Combattants pour la Prospérité
"Mieux connaître le FODEM et sengager" vous explique pourquoi il faut rejeter lidée selon laquelle la misère que vit le peuple centrafricain relève de la fatalité.
A la proclamation de la République Centrafricaine, le 1er décembre 1958, visionnaire et attaché à la cause des africains, en nationaliste convaincu, Barthélémy Boganda déclarait : "Libérer lAfrique et les africains de la servitude et de la misère. Telle est ma raison dêtre et le sens de mon existence".
Aujourdhui, ce combat reste plus que jamais dactualité.
Depuis octobre 1993, à chaque débat budgétaire, le gouvernement explique, avec sérieux, aux représentants du peuple, que laccès au progrès social, à léducation, à la santé, le paiement régulier des salaires et arriérés, des bourses, pensions et retraites, ne peuvent se concevoir que dans le cadre de la conclusion dun Accord dAjustement avec les Institutions de Bretton Woods. Au vu des résultats, on peut considérer que désormais, la prospérité sera synonyme démigration.
A quoi
servent donc nos ressources nationales?
Pourtant, des exemples africains de Redressement Economique ne manquent pas. Le Burkina-Faso, le Ghana, le Botswana et lOuganda, font partie de ces pays que la presse internationale cite en exemple de mariage réussi entre la Démocratie et le Progrès Social. Dindéniables progrès ont été réalisés dans ces pays, par la seule volonté politique des dirigeants et la mobilisation, sans discrimination, de toutes les ressources nationales.
En une seule décennie, ces dirigeants ont apporté la preuve que la promotion des cadres, basée sur la compétence, lintégrité, "lhomme quil faut à la place quil faut" et la gestion des ressources minières dans lintérêt général, permettait de réaliser un véritable miracle économique.
Tous ceux qui ont visité ces pays en sont revenus convaincus.
Pourquoi, disposant du même potentiel économique, la République Centrafricaine na pas cessé de senfoncer dans la paupérisation et ses richesses minières servir lenrichissement des pays tiers?
Les centrafricains avaient mis tous leurs espoirs dans le régime du changement né le 27 septembre 1993, par leur seule volonté, pour le sortir des vieux démons de la division que sont le régionalisme, le tribalisme, la gestion solitaire et clanique du pouvoir, qui étaient le lot du régime précédent. Pour beaucoup, rien na fondamentalement changé.
Nés des mutineries successives, le Protocole dAccord Politique du 05 juin 1996 et les Accords de Bangui du 25 janvier 1997, associent désormais lopposition, les représentants des Forces Armées, à la gestion des affaires de lEtat. Ce nouveau cadre qui donne aux partis politiques le pouvoir de proposer et de retirer leurs militants du gouvernement et des hautes fonctions dans lAdministration, a conduit lélite nationale à lier son sort à la vieille classe politique, se désolidarisant de la masse populaire dont elle était le meilleur avocat.
Cette défaite de lélite nationale que sont les universitaires, les enseignants, les cadres de lAdministration, les étudiants, jadis fer de lance de la lutte pour la défense du libre arbitre face à la force, a ouvert la voie au pouvoir discrétionnaire et aux faits du Prince.
Fallait-il
accepter cette fatalité?
Dans la majorité présidentielle, notamment au M.L.P.C., toute critique constructive, est mise sur le compte de la manipulation par une puissance étrangère. Celle-là même qui a sauvé par trois fois les fauteuil présidentiel.
La preuve que les événements dramatiques dont notre pays a été le théâtre en 1996 et 1997 nont pas servi de leçon, réside dans la facilité avec laquelle lautorité politique recours à la force comme réponse à toute divergence politique. Une pratique qui matérialise léchec dune politique où il ny a plus dalternative à offrir au peuple.
Face à ces difficultés et à lincapacité des partis politiques à mettre fin à leurs querelles de personnes pour sattaquer aux problèmes dont soufrent la jeunesse, les femmes, le monde rural, les travailleurs, les retraités, la Nation doit se mobiliser, dans un cadre dénué de toutes passions, pour rechercher les solutions au défi de Développement et du Renouveau National.
Seul un peuple uni et en paix peut relever ces défis.
