Les Objectifs du FODEM

Depuis de nombreuses années, malgré les communiqués triomphants du gouvernement, la Croissance ne se retrouve guère dans l’assiette des centrafricains.

La situation sociale est devenue si catastrophique, qu’en ce début d’année 1998, manger, se vêtir, se soigner, se loger et éduquer son enfant, se posent en terme de vie ou de mort.

La nécessité de survivre oblige certains de nos compatriotes à commettre des actes qui nous étaient totalement étrangers :

 

Il nous faut sortir de ce cercle infernal.

LE PACTE POLITIQUE POUR LA MODERNITE

 

La politique de Développement Économique ne peut avoir de prise que dans le cadre d’une adhésion totale de tous les centrafricains.

A cause de toutes les difficultés que notre pays vient de connaître, un minimum de consensus national parait nécessaire.

C’est pour cela que, dans le cadre de la politique de conquête de la Prospérité, l’objectif doit tendre vers la mise en place d’un vaste Forum, le Forum National pour la Promotion de la Modernité (F.N.P.M.), où doivent être représentées, sans discrimination, toutes les compétences nationales, issues de tous les courants de pensées politiques, afin d’arrêter les mesures politiques, économiques et sociales, dans le cadre d’un Pacte Politique pour la Modernité (P.P.M.), capable de sortir notre pays du gouffre de la misère en lui impulsant la marche vers la Prospérité.

LE PACTE POLITIQUE POUR LA MODERNITE

- P.P.M. -

sera l’engagement politique de bâtir en République Centrafricaine, un Etat moderne, un peuple en paix, uni et prospère, grâce aux réformes économiques, l’innovation et une politique de justice sociale.

                                         - 1 - LES REFORMES

 

- 1 - LES REFORMES

a - L'idéologie

Le FODEM récuse tout alignement idéologique et opte pour le pragmatisme politique. Il reconnaît l’économie de marché et le profit comme moteurs du développement économique. Cette politique doit concilier les exigences de l’économie de marché et la nécessité de lutter contre les inégalités, par une politique de justice sociale, capable d’assurer le paiement régulier des salaires à termes échus, des bourses, pensions et retraites, du financement de l’éducation, de la santé et de la modernisation du monde rural.

La liberté d’entreprendre, le droit au travail, à la protection sociale, à l’éducation, à la santé et l’accès au crédit bancaire doivent être reconnus. Le droit de se fixer, d’aller et de venir, garanti par la Constitution doit être formellement réaffirmé.

b - Les Institutions

La Constitution doit s’adapter et prendre en compte la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée Nationale.

Il sera institué le Décret du Chef du Gouvernement, permettant la nomination, par le Premier Ministre, de certains fonctionnaires et agents de l’Etat à certains postes de l’Administration.

c - L’Administration

La restauration de l’autorité de l’Etat sera la première des priorités, par la stricte application, sans état d’âme, des sanctions prévues et votées par l’Assemblée Nationale.

Mobiliser toutes les compétences nationales sur la base du concept de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

Redéfinir la mission de l’Administration en adoptant le système du profil-poste.

Les promotions et les avancements se feront conformément aux statuts de la Fonction Publique et relever du mécanisme statutaire basé sur la compétence, mettant ainsi l’Administration à l’abri des changements politiques.

Mener une lutte impitoyable contre la corruption, les trafics, la fraude.

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Vaincre la pauvreté en comptant d’abord

sur notre propre force

Sans transpositions mécaniques, les politiques menées au Burkina-Faso et au Ghana peuvent servir de bases à la mise en oeuvre des réformes économiques dans notre pays.

a - Sur le plan économique et social

L’assainissement des Finances Publiques reste l’objectif majeur :

- Remise en ordre de l’Economie par une cure d’austérité.

- Réduction du train de vie de l’Etat.

- Mise en place d’un Programme audacieux et novateur de relance économique.

- Hiérarchisation des grandes priorités et affectation des ressources nécessaires dans le domaine de :

- Réconcilier le monde rural et urbain par l’implication réelle des paysans dans le processus de développement économique pour combattre l’exode rural.

- Déclarer les ressources minières vitales pour l’ Economie Centrafricaine et entreprendre les réformes nécessaires pour accroître leur contribution au développement national; créer une Brigade Spéciale des Mines au sein des Forces Armées pour en assurer la protection.

b - La place des Forces Armées dans la Nation

Les trois mutineries successives ont mis à nu les maux dont souffraient les Forces Armées Centrafricaines et combien il était nécessaire et urgent d’y apporter des solutions.

L’immensité du territoire national et les richesses dont il regorge, notre faible peuplement, le sous effectif de nos Forces Armées, exposent la République Centrafricaine à la convoitise de tout pays qui disposerait d’une force supérieure et voudrait s’en servir.

L’organisation de la Défense (Armée et Gendarmerie Nationale), l’équipement des Forces Armées, les conditions de vie des militaires et des gendarmes, le moral des troupes, doivent être portés à un niveau tel qu’aucun pays ne voudra nourrir à l’égard de notre pays la moindre volonté d’hégémonie.

