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DISCOURS
DU MINISTRE D'ETAT AU DEVELOPPEMENT RURAL
JOURNEE
MONDIALE DE L'ALIMENTATION
BRIA
- 16 octobre 2006
Excellence, Monsieur le Président de la
République, Chef de l'Etat,
Très Honorable Président de l'Assemblée
Nationale,
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Monsieur le Médiateur de la République,
Chers Collègues, Membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et
Représentants des Organismes Internationaux,
Monsieur le Représentant de l'Organisation des
Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (F.A.O.),
Honorables Députés de la Haute-Kotto,
Messieurs les Préfet et Sous-Préfet de
la Haute-Kotto et ceux venus en voisins,
Monsieur le Président de la Délégation
Spéciale de la ville de Bria,
Mesdames et Messieurs les Membres du Comité
d'Organisation de cette 26ème Edition de la Journée
Mondiale de l'Alimentation,
Distingués Invités, Mesdames et
Messieurs, Vaillante Population de la Haute-Kotto.
Il est de tradition, qu'à l'occasion de la
Journée Mondiale de l'Alimentation, du fait de sa dimension
mondiale, le Ministre en charge de l'Agriculture et de l'Elevage
fasse un discours fleuve, comme celui que je m'apprête à
prononcer ce matin.
Je m'efforcerais seulement à ne pas dépasser
de trop la durée d'une heure trente qu'impose cette tradition.
Je
voudrais, au nom de Votre Excellence, de celui du Gouvernement et du
digne fils de cultivateur que je prétends représenter,
adresser mes chaleureuses salutations et vifs remerciements à
la vaillante population de la Haute-Kotto et de Bria, en particulier,
pour l'importante mobilisation de ce jour, malgré la douleur
de la mort qui leur a arraché deux de leurs dignes fils, les
Honorables Lamine OUABANGUE,
Député de Bria 2 et de mon ami Joseph
KATEKONDJI, de Bria 1, dont la
compétence, le sérieux et le talent qu'il mettait à
exercer ses responsabilités politique et professionnelle
d'architecte, lui prédisaient une longue et brillante
carrière.
Que Dieu qui les a rappelés auprès de lui
protège leur repos.
Le
thème de cette 26ème Edition de la Journée
Mondiale de l'Alimentation s'intitule : « INVESTIR
DANS L'AGRICULTURE POUR LA SECURITE ALIMENTAIRE ».
L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et
l'Agriculture, la F.A.O., rappelle ainsi aux Gouvernements, aux
partenaires au Développement et aux investisseurs privés,
l'urgente nécessité de la mobilisation des ressources
tant financières qu'humaines en faveur de l'Agriculture et de
l'Elevage, en vue d'accroître la production alimentaire en
quantité et en qualité, assurer la suffisance
alimentaire et le recul de la pauvreté dans le monde rural, en
améliorant sensiblement les revenus des producteurs.
Il s'agit, pour les Etats, de se conformer à la
Déclaration de Maputo de 2003, par laquelle les Chefs d'Etats
et de Gouvernements, y compris la République Centrafricaine,
s'étaient engagés à affecter, pendant cinq ans,
au moins 10% de leur budget d'investissements nationaux à
l'Agriculture.
Dans l'adresse de Votre Excellence au Gouvernement
constitué le 02 septembre 2006, vous avez placez l'Agriculture
et l'Elevage comme principaux appuis à l'essor économique
de notre pays.
D'une
part, l'Agriculture et l'Elevage fournissent l'alimentation, sans
laquelle il est impossible à l'homme de vaquer normalement à
ses occupations quotidiennes, car « ventre
affamé n'a point d'oreilles ».
Si,
par exemple, la question était posée à cette
digne Assemblée, pour savoir laquelle de toutes leurs
préoccupations de l'heure leur paraît la plus importe,
une majorité ouvrirait la main pour frapper le ventre. Nzara,
Nzara, Nzara.... Faim, Faim, Faim....
Les candidats aux dernières élections ont
été confrontés à cet appel du ventre. Les
mieux lotis ont distribué quelques billets, les moins nantis
ont fait des promesses. Deux denrées électorales
rapidement périssables.
C'est pourquoi, il faut sortir de la générosité
qui ne nourrit que l'instant d'une journée.
Nous autres, qui habitons la ville, ne pratiquant pas
l'agriculture, quand il nous arrive de partager un repas avec notre
famille ou avec des amis, l'effort que nous avons à faire est
de tendre la main, pour prendre la boule de manioc, la tremper dans
la sauce et la porter à la bouche.
