "dictature".
Le débat engagé vendredi après-midi sur les bancs de
l'Assemblée devrait durer plusieurs heures, plus d'une cinquantaine
d'orateurs étant inscrits.
L'adoption du projet de loi ne fait aucun doute, la
coalition soutenant le président Bozizé disposant de la majorité
absolue à l'Assemblée.
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