L’ Armée Nationale doit prendre une part active dans le contrôle des ressources naturelles, entre autres, les activités minières pour lesquelles elle doit veiller au respect des lois et règlements de la République. Elle doit participer aux actions de développement économique et à l’encadrement de la jeunesse dans les centres de formation et de vulgarisation.

c - Police Nationale

Devant la montée de nombreux périls, les missions de la Police doivent être préalablement définies. Une identification claire des périls auxquels elle doit faire face sera nécessaire pour son organisation, son équipement et son utilisation.

 

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La promotion des valeurs mobilisatrices

Le Burkina-Faso et le Ghana l’ont démontré, il n’y a pas de fatalité devant la pauvreté. L’énorme potentiel que recèle la République Centrafricaine, pour générer la prospérité, exige que des hommes et des femmes mus par une inébranlable volonté politique, compétents et intègres, capables d’enrayer nos plus grands fléaux que sont la corruption, le népotisme, le tribalisme, la discrimination dans la mobilisation des ressources humaines, s'attellent à la tâche de restauration de l’autorité de l’Etat et fassent participer tout le pays au vaste chantier de Rénovation Nationale.

L’avenir est plein d’espoir. L’élite nationale, alliée à la jeunesse, au monde rural, doit se mobiliser et faire barrage au mur d’argent qui permet à tous ceux qui l’ont pris sur la souffrance du peuple pour le mettre au service de leurs ambitions personnelles, au détriment de ceux qui ont des idées pour changer le sort de notre pays.

Ce renouveau, sans lequel la prospérité sera toujours synonyme d’émigration, est l’affaire de tous les centrafricains.

Pour y parvenir, certaines valeurs mobilisatrices doivent être réhabilitées :

- la prise en compte du temps dans l’action.

- le profit sera le moteur de l’investissement et de la croissance.

- l’effort et l’innovation doivent être récompensés.

- suppression de toutes les entraves politiques et administratives à la pleine jouissance des revenus honnêtement gagnés.

- le sens de l’honneur, l’intégrité, la compétence, l’effort et la discipline dans l'exécution des tâches, doivent faire partie de notre éducation et leur pratique généralisée.

- scolarisation obligatoire des enfants des deux sexes et alphabétisation de l’adulte.

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Place de la République Centrafricaine

dans le monde

Dans une Afrique en perpétuelle mutation, où les frontières tendent à reculer sous la pression des armes, la République Centrafricaine doit accorder une importance particulière à la prévention des conflits. Aussi, doit-elle prendre une part active à la construction de l’espace inter-régional afin que soient renforcées les Institutions démocratiques, économiques et financières, mises en place en Afrique Centrale.

Cette intégration lui permettra d’aborder, dans des conditions favorables, le défi de la mondialisation de l’ Economie.

Par sa position géographique, elle doit servir de point de jonction entre l’Afrique Francophone, Anglophone et Lusophone. Pour consolider la paix, elle doit prendre, sans complexe, sa place au sein de toutes les forces interafricaines chargées de la prévention des conflits.

Pour cela, elle doit restructurer et préparer ses Forces Armées pour faire face aux nouveaux défis à toutes formes de menaces qui auraient pour but de mettre fin à sa sécurité et à son indépendance.

La République Centrafricaine doit proscrire la xénophobie et la tentation de se refermer sur elle-même. La recherche du consensus doit commander toutes ses actions et le règlement amiable des différends, quelle qu’en soit la nature, la première des solutions. La démocratie, comme moteur de développement, doit être affirmée, et l’ Etat de droit, consolidé.

A condition que cela ne soit pas synonyme d’aliénation de son indépendance, elle doit conserver, hors des tumultes et des passions, ses relations avec ses amis traditionnels, tout en s’ouvrant aux amitiés nouvelles.

Pour sauvegarder son indépendance et protéger la prospérité qu’elle entend conquérir pour son peuple, la République Centrafricaine doit disposer d’une Force Armée à la hauteur de la place qu’elle voudrait occuper en Afrique et, si possible, dans le monde.

Pacifiques et travailleurs, les centrafricains doivent conjuguer leurs efforts pour construire une image positive de leurs actions, afin de s’attirer le respect de leurs partenaires de développement et de celui de la Communauté Internationale.

C’est par son acharnement au travail pour accroître son niveau de vie, la valorisation des ses ressources naturelles, de la beauté de son paysage, la construction d’un Etat de Droit respectueux des libertés fondamentales, que le centrafricain retrouvera sa crédibilité.

Les dirigeants ont ce devoir d’organiser et de conduire ces changements, en conciliant une Economie moderne et une politique de justice sociale pour favoriser l’émergence d’une classe moyenne.

Cette mission, aussi ambitieuse soit-elle, est à la portée de tout homme politique, investi de la confiance du peuple, et travaillant à la recherche de la grandeur nationale.

Le FODEM met sa dynamique nouvelle au service de la réalisation de cette noble ambition.