Mieux connaître le FODEM et s'engager ! ! !

1997-2004
Ce n’est pas la Démocratie qui est source de désordre et d’entraves au Progrès Social,
mais
la mauvaise gouvernance et la discrimination 
dans le partage des richesses et l’utilisation des ressources humaines.

Charles MASSI
FODEM - 1997

Combattants pour la Prospérité

A quoi servent donc nos ressources nationales?
Fallait-il accepter cette fatalité?

Pourquoi fallait-il créer le FODEM ?
Histoire d’une descente en enfer.  
L’ère du changement.  
A l’heure du bilan.


ADHÉRER

Le Burkina-Faso et le Ghana,le mariage réussi du Progrès Social et de la Démocratie
Le Burkina-Faso
Le Ghana
Pourquoi nos dirigeants ont échoué, là où Jerry Rawlings a réussi ?

Que devions-nous faire ?

Combattants pour la Prospérité

  "Mieux connaître le FODEM et s’engager" vous explique pourquoi il faut rejeter l’idée selon laquelle la misère que vit le peuple centrafricain relève de la fatalité.

A la proclamation de la République Centrafricaine, le 1er décembre 1958, visionnaire et attaché à la cause des africains, en nationaliste convaincu, Barthélémy Boganda déclarait : "Libérer l’Afrique et les africains de la servitude et de la misère. Telle est ma raison d’être et le sens de mon existence".

Aujourd’hui, ce combat reste plus que jamais d’actualité.

 

Depuis octobre 1993, à chaque débat budgétaire, le gouvernement explique, avec sérieux, aux représentants du peuple, que l’accès au progrès social, à l’éducation, à la santé, le paiement régulier des salaires et arriérés, des bourses, pensions et retraites, ne peuvent se concevoir que dans le cadre de la conclusion d’un Accord d’Ajustement avec les Institutions de Bretton Woods. Au vu des résultats, on peut considérer que désormais, la prospérité sera synonyme d’émigration.

A quoi servent donc nos ressources nationales?

Pourtant, des exemples africains de Redressement Economique ne manquent pas. Le Burkina-Faso, le Ghana, le Botswana et l’Ouganda, font partie de ces pays que la presse internationale cite en exemple de mariage réussi entre la Démocratie et le Progrès Social. D’indéniables progrès ont été réalisés dans ces pays, par la seule volonté politique des dirigeants et la mobilisation, sans discrimination, de toutes les ressources nationales.

En une seule décennie, ces dirigeants ont apporté la preuve que la promotion des cadres, basée sur la compétence, l’intégrité, "l’homme qu’il faut à la place qu’il faut" et la gestion des ressources minières dans l’intérêt général, permettait de réaliser un véritable miracle économique.

Tous ceux qui ont visité ces pays en sont revenus convaincus.

Pourquoi, disposant du même potentiel économique, la République Centrafricaine n’a pas cessé de s’enfoncer dans la paupérisation et ses richesses minières servir l’enrichissement des pays tiers?

Les centrafricains avaient mis tous leurs espoirs dans le régime du changement né le 27 septembre 1993, par leur seule volonté, pour le sortir des vieux démons de la division que sont le régionalisme, le tribalisme, la gestion solitaire et clanique du pouvoir, qui étaient le lot du régime précédent. Pour beaucoup, rien n’a fondamentalement changé.

Nés des mutineries successives, le Protocole d’Accord Politique du 05 juin 1996 et les Accords de Bangui du 25 janvier 1997, associent désormais l’opposition, les représentants des Forces Armées, à la gestion des affaires de l’Etat. Ce nouveau cadre qui donne aux partis politiques le pouvoir de proposer et de retirer leurs militants du gouvernement et des hautes fonctions dans l’Administration, a conduit l’élite nationale à lier son sort à la vieille classe politique, se désolidarisant de la masse populaire dont elle était le meilleur avocat.

Cette défaite de l’élite nationale que sont les universitaires, les enseignants, les cadres de l’Administration, les étudiants, jadis fer de lance de la lutte pour la défense du libre arbitre face à la force, a ouvert la voie au pouvoir discrétionnaire et aux faits du Prince.

 

Fallait-il accepter cette fatalité?

Dans la majorité présidentielle, notamment au M.L.P.C., toute critique constructive, est mise sur le compte de la manipulation par une puissance étrangère. Celle-là même qui a sauvé par trois fois les fauteuil présidentiel.