Cest dans lunion que nous puiserons la force nécessaire pour accomplir lénorme chantier de Redressement National et accéder à la Modernité.
Pourquoi
fallait-il créer le FODEM ?
Le 1er janvier 1967, tirant le bilan des douze mois de gestion du gouvernement Bokassa, le colonel Alexandre Banza, Ministre de lEconomie et des Finances, écrivait : "De tous les maux dont souffrait chroniquement la République Centrafricaine, ce sont, assurément, le laxisme, la gabegie, la démission des autorités devant leurs responsabilités, avec comme corollaire, la chute des principales productions, la récession économique et laccumulation des arriérés de salaires. Face à cette situation qui perdurait, il fallait réagir. Le Gouvernement sest engagé dans la remise en ordre de lEtat, des Finances Publiques et lassainissement des moeurs".
En 1997, ce diagnostic reste valable.
Avant de sombrer dans la folie des grandeurs, de 1966 à 1975, le régime Bokassa avait entrepris un vaste effort de reconstruction et de développement, ayant permis de jeter les bases dun Etat moderne, de mettre sur pieds une Administration disciplinée, respectable et respectée, une armée véritablement nationale, aux commandements multi-ethniques et un brassage périodique des différentes couches sociales du pays, à la faveur du service militaire obligatoire.
En dépit de son énorme potentiel économique, de son faible peuplement, dun vaste territoire riche et fertile, dune population à majorité rurale, de ses richesses naturelles, le bilan de gestion de 37 années dindépendance, malgré plusieurs Programmes dAjustement Structurel, se place sous le signe de déficits globaux.
Histoire
dune descente en enfer.
A la veille des élections présidentielles et législatives du 22 août 1993, les centrafricains navaient guère fait mystère de leur volonté den finir avec un régime qui na pas su évité les vieux démons de la politique centrafricaine que sont la gestion solitaire et clanique de lEtat, le tribalisme, le népotisme et le régionalisme.
Mal remise de la gestion catastrophique de la fin des années 70, dont le fameux sacre de Bokassa, léconomie centrafricaine retombe dans lincurie des régimes successifs. Les recettes de lEtat passent de 42 milliards F. CFA en 1990, puis 36 milliards F. CFA, et stagnent à 27 milliards F.CFA en 1992.
A partir de 1986, la production agricole enregistre une chute régulière. Disparition des cultures de rente : le café et le coton ne sont plus collectés, alimentant en partie les difficultés du Trésor Public. La République Centrafricaine devient tributaire du Tchad pour son approvisionnement en viande. Le monde rural se replie sur les cultures dauto-subsistance. Lexportation du diamant par le circuit officiel marque un arrêt. En 1986, 980.000 carats sont enregistrés en Belgique contre 400.000 carats dans les livres officiels de la Direction Générale des Mines, soit une perte de près de 20 milliards F. CFA pour lEtat.
Le secteur industriel, limité aux produits de consommation et à la transformation des produits locaux, connaît un déclin. Le commerce de gros, comme les brasseries, subit le contre-coup de la chute du pouvoir dachat.
LEtat ne peut plus assumer le minimum de ses obligations. Les salaires, bourses, pensions et retraites ne sont plus payés. Les travailleurs décident de se sacrifier en entamant des grèves dures à lEducation et à la Santé Publique.
Devant le peu dempressement des autorités centrafricaines dentamer les réformes économiques et structurelles, notamment, les privatisations des entreprises dEtat et dEconomie Mixte, la Communauté Financière Internationale (F.M.I. - Banque Mondiale) suspend ses relations avec notre pays.
Ce résultat est la conséquence dun mercenariat politique au service dintérêts personnels. Sappuyant résolument sur les membres de leur tribu, lentourage du général Kolingba lamène à transformer la République Centrafricaine en une entreprise familiale, nommant à la tête de toutes les Sociétés dEtat et de toutes les Administrations, des cadres issus de leur ethnie. Assurés de limpunité, quoi quils fassent, ceux-ci mirent le pays en coupes réglées, pillant en toute quiétude pour le plus grand bien de leurs portefeuilles, condamnant le peuple centrafricain à une mort lente.
