Mesdames
et Messieurs les Journalistes ;
Monsieur
le Premier Ministre a voulu que chaque Membre du Gouvernement puisse
informer la population des activités de son Ministère, à travers une présentation
devant la Presse.
C’est
le but de l’exercice de ce matin. Car, d’ordinaire, le Ministère de
l’Équipement, des Transports et de l’Aviation Civile a toujours tenu
informée la presse, tant publique que privée, des différentes activités
du Département.
Pas
plus tard qu’en début de l’année 2006, le Ministre Délégué en
Charge de l’Équipement et moi-même avons réuni la Presse
Centrafricaine, dans la Salle de Conférences de l’ASECNA, pour faire le
bilan de nos activités pour l’année 2005 et présenter les projections
pour l’année 2006.
Les
journalistes présents ce jour nous ont longuement interrogé sur les différentes
questions d’intérêt national : les infrastructures routières, le
transport de surface (voies routière et fluviale) et le transport aérien.
Avec
une superficie de 622.000 km2, la République Centrafricaine ne dispose
que de 24.500 kms de réseau routier, dont 4.000 kms de routes nationales,
régionales et de pistes rurales très dégradées, et seulement de 692
kms de route bitumées en très mauvais état.
En
comparaison, le Burkina-Faso, avec moins de 300.000 km2 de superficie,
dispose d’une vaste réseau routier, avec près de 2.500 kms de routes
bitumées en bon état.
Les
alternatives au réseau routier que sont les voies aérienne et fluviale
souffrent de la faiblesse de la desserte aérienne de notre pays, en
raison de la succession de nombreuses crises politico-militaires ayant
contribué à réduire les activités justifiant les transports aériens
de personnes et de marchandises.
Le
coût élevé du dragage du fleuve Oubangui et le comportement peu citoyen
de nos Forces de Défense et de Sécurité sont des freins, sans commune
mesure, au trafic fluvial.
La plus
grande contrainte au développement économique de notre pays réside dans
l’insuffisance de ses infrastructures de transport qui pénalise la
mobilité des personnes et des biens et l’accès aux services sociaux
essentiels.
Nous
parlerons brièvement de trois points :
-
les infrastructures routières,
-
le transport de surface : route et fleuve
-
le transport aérien.
I – LES INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES
Le Plan d’Action du Gouvernement de 2005 à
2008 prévoit la réhabilitation de 4.000 kms de routes nationales,
de pistes rurales et 800
kms de voies bitumées, la mise aux normes OACI de deux aérodromes de
l’intérieur, Berbérati, Bria, et la réfection de neuf aérodromes
secondaires.
Retenons,
pour l’année 2005 :
-
la construction de deux Ouvrages d’Art financés par l’Agence
Française de Développement (A.F.D.), à Siki sur la Lobaye et à Bambio
sur la Mbaéré, rendant fluide la circulation automobile sur la route du
4ème Parallèle, allant de Bangui à Nola,
-
la réhabilitation de la route Bangui-Bangassou et ses voiries
urbaines, mettant la ville de Bangassou de 12 à 15 heures de Bangui
contre 48 heures auparavant pour des véhicules en très bon état,
-
la réhabilitation de l’axe Baoro-Bouar et de celui de Berbérati-Gamboula,
avec le concours des opérateurs économiques de la région.
Pour l’année 2006 :
-
Un budget de 2,6 milliards F. CFA a été adopté par le
Comité de Gestion du Fonds d’Entretien Routier (F.E.R.) pour
l’entretien des routes et des Ouvrages d’Art en régie ou en
entreprises, et la réparation de nombreux bacs.,
-
Le 21 janvier 2006, le Chef de l’Etat a présidé à Bambari, la
cérémonie du lancement officiel de la réhabilitation de l’axe lourd
Bambari-Ippy-Bria, financée à hauteur de 1 milliard CFA par l’Union
Européenne.
-
En février 2006, ont débuté les travaux de réhabilitation du
pont sur la Mambéré, à Bania, pour 328 millions de F. CFA,
financés par l’A.F.D.
-
Le 11 mars 2006, les travaux sur l’axe
Damara-Bogangolo-Bouca-Batangafo-Kabo et frontière du Tchad ont été
officiellement inaugurés.
-
En juin 2006, débuteront les travaux de bitumage de la voirie
urbaine de Bangui, sur les avenues Barthélémy Boganda, Koudoukou, Indépendance,
sur la tranche ferme allant de l’Institut Pasteur au Centre Ville et la
rue Béorot en direction de Cattin, pour un montant de 4,3 milliards
F. CFA, sur financement de l’Union Européenne.
Le projet le plus important, le bitumage de
la route Bouar – Garoua-Boulaï et l’appui
institutionnel financé par l’Union Européenne, pour un montant total
de 55 millions d’euros, soit 36 milliards de F. CFA, ont
été confirmés par la dernière Mission de l’Union Européenne à
Bangui.
