DÉCLARATION DE MONSIEUR CHARLES MASSI

MINISTRE D'ÉTAT AU DÉVELOPPEMENT RURAL DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

A LA 30ème SESSION DU F.I.D.A. du 14 au 15 février 2007

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs du F.I.D.A,

Monsieur le Président du F.I.D.A.,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Etats,

Mesdames et Messieurs.

La Délégation de la République Centrafricaine, se réjouit de se retrouver, parmi vous, à l’occasion de cette 30ème Session du Conseil des Gouverneurs, après avoir été placée souvent dans l’impossibilité d’être présente à ces importantes Assises pour notre pays.

Elle adresse ses sincères remerciements à la Présidence du F.I.D.A. pour l’excellent accueil dont elle a été l'objet depuis son arrivée à Rome.

 Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Monsieur le Président du F.I.D.A.,

 Le 26 décembre 2004, il s’est produit l’une des plus grandes tragédies des dix dernières années, que le monde ait connu. Un séisme d’une ampleur sans précédent a provoqué un raz de marée qui a emporté sur son passage des vies humaines par centaines de milliers, des biens et des équipements sur de vastes régions allant de l’Indonésie, à la Thaïlande, au Sri Lanka, jusqu’aux côtes orientales de l’Afrique.

 Puissamment médiatisée, cette catastrophe naturelle connue sous le nom de « tsunami » a soulevé un grand choc émotionnel de par le monde, suscitant un vaste élan de solidarité, avec l’afflux massif de dons provenant aussi bien des Etats, des Organisations Internationales, que de simples particuliers.

 L’abondance des contributions financières ayant atteint un niveau sans équivalents, les Organisations Non Gouvernementales chargées de les gérer ont, pour la première fois au monde, demandé qu’elles cessent.

 Or, il se trouve qu’il ne se passe pas un seul jour sans que, sur le continent africain, nos populations ne soient victimes de tragédies comparables à celle du tsunami : des guerres civiles ou conflits armés d’une rare violence s’accompagnant de viols, de vols et de pillages de biens, les épidémies et les sécheresses qui sont à l’origine de vastes déplacements de populations avec des victimes humaines par millions.

 Ces tragédies africaines, considérées comme des Tsunamis, parce qu’elles sont toujours faiblement médiatisées ou pas du tout, reçoivent peu d’échos auprès de la Communauté Internationale, quand elles ne sont pas simplement ignorées.

 En 2005, par souci de justice, l’Union Européenne a accepté de reconnaître ces tragédies comme des « tsunamis silencieux » puis a débloqué 160 millions d’euros pour venir en aide aux États qui en étaient victimes.

 Le Soudan pour le compte du Darfour, le Tchad pour les réfugiés , la République Démocratique du Congo et l’Ouganda ont été les principaux bénéficiaires de cette manne providentielle.

 Mais, la République centrafricaine, qui subit quotidiennement les effets collatéraux de l’intensification de la crise du Darfour reconnue comme un tsunami silencieux, a été totalement ignorée, alors que ses habitants méritaient le même traitement.

Vaste pays de 622.000 kms2, la République Centrafricaine, en dépit de ses ressources minières, est restée un pays à vocation essentiellement agricole, dont l’activité occupe près de 2,8 millions personnes sur les 4 millions d’habitants que compte le pays.

La succession de mutineries militaires qui ont commencées en avril 1996, suivi des graves crises militaires du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003 en zones rurales, en provoquant le déplacement des populations ont totalement désorganisé les activités agro-pastorales.

Pour ne rien arranger, le 30 janvier 2006, conséquences de la crise du Darfour, des groupes rebelles se sont installés dans le Nord-Ouest et le Nord-Est du pays, affectant la production du coton, culture qui fait vivre 800.000 personnes et sert de locomotive à la production du manioc, principal aliment de base des populations.

 Après, l’appui décisif des Forces Multinationales de la C.E.M.A.C et Françaises aux Forces Armées Centrafricaines, une paix relative semble s’installer dans le pays. 

 En écho à cette paix qui revient de loin et pour accompagner les efforts du gouvernement, la Banque Mondiale (B.M.), le Fonds Monétaire International (F.M.I.) et la Banque Africaine de Développement (B.A.D.), se sont réengagées en Centrafrique.

Le Gouvernement centrafricain a toujours manifesté sa reconnaissance pour les efforts déjà accomplis par le FIDA en faveur de notre pays, comme le financement du Projet de Développement de l’Elevage et de la Gestion de Parcours (PDE-GP), mais surtout celui des Projets de Développement des Savanes Vivrières (P.D.S.V.) et du Développement de la Région de Bouca (P.D.R.B.), qui a permis d’amortir le choc de la suppression, en 1988, de la culture du coton dans des zones dites marginales qui concentraient près d’un million d’habitants.

Pour consolider le réengagement des autres Institutions Financières Internationales, le Gouvernement centrafricain demande au FIDA d’appuyer à nouveau le retour à la paix, en intervenant dans le financement des activités agro-pastorales pour faciliter la démobilisation et la réinsertion dans l’agriculture des jeunes qui ont choisi la rébellion armée comme exutoire au désoeuvrement.

Notre pays doit encore au FIDA des sommes importantes au titre d’arriérés des projets antérieurs et de contributions au fonctionnement. Cependant, le Gouvernement m'a demandé d'insister auprès des dirigeants du F.I.D.A. pour qu'il aide le Centrafrique à sortir de l’instabilité politique. 

En effet, la relance des activités agro-pastorales, en remettant les jeunes à des activités pacifiques et rémunératrices contribuera à la restauration de la Sécurité et de la Stabilité Politique dans l’ensemble de la sous-région d’Afrique Centrale.

L’effet bénéfique d’un tel réengagement financier en faveur des populations et de la Paix, serait à même de compenser le manque à gagner provisoire des arriérés que notre pays doit encore au F.I.D.A. et qui bloquent la reprise des relations.

 

JE VOUS REMERCIE