Ainsi, le projet de redressement national, brandi en septembre 1981, se révéla nêtre quun leurre.
Cest dans ce contexte dramatique dune économie sinistrée, quun nouveau président de la République est élu, le 27 septembre 1993, pour relever le défi du Redressement Economique.
Prenant acte de la nouvelle donne politique, le Comité pour lInformation et la Défense de la Démocratie (C.I.D.D.), association politique créée à Bordeaux, le 17 novembre 1991, par des centrafricains issus de différents courants de pensées politiques, pour rendre irréversible le processus démocratique en cours dans notre pays, adressait le 30 septembre 1993, au nouveau président démocratiquement élu, Ange-Félix Patassé, un message de félicitations, lu sur les antennes de Radio-Bangui, dont lessentiel était ainsi libellé :
"Excellence, Monsieur le Président de la République,
Le peuple centrafricain vient, en toute souveraineté, de vous porter pour un mandat de six ans à la magistrature suprême de lEtat.
Aussi, au nom de tous les centrafricains de France, et plus particulièrement de ceux du grand Sud-Ouest, nous vous adressons nos sincères félicitations.
Létat catastrophique, de lavis de tous les experts de léconomie centrafricaine, fait de vous, non seulement le chef de lEtat, mais aussi, le chef dun vaste chantier quil faudra déblayer pour rebâtir la prospérité. Pour y arriver, il vous faudra prendre des mesures audacieuses qui seront forcément impopulaires. Mais, si ces mesures novatrices sinscrivent dans la recherche de lintérêt national, elles seront acceptées par tous les centrafricains, permettant ainsi de projeter notre pays dans la Modernité, comme Jerry Rawlings la si bien réussi au Ghana.
Pour mener à bien ces réformes, le C.I.D.D. rejette toute idée de gouvernement "dunion nationale" qui nest quune forme déguisée de parti unique, source de frustrations pour les électeurs et lexpression du pluralisme démocratique.
Tant que vos actions seront tournées vers les réformes novatrices, dans tous les domaines, de nature à améliorer profondément et durablement la vie des centrafricains; la lutte impitoyable contre la corruption, le népotisme, le tribalisme et le régionalisme, vous pourrez compter sur l'indéfectible soutien du Comité pour lInformation et la Défense de la Démocratie."
Quatre années se sont écoulées depuis, avec trois rebellions militaires qui ont réduit le tissu économique à néant.
En janvier 1998, le constat se passe de tous commentaires. Malgré les efforts de lentourage présidentiel pour occulter la réalité et convaincre le chef de lEtat que tout va pour le mieux, jamais la situation politique, économique et sociale en République Centrafricaine navait atteint un tel seuil de crispation.
Faute d'avoir su sentourer de proches collaborateurs à la compétence et à lintégrité reconnues et indiscutables, de pouvoir les révoquer dès que la situation lexige, après seulement quatre années et quatre Premiers Ministres, le gouvernement paraît acculé, développant, au sommet de lEtat, la psychose de la citadelle assiégée, source de nombreuses dérives. Les mêmes reproches, dont on accablait le général Kolingba, et qui avaient pour noms : action néfaste de lentourage présidentiel, gestion solitaire du pouvoir politique, transformation du régime en une entreprise familiale, nomination à la tête des Sociétés dEtat et dEconomie Mixte, dans les agences de développement agro-pastoral, les régies financières, les Travaux Publics, les Transports, dans larmée et la gendarmerie, des gens choisis dans la famille et le clan, instauration de limpunité en dépit de leur gestion catastrophique, ont plongé à nouveau le Centrafrique dans la récession économique, entraînant la suspension des relations financières avec nos principaux bailleurs de fonds.
On note :
- 6 mois darriérés de salaires dans la Fonction Publique, au titre de lannée 1997.
- non-paiement de bourses, pensions et retraites.
- grève des enseignants depuis la rentrée scolaire 1997-1998, faisant courir le risque dune année blanche.
- grève diffuse dans certaines Régies Financières.
- généralisation de linsécurité en ville comme sur les routes.
- recours systématique à la force (Garde Présidentielle, C.N.R.I.) comme réponses aux divergences politiques.