Le
bitumage de la route Bouar – Garoua-Boulaï débutera en janvier 2007.
L’appui
institutionnel de 15 millions d’euros, soit près de 10
milliards de F. CFA servira à l’assistance technique, la formation
et l’acquisition de trois brigades mécanisées par l’Office National
du Matériel (O.N.M.), appelée à devenir l’instrument du Gouvernement
Centrafricain pour l’entretien des routes, des Ouvrages d’Art et des
bacs.
La
Direction Générale de l’Equipement devant désormais se concentrer sur
l’étude et la programmation des travaux. Le Département prévoit, pour
l’année 2006, d’engager cette année l’externalisation des travaux
d’entretien routier, en confiant des tronçons de route à des P.M.E.
centrafricaines pour les aider à devenir de grandes entreprises de
Travaux Publics.
II – TRANSPORT DE SURFACE
1.
- Transport Fluvial
En octobre 2004 et août 2005, le fleuve
Oubangui a été le théâtre de dramatiques naufrages de baleinières et
de petites embarcations ayant endeuillé de nombreuses familles et provoqué
un vif émoi dans l’opinion publique nationale et internationale.
Des
mesures conservatoires de suspension provisoire de la navigation des
baleinières et des petites
embarcations pour leur mise aux normes de sécurité avaient été prises.
Les
baleinières sont aujourd’hui identifiées, immatriculées, avec des
lignes de flottaison pour surveiller la surcharge en passagers et en
marchandises.
Nous
tenons à préciser que, si le Ministère des Transports est habilité à
faire des réglementations dans le domaine de la sécurité des
transports, la responsabilité de leur respect et la sanction des
infractions revient aux Ministères de l’Intérieur et de la Défense
Nationale, à travers la Police, la Gendarmerie et les Forces Fluviales.
Les
informations qui nous parviennent nous laissent à penser que certaines de
nos Forces de l’Ordre continuent à encourager les violations de la réglementation
en fermant les yeux sur les surcharges, jusqu’au prochain naufrage où
l’opinion publique et la Presse adresseront leurs récriminations au
Ministre en Charge des Transports.
S’agissant
de la SOCATRAF, nous signalons que l’Union Européenne et l’A.F.D. ont
financé pour 9 millions d’euros, soit 6 milliards de F. CFA la
construction de barges passagers et la réhabilitation des infrastructures
portuaires.
2.
- Transport Routier
Les années
2005 et 2006 ont été émaillées par de nombreux accidents mortels sur
les routes centrafricaines. Le dernier en date a eu lieu à Gambo, dans le
Mbomou. Un véhicule excessivement chargé, dépourvu d’organes de sécurité,
les freins, a provoqué la mort de 17 personnes et fait de nombreux blessés.
Les
causes de ces accidents sur nos routes sont multiples et tiennent, en
grande partie, aux surcharges du véhicule, leur mauvais état physique
(freins défaillants, absence de phares, mauvaise suspension et état des
pneumatiques), les excès de vitesse et la conduite en état d’ivresse,
souvent avec des faux titres autorisant la conduite.
Pour
endiguer cette insécurité sur les routes et la voie fluviale, le
Gouvernement a adopté le Décret n° 06.068 du 22 février 2006
instituant le Comité Interministériel de Sécurité de Transport de
Surface (routes et fleuve), placé sous l’Autorité du Premier
Ministre, impliquant tous les Ministères concernés par les problèmes de
sécurité des transports.
Pour se
faire une idée de l’état d’insécurité sur nos routes, il suffit de
se placer à la sortie de Bangui, au PK 12, en direction de Damara ou de
Boali, et au PK9 vers Mbaïki, pour voir les voitures Renault 12 ou les
Peugeot 404, configurées pour transporter de 5 à 8 personnes au
grand maximum, surchargées de 30 à 40 passagers et lourdement
chargées de marchandises, passer, sans contrôle, les barrages des Forces
de l’Ordre, sinon le paiement de la quote part de surcharge.
Des
Brigades Spécialisées de Sécurité Routière et Fluviale, dotées de
moyens appropriés, seront mises en place pour réprimer tous ces
manquements, aussi bien contre les automobilistes que les Forces chargées
de faire respecter la réglementation.
S’agissant
des moto-taxis, le Ministère des Transports avait marqué sa réserve
pour leur mise en activité dans la ville de Bangui. Nous savons, par
ailleurs, que les propriétaires se livrent à des trafics clandestins.