S'il nous arrive de suer abondamment, c'est avant tout,
de plaisir.
Tel n'est pas le cas de ceux qui ont fait de
l'Agriculture et de l'Elevage leur principale activité .
L'effort qui conduit à produire une cuvette de
manioc, vendue sur le marché est considérable, au
regard du maigre revenu qu'en tirent ceux qui cultivent la terre.
Même les Maires, qui envoient leurs percepteurs en
chasseurs de primes, collecter avec brutalité, les taxes,
entre les mains de nos pauvres mamans, ignorent tout du sacrifice
qu'elles consentent pour amener leurs produits sur ces marchés
souvent insalubres.
Avant d'être Sous-Préfet, Préfet,
Ministre et même Chef d'Etat, nous sommes, avant tout, filles
et fils de cultivateurs, tel qu'il est porté sur notre extrait
de naissance, à la profession de notre Père.
Nous n'ignorons en rien la dureté du travail du
champ, le séjour quotidien en brousse, conduire le troupeau
dans les pâturages à la recherche de bonnes herbes.
A cette époque, la terre était généreuse
avec nos parents, qui la travaillaient avec joie et entrain.
L'abondance des récoltes de l'année qui se mesurait aux
habits neufs qui fleurissaient dans les villages, la machine à
coudre et la maison en tôles ondulées, signe suprêmes
de la réussite d'une vie.
Les Fêtes de Noël, la fin du Ramadam,
donnaient lieu à l'étalage de ces richesses : vêtements
neufs ornant les Eglises et les Mosquées, nourritures
abondantes, pour lesquelles on forçait les voisins à
venir les partager.
Tout cela apparaît aujourd'hui comme un lointain
souvenir.
La terre est devenue hostile aux agriculteurs et la
cultiver, un combat singulier. Les revenus agricoles se sont
amenuisés et l'agriculture est revenue, progressivement, à
l'état d'auto-subsistance.
Le coton
qui faisait vivre près de 800.000 personnes, est en chute
libre. De 50.000 tonnes de coton graines à la fin de l'année
1997, la production est tombée à 10.000 tonnes en 2002,
avant de disparaître des statistiques.
Avec
1.500 tonnes de café exportées
en 2005, malgré
la tenue du cours mondial, nous sommes loin des 20.000 tonnes, il y
a une dizaine d'années, mettant en péril l'existence de
l'Organisme chargé de la Réglementation et de la
Commercialisation : O.R.C.C.P.A.
On invoque les crises politico militaires pour justifier
ce tassement, occultant la part importante de la mauvaise gestion.
Depuis 2004, l'espoir renaît. L'effort opiniâtre
du Gouvernement commence à porter ses fruits : de 4.000 tonnes
de coton graines pendant la Campagne 2005/2006, l'ambition affichée
est d'atteindre 8.000 tonnes pour 2006/2007.
La fin de la restructuration de la filière en
cours d'achèvement et l'arrivée de partenaires
stratégiques devraient ouvrir de meilleures perspectives pour
le coton.
Je saisis l'occasion pour rendre hommage aux artisans de
ce début de miracle, à commencer par Votre Excellence
qui a décidé le déblocage de 1,350 milliards F.
CFA pour rendre possible la campagne 2005/2006, et mon prédécesseur,
le Lieutenant Colonel Parfait MBAY et toute l'équipe qu'il a
su choisir pour s'entourer.
Excellence, Monsieur le Président de la
République, Chef de l'Etat,
Pour
la relance du secteur agro pastoral, le Gouvernement dispose d'un
Plan d'Action constituant une base solide. La volonté et le
courage que mettent les agriculteurs à faire leur travail ne
suffisent plus. Il faut des moyens appropriés et des
investissements consistants. En clair, de l'argent.
La question qu'on doit se poser est de savoir si
l'argent constituerait l'unique solution à la relance du
secteur agro pastoral, face à une Administration plus
politique que technique, à l'efficacité fragilisée
par des querelles de chapelle.
La vérité est que, beaucoup plus que
l'argent, nous devons faire évoluer la mentalité de
nos Cadres, leur relation avec l'argent et la politique, pour
envisager, avec succès, le redressement de l'Agriculture et de
l'Elevage. Je sais de quoi je parle.
Pendant la brève période d'intérim
de 10 mois que j'ai effectuée comme Ministre de l'Agriculture
et de l'Elevage, j'ai touché du doigt les difficultés
du démarrage de ce pilier de l'essor économique
centrafricain.
