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DISCOURS
DU MINISTRE D'ÉTAT AU DÉVELOPPEMENT RURAL CHARLES MASSI - 13 – 17 DÉCEMBRE 2007 |
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Excellence,
Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat, Très
Honorable Président de l'Assemblée Nationale, Monsieur
le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Chers
Collègues, Membres du Gouvernement, Monsieur
le Président du Haut Conseil de la Communication, Monsieur
le Médiateur de la République, Mesdames
et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions Diplomatiques et Représentants
des Organismes Internationaux, Honorables
Députés, Mesdames
et Messieurs les Préfets, Monsieur
le Président de la Délégation Spéciale de la ville de Bangui, Mesdames
et Messieurs les Maires venus des villes de province, Mesdames
et Messieurs les Membres du Comité d’Organisation des Etats Généraux du
Développement Rural, Distingués
Invités, Mesdames
et Messieurs ; Excellence,
Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Votre
engagement envers l’Agriculture et l’Elevage, comme bases de l’essor
économique de la République Centrafricaine, n’a jamais faiblit, et ce,
depuis la Transition consécutive au changement du 15 mars 2003, jusqu’au
retour à l’ordre constitutionnel normal du 11 juin 2005. La
lente et réelle remontée de la production des cultures d’exportation :
coton, café et tabac, atteste de cet engagement. Durant
les deux dernières années, le Ministère du Développement Rural n’a pas
manqué de saisir toutes les occasions pour exposer les difficultés qui
bloquent l’émergence du secteur agro-pastoral. Trois
Conseils des Ministres Extraordinaires, les 08 et 09 janvier 2007 et le 22 février
2007, ont été spécialement consacrés à la recherche de solutions pour
briser ces contraintes et faire de l’agriculture, la base de l’essor économique
de notre pays. Tous
les Gouvernements successifs de la République Centrafricaine, appuyés par
les bailleurs de fonds, se sont massivement investis durant les vingt dernières
années, à la recherche de solutions pour la relance durable du secteur
agricole. Comme
exemple, je citerais les Etudes du secteur agricole financées par la Banque
Mondiale en 1987 qui ont abouti à la sectorielle de juin 1989, assortie
d’importants financements et de nombreux projets. Le
Plan Directeur Agricole, financé en 1997 par la Banque Africaine de Développement
(B.A.D.), qui a fait l’objet, en 2002, d’un important Atelier National
de Validation présidé par le Chef de Gouvernement de l’époque, avec la
participation des principaux bailleurs de fonds de la République
Centrafricaine. Au
final, les résultats sont restés décevants, bien en deçà des attentes
du Peuple et du Gouvernement. Les
raisons de l’échec de ces différents programmes sont fort simples : -
les
financements issus de la sectorielle de juin 1989 et les projets qu’elle a
généré comme le Projet d’Appui à la Production Agricole et à l’Auto
Promotion Villageoise (P.A.P.A.A.V), financé par l’Union Européenne, le
Projet de Développement des Savanes Vivrières (P.D.S.V.), appuyé par le
Fonds International pour le Développement de l’Agriculture (F.I.D.A.), le
Don Japonais K.R.2 pour l’augmentation de la production alimentaire, soit,
se sont brutalement interrompus à l’initiative des bailleurs de fonds,
pour faits de mauvaise gestion, soit, que l’Etat n’ait pas été en
mesure d’en pérenniser financièrement les acquis. -
les
Recommandations, fort pertinentes, de l’Atelier de Validation du Plan
Directeur Agricole de 2002, avec tous les espoirs qu’elles ont suscité,
sont restées cadenassées dans les tiroirs, faute de moyens financiers pour
la mise en œuvre de projets identifiés. Face
à la multitude de nombreux programmes de développement agricole qui
n’ont pas été couronnés de succès, chaque Gouvernement est en butte
aux critiques acerbes de nombreux compatriotes, qu’il s’agisse des
leaders d’opinion, élus de la Nation ou simples citoyens, fustigeant à
souhait, ce qu’ils estiment être l’incapacité, voire l’incompétence
du Gouvernement à proposer des mesures concrètes pour sortir le secteur
agro-pastoral de la crise de production qu’il traverse. Il
fallait donc marquer une halte, aller à l’écoute des principaux acteurs
du secteur agricole, les paysans et les éleveurs, écouter leurs préoccupations,
leur donner l’occasion de les exprimer librement, et non plus recourir aux
rapports longs et trop techniques des Cadres du Ministère du Développement
Rural déployés sur le terrain. Cette
phase participative a dominé l’Ecoute Paysanne et les Assises Régionales
qui ont précédé la Plénière dont l’ouverture est placée sous le Haut
Patronage de Votre Excellence. Il
s’agit de rassembler tous les spécialistes des différentes disciplines
du secteur agro-pastoral, tous les acteurs du terrain, pour, qu’à tous
les niveaux, chacun pose son diagnostic des difficultés du secteur et
propose les moyens réalistes pour le sortir de ce que d’aucuns qualifient
« d’état comateux » et en assurer une relance durable. Excellence,
Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, En
effet, à l’heure où la mondialisation progresse impitoyablement, les
pays de grandes productions agricoles d’Europe, d’Amérique, unissent
leurs politiques pour mieux appuyer leur production, avec des subventions à
leurs agriculteurs, il paraîtrait suicidaire, pour notre pays, de tenir
notre agriculture à l’écart des grandes évolutions mondiales. Notre
pays, faute d’une politique agricole commune au niveau africain ou sous-régionale,
se doit de travailler à surmonter les nombreux obstacles qui bloquent
l’expansion de notre production, entre autre, son ancrage dans une