La preuve que les événements dramatiques dont notre pays a été le théâtre en 1996 et 1997 n’ont pas servi de leçon, réside dans la facilité avec laquelle l’autorité politique recours à la force comme réponse à toute divergence politique. Une pratique qui matérialise l’échec d’une politique où il n’y a plus d’alternative à offrir au peuple.

Face à ces difficultés et à l’incapacité des partis politiques à mettre fin à leurs querelles de personnes pour s’attaquer aux problèmes dont soufrent la jeunesse, les femmes, le monde rural, les travailleurs, les retraités, la Nation doit se mobiliser, dans un cadre dénué de toutes passions, pour rechercher les solutions au défi de Développement et du Renouveau National.

Seul un peuple uni et en paix peut relever ces défis.

C’est dans l’union que nous puiserons la force nécessaire pour accomplir l’énorme chantier de Redressement National et accéder à la Modernité.

 

Pourquoi fallait-il créer le FODEM ?

Le 1er janvier 1967, tirant le bilan des douze mois de gestion du gouvernement Bokassa, le colonel Alexandre Banza, Ministre de l’Economie et des Finances, écrivait : "De tous les maux dont souffrait chroniquement la République Centrafricaine, ce sont, assurément, le laxisme, la gabegie, la démission des autorités devant leurs responsabilités, avec comme corollaire, la chute des principales productions, la récession économique et l’accumulation des arriérés de salaires. Face à cette situation qui perdurait, il fallait réagir. Le Gouvernement s’est engagé dans la remise en ordre de l’Etat, des Finances Publiques et l’assainissement des moeurs".

En 1997, ce diagnostic reste valable.

Avant de sombrer dans la folie des grandeurs, de 1966 à 1975, le régime Bokassa avait entrepris un vaste effort de reconstruction et de développement, ayant permis de jeter les bases d’un Etat moderne, de mettre sur pieds une Administration disciplinée, respectable et respectée, une armée véritablement nationale, aux commandements multi-ethniques et un brassage périodique des différentes couches sociales du pays, à la faveur du service militaire obligatoire.

En dépit de son énorme potentiel économique, de son faible peuplement, d’un vaste territoire riche et fertile, d’une population à majorité rurale, de ses richesses naturelles, le bilan de gestion de 37 années d’indépendance, malgré plusieurs Programmes d’Ajustement Structurel, se place sous le signe de déficits globaux.

 

Histoire d’une descente en enfer.

 

A la veille des élections présidentielles et législatives du 22 août 1993, les centrafricains n’avaient guère fait mystère de leur volonté d’en finir avec un régime qui n’a pas su évité les vieux démons de la politique centrafricaine que sont la gestion solitaire et clanique de l’Etat, le tribalisme, le népotisme et le régionalisme.

Mal remise de la gestion catastrophique de la fin des années 70, dont le fameux sacre de Bokassa, l’économie centrafricaine retombe dans l’incurie des régimes successifs. Les recettes de l’Etat passent de 42 milliards F. CFA en 1990, puis 36 milliards F. CFA, et stagnent à 27 milliards F.CFA en 1992.

A partir de 1986, la production agricole enregistre une chute régulière. Disparition des cultures de rente : le café et le coton ne sont plus collectés, alimentant en partie les difficultés du Trésor Public. La République Centrafricaine devient tributaire du Tchad pour son approvisionnement en viande. Le monde rural se replie sur les cultures d’auto-subsistance. L’exportation du diamant par le circuit officiel marque un arrêt. En 1986, 980.000 carats sont enregistrés en Belgique contre 400.000 carats dans les livres officiels de la Direction Générale des Mines, soit une perte de près de 20 milliards F. CFA pour l’Etat.

Le secteur industriel, limité aux produits de consommation et à la transformation des produits locaux, connaît un déclin. Le commerce de gros, comme les brasseries, subit le contre-coup de la chute du pouvoir d’achat.

L’Etat ne peut plus assumer le minimum de ses obligations. Les salaires, bourses, pensions et retraites ne sont plus payés. Les travailleurs décident de se sacrifier en entamant des grèves dures à l’Education et à la Santé Publique.

Devant le peu d’empressement des autorités centrafricaines d’entamer les réformes économiques et structurelles, notamment, les privatisations des entreprises d’Etat et d’Economie Mixte, la Communauté Financière Internationale (F.M.I. - Banque Mondiale) suspend ses relations avec notre pays.

