FODEM - FRANCE - le 10/02/2006

CRISE  &  BONNE  GOUVERNANCE

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE

Jean MBALANGA

Président Délégué

Les centrafricains septiques, se posent la question de savoir si ce gouvernement d’émergence consensuelle est dans la bonne voie et s’il peut apporter des solutions à leurs soucis.

Le Chef de l’État avait promis que l’insécurité chronique dans ce pays serait éradiquée pour rendre la paix civile à la population et permettre le redémarrage économique.

L’équation de la bonne gouvernance comprend l'alliance des éléments humains et de la motivation politique qui sont les critères de base dans ce champ d’action.

Dernièrement cette mission a été accomplie avec détermination, attitude perdue depuis longtemps. L’opération salaire contre contrôle, quoi qu’on en dise, à fait émerger un sentiment diffus d’être en société et de subir l’autorité régalienne dévolue à l’État dans l’organisation de l’espace public. Pour ceux qui s’adressent à l’action publique, voilà une leçon allant dans le sens de la bonne gouvernance.

Pourtant, Bangui dresse sa liste macabre d’hommes transpercés de balles ; de femmes violées dans leurs maisons même ; de petits corps d’enfants trouvés sans vie. L’une des plus belle capitale d’Afrique Centrale (à une époque), sombre progressivement dans la délinquance « soldatesque » devant une opinion impuissante. Les journaux n’arrêtent pas de citer des évènements de tueries alors que les autorités restent dans le mutisme coupable.

Dans le même temps, les populations cherchant à survivre et à traverser le pays sont à la merci des coupeurs de route. Les voyageurs sont dépouillés consciencieusement, et parfois abattus à coup de fusil. La vie économique est prise en otage parce que les gens ne veulent plus prendre le risque d’aller en province.

En toute hypothèse les Centrafricains savent que l’insécurité qui paralyse le développement de ce pays et les fait revenir au 18 ème siècle en terme de culture politique alimente le jeu des groupuscules aux mains des ennemis de la nation. La disparition d’une conscience nationale, enterrée dans les interstices de la haine humaine, avec l’encouragement des clans ‘ mangeoiristes ‘ est en contradiction avec l’engagement publiquement assumé à l’issu des dernières élections présidentielle et législatives. Le Chef de l’État sait que son nom se joue à l’échelle de l’histoire, vu son parcours militaire et la qualité d’homme de rassemblement qu’il est.

La balance doit peser de quel côté. Devons nous à chaque fois choisir les bas fonds du sentiment humain tel que l’irresponsabilité, la compromission morale, la corruption publique, la dérégulation sociale, face au monde ?

Ne nous trompons pas. L’alibi d’être démuni de moyens a fait long feu. Depuis quelques décennies, les Africains contre toute attente, se sont mis à mettre le feu à leurs « cabanes », sous les regards incrédules des « intellectuels » prisonniers de leur (im)posture de petit bourgeois. Nous ne pouvons pas comprendre qu’un pays aussi « riche » comme le notre, dont l’économie est tombée dans un système mafieux, subisse au temps de mauvais sort.

Nous avons tords de croire qu’il y a un chemin entre le doute mystique de la tradition (déconstruite depuis des siècles) et une nouvelle conscience de la décolonisation. La notion de bonne gouvernance a été édifiée depuis PLATON, à travers une approche de la notion du « domaine public », laquelle se trouve en souffrance dans une crise d’imagination.

Nous avons combattu les sentiments ethniques qui prétendent conduire la destinée politique de la république. L’expérience historique dans toutes les cultures du monde a montré que mieux vaut une nation en construction sous la houlette d’une élite éclairée, qu’une nation composée d’ethnies, s’offrant en plus l’alibi de l’État. Cette dernière est une très mauvaise solution. Mais personne n’ose théoriser cette nouvelle société car la « pénombre idéologique » nous va bien. L’approche « ethniciste » pervertira toute conception moderne de l’économie dans la mesure où les critères sociologiques sont de l’ordre de la performance compétitive, plus que la « raison consensuelle » de la communauté.

Ceux qui encourage l’insécurité physique, matérielle et politique dans ce pays s’isoleront progressivement d’eux même sans prise sur une valeur quelconque. Les Centrafricains sont sorti de la nuit de l’inconscience politique depuis longtemps, d’où notre optimisme. Reste l’émergence d’une vérité sociale dans la tradition de l’universalisme libérale et du modernisme mobilisateur. Les ingrédients existent dans cette société déjà mûre, qu’il convient de mettre en ordre de lutte pour le progrès.

La conduite politique réunira tôt ou tard les consciences éclairées des vrais « Élites Étatiques  et Progressistes », mobilisées dans l’espace public démocratique et nationale de demain, afin de donner le sourire républicain et constructif une fois bannie une violence politique aveugle sans foi ni loi.

Jean.mbalanga

                                                                                         FODEM FRANCE
                                                                                         MBALANGA JEAN
                                                                                         Président Délégué
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