Dans
les années 90, ayant décidé que
l'Administration Centrale manquait d'efficacité pour conduire,
avec succès, la politique du développement agricole,
nos partenaires au Développement : Banque Mondiale, Fonds
International pour le Développement de l'Agriculture
(F.I.D.A.) appuyé
par la Caisse Française de Développement (C.F.D.),
devenue A.F.D., avaient financé des Etudes qui ont abouti à
de vastes réformes.
A l'Administration Centrale a été confiée
la charge de mener des Etudes, de planifier, d'évaluer et
d'assurer le Suivi de la politique agricole. Aux Agences de
Développement, leur mise en oeuvre.
Ainsi
sont nées l'Agence Nationale pour le Développement de
l'Elevage (A.N.D.E.),
l'Agence Centrafricaine de Développement Agricole (A.C.D.A.),
l'Institut Centrafricain de Recherches Agronomiques (I.C.R.A.)
pour la Recherche.
Les
éleveurs, eux-aussi, se sont constitués en Fédération
Nationale des Eleveurs Centrafricains (F.N.E.C.)
pour défendre leurs droits et se fournir en médicaments
vétérinaires, pour le soin de leurs animaux.
Des
Projets dotés d'importants financements ont vu le jour : le
Projet pour le Développement des Savanes Vivrières
(P.D.S.V.), le Projet
du Développement Rural de la Ville de Bouca (P.D.R.V.),
le Projet pour le Développement Péri Urbain de Bangui
(P.D.U.B.), le Projet
d'Appui à la Production Agricole et à l'Auto Promotion
Villageoise (P.A.P.A.A.V.).
Les Directeurs Généraux appelés à
diriger ces agences, étaient choisis après un Appel à
Candidature, sur des critères préalablement acceptés
par la Banque Mondiale qui, en dernier ressort, approuvait le choix
du Directeur Général.
Le Chef de l'Etat ne devait se contenter que de signer
le Décret entérinant ce choix, à un endroit
marqué d'une croix rouge. Rien ne devait être déplacé,
pas même une virgule, sinon, le financement était
bloqué.
Il était recommandé au Ministre de
l'Agriculture et de l'Elevage, de se concentrer sur l'Administration
Centrale et de présenter en Conseil des Ministres les Notes
que les Directeurs Généraux lui faisaient parvenir.
Que de graves manquements dans la gestion des Agences
étaient signalés et que le Ministre convoquait le
Directeur Général pour une clarification, celui-ci
entrait dans son Bureau vêtu d'une tenue vert flamboyant, ornée
d'une grande effigie de Patassé.
La
dépense litigieuse pointée, le D.G. sautait au plafond
: « Excellence, c'est normal, vous
ferez mieux de lire les dispositions du chapitre 10, articles 20 et
21 de la Convention de Financement relative aux dépenses
éligibles ....D'ailleurs, hier, j'ai déjà
adressé une Note au Chef de l'Etat sur la question, et je
viens d'en discuter avec le Directeur de Cabinet du Chef de
l'Etat.....Non, non, non, ne vous mêlez pas de ça.... la
Banque Mondiale va bloquer le crédit!... C'est ce que je viens
de répéter. »
Avant
même que le Ministre n'ait pu réagir, le Chef de Cabinet
entrait en coup de vent, l'air effaré : « Excellence,
c'est le Directeur de Cabinet du Chef de l'Etat..... ». Le
Directeur de Cabinet répétait ce qu'il venait d'être
dit en insistant qu'il s'agissait d'une Instruction
Présidentielle.
Les D.G., avant de venir voir le Ministre, passaient à
la Présidence se doter d'un parapluie atomique.
L'air satisfait et goguenard, le D.G. allait rejoindre
ses camarades, et tous allaient fêter joyeusement au Bar
Marabéna, la déconfiture de leur Ministre.
Que pouvait faire un pauvre Ministre de l'Agriculture et
de l'Elevage, en cette période d'inquisition?
Le régime du M.L.P.C. vivant dans la paranoïa
de la volonté de blocage du pouvoir de Patassé par une
puissance connue, le mot « blocage » était
considéré comme une atteinte à la sûreté
intérieure de l'Etat.
Investi du rôle de tueur à gages, le Député
de Ngaoundaye exécutait toutes personnes, surtout certains
Ministres, soupçonnées par avance de sympathie avec
cette puissance, pour bloquer le régime.