Ce résultat est la conséquence d’un mercenariat politique au service d’intérêts personnels. S’appuyant résolument sur les membres de leur tribu, l’entourage du général Kolingba l’amène à transformer la République Centrafricaine en une entreprise familiale, nommant à la tête de toutes les Sociétés d’Etat et de toutes les Administrations, des cadres issus de leur ethnie. Assurés de l’impunité, quoi qu’ils fassent, ceux-ci mirent le pays en coupes réglées, pillant en toute quiétude pour le plus grand bien de leurs portefeuilles, condamnant le peuple centrafricain à une mort lente.

Ainsi, le projet de redressement national, brandi en septembre 1981, se révéla n’être qu’un leurre.

 

L’ère du changement.

C’est dans ce contexte dramatique d’une économie sinistrée, qu’un nouveau président de la République est élu, le 27 septembre 1993, pour relever le défi du Redressement Economique.

Prenant acte de la nouvelle donne politique, le Comité pour l’Information et la Défense de la Démocratie (C.I.D.D.), association politique créée à Bordeaux, le 17 novembre 1991, par des centrafricains issus de différents courants de pensées politiques, pour rendre irréversible le processus démocratique en cours dans notre pays, adressait le 30 septembre 1993, au nouveau président démocratiquement élu, Ange-Félix Patassé, un message de félicitations, lu sur les antennes de Radio-Bangui, dont l’essentiel était ainsi libellé :

"Excellence, Monsieur le Président de la République,

Le peuple centrafricain vient, en toute souveraineté, de vous porter pour un mandat de six ans à la magistrature suprême de l’Etat.

Aussi, au nom de tous les centrafricains de France, et plus particulièrement de ceux du grand Sud-Ouest, nous vous adressons nos sincères félicitations.

L’état catastrophique, de l’avis de tous les experts de l’économie centrafricaine, fait de vous, non seulement le chef de l’Etat, mais aussi, le chef d’un vaste chantier qu’il faudra déblayer pour rebâtir la prospérité. Pour y arriver, il vous faudra prendre des mesures audacieuses qui seront forcément impopulaires. Mais, si ces mesures novatrices s’inscrivent dans la recherche de l’intérêt national, elles seront acceptées par tous les centrafricains, permettant ainsi de projeter notre pays dans la Modernité, comme Jerry Rawlings l’a si bien réussi au Ghana.

Pour mener à bien ces réformes, le C.I.D.D. rejette toute idée de gouvernement "d’union nationale" qui n’est qu’une forme déguisée de parti unique, source de frustrations pour les électeurs et l’expression du pluralisme démocratique.

Tant que vos actions seront tournées vers les réformes novatrices, dans tous les domaines, de nature à améliorer profondément et durablement la vie des centrafricains; la lutte impitoyable contre la corruption, le népotisme, le tribalisme et le régionalisme, vous pourrez compter sur l'indéfectible soutien du Comité pour l’Information et la Défense de la Démocratie."

Quatre années se sont écoulées depuis, avec trois rebellions militaires qui ont réduit le tissu économique à néant.

 

A l’heure du bilan.

En janvier 1998, le constat se passe de tous commentaires. Malgré les efforts de l’entourage présidentiel pour occulter la réalité et convaincre le chef de l’Etat que tout va pour le mieux, jamais la situation politique, économique et sociale en République Centrafricaine n’avait atteint un tel seuil de crispation.

Faute d'avoir su s’entourer de proches collaborateurs à la compétence et à l’intégrité reconnues et indiscutables, de pouvoir les révoquer dès que la situation l’exige, après seulement quatre années et quatre Premiers Ministres, le gouvernement paraît acculé, développant, au sommet de l’Etat, la psychose de la citadelle assiégée, source de nombreuses dérives. Les mêmes reproches, dont on accablait le général Kolingba, et qui avaient pour noms : action néfaste de l’entourage présidentiel, gestion solitaire du pouvoir politique, transformation du régime en une entreprise familiale, nomination à la tête des Sociétés d’Etat et d’Economie Mixte, dans les agences de développement agro-pastoral, les régies financières, les Travaux Publics, les Transports, dans l’armée et la gendarmerie, des gens choisis dans la famille et le clan, instauration de l’impunité en dépit de leur gestion catastrophique, ont plongé à nouveau le Centrafrique dans la récession économique, entraînant la suspension des relations financières avec nos principaux bailleurs de fonds.

On note :

- 6 mois d’arriérés de salaires dans la Fonction Publique, au titre de l’année 1997.