agriculture d’auto-subsistance qui, à terme, pourrait enfermer notre économie
dans une marginalisation aux conséquences imprévisibles. C’est
pourquoi, une nouvelle orientation de notre politique agricole doit suivre
les principales recommandations qui sortiront de ces travaux, sans quoi, les
Etats Généraux du Monde Rural n’auraient eu d’autre finalité que
d’avoir été une gigantesque et coûteuse Foire Agricole sans lendemain. En
définitive, il s’agira de traduire en dispositions législatives, sous
formes de Lois d’Orientation Agricole, les recommandations pertinentes que
vous adopterez, en vue d’unifier les Lois et Règlements épars qui règlementent
le secteur agro-pastoral centrafricain. La
rénovation des organisations professionnelles des producteurs agricoles,
sous formes de filières, afin de redonner vie à la Chambre
d’Agriculture, devrait figurer, en bonne place, parmi les objectifs de
cette nouvelle orientation. Mesdames
et Messieurs les Délégués, Vous
aurez aussi à approfondir vos réflexions sur de nombreuses problématiques
du développement agricole, telles que celles liées à la collecte, au
transport, à la commercialisation, à la transformation et au stockage des
produits agricoles, qui sont autant d’activités génératrices
d’emplois pour les jeunes qui souhaiteraient ne plus rien attendre de l’Etat. Tout
aussi importante que les précédentes problématiques, la sécurité foncière,
devant garantir la pérennité de l’exploitation et minimiser, à défaut
de l’éradiquer, les conflits endémiques qui opposent agriculteurs et éleveurs,
sources de confrontations souvent mortelles. Un
projet visant à trouver solution à cette confrontation est en cours d’exécution
dans le Haut-Mbomou, sur financement de l’Union Européenne qui, en
l’espèce, joue un rôle novateur de « casque bleu » entre
agriculteurs et éleveurs. Parmi
les grandes préoccupations soulevées par les agriculteurs pendant les différentes
phases préparatoires des Etats Généraux, il y a la nécessité de voir
restaurée la sécurité sur l’ensemble des zones rurales et, surtout,
garantir la libre circulation des personnes et des biens, surtout les
produits agricoles. Votre
Excellence s’emploie activement à pacifier le territoire pour répondre
à cette préoccupation. Un
sujet non négligeable est celui du financement des activités agricoles
pour l’acquisition des semences de qualité, les intrants, les
infrastructures de transport, le matériel et l’équipement agricoles et
l’encadrement. En
ce qui concerne le financement, le Gouvernement a déjà pris cette préoccupation
en compte. Deux Lois, votées en mai 2007 par l’Assemblée Nationale, ont
créé les Fonds pour le Développement Agricole et Pastoral (le F.D.A.P.),
la future banque de micro-crédits et l’Office National du Matériel
Agricole et Pastoral (O.N.M.A.P.), pour le matériel et l’équipement de
productions agricoles. Dans
la Loi de Finances 2008 devant être soumise à l’Assemblée Nationale, le
Gouvernement a doté le Fonds de Développement Agricole et Pastoral d’une
ligne de crédit de plus d’un demi milliard de F. CFA., pour répondre aux
préoccupations des agriculteurs et éleveurs, en matière de financement. Cela
n’est qu’un début, car il n’est pas interdit d’espérer que nos
partenaires au développement, comme l’Union Européenne, n’apporte son
appui financier au F.D.A.P., dans le cadre du Pôle de Développement Décentralisé,
financé par le 10ème F.E.D. Le
Chef de la Délégation de l’Union Européenne, Monsieur Jean-Claude
ESMIEU, dont le franc-parler est connu, devrait vous en parler avec plus de
clarté. D’autres
enjeux, comme le réchauffement de la planète et ses conséquences sur les
système agro-forestier, devraient trouver une bonne place dans vos débats. La
recherche des énergies nouvelles, comme l’énergie solaire pour faciliter
les programmes d’irrigation, les cultures végétales pour promouvoir les
bio-carburants, ne doivent plus rester le monopole des pays émergents. La
place et le rôle des femmes dans le domaine agro-pastoral,
l’accroissement de leur nombre dans l’administration, devraient faire
l’objet d’une grande réflexion des Délégués. Il
est admis que 60% des activités agricoles sont supportés par les femmes,
mais, au partage du butin, ce sont les hommes qui se taillent la part du
lion. A Bocaranga et à Bossangoa, au moment du paiement des arriérés dus
aux cotonculteurs, seules deux femmes étaient présentes au moment où les
hommes se partageaient les premiers 786 millions de F. CFA qui leur sont
dus. La
morale de l’histoire n’a pas changé depuis des lustres : « la sueur
pour les femmes, l’argent aux hommes ». Comment réduire l’écart
pour faire triompher le concept-genre en milieu rural? Enfin,
je voudrais, au nom du Gouvernement, remercier la Banque Mondiale qui
a assuré le financement de l’ensemble du processus des présentes Assises
et la Coopération Française, pour son appui financier à l’Atelier de
Validation de certains thèmes qui seront versés au présent débat. Nos
remerciements vont également à l’Union Européenne qui vient de donner
un coup d’accélérateur à la relance du coton grâce au déblocage de
2,300 milliards F. CFA, couvrant le paiement des dettes laissées aux
cotonculteurs par la SOCOCA et la SOCADETEX en 2001 et en 2002. Les
cotonculteurs de Bocaranga et de Bossangoa ont eu leur part de la première
phase de mise en paiement. Les cotonculteurs de Paoua, Bambari, Sibut,
Ngaoundaye Nord et Kaga Bandoro, recevront leurs parts dans les prochains
jours. Aux
participants aux présentes Assises des Premiers Etats Généraux du Développement
Rural, je vous demande que l’intérêt général reste le maître mot du débat. A
tous, je souhaite Bon Travail. JE
VOUS REMERCIE |
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