FODEM - FRANCE - le 15/05/2006

PEUT ON AVOIR LA PAIX EN CENTRAFRIQUE ?

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE

Jean MBALANGA

Président Délégué

     La stabilité est le plus sûr moyen !

     Si la paix est une entité indivisible comme l’ait la nation ou la république, beaucoup de discours dit politique l’ont rendu impalpable, sans contenue social. Il n’y a qu’à compter combien de rendez vous de paix se sont ainsi reconduit depuis des décennies sans aucun résultat.

     Il est plus intéressant d’aborder l’étude d’une paix à la suite d’une crise, selon qu’elle est utile ou pas. Les débats politiques sont souvent fumeux, médiatisés avec en supplément la ruade ethnique habituelle sans intérêt pour le pays. Nous nous poserons la question de savoir si, une fois la paix avec ses rebelles ci sera obtenu, jurerions nous de ne plus revoir d’autres colonnes armées, embusquées, qui réclameraient à leur tour la paix qui leur appartient ?

     La question est intéressante. Comment la justifier. En fait il y a plusieurs contraintes pour conduire la destinée des hommes, celle de notre communauté nationale.

     1) Éviter les crises sociales à répétitions. Les élections qui viennent d’avoir lieu ont été très ouvertes, les échanges riches. Dans la mesure où les enjeux nationales ont été librement débattu, la majorité des forces sociales a pu exposé ses demandes. C’est comme cela que se défini le mode d’organisation d’une société. Si à cette occasion une minorité se sent exclu, elle doit avoir des voies de recours. Le comité de suivi du dialogue national peu constituer l’organe d’alerte en 1er degré. Ensuite vient une libre dénonciation par voix de presse, et plus encore, l’appel aux ordres supérieurs, c’est à dire l’interpellation des députés, y compris le premier ministre, enfin le chef de l’Etat. Il s’agit d’un fait d’injustice sur un groupe dûment représenté.

     2) Assurer les capacités institutionnelles. Une bonne régulation des flux de « demandes entrant » (la crise des rebelles) est l’objectif d’une bonne gouvernance. Si des goulots d’étranglements (dysfonctionnement de l’Etat) apparaissent ça et là sans que les autorités s’en aperçoivent, la crise peu alors déborder la scène politique, la violence monte, les uns prennent des armes et la société se délite.

     Si nous voulons la paix, c’est par ce que le citoyen attend que sa sécurité physique, ses intérêts immédiats, son avenir ne deviennent pas l’objet d’un jeu d’otage, d’une confiscation de la liberté à chaque levée du soleil.

     Dans notre passé, les haines se sont accumulées, des revanches prêtent à surgir. Or depuis 50 ans de crise continue, nous devons être capable maintenant de séparer le vrai du faux.

     La stabilité de l’État est nécessaire à travers ses échelons politique (gouvernement, assemblée), à travers ses échelons administrative (le système judiciaire, l’organe sécuritaire), à travers ses échelons civil(la presse, les syndicats, les associations). Une politisation excessive fragilise le système, par le fait des divisions artificielles. A quoi peu servir la construction de la transition, le plébiscite de la dernière constitution, l’esprit d’un gouvernement de consensus, l’affirmation d’une presse libre, la réalité d’une ouverture politique fragile, si les rebelles continuent à défier ostensiblement la communauté nationale. Cette question se pose à ceux qui réfléchissent sur l’avenir d’un peuple et de son bien être. En quelle société raisonnable croyons nous ?

     On entend beaucoup de bonne conscience trempée leur plume dans la critique du régime sans produire une lecture claire du sens de leur action. Qui sont ils ?... que font ils ?

     a) Le sens historique d’un mouvement : Beaucoup soutiennent la théorie ethnique du pouvoir. Coincer entre la critique radicale de la négritude et la mission avant-gardiste du mouvement de libération quelque peu juste, ils caressent une utopie africaine du pouvoir, basée sur des mots du genre : l’Afrique aux africains, l’Afrique de l’authenticité, la démocratie à l’africaine (la société du palabre)

     b) La force d’attractivité d’un pouvoir : Depuis les grandes figures du passé ( Boganda, Lumumgba, Kwame Krumah, Houphouet, et aujourd’hui Mandéla), la relève tarde a prendre racine. De partout la maison se fissure, les mouvements sociaux se sont évanouis, phagocytés par les coalitions politico ethno mafieuses.

     Pour résumer, la situation sociale, politique, historique de notre pays est des plus complexes. La seule attitude serait d’entrer dans ce conflit avec les rebelles, selon le recul fiable d’une consolidation des institutions et non l’inverse. Pour nous il s’agit d’une crise aigue mais pas au point de remettre en cause tous les efforts accumulés.

     Nous nous précipitons tous avec émotion, même si ses tentions sont mortelles, a vouloir brouiller les conditions d’une prise de conscience sur l’intérêt de la politique et son avenir. La perspective d’un nouveau dialogue est une bonne chose, sauf que chacun voudrait dans ce cas la justice pour soit tout seul, prétextant à chaque fois une raison spécifique liée aux événements du passé. Cette crise s’adresse d’abord à la nation toute entière, régénérée, ayant voté de nouvelles lois de concorde politique. Il serait sage de voir comment ses institutions n’ont pas fonctionné, au point de créer des surtensions ingérables, nous exposant indéfiniment à des crises de rupture nationale.

     Nous sommes pour une procédure qui respecte un équilibre entre le travail de construction déjà entériner par les instances nationales, donc regarder se qui est possible sans une nouvelle crise institutionnelle, et une écoute plus sociale, respectant en premier lieu l’intérêt des droits de l’homme en la matière. Une palette de voie existe en commençant par la lecture plus humaniste de la nouvelle constitution, le vote à l’assemblée d’une loi d’amnistie en faveur des rebelles pour tenir compte des effets de la transition difficile. La nation entend par la voie de la tolérance, réaffirmée en douceur la main tendu mais ferme à ses enfants insatisfaits par le poids sombre de l’histoire difficile et hésitante.

     Toute la démarche est construite autour de l’idée qu’on ne construit pas une identité nationale en associant simplement la somme des petites histoires de personnes. Ce phénomène de personnalisation politique, à l’exemple de la côte d’Ivoire qui s’effrite chaque jour, condamnera sur le plan institutionnel notre projet de développement. En réalité nous devons nous positionner sur des grands thèmes politiques pour donner une ampleur au mouvement.

     Chaque centrafricain à plus ou moins subi dans sa chère le coup élevé de la construction nationale. La désillusion des paysans, ramené à leur sors d’autosubsistance, le rêve évanouie des générations formées et qui croupissent, l’analphabétisme des enfants en forte progression, la clochardisation des fonctionnaires non payés, le pays en a déjà assez pour ses malheurs. Si en plus les intellectuels encouragent la division au sein de l’État, érigent en institution des comportements en faction dans la société, nous n’arriverons pas à comprendre la dynamique moderne globale.

VIVE LA DÉMOCRATIE POUR QUE VIVE LA CENTRAFRIQUE

Jean.mbalanga

                                                                                         FODEM FRANCE
                                                                                         MBALANGA JEAN
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