- non-paiement de bourses, pensions et retraites.

- grève des enseignants depuis la rentrée scolaire 1997-1998, faisant courir le risque d’une année blanche.

- grève diffuse dans certaines Régies Financières.

- généralisation de l’insécurité en ville comme sur les routes.

- recours systématique à la force (Garde Présidentielle, C.N.R.I.) comme réponses aux divergences politiques.

- valse hésitation sur le plan diplomatique (histoire des deux Chines), entamant la crédibilité de notre pays sur la scène internationale.

L’aggravation soudaine de la situation sociale, mettant en cause la capacité du gouvernement à y apporter une solution rapide et durable, a provoqué une démotivation et une démobilisation de l’ensemble des Agents de l’Etat.

Devant un tel tableau, les centrafricains semblent s’installer dans un fatalisme propice à une explosion sociale imprévisible, comme ce fut le cas en 1979.

Cette situation ne relève d’aucune fatalité, mais d’une incapacité à concevoir une gestion cohérente de l’Etat, comme le Burkina-Faso et le Ghana en donnent l’exemple.

 

Le Burkina-Faso et le Ghana,

le mariage réussi du Progrès Social et de la Démocratie

Les pays de l’hémisphère Nord se sont développés en comblant leur retard grâce aux expériences réussies de leurs voisins. La France, l’Allemagne et le Japon se sont relevés des cendres de la seconde Guerre Mondiale, par le travail et la volonté politique de leurs dirigeants.

En Afrique sub-saharienne, le Burkina-Faso et le Ghana, où dans les années 80 régnaient le désordre, la corruption généralisée, ont surmonté le défi de Développement, prouvant ainsi que la misère dans laquelle vit l’Afrique ne relève pas de la fatalité mais de l’incurie des dirigeants.

Le Burkina-Faso

En 1983, considérant que la situation de leur pays était devenue intenable, marquée par la corruption, la démission des autorités de l’Etat devant leurs responsabilités, ayant pour conséquence une misère généralisée, quatre jeunes officiers, Thomas Sankara, Blaise Campaoré et leurs amis, s’emparent du pouvoir et créent le Comité pour le Salut Public, un Forum qui rassemble toutes les compétences du pays acquises au changement. Ils décident de faire de la Haute-Volta, qu’il débaptise Burkina-Faso, la patrie des hommes intègres, un modèle d’intégrité, de compétences et de discipline dans la conduite du développement économique.

Afin de mieux faire comprendre aux couches sociales les plus défavorisées et au monde rural la nouvelle politique du gouvernement, le Comité pour le Salut Public crée le Comité pour la Défense de la Révolution (C.D.R.).

Le Budget de l’Etat subit une cure d’austérité :

- réduction du train de vie de l’Etat, l’Administration renonce aux signes extérieurs de richesse. Le président Sankara troque sa Mercédès contre une Peugeot 205.

- mise en place d’une politique pour le rétablissement de l’équilibre de la balance commerciale, en favorisant l’exportation.

- réorganisation, à partir de 1985, du secteur minier, par la création du Comptoir Burkinabé des Métaux Précieux (C.B.M.P.), organisme d’Etat à qui est confié le monopole de l’organisation de la production, de la collecte et de la transformation de l’or d’origine artisanale.

- encadrement par les ingénieurs des Mines, des jeunes burkinabé, venant de tous les coins du pays, pour une formation dans la production et la transformation de l’or.

- mise en chantier de grands travaux d’infrastructures faisant appel à la contribution populaire, 30 kms de voies ferrées sont construits par la population.

- la santé, l’éducation, sont érigées au premier rang des priorités.

En 1997, tout en restant un pays en voie de développement, avec des ressources naturelles limitées à l’agriculture, à l’élevage et aux activités minières, le Burkina-Faso n’en est pas moins devenu un pays économiquement très avance, un modèle de bonne gestion de l’Etat et de la Démocratie, disposant d’une crédibilité remarquable sur la scène internationale.

  

Le Ghana

Tous ceux qui ont visité le Ghana en 1981 et en 1993, auront compris pourquoi, le président du C.I.D.D., dans son message de félicitations, le 30 septembre 1993, au président Ange-Félix Patassé, lui demande de s’inspirer du modèle ghanéen pour entreprendre les réformes économiques en République Centrafricaine.

