La
stabilité est le plus sûr moyen !
Si
la paix est une entité indivisible comme l’ait la nation ou la
république, beaucoup de discours dit politique l’ont rendu impalpable,
sans contenue social. Il n’y a qu’à compter combien de rendez vous de
paix se sont ainsi reconduit depuis des décennies sans aucun résultat.
Il
est plus intéressant d’aborder l’étude d’une paix à la suite d’une
crise, selon qu’elle est utile ou pas. Les débats politiques sont
souvent fumeux, médiatisés avec en supplément la ruade ethnique
habituelle sans intérêt pour le pays. Nous nous poserons la question de
savoir si, une fois la paix avec ses rebelles ci sera obtenu, jurerions
nous de ne plus revoir d’autres colonnes armées, embusquées, qui réclameraient
à leur tour la paix qui leur appartient ?
La
question est intéressante. Comment la justifier. En fait il y a plusieurs
contraintes pour conduire la destinée des hommes, celle de notre
communauté nationale.
1)
Éviter les crises sociales à répétitions. Les élections qui
viennent d’avoir lieu ont été très ouvertes, les échanges riches.
Dans la mesure où les enjeux nationales ont été librement débattu, la
majorité des forces sociales a pu exposé ses demandes. C’est comme
cela que se défini le mode d’organisation d’une société. Si à
cette occasion une minorité se sent exclu, elle doit avoir des voies de
recours. Le comité de suivi du dialogue national peu constituer l’organe
d’alerte en 1er degré. Ensuite vient une libre dénonciation par voix
de presse, et plus encore, l’appel aux ordres supérieurs, c’est à
dire l’interpellation des députés, y compris le premier ministre,
enfin le chef de l’Etat. Il s’agit d’un fait d’injustice sur un
groupe dûment représenté.
2)
Assurer les capacités institutionnelles. Une bonne régulation des
flux de « demandes entrant » (la crise des rebelles) est l’objectif d’une
bonne gouvernance. Si des goulots d’étranglements (dysfonctionnement de
l’Etat) apparaissent ça et là sans que les autorités s’en
aperçoivent, la crise peu alors déborder la scène politique, la
violence monte, les uns prennent des armes et la société se délite.
Si
nous voulons la paix, c’est par ce que le citoyen attend que sa
sécurité physique, ses intérêts immédiats, son avenir ne deviennent
pas l’objet d’un jeu d’otage, d’une confiscation de la liberté à
chaque levée du soleil.
Dans
notre passé, les haines se sont accumulées, des revanches prêtent à
surgir. Or depuis 50 ans de crise continue, nous devons être capable
maintenant de séparer le vrai du faux.
La
stabilité de l’État est nécessaire à travers ses échelons politique
(gouvernement, assemblée), à travers ses échelons administrative (le
système judiciaire, l’organe sécuritaire), à travers ses échelons
civil(la presse, les syndicats, les associations). Une politisation
excessive fragilise le système, par le fait des divisions artificielles.
A quoi peu servir la construction de la transition, le plébiscite de la
dernière constitution, l’esprit d’un gouvernement de consensus, l’affirmation
d’une presse libre, la réalité d’une ouverture politique fragile, si
les rebelles continuent à défier ostensiblement la communauté
nationale. Cette question se pose à ceux qui réfléchissent sur l’avenir
d’un peuple et de son bien être. En quelle société raisonnable
croyons nous ?
On
entend beaucoup de bonne conscience trempée leur plume dans la critique
du régime sans produire une lecture claire du sens de leur action. Qui
sont ils ?... que font ils ?
a)
Le sens historique d’un mouvement : Beaucoup soutiennent la théorie
ethnique du pouvoir. Coincer entre la critique radicale de la négritude
et la mission avant-gardiste du mouvement de libération quelque peu
juste, ils caressent une utopie africaine du pouvoir, basée sur des mots
du genre : l’Afrique aux africains, l’Afrique de l’authenticité, la
démocratie à l’africaine (la société du palabre)
b)
La force d’attractivité d’un pouvoir : Depuis les grandes figures
du passé ( Boganda, Lumumgba, Kwame Krumah, Houphouet, et aujourd’hui
Mandéla), la relève tarde a prendre racine. De partout la maison se
fissure, les mouvements sociaux se sont évanouis, phagocytés par les
coalitions politico ethno mafieuses.
Pour
résumer, la situation sociale, politique, historique de notre pays est
des plus complexes. La seule attitude serait d’entrer dans ce conflit
avec les rebelles, selon le recul fiable d’une consolidation des
institutions et non l’inverse. Pour nous il s’agit d’une crise aigue
mais pas au point de remettre en cause tous les efforts accumulés.
Nous
nous précipitons tous avec émotion, même si ses tentions sont
mortelles, a vouloir brouiller les conditions d’une prise de conscience
sur l’intérêt de la politique et son avenir. La perspective d’un
nouveau dialogue est une bonne chose, sauf que chacun voudrait dans ce cas
la justice pour soit tout seul, prétextant à chaque fois une raison
spécifique liée aux événements du passé. Cette crise s’adresse d’abord
à la nation toute entière, régénérée, ayant voté de nouvelles lois
de concorde politique. Il serait sage de voir comment ses institutions n’ont
pas fonctionné, au point de créer des surtensions ingérables, nous
exposant indéfiniment à des crises de rupture nationale.
Nous
sommes pour une procédure qui respecte un équilibre entre le travail de
construction déjà entériner par les instances nationales, donc regarder
se qui est possible sans une nouvelle crise institutionnelle, et une
écoute plus sociale, respectant en premier lieu l’intérêt des droits
de l’homme en la matière. Une palette de voie existe en commençant par
la lecture plus humaniste de la nouvelle constitution, le vote à l’assemblée
d’une loi d’amnistie en faveur des rebelles pour tenir compte des
effets de la transition difficile. La nation entend par la voie de la
tolérance, réaffirmée en douceur la main tendu mais ferme à ses
enfants insatisfaits par le poids sombre de l’histoire difficile et
hésitante.
Toute
la démarche est construite autour de l’idée qu’on ne construit pas
une identité nationale en associant simplement la somme des petites
histoires de personnes. Ce phénomène de personnalisation politique, à l’exemple
de la côte d’Ivoire qui s’effrite chaque jour, condamnera sur le plan
institutionnel notre projet de développement. En réalité nous devons
nous positionner sur des grands thèmes politiques pour donner une ampleur
au mouvement.
Chaque
centrafricain à plus ou moins subi dans sa chère le coup élevé de la
construction nationale. La désillusion des paysans, ramené à leur sors
d’autosubsistance, le rêve évanouie des générations formées et qui
croupissent, l’analphabétisme des enfants en forte progression, la
clochardisation des fonctionnaires non payés, le pays en a déjà assez
pour ses malheurs. Si en plus les intellectuels encouragent la division au
sein de l’État, érigent en institution des comportements en faction
dans la société, nous n’arriverons pas à comprendre la dynamique
moderne globale.
VIVE LA DÉMOCRATIE
POUR QUE VIVE LA CENTRAFRIQUE
Jean.mbalanga
FODEM FRANCE
MBALANGA JEAN
Président Délégué
E-mail : jmabalanga@alicemail.fr