INSÉCURITÉ : BOZIZÉ-SALLÉ, OBLIGÉS ...
La revue, du 13 Octobre 2006
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14 Octobre, 2006 - Heure de publication 15:01 GMT

RCA : le ministre de la sécurité appelle à la vigilance

Dans une déclaration a la radio nationale, Michel Sallé a appelé les habitants de Bangui à redoubler de vigilance face aux menace d’infiltration d’hommes armés dans la capitale.

La déclaration du ministre Michel Sallé reste imprécise quant a l’identité des présumés mercenaires qui ont infiltré la capitale centrafricaine et ne donne aucun détail sur les commanditaires de leurs actes.

Toutefois, le ministre centrafricain de la sécurité publique demande à la population de la capitale de redoubler de vigilance et de dénoncer toutes personnes suspectes aux forces de l’ordre.

A en croire les rumeurs rapportées par Michel Sallé, ces hommes qui auraient infiltré la capitale attendraient le signal de leurs commanditaires afin de déstabiliser le régime au pouvoir.

Insécurité

Ces infiltrés ont «reçu l’ordre de donner du fil à retordre au gouvernement sur un plan sécuritaire, en menant des actions de terreur et des crimes le moment venu», a déclaré Michel Sallé.

Le message du ministre de la sécurité publique vient appuyer les rumeurs selon lesquelles des éléments des groupes rebelles qui opèrent dans le Nord de la Centrafrique seraient déjà à Bangui pour préparer la chute de la capitale à temps opportun.

La déclaration du Ministre Sallé confirme, une fois de plus, l’insécurité à laquelle la Centrafrique est en proie depuis des mois et traduit aussi la défaillance du système sécuritaire autour de la capitale et des grandes villes du pays.

Les violences de Kaga-Bandoro replongent la Centrafrique dans l'insécurité

BANGUI (AFP) -  samedi 14 octobre 2006 - 12h02  - Qu'ils soient rebelles ou simples bandits, comme l'affirment les autorités, des hommes armés ont récemment pris pour cible la ville de Kaga-Bandoro, dans le nord de la Centrafrique qui sombre à nouveau dans l'insécurité après une phase d'accalmie relative.

Tout a démarré avec un incident mal élucidé. Le 19 août, des éléments des Forces armées centrafricaines (Faca) tuaient par balles trois civils lors d'une "dispute" avec "un groupe de jeunes" à Kaga-Bandoro, à environ 400 km au nord de Bangui. La "dispute", dont le motif et les circonstances n'ont pas été éclaircies, a servi selon les observateurs de détonateur. 

Fin août, des attaques d'hommes armés ont commencé à viser des positions des Faca dans la région. Des violences attribuées aux "coupeurs de route" se sont multipliées pendant le mois de septembre.

Puis, "des rumeurs d'attaque de la ville ont entraîné, fin septembre, l'envoi de renforts", explique-t-on de source proche de la présidence.

C'est à ce moment-là que les accrochages se sont intensifiés. Tombée dans une embuscade, une unité des Faca venue en renfort a ainsi perdu deux hommes le 3 octobre à Ouandago, à quelque 50 km au nord-ouest de Kaga-Bandoro.

Selon des témoignages de militaires recueillis par l'AFP, la riposte de l'armée a fait "de nombreux morts et blessés" parmi les assaillants. 

Le lendemain de cette embuscade, un véhicule qui acheminait des vivres à Kaga-Bandoro a été contraint de faire demi-tour par la gendarmerie, au motif qu'il constituait une cible trop voyante, a rapporté à l'AFP un responsable du Programme alimentaire mondial (Pam), évoquant la "tension" gagnant les habitants de cette région, qui tentent de s'en "éloigner".

La population "continue de fuir" et "plusieurs fonctionnaires ont mis leur famille à l'abri à Bangui", confirme-t-on de source religieuse, tandis qu'à la direction générale de la gendarmerie, on déplore que des hommes affectés à Kaga-Bandoro "se trouvent en ce moment dans la capitale" malgré les injonctions à regagner leur poste.

"Kaga-Bandoro est en train de se vider de ses habitants", résume Rigobert Vondo, dirigeant d'une formation de la majorité présidentielle, le Parti de l'unité du peuple (PUP).

Officiellement, les assaillants sont de simples bandits ou des "coupeurs de route". Mais la presse suggère plutôt qu'ils appartiennent à l'Armée pour la restauration de la République et la démocratie (APRD), un groupuscule rebelle apparu en 2005. Une hypothèse étayée par plusieurs éléments.

Selon des militaires qui ont participé aux accrochages, des assaillants capturés par l'armée ont "avoué" qu'ils entendaient, "en cas de succès (...), progresser vers Bangui pour prendre le pouvoir".

Quant à la classe politique banguissoise, elle voit comme une évidence dans ces violences l'implication de la rébellion, qu'elle affirme téléguidée par l'ancien président Ange-Félix Patassé, réfugié au Togo après son renversement en 2003 par l'actuel chef de l'Etat François Bozizé.

Le ministre de l'Intérieur Michel Sallé a lancé samedi un appel à la "vigilance" aux habitants de Bangui face aux "rumeurs très alarmantes" sur l'arrivée d'hommes armés qui "ont reçu l'ordre de donner du fil à retordre
au gouvernement sur un plan sécuritaire".

Bangui a dépêché à Kaga-Bandoro un détachement de la sécurité présidentielle conduit par le lieutenant Eugène Ngaïkosset.

Cet officier avait été envoyé à Paoua, à 500 km au nord de Bangui, après une attaque fin janvier. Quelques semaines plus tard, le pouvoir reconnaissait l'existence d'une rébellion dans le nord de la Centrafrique.