Quand il revient au pouvoir le 31 décembre 1981, le capitaine Jerry Rawlings retrouve un pays gangrené par la corruption, le laxisme, le trafic de devises, de produits agricoles, de ressources minérales, et la restauration des privilèges, l’impunité des coupables, que ses amis et lui avaient abolis en 1979, lors de leur premier passage à la tête du pays, avant de redonner volontairement le pouvoir aux civils.

Devant ce tableau apocalyptique, il décide de sortir son pays du gouffre de la misère en lui impulsant une marche forcée vers la prospérité.

Afin d’associer, sans discrimination, toutes les ressources humaines du Ghana à l’oeuvre de Redressement National, Jerry Rawlings crée le Conseil National Politique de Défense (C.N.P.D.). Par Défense, il entendait la défense de l’intérêt national.

Prenant conscience que la jeunesse et les femmes, longtemps abandonnés, sont l’avenir du Ghana, il les incorpore dans le Comité pour la Défense de la Révolution (C.D.R.), chargé de préparer la population aux nouvelles orientations de politique économique du gouvernement.

Il opte pour le pragmatisme politique en refusant tout alignement idéologique. Convaincu que, seule l’adhésion du monde rural à l’entreprise de rédemption qu’il entend mettre en oeuvre, permettra de surmonter tous les obstacles, il décide de mieux les organiser.

Une fois cette phase d’explications terminée, le gouvernement choisit, sans hésitations, la thérapeutique radicale pour sortir le pays du naufrage économique.

Il entreprend, sans faiblesse, la restauration de l’autorité de l’Etat. La mission de l’Administration est redéfinie. Les incompétents sont remerciés ou réorientés. Les promotions sont désormais basées sur les critères d’efficacité : l’homme qu’il faut à la place qu’il faut (the right man at the right place).

La volonté politique de sortir son pays de la misère ne souffrit la moindre tergiversation ou état d’âme :

- il engage une lutte impitoyable contre la fraude et la corruption.

- il en est de même des trafiquants de devises, de produits agricoles et miniers.

- dans les campagnes, le C.D.R. mobilise les villageois, forme les jeunes et les femmes, pour assurer la réussite du redressement économique.

Il lance en 1983, à l’initiative du gouvernement, le Programme de Relance Economique (Economic Recovery Programm). La hardiesse des mesures arrêtées était telle qu’elle impressionna favorablement les Institutions de Bretton Woods qui lui apportèrent leur appui.

Ayant décrété le secteur minier vital pour l’économie, le gouvernement entreprit les réformes radicales nécessaires. Après avoir organiser les zones d’exploitation artisanale en cinq aires distinctes, il créa, au sein des Forces Armées, une Brigade Spéciale des Mines, chargée de la lutte contre la fraude minière. Equipée, formée et mieux payée, la Brigade applique avec sévérité les directives du gouvernement en matière de la lutte contre la fraude et le séjour irrégulier en zone d’extraction artisanale.

Au plan national, le gouvernement crée, la Precious Minerals Corporation, organisme d’Etat chargée de former les ghanéens au métier de diamant et de l’or, puis d’assurer leur financement, pour la collecte du diamant et de l’or dans les zones d’extractions artisanale.

Le diamant collecté par la Precious Minerals Corporation est vendu aux enchères dans une Bourse de Diamant, la Diamonds Market, à des bureaux d’achat ou sociétés étrangères agréées et installées à l’intérieur de cette Bourse.

Une fiscalité fort avantageuse attire au Ghana des grandes sociétés industrielles et minières de rang mondial.

Dix ans après, les résultats sont à la hauteur des sacrifices consentis par la population. L’amélioration spectaculaire de l’économie ghanéenne dépasse tous les espoirs :

- l’autorité de l’Etat a été rétablie.

- les fraudes, la corruption, le laxisme et tous les maux qui gangrenaient l’économie ont été éradiqués.

- le taux de croissance passe de 0% en 1983 à 5% à la fin 1992, dépassant l’Afrique du Sud et le Maroc.

- le P.I.B. passe à 5,1 milliards de dollars, dépassant le Gabon (3,8 milliards de dollars).

- le budget naguère en perpétuel déficit, enregistre des excédents (130 millions de dollars, soit 65 milliards de F. CFA, représentant l’équivalent des dépenses annuelles du budget centrafricain.

- le service de la Dette passe de 50% des recettes d’exportation en 1987 à 0% en 1992, le Ghana ayant remboursé toutes ses dettes.

- la balance des paiements est positive avec, en 1989, une réserve de devises de 347 millions de dollars, soit 174 milliards de F. CFA.

