Centrafrique: combats entre rebelles tchadiens et armée au nord du pays

Combats dans le nord-est de la RCA: 13 soldats et 20 assaillants tués
Les familles des militaires refusent les pertes au front Nord
FODEM - Communiqué de Presse relatif à la situation sécuritaire nationale

LES INCIDENTS DE GORDIL

La revue, 28 juin 2006

© AFP
Fiche technique de la Centrafrique
© AFP/Infographie
BANGUI (AFP) -
mardi 27 juin 2006 - 11h45 - De violents combats ont opposé dans la nuit de dimanche à lundi l'armée centrafricaine et les forces de la Cémac à des rebelles tchadiens dans le nord-est de la Centrafrique, faisant de nombreuses victimes, a annoncé mardi le ministère centrafricain de la Défense.

Ces affrontements autour de la localité de Gordil, à plus de 800 km au nord-est de Bangui non loin de la frontière tchadienne, ont fait 71 morts dans les rangs des rebelles tchadiens et 5 parmi les soldats centrafricains et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac), a précisé sous couvert de l'anonymat une source militaire centrafricaine.

Selon un communiqué du ministère centrafricain de la Défense, ces combats ont pour origine l'attaque dans la nuit du 25 au 26 juin d'un "détachement de militaires appartenant à la Fomuc (Force multinationale de la Cémac) et aux forces armées centrafricaines qui étaient stationné à Gordil" par "un groupe de rebelles tchadiens fortement armés".

"Les combats qui s'ensuivirent ont été particulièrement intenses, faisant de nombreux morts de part et d'autre", a ajouté le texte, sans faire état d'aucun bilan officiel.

Dénonçant des "événements extrêmement graves, qui démontrent à l'évidence que le sol centrafricain est devenu une véritable terre de combat pour les opposants au régime de N'Djaména", le gouvernement centrafricain a demandé l'aide de la communauté internationale pour "faire cesser (ces) agressions".

"La RCA n'a pas d'ennemi, aussi elle n'entend pas se faire dicter sa politique par des individus sans foi ni loi", concluent les autorités de Bangui, réaffirmant leur soutien aux "régimes frères démocratiquement élus".

Le régime du président François Bozizé, fidèle soutien de son voisin tchadien Idriss Deby Itno qui l'avait aidé à prendre le pouvoir en 2003, a dénoncé ces derniers mois plusieurs violations de l'extrême nord-est de son territoire, aux confins du Tchad et du Soudan, par des rebelles tchadiens hostiles au pouvoir de N'Djamena.

Le 26 mai, deux militaires centrafricains y avaient été tué lors d'un accrochage avec des "rebelles lourdement armés", selon Bangui. Un mois plus tôt, le gouvernement centrafricain avait dénoncé le viol de son espace aérien par un avion cargo venu du Soudan déposer dans la localité de Tiringoulou des "hommes en armes" et du matériel.

Toujours selon Bangui, une colonne de rebelles tchadiens venue du Soudan était également passée par la Centrafrique pour rallier le Tchad les 8 et 9 avril, quelques jours avant l'échec de l'offensive du Front uni pour le changement (Fuc) le 13 avril aux portes de N'Djamena.

A la suite de cet incident, la Centrafrique avait annoncé la fermeture de ses frontières avec le Soudan, accusé de soutenir les rebelles tchadiens.

Combats dans le nord-est de la RCA: 13 soldats et 20 assaillants tués

LIBREVILLE - Une attaque contre un camp de l'armée centrafricaine et de la Force multinationale de la Cémac dans le nord-est de la Centrafrique a fait lundi 33 tués, dont 13 dans les rangs des militaires et 20 dans ceux des assaillants, selon un bilan officiel communiqué mardi par l'Onu.
"Le bilan provisoire" des combats qui se sont déroulés lundi matin à Gordil, à plus de 800 km au nord-est de Bangui, non loin de la frontière tchadienne, "fait état de 11 morts du côté des Faca (Forces armées centrafricaines), de deux morts du côté de la Fomuc et de sept blessés, dont trois graves dans les deux rangs", indique le Bureau de l'Onu en Centrafrique (Bonuca) dans un communiqué reçu par l'AFP à Libreville.
Les deux soldats de la Fomuc (Force multinationale de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) tués sont Tchadiens, a précisé à l'AFP la responsable de la section Information du Bonuca, Aïssatou Laba Touré, jointe à Bangui depuis Libreville.
"Les assaillants ont enregistré 20 morts et un individu fait prisonnier", ajoute le Bonuca, qui attribue l'attaque du camp à des "bandes armées (qui) feraient partie des groupes rebelles ayant entrepris de déstabiliser la RCA (République centrafricaine)", sans plus de précision.
Plusieurs rébellions en gestation, hostiles au président centrafricain François Bozizé, font régner l'insécurité dans le nord de la Centrafrique.
Le ministère centrafricain de la Défense avait mardi matin attribué l'attaque du cantonnement des Faca et de la Fomuc à des "rebelles tchadiens fortement armés".
Il n'avait pas donné de bilan mais une source militaire centrafricaine avait fait état de 71 morts dans les rangs des rebelles tchadiens et 5 parmi les soldats centrafricains et de la Fomuc.
Dénonçant des "événements extrêmement graves, qui démontrent à l'évidence que le sol centrafricain est devenu une véritable terre de combat pour les opposants au régime de N'Djamena", le gouvernement centrafricain a demandé l'aide de la communauté internationale pour "faire cesser (ces) agressions".
"La RCA n'a pas d'ennemi, aussi elle n'entend pas se faire dicter sa politique par des individus sans foi ni loi", indiquent dans ce texte les autorités de Bangui, réaffirmant leur soutien aux "régimes frères démocratiquement élus".
Le régime du président Bozizé, fidèle soutien de son voisin tchadien Idriss Deby Itno qui l'avait aidé à prendre le pouvoir en 2003, a dénoncé ces derniers mois plusieurs violations de l'extrême nord-est de son territoire, aux confins du Tchad et du Soudan, par des rebelles tchadiens hostiles au pouvoir de N'Djamena.
Le 26 mai, deux militaires centrafricains avaient été tués non loin de Birao (une centaine de kilomètres au nord-est de Gordil) lors d'un accrochage avec des "rebelles lourdement armés", selon Bangui. Un mois plus tôt, le gouvernement centrafricain avait dénoncé le viol de son espace aérien par un avion cargo venu du Soudan déposer dans la localité de Tiringoulou des "hommes en armes" et du matériel.
Toujours selon Bangui, une colonne de rebelles tchadiens venue du Soudan était également passée par cette zone de la Centrafrique pour rallier le Tchad les 8 et 9 avril, quelques jours avant l'échec de l'offensive du Front uni pour le changement (Fuc) le 13 avril aux portes de N'Djamena.
A la suite de cet incident, la Centrafrique avait annoncé la fermeture de ses frontières avec le Soudan, accusé de soutenir les rebelles tchadiens.
(©AFP / 27 juin 2006 19h48)
Les familles des militaires refusent les pertes au front Nord
(Alwihda 27/06/2006)