- valse hésitation sur le plan diplomatique (histoire des deux Chines), entamant la crédibilité de notre pays sur la scène internationale.
Laggravation soudaine de la situation sociale, mettant en cause la capacité du gouvernement à y apporter une solution rapide et durable, a provoqué une démotivation et une démobilisation de lensemble des Agents de lEtat.
Devant un tel tableau, les centrafricains semblent sinstaller dans un fatalisme propice à une explosion sociale imprévisible, comme ce fut le cas en 1979.
Cette situation ne relève daucune fatalité, mais dune incapacité à concevoir une gestion cohérente de lEtat, comme le Burkina-Faso et le Ghana en donnent lexemple.
le mariage réussi du Progrès Social et de la Démocratie
Les pays de lhémisphère Nord se sont développés en comblant leur retard grâce aux expériences réussies de leurs voisins. La France, lAllemagne et le Japon se sont relevés des cendres de la seconde Guerre Mondiale, par le travail et la volonté politique de leurs dirigeants.
En Afrique sub-saharienne, le Burkina-Faso et le Ghana, où dans les années 80 régnaient le désordre, la corruption généralisée, ont surmonté le défi de Développement, prouvant ainsi que la misère dans laquelle vit lAfrique ne relève pas de la fatalité mais de lincurie des dirigeants.
En 1983, considérant que la situation de leur pays était devenue intenable, marquée par la corruption, la démission des autorités de lEtat devant leurs responsabilités, ayant pour conséquence une misère généralisée, quatre jeunes officiers, Thomas Sankara, Blaise Campaoré et leurs amis, semparent du pouvoir et créent le Comité pour le Salut Public, un Forum qui rassemble toutes les compétences du pays acquises au changement. Ils décident de faire de la Haute-Volta, quil débaptise Burkina-Faso, la patrie des hommes intègres, un modèle dintégrité, de compétences et de discipline dans la conduite du développement économique.
Afin de mieux faire comprendre aux couches sociales les plus défavorisées et au monde rural la nouvelle politique du gouvernement, le Comité pour le Salut Public crée le Comité pour la Défense de la Révolution (C.D.R.).
Le Budget de lEtat subit une cure daustérité :
- réduction du train de vie de lEtat, lAdministration renonce aux signes extérieurs de richesse. Le président Sankara troque sa Mercédès contre une Peugeot 205.
- mise en place dune politique pour le rétablissement de léquilibre de la balance commerciale, en favorisant lexportation.
- réorganisation, à partir de 1985, du secteur minier, par la création du Comptoir Burkinabé des Métaux Précieux (C.B.M.P.), organisme dEtat à qui est confié le monopole de lorganisation de la production, de la collecte et de la transformation de lor dorigine artisanale.
- encadrement par les ingénieurs des Mines, des jeunes burkinabé, venant de tous les coins du pays, pour une formation dans la production et la transformation de lor.
- mise en chantier de grands travaux dinfrastructures faisant appel à la contribution populaire, 30 kms de voies ferrées sont construits par la population.
- la santé, léducation, sont érigées au premier rang des priorités.
En 1997, tout en restant un pays en voie de développement, avec des ressources naturelles limitées à lagriculture, à lélevage et aux activités minières, le Burkina-Faso nen est pas moins devenu un pays économiquement très avance, un modèle de bonne gestion de lEtat et de la Démocratie, disposant dune crédibilité remarquable sur la scène internationale.
Tous ceux qui ont visité le Ghana en 1981 et en 1993, auront compris pourquoi, le président du C.I.D.D., dans son message de félicitations, le 30 septembre 1993, au président Ange-Félix Patassé, lui demande de sinspirer du modèle ghanéen pour entreprendre les réformes économiques en République Centrafricaine.
Quand il revient au pouvoir le 31 décembre 1981, le capitaine Jerry Rawlings retrouve un pays gangrené par la corruption, le laxisme, le trafic de devises, de produits agricoles, de ressources minérales, et la restauration des privilèges, limpunité des coupables, que ses amis et lui avaient abolis en 1979, lors de leur premier passage à la tête du pays, avant de redonner volontairement le pouvoir aux civils.
