FORUM DÉMOCRATIQUE POUR LA MODERNITÉ
            
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DÉCLARATION DU BUREAU POLITIQUE DU FODEM
Relative à la situation sécuritaire à Birao

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE

Joachim GOYANGO - 1er Vice-Président du FODEM

Joachim GOYANGO

1er Vice-Président

Le 30 octobre 2006, un Communiqué de Presse émanant de la Présidence de la République Centrafricaine a porté à la connaissance de l'opinion publique nationale et internationale l'attaque et  la prise de contrôle de la ville de Birao, par des assaillants non identifiés, en provenance du Darfour au Soudan.

Cet acte de guerre, qui a coûté la vie à des militaires et des civils centrafricains, a été revendiqué par un groupe se réclamant d'une rébellion armée, que les autorités politiques centrafricaines dénoncent comme le bras armé du Soudan.

Après avoir débattu de ce grave événement et de ses conséquences, nonobstant la probable évolution de la situation qui prévaut sur le terrain, le Bureau Politique du FODEM, fortement attaché à l'Ordre Constitutionnel normal rétabli le 11 juin 2005, condamne cette atteinte à l'intégrité du territoire national et au processus démocratique.

Sans préjuger des motifs qui sous-tendent l'accusation désignant le Soudan comme agresseur, les nombreux appels lancés au Gouvernement en vue d'un Dialogue Politique avec la rébellion armée, la mise en oeuvre de la Résolution 1706 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et la demande d'appui militaire de la France au regard des Accords de Défense entre les deux pays, le Bureau Politique du FODEM, invite nos compatriotes à un minimum de retenue et de discernement dans les prises de position et les choix politiques à même de garantir la paix et la stabilité de notre pays.

En dépit de la gravité de l'acte que constitue la soustraction d'une portion de territoire à la souveraineté nationale, le FODEM note que cette situation était fort prévisible. Elle pose, de ce fait, le problème de la capacité à conduire une véritable politique devant sécuriser notre pays.

 Dans un Communiqué de Presse, en date du 27 mai 2006, faisant suite aux évènements de Tiringoulou, le Bureau Politique du FODEM, signataire de l'Accord Politique du 21 avril 2005, du  soutien à la candidature du Général BOZIZE pour le second tour de l'élection présidentielle, dont l'un des principaux points était la restauration de la sécurité, avait appelé à une concertation étroite entre le Pouvoir et les acteurs politiques de la Majorité Présidentielle pour mettre fin au cloisonnement des débats politiques, peu profitable à la restauration de la sécurité.

La chute de la ville de Birao, consacre la faillite de la stratégie qui faisait de la gestion de la sécurité l'affaire d'une poignée d'initiés, travaillant en vase clos.

Fort de tout ce qui précède, et pour prévenir tout pourrissement de la situation, le Bureau Politique du FODEM :

-        En appelle à la sagesse des Autorités Politiques Centrafricaines, pour une ouverture véritable à destination du Soudan, et encourage le Général d'Armée François BOZIZE, Président de la République, Chef de l'Etat, à profiter de sa position pour engager, dans l'intérêt de notre pays, un Dialogue franc et direct avec le Gouvernement Soudanais, en vue de créer les meilleures conditions de la tenue d'un Sommet Tripartite entre le Tchad, le Soudan et la République Centrafricaine, sous les auspices de la CEMAC et de la CEN-SAD, pour des solutions durables dans la crise au Darfour et la paix aux frontières des trois Etats.

-        Attire l'attention des plus Hautes Autorités Politiques Centrafricaines sur le danger que constituerait un Dialogue Politique direct, imposé par les armes, entre le Pouvoir et le Groupe qui se réclame de la rébellion. Un tel précédent créerait une jurisprudence susceptible d'être reproduite à l'infini, comme moyen légitime de règlement de tout contentieux politique.

-        Demande l'organisation rapide d'une Table Ronde, impliquant tous les acteurs politiques centrafricains, la société civile et les hommes en armes, en faisant le tri entre ceux qui réclament justice pour service rendu au changement du 15 mars 2003 et les politico-militaires, à la solde de politiciens revanchards.

Cette Table Ronde permettra de jeter les bases d'une gestion véritablement consensuelle et efficace de l'Etat, fondée sur le critère de compétence dans les choix politiques, pour tourner définitivement la page des décisions ancrées dans le sentiment, contre l'intérêt général, la refonte de la chaîne de gestion des Forces de Défense et de Sécurité devant, entre autres, rendre disponible le Ministre de la Défense pour appuyer les hommes sur le terrain et remonter le moral de la troupe.

En conséquence, le Bureau Politique du FODEM, lance un Appel pressant, à la CEMAC, au Doyen, Son Excellence El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, Président de la République Gabonaise, au Guide Suprême, le Colonel Muammar KADHAFI, Président de la CEN-SAD et à la France, pour une mobilisation en faveur de la tenue du Sommet Tripartite Tchad-Soudan-Centrafrique et appuyer, par des moyens multiformes, la tenue de la Table Ronde Intercentrafricaine.

Le Bureau Politique du FODEM adresse ses sincères condoléances à la famille, aux parents et aux amis de tous ceux qui ont perdu la vie pendant l'attaque de Birao.

Bangui, le 06 novembre 2006