ENTRE GUERRE ET PAIX.

La revue, du 12 juillet 2006

A lire dans la presse centrafricaine de ce jour :
     - Sécurité : Pendant qu'une délégation tchadienne s'est rendue le 11 juillet à Khartoum (Soudan) afin de tenter de dégeler les relations diplomatiques qui avaient étaient rompues par le Tchad, le Ministère de la Défense dans un Communiqué Officiel annonce que la France s'engage aux côtés des Forces Armées Centrafricaines (FACA) en fournissant un soutien logistique et tactique de grande importance dans la lutte engagée contre les forces hostiles qui font régner l'insécurité à la frontière tchado-soudano-centrafricaine. De son côté l'APRD (Njadder) fournie, via le site Alwahida, son bilan des derniers combats qui ont eu lieu les 30 juin, 2 et 3 juillet 2006, dans la région de PAOUA.
     - Économie et social : Le Citoyen voit dans les conditions de la bonne gouvernance démocratique et économique, le moyen de renouer avec les institutions financières internationales alors qu'une mission d'évaluation de la Banque Mondiale séjourne à Bangui du 07 au 29 juillet.. La journée mondiale de la population organisée par UNFPA s'achève sur l'éternelle question de savoir "Comment sortir la jeunesse centrafricaine de l'ornière ?" selon Le Démocrate, alors que L'Hirondelle nous apprend que les ressortissants de Markounda (Ouham) lancent un SOS sous forme d'appel à don de solidarité.
    - Politique : Malgré le rappel à l'ordre que le Ministre de l'intérieur, Michel SALLE, a adressé aux partis politiques, le feu couve toujours sous la marmite. Ainsi, dans Le Démocrate le MLPC (légal) adresse un réponse au communiqué du Ministre sous forme de grand déballage via une sortie de son Premier Vice-Président Luc Apollinaire Dondon KONAMABAYE. Tandis qu'au MLPC les coups bas pleuvent, les dissidents du FPP persistent à vouloir engager un bras de fer avec la nouvelle direction de leur parti en organisant un congrès le 14 juillet prochain selon Le Confident. Ainsi, l'Hirondelle se demande si le Ministre SALLE prêche dans le désert. 

A lire aussi :
11/07 :RCA: COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° 02/APRD
Jeune Afrique L'Intelligent :
Une sale petite guerre

... VERS OU ALLONS-NOUS ?

La revue, du 11 juillet 2006

CRISES : EN ATTENDANT LA FIN ...

La revue, du 10 juillet 2006

NOMINATIONS SUR FOND DE CRISES

La revue, du 7 juillet 2006

BOZIZE SUR TOUS LES FRONTS

La revue, du 6 juillet 2006

ARMÉE : HOMMAGES ET LIMOGEAGES

La revue, du 5 juillet 2006

Pharmacien Colonel
Charles MASSI

Ce n’est pas la Démocratie qui est source de désordre et d’entraves au Progrès Social,
mais la mauvaise gouvernance et la discrimination
dans le partage des richesses et l’utilisation des ressources humaines.
Charles MASSI- 1998


AFRIQUE ÉCONOMIE
TAC - INTERVIEW
DE CHARLES MASSI

TAC RFI MASSI

RFI - 11 JUILLET 2006

VERS LA MODERNISATION DE LA VIE POLITIQUE

Politique, 19 juin - 24 juin 2006

LA PRESSE DU 12 JUILLET 2006
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11/07 :RCA: COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° 02/APRD :

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
_________________________________________________
ARMEE POUR LA RESTAURATION

DE LA REPUBLIQUE ET LA DEMOCRATIE



COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° 02/APRD :
DEFAITE DES FORCES GOUVERNEMENTALES A BETOGO

Les forces gouvernementales centrafricaines fortement appuyées par l’armée tchadienne ont attaqué pendant trois jours les combattants de l’APRD, le 30 juin, le 2 et 3 juillet 2006, dans la région de PAOUA. Ces forces coalisées ont été repoussées à chaque fois. Après avoir essuyé des échecs cuisants elles se sont repliées et se retrouvent actuellement à BETOGO.

Les forces gouvernementales sont appuyées dans leurs actions par des forces tchadiennes de la CEMAC et des unités tchadiennes venant de la préfecture de GORE du Tchad.

