Le Vatican
souhaite que le synode pour l'Afrique convoqué par le pape sur le thème
"la réconciliation, la justice et la paix" aide les Africains à
"prendre leurs propres responsabilités" dans le destin du continent
en proie au sous-développement et à la violence.
Le Vatican a publié mardi le document préparatoire à la 2e assemblée du
synode des évêques pour l'Afrique, voulu par les papes Jean Paul II puis Benoît
XVI, dont la date n'a pas encore été fixée.
Ces "lineamenta" (en latin "grandes lignes") vont être
soumis au débat de tous les catholiques d'Afrique jusqu'au mois d'octobre 2008
pour aider à la rédaction d'un document qui servira de base de travail au
synode.
L'Eglise et "les grandes forces spirituelles" doivent créer
"les conditions pour une nouvelle renaissance de l'Afrique au niveau
religieux, social, économique et politique", est-il souligné dans le
document.
La situation de dépendance envers les pays riches de l'Afrique "plus
vulnérable que tout autre continent à leurs manoeuvres visant à donner d'une
main et reprendre le double de l'autre" est dénoncée dans ce texte.
Il souligne le défi de former une classe politique "capable de récupérer
le meilleur des traditions ancestrales et de l'intégrer aux principes de
gouvernance des sociétés modernes", dans le respect de "la pluralité
ethnique" mais en rejetant "une instrumentalisation des cultures
africaines".
"Si l'Occident doit s'interroger sur ses propres responsabilités"
dans la situation de l'Afrique, "les Africains doivent également assumer
les leurs", estime le Vatican.
En dépit des difficultés liées notamment au développement de l'islam
politique, il appelle les catholiques à rechercher "le dialogue avec
certaines communautés musulmanes et avec les adeptes de la religion
traditionnelle africaine ouverts à une collaboration en vue de l'avènement de
la réconciliation".
Les chrétiens doivent s'opposer "aux sorciers et sorcières modernes
qui sèment partout en Afrique la misère et la mort, avec leurs armes et leurs
politiques criminelles", écrit le Vatican.
Quant aux évêques, ils doivent être "impartiaux vis-à-vis du
pouvoir politique et des idéologies des différentes formations à caractère
politique et tribal" et "dénoncer les abus" de certains
politiciens.
Le rôle de l'Eglise est de favoriser "la formation de la conscience
politique", et le Saint-Siège souhaite ainsi la formation "d'une élite
chrétienne capable d'exercer une forte influence dans la transformation
positive de l'Afrique".
Son rôle est aussi de faire naître "une culture de paix" fondée
sur le "pardon", ce qui "n'est pas facile dans cette Afrique
dominée par la violence", reconnaît le document.
Benoît XVI avait annoncé le 22 juin 2005 qu'il convoquerait un synode
(assemblée) spécial des évêques africains, confirmant une décision du 13
novembre 2004 de son prédécesseur Jean Paul II.
Un premier synode pour l'Afrique s'était tenu en 1994, cinq ans après sa
convocation par Jean Paul II.