Le Ministre MASSI, investi dans le rôle de
traître, pour se mettre à l'abri d'une balle perdue, a
fait le mort. La gabegie s'est poursuivie : coopératives
fictives abondamment financées et confiées à des
parents, marchés de travaux d'infrastructures attribués
en violation de toutes les règles, gros avenants signés
avant la réalisation de 30% des travaux dont le montant
conduit au dépassement des enveloppes initiales,
renouvellement de parc automobile avant le délai normal
d'usure et achat de grosses cylindrées, nombreuses, longues et
coûteuses missions sans réel rapport avec le Projet,
gestion opaque des fonds.
Tout cela a conduit à la mort lente des Projets.
En 1998, les bailleurs de fonds ont mit fin au massacre
en suspendant leurs financements.
Les acquis de tous ces Projets n'ont pu être
pérennisés. Certains Marchés construits à
la hâte ont vu leur toit décapité par le premier
grand vent, les Maternités et les Pharmacies Villageoises sont
progressivement revenues à la natures, dévorées
par les herbes sauvages.
Les Agences de Développement vivotent, la
F.N.E.C., jadis florissante est menacée en permanence de
saisie de son patrimoine immobilier du fait de son insolvabilité,
et l'Etat Centrafricain se trouvant lourdement endetté.
Depuis
2003, je reste parfois bouche bée quand j'observe la
résurrection de toutes ces vedettes de la faillite de notre
secteur agro pastoral, paradant dans leurs flamboyantes tenues K.N.K.
Ces
Messieurs et Dames se sont tous reconvertis en respectables membres
d'une « Société Anonyme de
Souffleurs ne proposant rien de bon aux oreilles du Chef de l'Etat »,
en abrégé «SASSARIEN ».
Rien à voir avec la résidence privée du Chef de
l'Etat.
Excellence, Monsieur le Président de la
République, Chef de l'Etat,
L'heure étant à la relance, il faut donc
rechercher les voies et moyens pour promouvoir le développement
de l'Agriculture et l'Elevage, dans une dimension globale, incluant
les Pistes et l'Electricté rurales, l'Eau, la Santé,
l'Education et les Télécommunications.
Aussi,
voudrais-je formuler un grand voeu en trois points, à défaut
d'en faire une « Recommandation forte, même
très forte »
:
-
1. Le premier point a trait à
la mobilisation de nos capacités et de nos ressources
intérieures en faveur de l'Agriculture et la Sécurité
Alimentaire.
Depuis la Déclaration de Maputo de 2003,
l'engagement du Gouvernement Centrafricain à consacrer 10% de
son budget d'investissements au développement de l'Agriculture
et de l'Elevage est resté à l'état d'intention.
L'investissement n'ayant guère dépassé la barre
symbolique de 5%.
Pourquoi ne pas copier ce qui a déjà
fait ses preuves dans le passé. Instituons un Plan Marshall à
l'échelle nationale?
D'accord,
d'aucuns me diront en souriant : « Un
Plan Marshall Centrafricain ? Avec quoi le père Massi va-t-il
financer son Plan Marshall, alors qu'il a fallu aux Américains
des centaines de milliards de dollars et de la technologie pour
reconstruire les infrastructures industrielles des pays d'Europe de
l'Ouest, dévastées pendant de la Seconde Guerre
Mondiale »?
S'ils ne veulent pas que ce Plan s'appelle « Plan
Marshall Centrafricain », je suis prêt à
accepter une autre dénomination.
D'ores et déjà, j'affirme que ce Plan a
toutes les chances d'assurer le succès de la Politique
d'Aménagement et le Développement Rural, qui prendrait
en compte nos propres forces et nos ressources naturelles.
La Haute Kotto fait partie d'une de nos régions
extrêmement riches. Son sous-sol regorge de diamant et d'or,
dont l'exploitation rapporte des dizaines de milliards de francs CFA,
mais ses habitants continuent de vivre dans une immense pauvreté
et l'agriculture laissée à l'état de cultures
d'auto-subsistance, alors que ces milliards érigent des
immeubles à étages et construisent des autoroutes dans
des pays lointains.
C'est dans ce gisement de milliards qu'il faut aller
puiser l'argent pour constituer une banque de micro-crédits
devant financer ce Plan Marshall Centrafricain.
Au titre de la clause des avantages dûs aux
populations des régions les plus favorisées, le
prélèvement d'une part suffisante des ressources
provenant de l'exploitation du diamant, de l'or et de la forêt,
devrait permettre la constitution d'une Banque de Micro-Crédits
pour financer la Politique d'Aménagement et de Développement
Rural.
Le Gouvernement, en rapport avec le Conseil Régional
de Développement, embryon des futures Autorités Locales
élues au suffrage universel, établirait le Schéma
Directeur d'Aménagement et de Développement Rural,
financé par la Banque de Micro-Crédits.