- l’inflation passe de 123% en 1983 à 8% en 1991.

- l’alphabétisation atteint un taux record.

- toutes les couches sociales ont accès à la santé, à l’éducation et au bien-être social de base (eau, électricité, hygiène).

- une baisse spectaculaire du chômage.

- explosion de la création d’entreprises.

- augmentation du réseau routier bitumé.

 

Ce bilan sommaire a exigé d’énormes efforts d’exportation :

- accroissement de la production d’or, du bois, du manganèse et de la bauxite. La fraude minière est enrayée. Le cacao reste la première source de devises du pays. Le Ghana passe au troisième rang mondial.

- exportation de l’électricité vers les pays voisins et promotion du tourisme : 145.000 visiteurs en 1990.

 

Ces résultats ont été obtenus grâce aux secteurs agricoles et miniers.

 

Pourquoi nos dirigeants ont échoué, là où Jerry Rawlings a réussi ?

En 1992, après 11 ans à la tête du pays, au terme d’un scrutin présidentiel reconnu comme l’un des plus transparents d’Afrique Noire, Jerry Rawlings est élu dès le premier tour, avec près de 56% de voix. Il sera réélu en 1996, pour son second et dernier mandat, après 16 ans de règne, au premier tour, avec 58% des voix.

Arrivé au pouvoir en 1981, en même temps que le ghanéen, le général Kolingba sera battu aux élections présidentielles de 1993. Deux dirigeants, deux destins.

Le succès ghanéen est avant tout une affaire de mobilisation de toutes les compétences nationales, sur le concept de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

Une équipe de jeunes, pleins de dynamisme, d’ambitions, soucieux de sortir leur pays du marasme économique et le porter au rang des pays prospères, en comptant sur leur propre force, s’est mise à la tâche avec détermination et conviction.

En République Centrafricaine, où, de tous temps, la préoccupation des dirigeants reste la poursuite de leurs ambitions et de leurs intérêts personnels, une telle politique n’avait guère de chance de réussir.

Avec un potentiel économique supérieur au Burkina-Faso, notre pays n’en finit pas de sombrer dans la récession économique.

L’échec des régimes successifs en République Centrafricaine est avant tout le résultat d’une mauvaise utilisation des ressources humaines où le clanisme, le sectarisme, le régionalisme, servent de critères de promotion.

Que devions-nous faire ?

Depuis le 05 juin 1996, à la fin de la seconde mutinerie et l’instauration de la co-gestion par la participation de l’opposition au gouvernement, force est de constater que la situation sociale des centrafricains ne s’est guère améliorée. Au contraire, elle s’est aggravée, avec l’accumulation des arriérés de salaires, des bourses, pensions et retraites, et la disparition des emplois dans le secteur privé.

Malgré cette alliance de fait, la vieille classe politique a montré son incapacité à s’entendre autour des besoins élémentaires des centrafricains pour mobiliser le peuple en vue de résoudre les problèmes cruciaux dont il souffre, notamment dans le domaine de l’Education, de la Santé, de l’intégration des Jeunes et des Femmes dans l’Economie, de la situation des Travailleurs, de la Paysannerie, des diplômés en perpétuelle quête d’emploi et des étudiants oubliés à l’étranger.

L’Armée Centrafricaine, jadis creuset du Patriotisme et de l’Unité Nationale, par son caractère multi-ethnique, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses difficultés servent de fonds de commerce de la classe politique.

Dans une Afrique Centrale en constante mutation, où le recours aux armes tend à s’instaurer comme l’argument majeur, cette situation hypothèque dangereusement l’indépendance de la Nation et la stabilité des pays voisins.

Conscients, qu’après 37 années d’indépendance, le centrafricain est arrivé à maturité, l’élite nationale doit prendre ses responsabilités en s’engageant résolument aux côtés des travailleurs, des paysans, de la jeunesse, pour insuffler une dynamique nouvelle, capable de faire reculer la pauvreté, en misant d’abord sur notre propre force.

Il fallait, pour mener à bien une entreprise d’une aussi grande envergure, un cadre tourné vers l’avenir, avec l’ambition de porter le Centrafrique au rang des pays prospères, comme les burkinabé et les ghanéens l’ont si bien réussi.

Voilà pourquoi nous avons créé le

Forum Démocratique Pour La Modernité,

LE PACTE DE REFORME POUR LA MODERNITE
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FODEM

pour servir de tribune au débat national