Un
Projet de Décret réglementant ce mode de transport ainsi que celui des
pousse-pousses pour le bois de chauffe, qui sont des véritables dangers
mortels pour la circulation, sera prochainement présenté en Conseil des
Ministres.
L’objectif
final n’est pas de faire de la réglementation pour de la réglementation
mais, d’endiguer des dérives qui coûtent des vies humaines. Le Département
entreprend des initiatives pour la mise en place de transport collectif,
sur le modèle de l’ancienne SOTRECA ou C.N.T.R., ou celui du Cameroun,
avec CENTRAL VOYAGE ou GARANTIE EXPRESS.
Nous
n’oublions pas, non plus, qu’en janvier 2006, le Ministère des
Transports a fait face à la mauvaise humeur des conducteurs et receveurs
des taxis et bus.
Nos
discussions ont abouti à des accords contractuels, comportant certains
engagements dont la mise en œuvre avait été confiée au Comité de Réflexion
sur les effets induits par l’augmentation des hydrocarbures. Nous
attendons la conclusion de ses travaux.
Dans
les prochains jours, la République Centrafricaine passera aux
immatriculations et titres de transport sécurisés aux normes CEMAC.
Le
marché a été attribué. Il reste les dernières mises au point. La
presse sera largement informée avant le lancement des documents CEMAC,
notamment les dispositions de l’Arrêté
instituant la Commission de Contrôle de Délivrance des Titres de
Transport CEMAC.
III – TRANSPORT AÉRIEN
Notre
pays souffre chroniquement de la faiblesse de la desserte aérienne, avec
en moyenne 49.000 passagers par an, contre 1.000.000 au
Gabon et au Congo Brazzaville. Le Tchad, pétrole oblige, est passé de 50.000
à plus de 100.000 passagers l’an, en l’espace de deux ans.
AIR
France, CAMAIR, avec tous les aléas de vol que nous connaissons, et TOUMAÏ
Air Tchad, entreprennent de nous désenclaver.
Le 26
mars 2006, la Compagnie Libyenne AFRIQYIA devrait commencer son vol
inaugural, avec des tarifs attractifs : 381.000 F. CFA pour un
aller-retour Bangui-Paris, en classe économique.
A
partir de Tripoli, on peut rallier les aéroports de Cotonou, Accra, Dakar
et Ouagadougou, ou poursuivre le voyage en direction de Londres et
certains pays asiatiques.
Tout
dernièrement, nous avons convenu, avec mon Collègue Ministre Congolais
des Transports, d’autoriser la desserte Brazzaville – Bangui –
Douala - Pointe-Noire - Brazzaville, par la Compagnie Aérienne TRANS AIR
CONGO (T.A.C.), qui entend créer, plus tard, une compagnie aérienne
de droit centrafricain.
AIR
CEMAC :
Ce
projet sous-régional dont la République Centrafricaine assurait la Présidence
du Comité de Pilotage dès Février 2005, à Libreville, au Gabon, peut
être aujourd’hui considérée comme un projet mort-né.
Il
reste à la République Centrafricaine à conclure des Accords séparés
avec la ROYAL AIR MAROC (R.A.M.), avec des conditions moins
contraignantes.
IV – DES INNOVATIONS
1.
Elaboration du Schéma Directeur National d’Infrastructures
de Transport, incluant les services de transport sur le mode
participatif, associant les communautés de base, les élus de la Nation,
les usagers de la route, les différentes administrations utilisatrices
des infrastructures et des services de transport, en vue de dresser une
cartographie exacte du réseau routier national, de fixer les priorités
dans la construction, la réhabilitation et l’équipement des
infrastructures routières, aéroportuaires et fluviales.
2.
Loi d’Orientation des Transports Intérieurs : en
cours de préparation pour être présentée à l’Assemblée Nationale.
Elle définit la mission de service public de transport de personnes et de
marchandises, dévolue à l’Etat, aux collectivités territoriales et
leurs établissements publics, fixe les conditions de création et de
fonctionnement des entreprises de transports et le financement des
infrastructures et services de transport sur la base d’une Loi de
Programmation Quinquennale.
V – COÛT DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT
L’ensemble du programme dont le coût total
s’élève à 52,772 milliards F. CFA est financé, en grande
partie, par les partenaires extérieurs : l’Union Européenne, l’A.F.D.,
la Coopération Allemande, KFW, 4 milliards F. CFA pour le Pont
de Lim à Ngaoundaye.
La part
revenant à l’Etat est de 2,6 milliards F. CFA, constitués de la
Redevance d’Usage Routier, les péages et les ponts-bascules encaissés
et gérés par le Fonds d’Entretien Routier.
Le
Ministre d’Etat,
Charles
MASSI