Devant ce tableau apocalyptique, il décide de sortir son pays du gouffre de la misère en lui impulsant une marche forcée vers la prospérité.
Afin dassocier, sans discrimination, toutes les ressources humaines du Ghana à loeuvre de Redressement National, Jerry Rawlings crée le Conseil National Politique de Défense (C.N.P.D.). Par Défense, il entendait la défense de lintérêt national.
Prenant conscience que la jeunesse et les femmes, longtemps abandonnés, sont lavenir du Ghana, il les incorpore dans le Comité pour la Défense de la Révolution (C.D.R.), chargé de préparer la population aux nouvelles orientations de politique économique du gouvernement.
Il opte pour le pragmatisme politique en refusant tout alignement idéologique. Convaincu que, seule ladhésion du monde rural à lentreprise de rédemption quil entend mettre en oeuvre, permettra de surmonter tous les obstacles, il décide de mieux les organiser.
Une fois cette phase dexplications terminée, le gouvernement choisit, sans hésitations, la thérapeutique radicale pour sortir le pays du naufrage économique.
Il entreprend, sans faiblesse, la restauration de lautorité de lEtat. La mission de lAdministration est redéfinie. Les incompétents sont remerciés ou réorientés. Les promotions sont désormais basées sur les critères defficacité : lhomme quil faut à la place quil faut (the right man at the right place).
La volonté politique de sortir son pays de la misère ne souffrit la moindre tergiversation ou état dâme :
- il engage une lutte impitoyable contre la fraude et la corruption.
- il en est de même des trafiquants de devises, de produits agricoles et miniers.
- dans les campagnes, le C.D.R. mobilise les villageois, forme les jeunes et les femmes, pour assurer la réussite du redressement économique.
Il lance en 1983, à linitiative du gouvernement, le Programme de Relance Economique (Economic Recovery Programm). La hardiesse des mesures arrêtées était telle quelle impressionna favorablement les Institutions de Bretton Woods qui lui apportèrent leur appui.
Ayant décrété le secteur minier vital pour léconomie, le gouvernement entreprit les réformes radicales nécessaires. Après avoir organiser les zones dexploitation artisanale en cinq aires distinctes, il créa, au sein des Forces Armées, une Brigade Spéciale des Mines, chargée de la lutte contre la fraude minière. Equipée, formée et mieux payée, la Brigade applique avec sévérité les directives du gouvernement en matière de la lutte contre la fraude et le séjour irrégulier en zone dextraction artisanale.
Au plan national, le gouvernement crée, la Precious Minerals Corporation, organisme dEtat chargée de former les ghanéens au métier de diamant et de lor, puis dassurer leur financement, pour la collecte du diamant et de lor dans les zones dextractions artisanale.
Le diamant collecté par la Precious Minerals Corporation est vendu aux enchères dans une Bourse de Diamant, la Diamonds Market, à des bureaux dachat ou sociétés étrangères agréées et installées à lintérieur de cette Bourse.
Une fiscalité fort avantageuse attire au Ghana des grandes sociétés industrielles et minières de rang mondial.
Dix ans après, les résultats sont à la hauteur des sacrifices consentis par la population. Lamélioration spectaculaire de léconomie ghanéenne dépasse tous les espoirs :
- lautorité de lEtat a été rétablie.
- les fraudes, la corruption, le laxisme et tous les maux qui gangrenaient léconomie ont été éradiqués.
- le taux de croissance passe de 0% en 1983 à 5% à la fin 1992, dépassant lAfrique du Sud et le Maroc.
- le P.I.B. passe à 5,1 milliards de dollars, dépassant le Gabon (3,8 milliards de dollars).
- le budget naguère en perpétuel déficit, enregistre des excédents (130 millions de dollars, soit 65 milliards de F. CFA, représentant léquivalent des dépenses annuelles du budget centrafricain.
- le service de la Dette passe de 50% des recettes dexportation en 1987 à 0% en 1992, le Ghana ayant remboursé toutes ses dettes.
- la balance des paiements est positive avec, en 1989, une réserve de devises de 347 millions de dollars, soit 174 milliards de F. CFA.
- linflation passe de 123% en 1983 à 8% en 1991.
- lalphabétisation atteint un taux record.
