Le Vatican appelle les Africains à prendre leur destin en mains

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Vue de la place Saint-Pierre au Vatican, le 9 avril 2006
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CITE DU VATICAN (AFP) -
mardi 27 juin 2006 - 17h20 - Le Vatican souhaite que le synode pour l'Afrique convoqué par le pape sur le thème "la réconciliation, la justice et la paix" aide les Africains à "prendre leurs propres responsabilités" dans le destin du continent en proie au sous-développement et à la violence.

Le Vatican a publié mardi le document préparatoire à la 2e assemblée du synode des évêques pour l'Afrique, voulu par les papes Jean Paul II puis Benoît XVI, dont la date n'a pas encore été fixée.

Ces "lineamenta" (en latin "grandes lignes") vont être soumis au débat de tous les catholiques d'Afrique jusqu'au mois d'octobre 2008 pour aider à la rédaction d'un document qui servira de base de travail au synode.

L'Eglise et "les grandes forces spirituelles" doivent créer "les conditions pour une nouvelle renaissance de l'Afrique au niveau religieux, social, économique et politique", est-il souligné dans le document.

La situation de dépendance envers les pays riches de l'Afrique "plus vulnérable que tout autre continent à leurs manoeuvres visant à donner d'une main et reprendre le double de l'autre" est dénoncée dans ce texte.

Il souligne le défi de former une classe politique "capable de récupérer le meilleur des traditions ancestrales et de l'intégrer aux principes de gouvernance des sociétés modernes", dans le respect de "la pluralité ethnique" mais en rejetant "une instrumentalisation des cultures africaines".

"Si l'Occident doit s'interroger sur ses propres responsabilités" dans la situation de l'Afrique, "les Africains doivent également assumer les leurs", estime le Vatican.

En dépit des difficultés liées notamment au développement de l'islam politique, il appelle les catholiques à rechercher "le dialogue avec certaines communautés musulmanes et avec les adeptes de la religion traditionnelle africaine ouverts à une collaboration en vue de l'avènement de la réconciliation".

Les chrétiens doivent s'opposer "aux sorciers et sorcières modernes qui sèment partout en Afrique la misère et la mort, avec leurs armes et leurs politiques criminelles", écrit le Vatican.

Quant aux évêques, ils doivent être "impartiaux vis-à-vis du pouvoir politique et des idéologies des différentes formations à caractère politique et tribal" et "dénoncer les abus" de certains politiciens.

Le rôle de l'Eglise est de favoriser "la formation de la conscience politique", et le Saint-Siège souhaite ainsi la formation "d'une élite chrétienne capable d'exercer une forte influence dans la transformation positive de l'Afrique".

Son rôle est aussi de faire naître "une culture de paix" fondée sur le "pardon", ce qui "n'est pas facile dans cette Afrique dominée par la violence", reconnaît le document.

Benoît XVI avait annoncé le 22 juin 2005 qu'il convoquerait un synode (assemblée) spécial des évêques africains, confirmant une décision du 13 novembre 2004 de son prédécesseur Jean Paul II.

Un premier synode pour l'Afrique s'était tenu en 1994, cinq ans après sa convocation par Jean Paul II.