On pourrait, désormais, engager le Développement
Economique des régions régions les moins favorisées,
comme le Haut Mbomou et la Vakaga dont les habitants se considèrent
comme les éternels oubliés de la République.
C'est pourquoi, je lance un appel au patriotisme des
enfants de la Haute Kotto comme de tous ceux des régions de
notre pays où sont exploités le diamant, l'or et la
forêt.
Nous savons que 95% des 500.000 carats de diamants
exportés officiellement par notre pays sont produits par les
Centrafricains. Au lieu de présenter ces pierres précieuses
aux autorités locales et aux services du Ministère des
Mines et les vendre légalement pour le bien du Trésor
Public, nos dignes fils alimentent les sorties frauduleuses de
diamant et d'or en les cédant à des individus qui, le
jour, sont des commerçants de friperie, de café, sucre
et piles de torches, mais, la nuit venue, sont des grands collecteurs
de diamant et d'or, sans en remplir les conditions.
S'il fallait punir ces fils du pays, il faut en faire
une grande publicité au plan national.
Il en est de même du secteur forestier où,
en échange de quelques bricoles, des milliards de grumes
quittent officiellement notre pays, au vu et au su de toutes nos
autorités et au grand dam du Trésor Public
Centrafricain.
Dans ces conditions, de quelle crédibilité
peut disposer le Gouvernement pour dénoncer les
conditionnalités intolérables de nos partenaires au
Développement.
2
. Le deuxième point du voeu
est un encouragement aux Ministres de la Défense Nationale et
de l'Intérieur à poursuivre le renforcement des mesures
visant à assurer la libre circulation des personnes et des
biens, notamment les produits alimentaires, en débarrassant
toutes nos routes de barrières illégales et de
tracasseries, rackets et prélèvements fiscaux opérés
en toute illégalité par certains éléments
de Force de Défense et de Sécurité.
L'Union Européenne a financé pour près
de 1 milliard F. CFA la réhabilitation de la route
Bambari-Ippy-Bria, permettant d'atteindre la ville de Bangui en une
journée.
Or, avec la multitude de barrières légales
ou illégales qu'érigent les Forces de l'Ordre où
les tracasseries et exactions immobilisent les véhicules
pendant des heures, il faut plus d'une journée pour faire
l'axe Bangui-Bria.
Pour protéger leurs recettes, les transporteurs
répercutent les sommes payées aux Forces de l'Ordre
dans leurs tarifs, et les pauvres commerçantes qui se
débrouillent pour ravitailler les différentes régions
du pays, les ajoutent, malgré elles, sur le prix des denrées
alimentaires, rendant le manioc, la viande et les légumes
inaccessibles au pouvoir d'achat de nos compatriotes, si ce ne sont
des marchandises avariées qui sont mises à la vente.
L'attention du Gouvernement doit être aussi
attirée sur la situation des zones d'élevage. Une plus
grande sécurisation de ce secteur redonnerait confiance aux
éleveurs qui ont franchi les frontières et les
encouragerait à revenir dans leur pays.
3.
Le troisième et dernier point
de mon voeu appelle le bannissement de l'ingérence de la
Politique et le Régionalisme dans l'encadrement des activités
agro pastorales, surtout celle de l'entourage des Chefs d'Etat, à
l'insu des intéressés.
Je viens d'expliquer comment, au tout début des
années 90, l'intrusion massive de la Politique dans la mise en
oeuvre du Développement de l'Agriculture et de l'Elevage a tué
ce secteur, par le jeu de l'impunité dont pouvaient bénéficier
les prédateurs.
L'échec
cinglant du Développement Rural, comme dans d'autres secteurs,
sous les deux précédents régimes, ceux de
KOLINGBA et de
PATASSE, devrait nous
inciter à tirer toutes les leçons pour la relance du
Monde Rural.
C'est
pourquoi, si nous voulons un secteur agro pastoral moderne, base de
l'essor économique de notre pays, j'en appelle à la
vigilance de Votre Excellence, pour faire échec à nos
parents et nos frères qui, au motif qu'ils portent le même
nom que nous, ne
viennent, à leur tour, faire dérailler le train de la
Concorde Nationale qui porte tous les espoirs de Paix et de
Prospérité du Peuple Centrafricain, en le faisant
plonger dans l'abîme de l'éternel recommencement, en
vous assiégeant quotidiennement de fiches mensongères
pour exister.
J'ai
parlé, Excellence. Merci pour la longue patience.
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