Les familles et proches parents des soldats Centrafricains ne sont pas prêts d'accepter la mort des leurs, selon un officier d'Etat major ayant requis l'anonymat.
Lors du dernier grand rassemblement au camp de Roux, des dizaines de femmes de soldats ont manifesté en pleurs contre la décision de Bozizé d'ordonner le consignement des quartiers.
En effet, le ministre Centrafricain de la Défense et Président de la République, a signé les ordres d'engagement pour les 12 premières compagnies de la garde présidentielle et du bataillon de soutien.
Malgré la décision de Chirac de fournir un soutien logistique important aux hommes de Bozizé, le Chef d'Etat major des FACA, le Général Gambi, a eu du mal a mobiliser la troupe dont le moral est au plus bas depuis les combats de Tiringoulou, dans la région de Birao.

Revenu d'un voyage éclair et secret aux USA, Gambi est également pointé du doigt par Bozizé qui considère que l'échec de Birao est du en partie à son incapacité à maintenir la chaine de commandement en ordre de marche.

Le vrai problème de l'armée Centraine réside dans l'état de son équipement délabré, dans son encadrement basé sur des officiers vieux et dépassés, ainsi que dans l'inexistence des règles d'engagement. Se battent-ils pour la République ou bien pour le clan Bézambé ? Pourquoi Bozizé et Gambi gardent t-ils au chaud et tràs loin du front leurs proches parents, tandis que les enfants des autres sont envoyés à la boucherie ?

Ainsi les soldats Centrafricains ne sont guàre differents des hommes de la rebellion en ce qui concerne le motifs de la belligerance.
L'opinion internationale ne sera pas étonnée de voir ces soldats rejoindre les rans de la rebellion, comme c'est le cas au Tchad.
Car comment Bozizé peut il s'unir avec la France néo-coloniale pour attaquer des combattants de la véritable indépendance de la Centrafrique ?

Les épouses des soldats se doutent bien du manque de moyen de cette armée en guénilles, craignant que le niveau de pertes en vies humaines ne devienne insuportable à cause de l'inexistence d'hopitaux militaires et de moyens de secours inadaptés à une campagne militaire qui s'annonce longue et pénible à l'avance.
Gambi n'avait-il pas déclaré aux USA que l'armée Centrafricaine allait s'engager à fond dans cette campagne? Ses interlocuteurs aux USA avaient été surpris par sa naiveté. Résultat, l'avion militaire de transport des troupes C130 qu'il était venu chercher ne sera pas opérationel durant la campagne de Birao, et les Transal français ne s'approcheront pas des zones de combat - ayant déja perdu trop d'avions face aux rebelles Tchadiens - ce qui rendra le secours et le ravitaillement très difficile pour les soldats de Bozizé : véritable sacrifice humain inutile de soldats Centrafricains!

Les premières sections arrivées il y a quelques jours sur le front Birao sont entrain de découvrir la supercherie. Les véhicules fournis par la France sont inadaptés au terrain, les ravitaillements en carburant et munitions sont incertains, la rations de survie quasi inexistantes.
Même les soldats de Déby n'y croient plus une victoire face à la rébellion...

Dans ces conditions, une nouvelle défaite militaire dans le nord de Centrafrique signifiera automatiquement la fin de Gambi à la tête des armées Centrafricaines...
Peut être aussi le début de son ralliement à la cause rébelle ?

Les épouses et enfants de soldats ont raison de s'inquiéter pour la vie de leurs proches. Surtout quand on sait qu'avec la négociation tout est possible et sans sacrifier une seule vie humaine.

Honore Yadaba
Réfugie politique Centrafricain, USA

Source: Alwihda -

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