Le bilan des combats au troisième jour est le suivant : 47 morts dont 26 militaires tchadiens, 20 militaires centrafricains et 1 militaire gabonais, 2 véhicules de transport détruits.

Un chef militaire tchadien de la préfecture de GORE, le Colonel MAHAMAT DAOUD, a trouvé la mort au cours des combats sur l’axe BETOGO-PAOUA, le 03 juillet 2006.


LE DELEGUE A LA COMMUNICATION


DJIM-WOI LAURENT

Adresse émail : ngoutide@yahoo.com

Source: Alwihda

 

CENTRAFRIQUE Une sale petite guerre

Rétablir l'ordre et construire la paix en République centrafricaine s'apparente à un travail de Sisyphe. En procédant, le 5 juillet, au limogeage pour « indiscipline » et « manque de courage » de sept officiers supérieurs dont le patron de l'armée et celui de la gendarmerie, tous deux généraux, trois colonels de l'état-major et le chef du renseignement militaire le président François Bozizé ne pouvait mieux souligner la gravité de la situation qui prévaut aux frontières avec le Tchad (au Nord) et le Soudan (à l'Est).

Depuis le début de l'année, une sale petite guerre oubliée des médias a pour théâtre cette immense zone de savane parsemée de parcs nationaux à l'abandon. D'un côté, les Forces armées centrafricaines (Faca), appuyées par des éléments du contingent de la Cemac et, un moment, par des hélicoptères français. De l'autre, les rebelles tchadiens du Front uni pour le changement (FUC), soutenus par le Soudan, qui ont fait de cette partie de la Centrafrique une base arrière et un itinéraire de passage vers N'Djamena. Une petite guerre de pauvres, dont les civils font les frais et où chaque camp compte ses supplétifs: éléments tchadiens pro Déby Itno, côté gouvernemental; groupes de dissidents centrafricains proches d'Abdoulaye Miskine, ancien warlord d'Ange Félix Patassé, côté FUC. Mal encadrées, mal armées et mal payées, les Faca ont subi plusieurs revers au cours des dernières semaines et ont été incapables de défendre des localités pillées par les rebelles tchadiens. Des cas de reddition sans combat, d'insubordination voire de désertion ont été signalés. D'où le coup de sang du général président Bozizé.

Pour nombre d'observateurs à Bangui, cette déstabilisation collatérale de la Centrafrique est une conséquence directe du conflit du Darfour. Les rebelles du FUC étant instrumentalisés par Khartoum, il n'est pas exclu en effet que les autorités soudanaises cherchent à faire sauter le maillon faible centrafricain afin d'ouvrir un front anti Déby Itno au Sud et de prendre en tenaille le Tchad « utile » et pétrolier.

Le régime Bozizé est-il pour autant directement menacé? Ce n'est pas sûr. Les accrochages demeurent très localisés, à quelque 800 km au nord de la capitale. Et l'actuel président, contrairement à son prédécesseur, bénéficie du soutien appuyé de ses pairs d'Afrique centrale très inquiets des velléités soudanaises et de la France. Surtout, le seul parti d'opposition qui aurait pu profiter, en termes d'alternative politique immédiate, de l'insécurité, traverse une profonde crise.

Depuis la fin juin, en effet, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) s'est defacto scindé en deux : le MLPC « originel » de l'ancien président Patassé, en exil au Togo; et le MLPC « rénové » de Martin Ziguélé, ex-Premier ministre du précédent et ancien candidat à la présidentielle contre Bozizé. Les factions rivales ne cessent d'échanger invectives, anathèmes et exclusions.

Ziguélé, qui reconnaît avoir « commis un parricide pour que le parti survive », se rendra à Bangui début août (depuis Paris, où il vit). Il prône le « dialogue démocratique » avec le pouvoir et refuse « toute tentative de prise du pouvoir par les armes ». Patassé, lui, est à la fois plus radical et plus ambigu. Dans un message daté du 17 juin, il annonce pour bientôt son « retour triomphal pour rebâtir ensemble la Centrafrique » et s'abstient de prendre ses distances avec les rebelles de son ex-lieutenant Abdoulaye Miskine. Même si la réapparition dans son pays de l'ancien chef de l'Etat que l'on dit financièrement exsangue semble pour l'instant très hypothétique, tout démontre qu'il n'a pas renoncé...

François Soudan

© JEUNE AFRIQUE N° 2374 – DU 9 AU 15 JUILLET 2006