- toutes les couches sociales ont accès à la santé, à léducation et au bien-être social de base (eau, électricité, hygiène).
- une baisse spectaculaire du chômage.
- explosion de la création dentreprises.
- augmentation du réseau routier bitumé.
Ce bilan sommaire a exigé dénormes efforts dexportation :
- accroissement de la production dor, du bois, du manganèse et de la bauxite. La fraude minière est enrayée. Le cacao reste la première source de devises du pays. Le Ghana passe au troisième rang mondial.
- exportation de lélectricité vers les pays voisins et promotion du tourisme : 145.000 visiteurs en 1990.
Ces résultats ont été obtenus grâce aux secteurs agricoles et miniers.
Pourquoi nos dirigeants ont échoué, là où Jerry Rawlings a réussi ?
En 1992, après 11 ans à la tête du pays, au terme dun scrutin présidentiel reconnu comme lun des plus transparents dAfrique Noire, Jerry Rawlings est élu dès le premier tour, avec près de 56% de voix. Il sera réélu en 1996, pour son second et dernier mandat, après 16 ans de règne, au premier tour, avec 58% des voix.
Arrivé au pouvoir en 1981, en même temps que le ghanéen, le général Kolingba sera battu aux élections présidentielles de 1993. Deux dirigeants, deux destins.
Le succès ghanéen est avant tout une affaire de mobilisation de toutes les compétences nationales, sur le concept de lhomme quil faut à la place quil faut.
Une équipe de jeunes, pleins de dynamisme, dambitions, soucieux de sortir leur pays du marasme économique et le porter au rang des pays prospères, en comptant sur leur propre force, sest mise à la tâche avec détermination et conviction.
En République Centrafricaine, où, de tous temps, la préoccupation des dirigeants reste la poursuite de leurs ambitions et de leurs intérêts personnels, une telle politique navait guère de chance de réussir.
Avec un potentiel économique supérieur au Burkina-Faso, notre pays nen finit pas de sombrer dans la récession économique.
Léchec des régimes successifs en République Centrafricaine est avant tout le résultat dune mauvaise utilisation des ressources humaines où le clanisme, le sectarisme, le régionalisme, servent de critères de promotion.
Depuis le 05 juin 1996, à la fin de la seconde mutinerie et linstauration de la co-gestion par la participation de lopposition au gouvernement, force est de constater que la situation sociale des centrafricains ne sest guère améliorée. Au contraire, elle sest aggravée, avec laccumulation des arriérés de salaires, des bourses, pensions et retraites, et la disparition des emplois dans le secteur privé.
Malgré cette alliance de fait, la vieille classe politique a montré son incapacité à sentendre autour des besoins élémentaires des centrafricains pour mobiliser le peuple en vue de résoudre les problèmes cruciaux dont il souffre, notamment dans le domaine de lEducation, de la Santé, de lintégration des Jeunes et des Femmes dans lEconomie, de la situation des Travailleurs, de la Paysannerie, des diplômés en perpétuelle quête demploi et des étudiants oubliés à létranger.
LArmée Centrafricaine, jadis creuset du Patriotisme et de lUnité Nationale, par son caractère multi-ethnique, nest plus que lombre delle-même. Ses difficultés servent de fonds de commerce de la classe politique.
Dans une Afrique Centrale en constante mutation, où le recours aux armes tend à sinstaurer comme largument majeur, cette situation hypothèque dangereusement lindépendance de la Nation et la stabilité des pays voisins.
Conscients, quaprès 37 années dindépendance, le centrafricain est arrivé à maturité, lélite nationale doit prendre ses responsabilités en sengageant résolument aux côtés des travailleurs, des paysans, de la jeunesse, pour insuffler une dynamique nouvelle, capable de faire reculer la pauvreté, en misant dabord sur notre propre force.
Il fallait, pour mener à bien une entreprise dune aussi grande envergure, un cadre tourné vers lavenir, avec lambition de porter le Centrafrique au rang des pays prospères, comme les burkinabé et les ghanéens lont si bien réussi.
Voilà pourquoi nous avons créé le
Forum Démocratique Pour La Modernité,
FODEM
pour servir de tribune au débat national