Les
centrafricains septiques, se posent la question de savoir si ce
gouvernement d’émergence consensuelle est dans la bonne voie et s’il
peut apporter des solutions à leurs soucis.
Le Chef de
l’État avait promis que l’insécurité chronique dans ce pays serait
éradiquée pour rendre la paix civile à la population et permettre le
redémarrage économique.
L’équation
de la bonne gouvernance comprend l'alliance des éléments humains et de
la motivation politique qui sont les critères de base dans ce champ
d’action.
Dernièrement
cette mission a été accomplie avec détermination, attitude perdue
depuis longtemps. L’opération salaire contre contrôle, quoi qu’on en
dise, à fait émerger un sentiment diffus d’être en société et de
subir l’autorité régalienne dévolue à l’État dans l’organisation
de l’espace public. Pour ceux qui s’adressent à l’action publique,
voilà une leçon allant dans le sens de la bonne gouvernance.
Pourtant,
Bangui dresse sa liste macabre d’hommes transpercés de balles ; de
femmes violées dans leurs maisons même ; de petits corps d’enfants
trouvés sans vie. L’une des plus belle capitale d’Afrique Centrale (à
une époque), sombre progressivement dans la délinquance « soldatesque
» devant une opinion impuissante. Les journaux n’arrêtent pas de citer
des évènements de tueries alors que les autorités restent dans le
mutisme coupable.
Dans le même
temps, les populations cherchant à survivre et à traverser le pays sont
à la merci des coupeurs de route. Les voyageurs sont dépouillés
consciencieusement, et parfois abattus à coup de fusil. La vie économique
est prise en otage parce que les gens ne veulent plus prendre le risque
d’aller en province.
En toute
hypothèse les Centrafricains savent que l’insécurité qui paralyse le
développement de ce pays et les fait revenir au 18 ème siècle en terme
de culture politique alimente le jeu des groupuscules aux mains des
ennemis de la nation. La disparition d’une conscience nationale, enterrée
dans les interstices de la haine humaine, avec l’encouragement des clans
‘ mangeoiristes ‘ est en contradiction avec l’engagement
publiquement assumé à l’issu des dernières élections présidentielle
et législatives. Le Chef de l’État sait que son nom se joue à l’échelle
de l’histoire, vu son parcours militaire et la qualité d’homme de
rassemblement qu’il est.
La balance
doit peser de quel côté. Devons nous à chaque fois choisir les bas
fonds du sentiment humain tel que l’irresponsabilité, la compromission
morale, la corruption publique, la dérégulation sociale, face au monde ?
Ne nous
trompons pas. L’alibi d’être démuni de moyens a fait long feu.
Depuis quelques décennies, les Africains contre toute attente, se sont
mis à mettre le feu à leurs « cabanes », sous les regards incrédules
des « intellectuels » prisonniers de leur (im)posture de petit
bourgeois. Nous ne pouvons pas comprendre qu’un pays aussi « riche »
comme le notre, dont l’économie est tombée dans un système mafieux,
subisse au temps de mauvais sort.
Nous avons
tords de croire qu’il y a un chemin entre le doute mystique de la
tradition (déconstruite depuis des siècles) et une nouvelle conscience
de la décolonisation. La notion de bonne gouvernance a été édifiée
depuis PLATON, à travers une approche de la notion du « domaine public
», laquelle se trouve en souffrance dans une crise d’imagination.
Nous avons
combattu les sentiments ethniques qui prétendent conduire la destinée
politique de la république. L’expérience historique dans toutes les
cultures du monde a montré que mieux vaut une nation en construction sous
la houlette d’une élite éclairée, qu’une nation composée
d’ethnies, s’offrant en plus l’alibi de l’État. Cette dernière
est une très mauvaise solution. Mais personne n’ose théoriser cette
nouvelle société car la « pénombre idéologique » nous va bien.
L’approche « ethniciste » pervertira toute conception moderne de l’économie
dans la mesure où les critères sociologiques sont de l’ordre de la
performance compétitive, plus que la « raison consensuelle » de la
communauté.
Ceux qui
encourage l’insécurité physique, matérielle et politique dans ce pays
s’isoleront progressivement d’eux même sans prise sur une valeur
quelconque. Les Centrafricains sont sorti de la nuit de l’inconscience
politique depuis longtemps, d’où notre optimisme. Reste l’émergence
d’une vérité sociale dans la tradition de l’universalisme libérale
et du modernisme mobilisateur. Les ingrédients existent dans cette société
déjà mûre, qu’il convient de mettre en ordre de lutte pour le progrès.
La conduite
politique réunira tôt ou tard les consciences éclairées des vrais « Élites
Étatiques et Progressistes », mobilisées dans l’espace public démocratique
et nationale de demain, afin de donner le sourire républicain et
constructif une fois bannie une violence politique aveugle sans foi ni
loi.
Jean.mbalanga
FODEM FRANCE
MBALANGA JEAN
Président Délégué
E-mail : jmabalanga@alicemail.fr